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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 07:49

 

Notre ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, veut plus de morale laïque à l'école .

Il est intéressant de connaître son inspirateur.

 

Il s'agit de Ferdinand Buisson (1841-1932) à qui il a consacré un essai en 2010 (*). Ferdinand Buisson , directeur de l'enseignement primaire en France nommé par Jules Ferry , président de la Commission parlementaire qui a rédigé le texte de la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’état et prix Nobel de la paix en 1927.


Voici la lettre qu'il adressa à Victor Hugo en 1869 :

 

«Ce n'est pas au protestantisme que je vous ai demandé si vous voudriez prêter votre puissant concours : c'est à une entreprise laïque et philosophique pour combattre le catholicisme en France.

Tenons-nous-en, dites-vous, à la philosophie. Sans doute, mais tâchons d'y amener les autres, la foule, les familles, les campagnes, les femmes, la jeunesse.

« La vraie question, la voici : oui ou non faut-il nous laisser porter vers une république, prochaine peut-être, sans songer à la situation qui nous sera faite au lendemain de son établissement ? Oui ou non, le prêtre, qui est aujourd'hui un de nos ennemis, ne sera-t-il pas alors notre ennemi ? Ne serait-il pas temps de préparer, par une hardie propagande, tous les esprits de toutes les classes à recevoir, à demander le régime de la liberté, la suppression du budget des prêtres, la séparation de l'Etat des églises, sans que toutes ces réformes puissent être tournées contre nous ? Ne pourrions-nous pas tenter d'opposer à l'Evangile de la superstition l'Evangile de la Science et de la conscience en le faisant pénétrer dans toutes les couches de notre pauvre société ? Je me représente — et c'est la chose à laquelle je suis bien décidé à consacrer toutes mes forces — une vaste franc-maçonnerie au grand jour constituant des centres innombrables sur le sol français, allant dans chaque ville, dans chaque village, grouper les esprits avancés. Là, vienne le dimanche, au lieu de laisser les femmes et les enfants et encore pas mal d'hommes aller à l'Eglise, on réunit les enfants dans une « école du dimanche » où ils n'entendent que parler d'humanité et de raison. On réunit les parents dans d'intéressantes, dans d'utiles, dans de généreuses conférences pour prêcher non pas le saint du jour, mais tous les saints de l'humanité, pour leur conter la vie des grands hommes, la mort des vrais martyrs, pour éveiller dans l'esprit le culte du beau, le respect sacré du devoir et ce soupir de l'idéal, plaisir humain par excellence, qui leur fera si vite oublier les rêves creux du mysticisme...

« Voilà le vrai sens de ce dont je vous ai parlé, monsieur. Il va sans dire qu'en Suisse, pays profondément protestant et d'un très libre protestantisme, il faut prendre pied sur la tradition et s'appuyer autant que possible sur ce qu'il y a de bon dans la tradition pour éliminer ce qu'elle a de mauvais. En France c'est autre chose, il faut y constituer à neuf la religion du bien, l'église de la libre-pensée, prouver qu'on n'a point d'arrière pensée cléricale, payer de dévouement, habituer la population à se détacher du prêtre pour venir jusqu'à nous, disputer ainsi partout au prêtre ceux qui vivent et ceux qui meurent. » (**)


(*): Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson.

(**) :Serge Jeanneret, La vérité sur les instituteurs , Flammarion 1942, cité par François Brigneau dans Jules l’imposteur , Ed DMM


 

    

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