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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 09:55

Saint François accompagné d’un frère à gauche, un arbre magnifique à droite (on dit que c’est un des plus beaux arbres qu’ait peint Giotto), les oiseaux attentifs tête levée vers le Saint. Mais regardons bien : le centre géométrique du tableau est un grand vide comme un carré entre les personnages, l’arbre, la ligne d’horizon et le sol : un oiseau descend de cet arbre pour rejoindre ses congénères. La main droite de François montre cet oiseau, sa gauche s’incline en un geste de douceur vers le sol couvert de petits êtres attentifs ; il semble esquisser un geste de bénédiction. L’essentiel de cette fresque est bien cet espace central, non pas vide, mais lieu de résonance des chants d’oiseaux et des paroles du Saint. Giotto nous fait entendre par l’image ce que nos oreilles ne savent plus entendre.

L'article complet sur Narthex 

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20 novembre 2021 6 20 /11 /novembre /2021 09:29
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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 09:46

 

Le tome 2, après ... le tome 1

Hitchcock en BD

Un extrait

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 19:05
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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 18:55

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 12:40
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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 12:20

Souvenons-nous des reportages de 2020 …

reportage du 4 novembre 2020

Encore en mars 2021 :

"Malheureusement le nombre de patients gravement infectés augmente et s'accumule dans les services hospitaliers, et le pourcentage de saturation de nos lits par les patients ayant le Covid-19 augmente", déclare sur BFMTV Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation médicale de l'hôpital Lariboisière (Paris).

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 09:13

et d'autres auteurs ...

C'est au Théâtre du Nord-Ouest à Paris.

 

" Le 19 mai, nous avons enfin eu le droit de rouvrir, mais avec une jauge réduite et un couvre-feu à 21 heures. Cet horaire, ne permettait pas le retour du vieux Lear ou du jeune Hamlet. Depuis le 20 juin le couvre-feu est supprimé ; la voix de Shakespeare peut désormais résonner tous les jours en nos murs : Roméo et JulietteLe Conte d’hiverHamletPériclès, Troïlus et Cressida, Les Deux gentilshommes de Vérone, et Timon d’Athènes sont déjà à l’affiche. Voir notre calendrier des représentations.

Pour nous aider à financer les travaux de l’été 2020, et faire face aux charges courantes qui -elles- n’ont connu ni confinement ni couvre-feu, notre espoir est que vous continuiez à souscrire à notre Passeport Shakespeare qui sera valable pour toute l’année 2021. "

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13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 07:34

Covid = 2 % des hospitalisations en 2020. Étonnant, non ?

Il serait prétentieux de dire aujourd’hui ce qu’il eût fallu faire en mars 2020. En revanche, peut-être que les données de l’ATIH sur les hospitalisations pourront-elles apporter un peu de raison.

La suite…

 

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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 09:28

Hasard du calendrier ? Main du destin ou de la providence ? En tout cas, c’est un fait : l’armistice fut signé le 11 novembre, jour de la Saint-Martin.

Le maréchal Ferdinand Foch, polytechnicien, artilleur – ce qu’on appelait, alors, une arme savante -, était un « grand cartésien » qui « avait foi dans la raison humaine », comme l’écrivit André Tardieu (1876-1945), son collaborateur pendant la guerre et futur président du Conseil. Raymond Recouly (1876-1950), un autre de ses biographes d’avant-guerre, rapportait les propos de Foch au sujet d’un homme  que l’on disait appelé à un bel avenir : « C’est un sceptique. Il ne croit à rien. Ainsi, n’arrivera-t-il à rien. » Foch était donc aussi un homme de foi : « Une foi de simple, de charbonnier » qui lui donnait « une assiette fixe, inébranlable, pour y bâtir et y organiser son existence toute entière », poursuivait Recouly. Toujours dans son Mémorial de Foch, Recouly raconte que le maréchal évoquait souvent ce légionnaire romain prévoyant qui emportait toujours avec lui un pieu pour étayer sa tente lorsqu’il arrivait le soir à l’étape. Foi et raison.

La suite ...

 

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10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 09:50

Tout est fait avec les photos de Thomas Pesquet pour nous conditionner psychiquement à demander à nos dirigeants qu’ils parviennent à des résultats concrets à l’issue de la COP26.

Par Nathalie Mp Meyer, Contrepoints, 10 novembre 2021

COP26 de Glasgow sur le climat oblige, les discours alarmistes sur la conférence de la dernière chance avant la fin du monde ont fait un retour en force dans nos médias. « Il est minuit moins une sur l’horloge de l’apocalypse et nous devons agir maintenant » a proclamé le Premier ministre anglais Boris Johnson, hôte de l’événement. « Nous creusons nos propres tombes » s’est exclamé pour sa part le secrétaire général de l’ONU António Guterres, appelant ni plus ni moins à « sauver l’humanité ».

L’UTILISATION DE LA PEUR
Il semblerait cependant que pour la jeune activiste Greta Thunberg, le vrai drame climatique serait de voir cette conférence déboucher sur un succès. Que deviendrait son militantisme, que deviendraient les grèves scolaires pour le climat qu’elle a initiées, qu’en serait-il de son statut d’égérie internationale du climat si elle ne pouvait plus accuser les adultes et les dirigeants du monde d’inaction climatique ? C’est ainsi que quatre jours à peine après l’ouverture du sommet, elle affirmait déjà devant des milliers de jeunes rassemblés à Glasgow que la COP26 était un « échec ».

Il est vrai que la notion de succès ou d’échec d’une conférence climat est difficile à définir. La fameuse COP21 parisienne de 2015, celle où les dirigeants du monde s’étaient mis d’accord pour limiter la hausse de la température globale depuis l’ère pré-industrielle à 2° C (et si possible à 1,5 °C), a été qualifiée de succès historique par les participants de l’époque – François Hollande, Barack Obama, etc. – et pourtant, il faut y revenir. L’humanité qui venait d’être sauvée ne l’est plus. Il faut agir encore plus fort, encore plus loin pour baisser les émissions de dioxyde de carbone et c’est là que ça coince. Par exemple, l’Australie ne veut pas renoncer à ses mines de charbon.

D’où la pression climatique permanente exercée sur les populations du globe par les ONG environnementales soutenues par une farandole de célébrités, journalistes, politiciens, et même le pape François qui a invité à prier « pour que le cri de la terre et le cri des pauvres soient entendus ». Si certains dirigeants rechignent à agir, si d’autres se disent prêts à agir tout en ne faisant rien (cas d’Emmanuel Macron d’après Juliette Binoche et Marion Cotillard), leurs électeurs sauront les rappeler à l’ordre pour peu qu’ils soient dûment « conscientisés ».

À ce stade, j’aimerais préciser que cet article ne porte pas sur la réalité du réchauffement climatique anthropique en lui-même, mais sur le mélange de peur, de culpabilité et de fausses évidences simplistes qui ne démontrent rien qu’on nous sert si facilement pour obtenir notre assentiment en faveur d’un changement radical de nos modes de vie – transport, habitat, nombre d’enfants, etc. – seule façon, selon les Rousseau, Vargas, et autres gentils people, d’obtenir notre rédemption écologique.

Ne manquez pas la suite, qui comporte des exemples parlants 

 

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 18:02

cliquez

 

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 12:33
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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 10:58

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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 10:07

Vient de sortir …

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 13:48

05 novembre, 2021

Julie Ponesse, professeur d'éthique, sur la politique COVID : “La plus grande menace pour l’humanité à laquelle nous ayons jamais été confrontés”

 

 

 

« Pourquoi les personnes protégées doivent-elles être protégées des personnes non protégées en contraignant ces dernières à utiliser une protection qui de toute façon n’a pas protégé les personnes protégées ? »

Je vous propose aujourd’hui la traduction intégrale de l’intervention publique d’un professeur d’éthique canadien, Julie Ponesse, lors d’une réunion de The Democracy Fund. Le Dr Ponesse a été licenciée pour faute en septembre pour avoir refusé le vaccin expérimental COVID exigé par son employeur, Western University au Canada. Son appel à la résistance est un modèle du genre.

La retranscription de son intervention originale en anglais a été publiée ici par le Brownstone Institute.

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 12:57

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 12:04

Reçu d'EVR que nous remercions.

 

Nous sommes dans la saison des prix littéraires : Fémina le 25 octobre, Roman de l’Académie Française, le 28 octobre, Goncourt et Renaudot, le 3 novembre. Ce « folklore » mercantile peut agacer certains mais il n’en reste pas moins une belle occasion de faire la promotion de la littérature. Cette littérature, « ce  royaume de la vie intérieure » qui « éduque les sensibilités », nous « préserve des idéologies ». C’est cette importance de la littérature que nous désirons vous faire partager avec les textes ci-dessous.

 

  • En temps ordinaire, il y a deux antidotes à la disparition du particulier dans le général: la littérature et le droit. L'attention aux différences et le refus de penser par masses, qui caractérisent l'approche littéraire de l'existence, nous préservent de l'idéologie. En période révolutionnaire, cette humanité et cette perspicacité sont balayées par le déferlement d'une pitié impitoyable et, la fièvre n'épargnant aucune institution, des lois votées précipitamment mettent la justice pénale au service de la justice populaire. (Le philosophe, Alain Finkielkraut, de l’Académie Française dans son essai L’après littérature (Edition Stock, 2021, 228 p))
  • La littérature a cessé d'éduquer les sensibilités, de façonner les âmes. Elle n'est plus un moyen de connaissance. La littérature, c'est le rappel que le concept n'a pas le monopole de la pensée, c'est l'admirable tremblement du sens, c'est l'exploration inlassable de la pluralité humaine, c'est le refus de sacrifier les différences sur l'autel de l'abstraction, c'est la lutte avec l'angélisme simplificateur, c'est le caillou dans la chaussure de  l'esprit de système. Alors que l'idéologie dépeuple impitoyablement le monde, en le réduisant à l'affrontement de deux forces - hier les bourgeois et les prolétaires, aujourd'hui les dominants et les domin.é.e.s -, la littérature ne laisse pas les idées engloutir les personnes. La littérature, comme le dit Vassili Grossman, dans Vie et Destin, c'est Tchekhov, et les innombrables protagonistes de ses histoires contre le manichéisme historique de Lénine. Lénine n'est plus. Mais, avec le nouveau féminisme et le nouvel antiracisme, l'idéologie triomphe partout. Tchekhov s'éloigne. (Alain Finkielkraut, dans Le Figaro du 9 septembre 2021)
  • Au-delà de l'appartenance française, tout écrivain cherche l'universel, un universel qu'il n'atteint (contrairement à la philosophie) que par le concret, le singulier, donc, pour un écrivain français, par les paysages de France, la vie française telle qu'elle se vit aujourd'hui. Je ne saurais dire si, à travers les siècles, il existe une unité en dehors de la langue. Peut-être un goût pour la comédie sociale, que l'on retrouve de Molière à Balzac, de Rabelais à Flaubert, et même chez des poètes comme Du Bellay ou Baudelaire. Le sens de la vacherie, de l'ironie; la tension entre Paris et la province ; le jeu de la passion et de la raison.(...)
  • La littérature, c'est le royaume de la vie intérieure. Même si nous sommes tous pris dans une roue collective (la politique), nous sommes, au fond, tous seuls. Ce qui compte, pour nous, ce sont nos émotions, nos idées, nos visions, nos angoisses. La littérature, plus qu'aucun art, exprime et analyse la vie invisible, cachée derrière chaque personne (l'âme). Les sciences humaines étudient l'être humain comme un objet; les séries le divertissent : la littérature nous donne la conscience de ce qu'on vit; sans elle, nous vivons dans un monde plus vague. Un homme qui a cinq cents mots à sa disposition ne vit pas dans le même monde que celui qui en a cinq mille. Un homme qui n'a lu que trois livres n'a pas la même conscience de l'existence que celui qui en a lu trois mille et a vécu dans l'intimité de milliers de personnages. On peut vivre sans littérature, comme on peut vivre sans musique, sans beauté, sans désir. Mais c'est plus flou, moins vif. Et moins bien, je crois. (Patrice Jean dans Le Figaro des 31/07 et  1/08/2021. Le dernier roman de Patrice Jean, La Poursuite de l’idéal, est sorti en 2021 chez Gallimard,) 
  • La littérature qui n'est pas de consommation commerciale, la littérature à son plus haut étage, la poésie, depuis Homère jusqu'à Proust, en passant par Vigny, Hugo, Verlaine, Apollinaire, partage avec la religion la tâche de réveiller les âmes de l'illusion et du mensonge. Dans L'Iliade, Achille, qui vient de tuer Hector, voit venir à lui le père d'Hector, Priam, ce qui lui rappelle son propre père et l'anxiété pour son fils dont le sort au loin le tourmente. Le féroce guerrier grec s'éveille en larmes de son rêve de victoire et se souvient avec les auditeurs de L'Iliade de leur propre et commune mortalité. (…)
  • J'avoue qu'en bon Français je me suis souvent et secrètement désolé de ne pas pouvoir compter dans notre longue histoire littéraire des génies de l'envergure de Dante, de Shakespeare, de Tolstoï. J'ai fini par me rassurer en découvrant que ces génies gigantesques font parfois le vide autour d'eux, alors que, depuis le Roman de la Rose, chaque génération française peut se féliciter de compter plusieurs auteurs de premier ordre, dont le rayonnement se déploie et se nourrit dans la continuité ininterrompue, entre conversation et correspondance, de nombreux très honnêtes gens, lecteurs de Montaigne et de François de Sales par exemple... Au lieu de se contracter, la civilisation en France s'est dilatée à partir et autour de grands ou très grands talents et de leurs livres. (Marc Fumaroli (1932-2020) de l’Académie Française, dans Le Figaro du 11 mars 2019)

 

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 10:25

29 octobre 1390 : premier procès en sorcellerie à Paris. Jugée par le Parlement, Jeanne de Brigue sera brûlée vive.

Bûcher d'une sorcière © Wikipedia.

L’Église et la chasse aux sorcières

La chasse aux sorcières est un phénomène horrible qui a conduit de nombreuses femmes au bûcher. Dans l’opinion publique, cette image de la femme ainsi violentée est souvent associée à l’Église. La littérature, le cinéma, la bande dessinée ne manquent pas d’exemples pour conforter, en effet, l’idée que ce phénomène est dû à l’Inquisition médiévale menée par l’Église au plus profond d’un sombre Moyen Âge. C’est le cas, par exemple du film Le Nom de la Rose (1986), inspiré de l’œuvre (1980) d’Umberto Eco. Des ouvrages prétendument historiques comme l’Histoire de l’Inquisition de Lamothe-Langon (1829) et La Sorcière (1862) de Jules Michelet sont à l’origine de ce lieu commun. Cependant, tout cela est inexact. Ce n’est pas au Moyen Âge. Ce n’est pas l’Inquisition. Ce n’est pas l’Église. Non seulement, l’Église n’a pas été l’actrice de cet acharnement contre des femmes, mais, bien au contraire, elle est intervenue comme nous allons le voir pour s’y opposer.

Quelle époque ?

D’abord, ce n’est pas un phénomène du Moyen Âge. Pendant plus de 1000 ans, il n’existe ni chasses ni bûchers pour les sorcières. Le premier cas signalé en France est celui de Jeanne de Brigue condamnée par le Parlement de Paris en 1391. Le cas de Jeanne d’Arc en 1431 reste un cas isolé. Elle est d’ailleurs accusée un peu de tout, pas spécialement de sorcellerie. Les vraies causes de son procès sont d’abord politiques et l’évêque Cauchon est au service des Anglais et des Bourguignons. De fait, l’obsession sanguinaire de la chasse aux sorcières est un phénomène moderne. Il apparaît vers la fin du XVème siècle pour se poursuivre pendant deux siècles environ. Il coïncide avec ce qu’on appelle la Renaissance et l’avènement de la Raison et des Lumières. Il y a deux grandes vagues : 1470-1520 et 1560-1650. L’épisode de Salem en Nouvelle Angleterre où vingt sorcières furent brûlées eut lieu en 1692. En France, les condamnations à mort pour fait de sorcellerie seront stoppées par un édit du roi Louis XIV en 1672. Le dernier bûcher signalé en Europe est daté de 1782 dans la Suisse réformée.

Malheureusement, ce thème reste d’une grande actualité aujourd’hui dans de nombreux pays d’Amérique latine, d’Asie du Sud-Est et d’Afrique. Selon l’article Wikipédia-Allemagne : Persécution des sorcières, depuis 1960, plus de personnes ont vraisemblablement été exécutées ou lynchées pour sorcellerie que pendant toute la période des persécutions en Europe. En Tanzanie, par exemple, entre 10 000 et 15 000 personnes auraient été tuées.

Quelle ampleur ?

En l’absence d’études sérieuses, les chiffres les plus extravagants ont été affirmés. Jusqu’à 9 millions selon Voigt (1786), Rosenberg (1930), Hans Küng (1985). Des auteurs comparent avec l’Holocauste. Dan Brown, dans le Da Vinci Code (2003), parle de 5 millions de femmes sur le bûcher en les attribuant à l’Église. Les études récentes des historiens s’accordent néanmoins pour estimer les condamnations entre 20 000 et 40 000. Behringer parle de 3 millions de personnes jugées dont 40 000 condamnées soit 1,5 %. Il a été également établi que ce drame ne concernait pas que des femmes puisqu’on compte 20 % d’hommes. Le foyer principal, toujours selon Behringer, a été de loin l’Allemagne avec près de 75 % des victimes.

Durant le Moyen Âge, l’Église combat la peur de la sorcellerie et la chasse aux sorcières.

La peur de la sorcellerie et la pratique de brûler les sorcières existaient avant le christianisme. C’est un héritage du paganisme. Le droit romain, par exemple, disposait que le sorcier devait être brûlé vif. Sylla (-138-78) a fait promulguer une loi qui punissait de mort ceux qui faisaient usage de la sorcellerie.

Face à cela, l’Église est intervenue pour faire reculer ces croyances et a pris des mesures pour protéger les femmes qui en étaient victimes. Pendant tout le Moyen Âge, l’enseignement de l’Église qui fait autorité sur ce phénomène est le Canon episcopi du concile d’Arles (314). Ce document a fait disparaître peu à peu avec tolérance, scepticisme et même ironie un grand nombre de superstitions ténébreuses, y compris celles concernant les sorcières, dont les populations européennes avaient hérité de l’Antiquité païenne (1).

Voici quelques faits illustrant l’action de l’Église :

– En 415, le peuple chrétien d’Alexandrie, encore habité par des croyances anciennes, lynche la philosophe Hypatie pour sorcellerie présumée. Les évêques indignés réagissent et parlent d’une « grande honte » inconciliable avec la foi (2).

– L’Edictus Rothari, code des lois du peuple lombard, christianisé au VIIème siècle, proscrit la mise à mort des sorcières (2).

– Les Germains païens, avant la christianisation, avaient pour habitude de brûler les sorcières ou de manger leur chair pour s’approprier leurs pouvoirs. Cette pratique était si répandue qu’après la victoire de Charlemagne elle dût être interdite sous peine de châtiment (condamnation à mort) par le Concile de Paderborn en 785 (2).

– Les Danois nouvellement christianisés, eux aussi, ne renoncent pas pour autant à persécuter les sorcières selon les coutumes ancestrales. Le pape Grégoire VII est résolument hostile. En 1080, il écrit au roi Harald : « Prends garde de ne pas pécher contre les femmes … condamnées à l’inhumanité en vertu d’une coutume barbare » (2).

– Jean de Salisbury, évêque de Chartres (XIIème) : « Le meilleur remède contre cette maladie (sorcellerie), c’est de s’en tenir fermement à la foi, de ne pas prêter l’oreille à ces mensonges et de ne point arrêter son attention sur d’aussi pitoyables folies » (3).

Pourquoi cette chasse aux sorcières ?

La peur de la sorcellerie remonte à des temps très anciens. Elle est réveillée et amplifiée par les malheurs de l’époque : guerres, notamment civiles, épidémies. Elle correspond à une perte de la foi et à une décroissance de l’influence de l’Église catholique, à l’avènement du protestantisme et à un changement d’époque et de mentalité. Elle est le fait d’une population terrorisée par la peur du diable. On assiste à un phénomène de folie collective.

Quels sont les pouvoirs qui ont mené la persécution contre les sorcières ?

Entre le XVème et le milieu du XVIIème, un changement profond marque l’Europe : l’affirmation des États modernes. La principale responsable des persécutions a été la justice des États et non celle de l’Église (2). Selon Decker, « l’empereur, les princes et les cités prirent en charge les persécutions » (2). Ce sont les tribunaux laïcs de l’État et non les tribunaux catholiques qui recueillent les dénonciations et qui mènent les procès. En France, il s’agit essentiellement de juridictions locales échappant en grande partie à tout contrôle du pouvoir central.

Quels sont les penseurs qui ont encouragé la chasse aux sorcières ?

Ce n’est pas la hiérarchie catholique mais des membres de l’élite intellectuelle laïque de l’époque. On y trouve les penseurs de la Révolution anglaise : Coke (1552-1634), Raleigh (1552-1618), Bacon (1561-1626). En Angleterre, c’est durant la Révolution que la répression des sorcières atteint son apogée avec Hopkins (mort en 1647). Boyle (1627-1691) encourageait leur persécution. Hobbes (1588-1679), dans le Léviathan, assimile catholiques, magiciens et sorcières. Il estimait qu’elles recevaient un juste châtiment. Le champion intellectuel de la chasse aux sorcières est certainement Jean Bodin (1530-1596) qui demandait que les femmes soient brûlées aussi lentement que possible. Il est considéré aujourd’hui comme le penseur politique de l’État moderne et le théoricien de la tolérance religieuse (1). Il est l’auteur d’un manuel judiciaire pour la torture et l’extermination des sorcières : La Démonomanie (1580).

Kramer (1430-1505) et son ouvrage le Malleus Maleficarum (1486)

Le cas de Kramer est particulièrement intéressant. Il montre à quel point, en l’absence d’une connaissance exacte des faits, il est facile d’attribuer à l’Église un rôle inverse de celui qu’elle a eu en vérité.

Kramer était un dominicain allemand qui obtînt de ses supérieurs et du Pape d’être nommé inquisiteur d’une province d’Allemagne. Il utilisa ensuite cette fonction pour mener une chasse personnelle aux sorcières mais se heurta à l’opposition des prêtres et des évêques. Il se retourna alors vers le nouveau pape mal informé de la situation et implora son aide. Innocent VIII (1484-1492) se laissa convaincre de l’existence d’une dangereuse « secte de sorcières » active en Allemagne du Sud et lui accorda une bulle, Summis desiderantes affectibus (1484), qui lui donna le pouvoir d’infliger des peines ecclésiastiques jusqu’à l’excommunication. Malgré cela, Kramer se heurta à l’évêque du lieu Golser et il dut renoncer une nouvelle fois à ses menées répressives. En réaction, Kramer écrivit un livre : le fameux Malleus Maleficarum, le Marteau des sorciers, c’est-à-dire le marteau pour écraser. Il s’agit d’un manuel de 800 pages pour les juges contre les sorciers et les sorcières. Cet ouvrage ne fut pas publié par l’Inquisition comme le laisse entendre Dan Brown dans le Da Vinci Code, mais par Kramer lui-même. Pour donner de l’autorité à son œuvre, celui-ci le fit précéder par la bulle de 1484. Cela pouvait laisser croire que le pape avait donné sa bénédiction, ce qui n’était absolument pas le cas. Très tôt, l’Église le juge d’ailleurs en contradiction avec les conciles et l’interdit en 1490. La tentative de Kramer de porter la sorcellerie au rang de l’hérésie pour la faire relever des compétences de l’Inquisition échoua donc lamentablement. Malgré cette condamnation, le livre remporte un énorme succès grâce à l’imprimerie. Entre 1487 et 1669, il sera réédité 34 fois (2). Cela confirme au passage le mythe tellement répandu de la toute-puissance de l’Église, mythe qui permet d’attribuer à l’Église tous les errements du passé.

L’impact du protestantisme

Les régions protestantes sont particulièrement touchées : États allemands, Danemark, Scandinavie, Bohême. Les fondateurs de la Réforme étaient obsédés par la question du démon et la question du mal. Luther (1483-1546) consacre sa prédication aux sorcières le 06/05/1526 et appelle à cinq reprises à les tuer. Le 25/08/1538, lors de son sermon, il dit : « Vous ne devez pas avoir de pitié pour les sorcières, quant à moi, je les brûlerais toutes ». Calvin (1509-1564) s’est comporté en pyromane et a envoyé de nombreuses femmes au bûcher dans sa ville de Genève. Vers la fin du XVIème siècle, les protestants lançaient de terribles accusations contre la modération du Saint-Office. Cette modération était avancée comme une preuve de la complicité de l’Église de Rome avec les sorcières (1). Selon Decker, dans les régions luthériennes d’Allemagne, la part des femmes poursuivies était plus grande que dans les régions catholiques (2). Malgré cela, au cours des siècles suivants et jusqu’à nos jours, l’Église a été rendue responsable d’une grande partie des crimes et des bûchers installés par les protestants.

L’Église catholique a été l’acteur principal qui a protégé les femmes de la chasse aux sorcières.

Selon Giovanni Romeo, « les autorités de l’Inquisition romaine évitèrent une persécution sanglante contre la sorcellerie » (1). En 1525, le pape Clément VII (1523-1534) intervient en personne pour sauver des femmes et des hommes accusés. Clément VIII (1592-1605) agit aussi pour la libération et la réhabilitation des femmes. Un document officiel du Vatican de 1621, écrit par le dominicain Scaglia, montre que l’Inquisition romaine intervenait en faveur des droits des femmes accusées de sorcellerie, qu’elle élevait la voix contre ces phénomènes d’hystérie collective et qu’elle condamnait en termes nets les pratiques courantes de leurs juges et de leurs bourreaux (2). Après les interventions de Paul V (1605-1621) et de Grégoire XV (1621-1623), il résulta que plus aucune sorcière ne fut condamnée dans la sphère d’influence de l’Inquisition romaine (2). Le pape Urbain VIII (1623-1644) recommande encore en 1637 la plus grande prudence dans la poursuite des sorciers et des sorcières (3).

En Espagne, l’Inquisition usa de son pouvoir et de son influence pour mettre fin à la chasse aux sorcières menée par les foules et par les autorités séculières. Au lieu de brûler les sorcières, les inquisiteurs ont fait pendre certains de ceux qui les avaient condamnées au feu (4). Selon Léa (1825-1909), historien anticatholique, la persécution des sorcières a été « relativement inoffensive » en Espagne, probablement « grâce à la sagesse et à la fermeté de l’Inquisition » (4).

Si l’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande catholiques ont été très peu touchés par cette folie, il n’en reste pas moins vrai que des prêtres et des évêques catholiques ont été impliqués dans d’autres régions catholiques. A une époque où n’existaient pas les moyens de communication que nous connaissons aujourd’hui les instructions de la lointaine Rome restaient lettre morte dans une grande partie de l’Europe à commencer par l’Allemagne, lieu principal de ce fléau. Il ne faut pas négliger non plus ce fait si peu connu de l’opinion que, l’Église, dans de nombreux royaumes ou empires, était plus ou moins sous la domination du pouvoir temporel et que les charges d’évêque, par exemple, étaient attribuées par ce pouvoir et non par les autorités de l’Église elle-même. Il était facile pour le pouvoir politique de choisir des personnes plus facilement à leur convenance que des personnes profondément religieuses. Néanmoins, d’après Decker, sur la totalité des victimes de la chasse aux sorcières, l’Inquisition catholique reste peu impliquée puisqu’on la retrouve dans moins de 1000 cas dont 200 rien que pour Kramer (2).

Stanislas Grymaszewski, professeur de philosophie

Sources :

(1) Revue 30 Jours n°6 (1990).

(2) Michael Hesemann, Les points noirs de l’histoire de l’Église (2007).

(3) Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Âge (1977).

(4) Rodney Stark, Faux témoignages (2016).

À signaler également l’ouvrage du danois Gustav Henningsen (1980) sur l’Inquisition.

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 10:12

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 08:04
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3 novembre 2021 3 03 /11 /novembre /2021 12:07

BERNANOS, LE PARATONNERRE DU XXE SIÈCLE 


C’est un événement de l’automne : François Angelier publie une riche biographie de Georges Bernanos. L’auteur illuminé de Sous le Soleil de Satan parle-t-il encore aux hommes de 2021 ? Pour L’Inco, le producteur de « Mauvais genres » passe de l’autre côté du micro. Entretien.
Par Bernard Quiriny. Publié le 25 octobre 2021

© DR


Comment vous êtes-vous lancé dans cette biographie ?

C’est une commande du Seuil. Après mon petit volume sur Léon Bloy, La Fureur du juste (titre français d’une série B de karaté avec Chuck Norris, ce que j’ignorais et qui me réjouit), la proposition est venue d’un parent de Bernanos. Rapidement la demande est passée d’un titre poche à un ouvrage grand format. J’ai accepté, on ne refuse pas pareille offre.

Comment avez-vous découvert Bernanos, comme lecteur ?

Mon parcours de lecteur m’a mené, sans reniement des étapes antérieures, de la littérature fantastique (Jean Ray, Lovecraft) aux surréalistes hérétiques (Artaud, Bataille, Le Grand Jeu) puis à la mystique (Jean de la Croix avant tout). C’est parallèlement à ces lectures spirituelles que j’ai découvert ce que l’on labellise depuis un siècle sous l’appellation « Le renouveau catholique en littérature », d’abord Huysmans et Claudel, puis Bloy et Hello. La lecture de Bernanos s’est inscrite dans ce parcours, chocs puissants de Journal d’un curé de campagne et de La France contre les robots.

Les travaux sur Bernanos sont nombreux, y compris les biographies

La tradition critique bernanosienne est vaste et riche, on dispose d’un matériau considérable. Côté biographie, j’ai surtout travaillé à partir de Milner, Bothorel et des mémoires de son fils Jean-Loup Bernanos, mine irremplaçable, avec les souvenirs brésiliens du docteur Bénier. Mais le but pour moi était de suivre, mot à mot, texte après texte, l’aventure intérieure de Bernanos avec sa langue, le français. J’ai donc privilégié sa passion d’écrivain en proie à sa mission de rédempteur du verbe national, plutôt que sa vie intime et familiale sur laquelle on est, en réalité, peu informé. [...]

La suite ...

Pour commander : Georges Bernanos. La colère et la grâce

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3 novembre 2021 3 03 /11 /novembre /2021 08:59

 C'était hier ... 

Le Jour des Morts, de William Adolphe Bouguereau (1859).
Le Jour des Morts, de
William Adolphe Bouguereau (1859).

 

La Commémoration de tous les fidèles Défunts, appelée aussi Jour des Morts, est une célébration catholique qui a lieu le 2 novembre, le lendemain du jour de la Toussaint, selon le rite romain.

Selon le calendrier romain général 1960 elle est reportée au 3 si le 2 tombe un dimanche. Selon l'actuel calendrier romain général, dans ce cas la commémoration des fidèles défunts s'intègre avec la célébration du dimanche : la messe est celle de la commémoration, mais avec chant du Gloire à Dieu et du Credo. « Pour la liturgie des Heures : on prend l'office du dimanche et non pas celui des défunts. Toutefois, si l'office des laudes ou des vêpres est célébré avec la participation du peuple, il est possible de prendre l’office des défunts. »

Origines

La Commémoration des morts a été instituée pour obtenir de Dieu qu'il délivre ou soulage les âmes du purgatoire. L'office des morts prend son origine dans la veillée des morts que les premiers chrétiens faisaient à l'exemple des juifs. Dans les premiers siècles du christianisme, des prières, et ensuite des messes, sont dites pour les défunts.

Source Wikipedia.  

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 23:51

Bonne fête Agnès, Alain, André, Anne, Aude, Baudouin, Béatrice, Bernadette, Bernard, Bruno, Carole, Chantal, Charles, Cécile, Céline, Daniel, David, Delphine, Dominique, Emmanuel, Emmanuelle, Eric, Etienne, Fabienne, Fernand, Francois, Francoise, Gertrude, Gilbert, Hélène, Henri, Isabelle, Jacques, Jane, Jean, Jeanne, Joseph, Julia, Julie, Léonie, Livia, Louis, Luc, Lucie, Madeleine, Marc, Marcel, Maria, Marie, Marine, Matthieu, Melchior, Michel, Michèle, Monique, Myriam, Odile, Olga, Olivier, Pascal; Patrick, Paul, Paule, Philippe, Philomène, Pierre, Rose, Simon, Stéphane, Thérèse, Thierry, Véronique, Vincent, Yvan, Yves, …

et tous les saints :) 

 

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 10:05

 

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