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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 13:09

 

On mit trois jours à franchir la distance qui sépare Béthanie de Cana, en Galilée. Cette bourgade est proche de Nazareth : il la faut distinguer d'une autre Cana, située dans la tribu d'Aser, non loin de Tyr. Le voisinage et peut-être la parenté avaient fait inviter la Sainte Vierge à un festin de noces. Sur ces entrefaites, le Seigneur, arrivant de la Judée, fut invité avec sa Mère, puis les disciples avec leur Maître : ils étaient cinq, sinon six, en ajoutant Jacques à Jean, à Pierre, à André, à Philippe, à Nathanaël. Peut-être les époux n'avaient-ils pas prévu ce surcroît d'invités ; et au cours du repas, le vin manqua. La Sainte Vierge fut la première à s'apercevoir de la détresse où allaient se trouver ses hôtes. On aurait pu emprunter, acheter à la hâte. La Vierge, qui connaît le cœur de son Fils, s'incline vers lui et lui dit à voix basse (mais rien n'échappe à saint Jean) : « Ils n'ont plus de vin. » Ce n'est pas une prière, encore que ce soit une prière, mais non formulée comme désir : c'est un exposé tranquille, c'est l'expression naturelle à ceux qui se savent aimés et ont confiance. Et le Seigneur comprit fort bien l'invocation muette de sa Mère. Mais, chose étonnante, autant l'intervention de Notre-Dame est affectueuse, autant la réponse du Seigneur nous semble, à première vue, dure et distante : Quid mihi et tibi est, mulier ? Du moins, le Seigneur ne s'est pas mépris sur le sens de l'invitation, puisqu'il ajoute : « Mon heure n'est point venue encore. » Mais tout ceci mérite explication.

Dom Delatte

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