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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 08:50

 

PREGNANT WOMAN

Dans cette chronique, le docteur Xavier Mirabel revient sur les propos "polémiques" du pape François lors de l’audience générale de la semaine dernière. Le Saint Père avait employé le terme de "tueur à gages pour évoquer ceux qui éliminent une vie.

Si les propos du pape sur l’avortement sont violents, c’est pour éviter la violence des avortements eux-mêmes et de leurs conséquences. « Interrompre une grossesse, c’est comme éliminer quelqu’un. Est-il juste d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ? Est-il juste d’avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème ? » Les paroles du pape François prononcées mercredi 10 octobre lors de l’audience place Saint-Pierre, alors qu’il commentait le commandement « Tu ne tueras point » continuent de susciter des remous.

Le Pape poursuit : « Se débarrasser d’un être humain, c’est comme avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème […] mais comment un acte qui supprime la vie innocente peut-il être thérapeutique, civil ou tout simplement humain ? »

Des réactions outrancières

De nombreux commentateurs reconnaissent au Saint Père le droit de rappeler la doctrine catholique. Mais c’est la « violence  » du propos et particulièrement du terme « tueur à gages  » qui semble avoir heurté.

Le Conseil national de l’ordre des médecins a jugé utile de réagir par la voix de son président, le docteur Patrick Bouet. D’après lui, les propos du pape sont « très durs sur l’avortement ». Il s’insurge que (je cite) « l’anathème soit ainsi jeté sur l’ensemble du corps médical, qui s’en retrouve stigmatisé ».

Mais le propos du Dr Bouet n’est-il pas lui-même un peu outrancier ? L’immense majorité des médecins ne pratique pas l’avortement et ne se sent probablement ni anathème, ni stigmatisé. Quant à ceux qui le pratiquent, s’ils ont la conscience en repos, ils seront peu ébranlés par les propos du Pape.

L’ordre des médecins s’égare

L’ordre des médecins dit ne pas pouvoir « tolérer que la souffrance physique, psychique et morale vécue par des femmes en détresse, parfois en grande souffrance quand elles ont recours à l’interruption volontaire de grossesse, soit niée ». Manifestement, l’ordre des médecins s’égare. On ne peut pas accuser les chrétiens de nier la souffrance des femmes, leur détresse. Ne sont-ils pas les premiers (les chrétiens) à chercher à soutenir ces femmes, à tenter de leur venir en aide, à rechercher des alternatives à l’avortement ? On le leur reproche si souvent…

 

Certes, on peut discuter le « tueur à gages » qui n’est sans doute pas « parole d’Évangile ». Mais c’est une parole qui vise à bousculer, à interpeller, une parole « tranchante comme le glaive ». Sans doute pas tout à fait inappropriée.

Tribune publiée en partenariat avec RCF Lille.

Lu sur Aleteia

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