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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 09:44

 

 

L'histoire d'une fête

En 732, dans la première moitié de ce huitième siècle qui fut si grand pour l'Eglise, Grégoire III dédiait, à Saint-Pierre du Vatican, un oratoire en l'honneur du Sauveur, de sa sainte Mère, des saints Apôtres, de tous les saints Martyrs, Confesseurs, Justes parfaits qui reposent par toute la terre (Liber pontifie, in Gregorio III.).Une dédicace au vocable si étendu n'implique pas de soi l'établissement de notre fête même de tous les Saints par l'illustre Pontife ; il est à remarquer cependant qu'à dater de cette époque, on commence à la rencontrer en diverses églises, et fixée dès lors au premier jour de Novembre, comme en témoignent pour l'Angleterre le Martyrologe du Vénérable Bède et le Pontifical d'Egbert d'York. Elle était loin toutefois d'être universelle, lorsqu'en l'année 835, Louis le Débonnaire, sollicité par Grégoire IV (portrait ci-contre), et du consentement de tous les évêques de ses états, fit de sa célébration une loi d'empire : loi sainte, portée aux applaudissements de l'Eglise entière qui l'adopta comme sienne, dit Adon, avec révérence et amour (Ado, Martyrol.).

Il existait jusque-là, dans nos contrées, une coutume attestée par les conciles d'Espagne et de Gaule dès le VI° siècle (Concil. Gerund. an. 567, can. 3 ; Lugdun. II, an. 367, can. 6), et qui consistait à sanctifier l'époque des calendes de Novembre par trois jours de pénitence et de litanies, rappelant les Rogations qui précèdent encore l'Ascension du Seigneur. Le jeûne de la Vigile de la Toussaint est le seul souvenir qui nous reste maintenant de cette coutume de nos pères ; conservant le triduum pénitentiel, et l'avançant de quelques jours, ils en avaient fait une préparation de la fête elle-même :

« Qu'entière soit notre dévotion, recommandait un auteur du temps ; disposons-nous à cette solennité très sainte par trois jours de jeûne, de prière et d'aumône (Inter Opera Alcuini, Epist. XCI, ad calcem.). »

La sainteté incréée ou créée

En s'étendant au monde entier, la fête s'était complétée ; devenue  l'égale des  plus augustes solennités, elle développait ses horizons jusqu'à l'infini, embrassait toute sainteté incréée ou créée. Son objet n'était plus Marie seulement et les Martyrs, ou. tous les justes nés d'Adam, mais avec eux les neuf chœurs angéliques, mais pardessus tout la Trinité sainte, Dieu tout en tous (I Cor. XV, 28.), Roi de ces rois qui  sont les Saints (Apoc. V, 10.), Dieu des dieux  en  Sion (Psalm. LXXXIII, 8.). Ecoutons l'Eglise éveillant aujourd'hui ses fils : Le Roi des rois, le Seigneur, venez, adorons-le, parce qu'il est la couronne de tous les Saints (Invitator. festi.).  C'est l'invitation  qu'en  cette même nuit  le Seigneur lui-même adressait à la chantre d'Helfta, Mechtilde,  la privilégiée du divin Cœur : 

«  Loue-moi de ce que je suis la couronne de tous les  Saints (Liber specialis gratiae, P.a, c. XXXI.).  » 

Et la vierge voyait toute la beauté des élus et leur gloire s'alimenter au sang du Christ, briller des vertus par lui pratiquées ; et répondant à  l'appel divin, elle louait tant qu'elle pouvait la très heureuse, la toujours adorable Trinité, de ce qu'elle daigne être aux Saints leur diadème, leur admirable dignité (Ibid.). Dante lui aussi nous montre, en l'empyrée, Béatrice se faisant sa couronne  du reflet des rayons éternels (Dante, Paradis, chant XXXI.). Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit! ainsi tout d'une voix, pour le sublime poète, chantait le Paradis.

« Tout l'univers, dit-il, me semblait un sourire (Chant XXVII.). Le royaume d'allégresse, avec tout son peuple ancien et nouveau, tourné vers un seul point, était tout regard, tout amour. O triple lumière, qui scintillant en une seule étoile, rassasies à ce point leur vue, regarde ici-bas à nos tempêtes (Chant XXXI, traduction de Mesnard.) ! »

 

Dom Gueranger, l'Année Liturgique, 1908

L'explication complète est ICI

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