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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 08:19

 

Retour sur la situation des Roms

De bons sentiments ne font pas de la charité

par Dominique Morin 

L’abbé Arthur Hervet avait en 2010 souhaité publiquement une crise cardiaque à Nicolas Sarkozy pour sa politique envers les Roms. Il vient à nouveau de s’indigner contre la fermeture de camps illégaux de Roms dans la banlieue lilloise.

En 1995, je témoignais avec le professeur Henri Lestradet (1) contre lequel des militants de AIDES venaient de distribuer à l’entrée de la salle un tract diffamatoire avant de perturber la réunion. Son « péché », avoir dit la vérité sur le préservatif. L’abbé Hervet, invité avec nous, s’est empressé de rendre hommage… aux militants de AIDES, ajoutant qu’il hébergeait deux jeunes garçons homosexuels tirés de la prostitution dans sa péniche et qu’il n’allait pas vérifier le soir ce qu’ils faisaient dans leur chambre. Il a eu droit aux applaudissements chaleureux des homosexuels venus se faire du catho et ravis de cette « ouverture d’esprit ».

Une authentique charité consistait à respecter et aimer ces jeunes en vérité, comme Dieu les aime, sans cautionner cette homosexualité qui faisait leur malheur comme semblait l’oublier ce prêtre, aveuglé par ses bons sentiments.

Les Roms ont un pays qu’ils ont fui, pour le nôtre, où ils sont exploités par d’autres Roms, attirés par le formidable appel d’air que représentent nos lois sociales. Des estropiés exhibant leurs plaies, des femmes mendiant avec des bébés exposés aux aléas du climat, des pickpockets mineurs à l’abri de l’impunité, des musiciens envahissant les rames de métro, d’autres, plus discrets, organisés dans le vol de métaux et autres atteintes au bien commun, voilà où mène l’indécision de nos gouvernants.

L’abbé Hervet comme tant d’autres naïfs se fait le complice militant d’une exploitation de la misère humaine, mise en scène en comédie dramatique à grande échelle pour nous dissuader de réfléchir et nous accabler de culpabilité. Perversion de la charité. Personnes âgées, mères isolées, chômeurs, handicapés, étudiants pauvres, la liste est interminable de ceux qui manquent du nécessaire dans notre propre pays. Les lois sociales ont été créées pour eux en priorité, mais ils ne s’exhibent et ne revendiquent pas. Ces lois sont donc devenues l’objet d’un détournement organisé avec la complicité des associations pour aider en priorité tous ceux qui veulent bien se donner la peine de venir en profiter sans se soucier de savoir si nous avions les moyens de cette générosité. Il ne reste que le désespoir à ceux qui, délaissés dans leur propre pays, n’en ont pas d’autre où trouver refuge et assistance.

Le mode de vie Rom chez nous s’oppose à la paix et la justice sociale. Les professions légales qu’ils pourraient occuper sont celles que recherchent déjà nos compatriotes les plus précarisés. Notre état ruiné s’endette et emprunte toujours plus pour assurer les paiements, mais ne rembourse pas ou plus beaucoup de soins médicaux, sauf pour les clandestins et les Roms. L’universalisme abstrait des Droits de l’Homme, cette caricature de la charité chrétienne, se heurte en permanence au mur de la réalité, mais se relève à chaque fois, écarte les faits avec mépris, et continue son chemin pavé d’illusions comme si de rien n’était.

Organiser le développement de ces Roms dans leurs pays coûtera bien moins cher en dégâts humains et en moyens matériels que la situation actuelle et c’est le seul moyen réaliste et humain d’empêcher le rejet massif des Français à leur égard sans pour autant les abandonner à leur sort.

Ce clergé, qui outrepasse ses attributions en faisant la leçon politique à notre société (2), se soucie surtout de satisfaire ses bons sentiments qu’il confond avec la charité. Or, la sensibilité est une bonne servante mais une mauvaise maîtresse. Ils culpabilisent les Français et prétendent dicter une bonne gouvernance à nos dirigeants, mais oublient en route la sagesse prudente de la doctrine sociale de l’Eglise.

La charité politique reconnaît à notre prochain une légitime priorité à notre solidarité. Aucune instrumentalisation de la charité à des fins subversives ne doit nous le faire oublier.

La véritable charité nous presse !

Dominique Morin

• http://dominiquemorin.over-blog.com/

(1) Membre de l’académie de médecine et à ce titre auteur d’un rapport sur la fiabilité du préservatif évidemment contesté par le lobby du SIDA.

(2) Ils peuvent venir quand ils veulent protester avec nous contre les atteintes au respect de la vie.

extrait du n° de Présent du 15 septembre 2012

 

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