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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 08:55

L’énorme abstention lors des dernières élections départementales et régionales est l’illustration flagrante de notre démocratie moribonde. Il serait temps de revoir le système de fond en comble. Et de revenir aux fondamentaux tels qu’ils nous sont rappelés par Jean Ousset (1914-1994), fondateur d’ICHTUS (*)  à la suite de Pie XII.

 (La seule bonne et véritable démocratie) "ne peut avoir d'autre sens que de mettre le citoyen toujours plus en mesure d'avoir une véritable opinion personnelle, de l'exprimer et de la faire valoir d'une manière correspondant au bien commun (...).

De là découle une première et nécessaire conclusion, avec sa conséquence pratique. L'Etat ne contient pas en lui-même et ne réunit pas mécaniquement, dans un territoire donné, une agglomération amorphe d'individus. Il est, et doit être en réalité l'unité organique et organisatrice d'un vrai peuple.

Peuple et multitude amorphe (ou, comme on a coutume de dire, masse) sont deux concepts différents. Le "peuple" vit et se meut par sa vie propre. La "masse" est en elle-même inerte, et elle ne peut être mue que de l'extérieur.

Le "peuple" vit de la plénitude de la vie des hommes qui le composent, dont chacun - à la place et de la manière qui lui sont spécifiques – est une personne consciente de ses propres responsabilités et de ses propres convictions. La "masse", au contraire, attend l'impulsion du dehors, jouet facile entre les mains de quiconque en exploite les instincts et les impressions, prompte à suivre, tour à tour, aujourd’hui ce drapeau et demain cet autre.

L'exubérance vitale d'un vrai peuple répand la vie, abondante et riche, dans l'Etat et dans tous ses organes, leur infusant, avec une vigueur sans cesse renouvelée, la conscience de leurs responsabilités spécifiques, le vrai sens du bien commun. Tandis que la force élémentaire de la masse peut n'être qu'un instrument au service d'un Etat qui sait habilement en faire usage.

L'Etat lui-même, aux mains d'un ou plusieurs ambitieux groupés artificiellement par leurs tendances égoïstes, peut, en s'appuyant sur la "masse", devenir une pure machine et imposer arbitrairement sa volonté à la meilleure partie du "peuple". L'intérêt commun en reste lésé gravement, pour longtemps; et la blessure ainsi faite est souvent difficile à guérir.

La conclusion très claire, résultant de là, est que la "masse" (telle que nous venons de la définir) est l'ennemie principale de la vraie démocratie et de son idéal de liberté et d'égalité".

(D'où l'importance...) d'une élite d'hommes spirituellement éminents et au caractère ferme, qui soient comme les représentants du peuple tout entier, et non comme les mandataires d'une foule, aux intérêts particuliers de laquelle sont souvent, hélas, sacrifiés les vrais besoins et les vraies exigences du bien commun.

Une élite d'hommes qui ne soit restreinte à aucune profession ni à aucune condition, mais qui soit l'image de la vie multiple de tout le peuple  (...).

Des hommes de doctrine claire et saine, aux desseins solides et droits.

Avant tout des hommes qui, par l'autorité émanant de leur conscience pure et rayonnant largement autour d'eux, soient capables d'être des guides et des chefs, spécialement dans les temps où les nécessités pressantes surexcitent l'impressionnabilité du peuple et le rendent plus facile à être dévoyé et à s'égarer.

Des hommes qui, dans les périodes de transition, généralement travaillées et déchirées par les passions, les divergences d'opinions, les oppositions de programmes, se sentent doublement tenus de faire circuler dans les veines enfiévrées du peuple et de l'Etat l'antidote spirituel des vues claires, de la bonté empressée, de la justice également favorable à tous, et la tendance résolue à l'union et à la concorde nationale dans un esprit de sincère fraternité. (...) Où manquent de tels hommes, d'autres viennent occuper leur place, pour faire de l'activité politique l'arène de leur ambition, une course au gain pour eux-mêmes, pour leur caste ou pour leur classe (...). Et c'est ainsi que la chasse aux intérêts particuliers fait perdre de vue et met en péril le vrai bien commun ". Pie XII, Message de Noël 1944, dit "sur la démocratie".

"Nous adressant, dans notre message de Noël 1944, à un monde tout enthousiaste de la démocratie et désireux d'en être le champion et le propagateur, nous nous efforcions d’exposer les principaux postulats moraux d'un ordre démocratique qui soit juste et sain. Beaucoup craignent aujourd'hui que la confiance en cet ordre ne soit affaiblie par le contraste choquant entre la « démocratie en paroles » et la réalité concrète. » - Pie XII, Allocution au Sacré Collège , 2 juin 1947.

Hélas ! L'évidence est incontestable de ce qui, en fait, a eu lieu.

Ce que l'on continue à célébrer sous le vocable mythique de "démocratie" tend à devenir irréductiblement un étatisme, un totalitarisme, un centralisme qui, loin de favoriser la libre expression des justes diversités, des innombrables et incontestables compétences de ce qui est le vrai peuple, ne cessent pas d'en télécommander, d'en "unitariser", d'en massifier l'expression, la culture et la vie.

Tyrannie authentique, mais qui par la maîtrise qu'elle a des possibilités infinies des mass média modernes, excelle à camoufler son joug.

Triste et curieux univers qui encense d'autant plus la notion de liberté, et qui tient d'autant plus à en donner l'apparence, qu'il est en train de la perdre ou l'a déjà perdue.

Et donc, quels que soient les accents de cette "démocratie en parole" évoquée à l'instant

par Pie XII, le fait est que, si Dieu permet que l'on obtienne enfin un régime politique et social où le "peuple" puisse tenir réellement les divers rôles qui, normalement, peuvent et doivent être les siens dans l'orientation de sa vie et de son destin c'est à la substance de ce "message de Noël 1944" qu'il faudra..., qu'il faut, bon gré mal gré, revenir.

Sans quoi, tout sera et restera combine électorale, jeu des mass média et magouille de politiciens. Acrobaties d'un cirque dont le vrai peuple n'est que le pantin, avant d'en être la victime.(Jean Ousset, dans Permanences de novembre 1980)

 (*)  49 rue des Renaudes,75017 Paris - www.ichtus.fr

Merci à nouveau à EVR.

Démocratie totalitaire — Wikiberal

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