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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 09:16

Pour la fête de l’Éphiphanie, voici un poème composé par Chesterton, The Wise Men, et qui fut publié dans un recueil en 1915 

 LES MAGES

Marchez doucement, sous la neige ou la pluie,
Pour trouver l’endroit où sauront prier les hommes;
La route est partout si droite
Que nous pouvons nous perdre.

Oh ! nous apprenions à scruter,
Dès notre jeune âge, de torturantes énigmes,
Nous connaissons tous les secrets des labyrinthes,
Nous sommes les savants mages d’autrefois,
Et nous savons tout, sauf la vérité.

Nous avons tourné tout autour de la colline,
Nous avons perdu le bois au milieu des arbres,
Nous avons appris des noms très longs pour tous les maux
Et servi les dieux fous, appelant encore
Les furies: Euménides.

Les dieux de la violence ont pris le masque
De la vision et de la philosophie;
Le Serpent qui apporta le malheur aux hommes
Mord sa queue maudite
Et usurpe le nom de I’Eternité.

Allez humblement.., il a grêlé, il neige…
Allez baissant la voix et lanternes allumées
Tellement simple est la route
Que nous pourrions nous égarer.

Le monde se fait terrible et si blanc,
Et la blancheur du jour qui point nous aveugle;
Nous marchons effarés dans la lumière,
Car il est une chose trop grande pour qu’on la voie,
Une chose beaucoup trop simple pour qu’on la dise.

L’Enfant qui était avant le commencement des mondes
(… Nous n’avons qu’un pas à faire, Nous n’avons qu’à voir lever un loquet…)
L’Enfant qui jouait avec la lune et le soleil
joue avec un peu de foin.

La maison dont les cieux tirent leur nourriture,
La vieille maison étrange qui est la nôtre,
Jamais on n’y entend paroles trompeuses,
Et la Miséricorde y est aussi simple que le pain,
Et l’Honneur y est aussi dur que la pierre.

Allez humblement, humbles sont les cieux,
Basse et large et ardente est l’Etoile
La Crèche est si près de nous
Que nous pourrions voyager longtemps.

Oyez! le rire s’éveille comme un lion
Et rugit sur la plaine sonore,
Et tout le ciel crie et frémit,
Car Dieu lui‑même vient de renaître,
Et nous sommes des petits enfants qui marchent
A travers la neige et la pluie.

The Wise Men  (traduction E.-M. Denis-Graterolle)

 

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