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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 07:32

 

Hollywood : quand les studios contraignaient leurs stars à avorter

C'est sur Allo ciné :

"Dans l'âge d'or d'Hollywood, les toutes-puissantes Majors modèlent et façonnent -intellectuellement et physiquement- à leur guise les actrices, qui ne sont au final rien de plus qu'une valeur marchande. C'est qu'en signant son contrat avec le studio, pour une durée légale de 7 ans, la star se dépossédait d'elle-même et lui cédait aussi le contrôle de sa vie privée; le tout sous les auspices d'une clause de moralité. Une emprise d'autant plus violente et perverse qu'elle touchait même jusqu'à l'intime. Pour ne pas détruire leurs images glamours et immaculées patiemment façonnées par les Majors, et donc leurs carrières, certaines actrices furent obligées d'avorter par ces mêmes studios. Judy Garland, Bette Davis, Joan Crawford, Jean Harlow, Lana Turner... Nombreuses sont celles qui furent contraintes de se plier à ce terrible diktat, même si quelques contre-exemples existent, à l'image de Loretta Young, qui refusa de se faire avorter, mais fut contrainte d'accoucher dans une relative clandestinité. En d'autres termes, non seulement une grossesse surprise et parfois extra conjuguale aurait attiré la honte sur ces stars du box-office, mais en plus cela allait de toute façon à l’encontre de la politique des studios de cinéma. [...]

"Les avortements étaient notre contraception" disait une actrice anonyme à l'écrivaine et historienne Cari Beauchamp, dans son essai primé Without Lying Down : Frances marion & The Powerful Women of early Hollywood. Lee Israel, auteur d'une biographie sur la fameuse vamp hollywoodienne Tallulah Bankhead et publiée en 1972, écrivait qu’elle "se faisait avorter comme d’autres femmes se faisait une permanente". Lorsque la comédienne et chanteuse phénomène Jeanette McDonald se retrouva enceinte en 1935, le patron de la MGM, Louis B. Mayer, demanda personnellement à Howard Strickling de "se débarrasser du problème". Le publicitaire s'exécuta, et fit admettre Jeanette McDonald à l'hôpital, officiellement pour "une infection à l'oreille". [...]

Pour rester au rayon de la MGM, on peut aussi évoquer le cas de la sublime Ava Gardner. Alors qu'elle fut mariée avec Frank Sinatra de 1951 à 1957, elle lui dissimula son avortement."La MGM avait toute sorte de clauses de pénalité qui s'appliquaient lorsque ses stars avaient des enfants" confia un jour l'actrice à la journaliste Jane Ellen Wayne, qui travailla un temps pour la chaîne NBC, et auteure de plusieurs ouvrages sur l'actrice, dont The Golden Girls of MGM. "Si j'en avais un, mon salaire était amputé. Donc comment pouvais-je vivre ? Frank était fauché à ce moment-là, et mes futurs films devaient me faire tourner aux quatre coins du monde. Je ne pouvais pas me permettre d'avoir un enfant à ce moment-là. La MGM a fait tout le nécessaire en m'envoyant à Londres. Quelqu'un du studio était tout le temps avec moi. L'avortement fut fait très rapidement... Et très discrètement". [...]"

Et maintenant, qu'en est-il de la liberté de la femme ?...

Lu sur le salon beige.

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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 16:12

La célèbre accordéoniste française Yvette Horner, reine des bals populaires, est décédée lundi à l'âge de 95 ans à Courbevoie. "Elle n'était pas malade. Elle est morte des suites d'une vie bien remplie", a commenté Jean-Pierre Brun. Yvette Horner avait commencé sa carrière en 1947 et a donné son dernier concert en 2011.

Grande figure des bals musette et populaires, Yvette Horner avait aussi participé à onze reprises au Tour de France cycliste, jouant pendant les courses sur le toit d'une voiture.

Image associée

 

On peut voir ce drôle de film d'animation ICI

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 19:17

 

disponible en ligne jusqu'au 29 mai sur RMC Découverte... et en cliquant sur l'affiche...  Bande annonceQu'on se le dise !

 

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 20:43

 

L'actrice Stephane Audran vient de mourir.
On peut regarder le film "Le festin de Babette" ICI 

 

Résultat de recherche d'images pour "Le Festin de Babette"

Aussi sur Arte ce soir à 23h30, et peut-être en rediffusion

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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 09:21

 

Jésus, l’enquête +++

Nous sommes en 1980, Lee Strobel est journaliste au Chicago Tribune. Il a la passion des faits ; « ce qui ne se prouve pas n’existe pas ». . Avec sa femme Leslie, ils se revendiquent fièrement comme « athées ».

A la suite d’une rencontre, cette dernière va peu a peu se convertir et recevoir le baptême. Lee est scandalisé par cette « rupture ». Il va alors entreprendre de lui démontrer que Jésus n’est pas ressuscité.  Il commence une profonde enquête, en mode « journalisme d’investigation » qu’il connaît bien. Patiemment, tous les paramètres et toutes les hypothèses de la crucifixion et de la résurrection sont étudiés : Jésus n’est pas ressuscité, il n’est pas mort en croix, il n’a jamais été mis au tombeau, etc…

Jésus, l’enquête +++
Jésus, l’enquête +++

« Jésus l’enquête » est un véritable « miracle cinématographique ».

Côté cinéma, c’est très moyen: un scenario linéaire et plat, des acteurs au jeu stéréotypé de série américaine et surtout un Lee Strobel (Mike Vogel) à la coiffure en mode années 70 d’un ridicule consommé. Parmi les dialogues on retrouve régulièrement la phrase clé des séries américaines : « Chéri, tu es sûr que ça va ? » et pour finir, c’est assez mal doublé.

Par contre, côté, éveil de l’intelligence à la foi, c’est magistral.

Jésus, l’enquête +++
Jésus, l’enquête +++

En effet, « l’enquête » livre peu à peu ses pépites qui rentrent dans l’âme du spectateur comme dans celle de Lee. Des preuves qui s’accumulent et vont amener le journaliste, contre toute attente, à la conversion. Et paradoxalement, l’absence de scénario bien ficelé, d’acteurs excellents, de photo superbe, de suspens inattendu… bref ce vide cinématographique, permet à toute la recherche de Lee de nous atteindre peu a peu, en douceur, sans effets mais aussi sans obstacle. On ne retient rien d’autre du film que l’essentiel : il est « certain » que jésus est bien mort en croix, qu’il a été mis dans un tombeau et que des centaines de personnes l’ont vu vivant après sa mort !

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 23:11

 

Örök tél (Hiver éternel), un film hongrois

jeudi 22 février 2018 à 20h

à l'Institut hongrois , 92, rue Bonaparte 75006 Paris
Réservation obligatoire : reservation@instituthongrois.fr | +33 1 43 26 06 44

 

Örök tél, 2018, 100min, VOSTFR

 

À la fin de l’année 1944, la Seconde guerre mondiale va bientôt se terminer. Mais pour des millions de personnes, les véritables épreuves ne font que commencer. Outre les soldats et les prisonniers de guerre, des centaines de milliers de civils, de personnes âgées, de femmes et d’enfants ont perdu leur maison, leurs biens, leur liberté. Entre novembre 1944 et avril 1945, sur ordre de Staline, l’Armée rouge arrête 250 000 civils sur le territoire hongrois pour les envoyer dans des camps de travail soviétiques. Avec ce film, les réalisateurs des longs métrages « Demi-monde » et « L’ambassadeur de Bern », Attila Szász et Norbert Köbli, rendent hommage aux femmes innocentes déportées.

Entrée libre

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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 09:22

Ce soir sur la chaîne de télé HISTOIRE 

 

HISTOIRE/ 20h40 - Le film d’Yves-André Hubert, transposition magistrale de la superbe mise en scène de Gildas Bourdet, exalte la puissance de « Dialogues des carmélites », œuvre ultime de Georges Bernanos.

L’histoire des carmélites de Compiègne, guillotinées, place du Trône, le 17 juillet 1794, avait inspiré l’Allemande Gertrud von Le Fort, qui, dans La Dernière à l’échafaud (1931), racontait leur histoire en ajoutant un personnage, Blanche de La Force. Elle imaginait une jeune aristocrate dont la mère était morte en la mettant au monde après avoir été attaquée par une foule déchaînée. Blanche a hérité de cette peur. Elle quitte son père et son frère pour entrer au couvent. Elle se veut «héroïque». Mais la Terreur gronde et, dans le secret du Carmel, seize sœurs doivent affronter doute et désespoir.

Sur une suggestion du père Bruckberger, son ami, Georges Bernanos (1888-1948), un an avant sa mort, compose Dialogues des carmélites. Le texte est publié en 1949, à titre posthume. Il s’agit du scénario d’un film qui ne verra le jour qu’en 1960. Entre-temps, en 1952, Jacques Hébertot a adapté cette œuvre magistrale pour le théâtre. Poulenc en donnera la version lyrique, créée en 1957, à la Scala de Milan. Ces précisions sont nécessaires. L’ouvrage est parfois intitulé Dialogue au singulier.

Le film, réalisé à la fin des années 1980, que la chaîne Histoire diffuse ce soir est la traduction remarquable, par le regretté Yves-André Hubert, d’une mise en scène de Gildas Bourdet. Une production de la Comédie-Française, à l’époque donnée au Théâtre de la Porte Saint-Martin, transformé en studio dans le décor de la pièce, la salle Richelieu étant à l’époque en travaux.

On ne peut qu’être saisi devant la perfection de ce double travail, celui de la mise en scène théâtrale et celui de la réalisation. Et la longueur inusitée du film (2 h 17) ne doit en rien vous décourager. La puissance de la situation dramatique, les dialogues simples et frappants, l’interprétation exceptionnelle, la beauté du décor, la qualité des cadrages, de l’image, du son - avec peu de musique et quelques chants -, tout ici subjugue et impose sa profondeur et sa grâce.

La suite...

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2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 15:36

En même temps ... Petrus Angel était à l'opéra et au cinéma

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 20:51

Résultat de recherche d'images pour "le deuxième souffle Ventura"

Sur Arte hier et en ce moment...

Ne manquez pas le monologue de Paul Meurisse à partir de la scène de la 9e mn...

Pas mal auf deutsch auch...

Disponible : 27/11/2017 au 04/12/2017
Prochaine diffusion : lundi 4 décembre à 13h35
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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 10:27

 

Art contemporain : réquisitoire contre le grand n'importe quoi

 

Une scène de “The Square”. Une satire aiguisée de ce canul'art conceptuel, qui intimide les gogos en justifiant des “oeuvres” laides et creuses avec un discours théorique intimidant et abscons. Photo © Production
 

N'importe quoi. Palme d’or à Cannes, The Square satirise ce qui était jusqu’alors une intouchable vache sacrée. À l’heure où s’ouvre la Fiac et alors que paraissent plusieurs essais critiques sur cet “art du rien”, la baudruche serait-elle en train de se dégonfler ?

L’image est forte, et doublement symbolique. Au début de The Square, le film de Ruben Östlund couronné de la palme d’or au dernier Festival de Cannes, le palais royal de Stockholm a été transformé en musée d’art contemporain. Cette royauté de l’art contemporain, son couronnement comme nouvelle incarnation du sacré de droit divin se concrétise d’une manière on ne peut plus visible : pour libérer l’espace à une installation temporaire, on met à bas une statue équestre qui trônait au milieu de la cour. Délégitimé par le “non-art” nouveau, l’art ancien est sommé de faire place nette, de passer aux oubliettes de l’histoire devant une forme artistique qui revendique sa radicale nouveauté, et qui pourrait prendre comme devise le préambule que Rousseau donna aux Confessions « Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple »

L’oeuvre qui réclame ainsi place nette est, comme l’indique le titre du film, un carré, un simple carré de pavés bordé d’un cadre lumineux. Comme il est de règle dans l’art contemporain, cette oeuvre n’est intelligible que si l’on en lit la notice : « The Square est un sanctuaire de confiance et de bienveillance. En son sein, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs. » Directeur médiatique et très photogénique du musée, Christian (l’impeccable Claes Bang) est un humaniste scrupuleux qui, quand tant de praticiens de l’art contemporain se veulent provocateurs et destructeurs, veut utiliser son pouvoir pour mettre en lumière des valeurs positives.

Mais voici qu’un événement imprévu vient troubler la surface plane de sa bonne conscience : croyant avoir participé au sauvetage d’une passante agressée, il réalise qu’il a été victime d’une mise en scène au cours de laquelle on lui a dérobé portefeuille et téléphone. Furieux de sa bonne foi abusée et ayant réussi à localiser l’immeuble d’où son portable continue d’émettre, il va glisser une lettre de menaces dans chacune des boîtes aux lettres de l’immeuble, sans se rendre compte qu’il sort ainsi spectaculairement, en commettant autant d’injustices potentielles, du périmètre de la bienveillance qu’il est par ailleurs occupé à promouvoir…

Autour de ce prétexte, Ruben Östlund bâtit un récit, certes trop long et un peu décousu, mais d’une insolence bienvenue, qui est l’occasion d’un passage en revue minutieux des ridicules, impostures et contradictions du milieu de l’art contemporain. Tout y passe : vacuité d’une novlangue artistique qui s’avère incompréhensible à ceux-là mêmes qui la produisent ; nullité des oeuvres qui s’accumulent dans des musées gigantesques où s’égarent de rares visiteurs indifférents ; panique quand une femme de ménage a pris un tas de poussière pour un tas de poussière, et a donc bazardé une partie de “l’oeuvre” à la poubelle (la chose se produit réellement, régulièrement, dans de vrais musées) ; soumission de la démarche artistique à des communicants imbéciles et avides de scandale… Plusieurs scènes restent imprimées de manière indélébile dans les mémoires, comme cette explication que tentent d’avoir deux amants dans une salle du musée, où une “installation” composée d’un amoncellement de chaises qui s’entrechoquent à intervalles réguliers fournit à leur dispute un arrière-fond absurdement risible. Ou cette autre, étirée jusqu’au plus profond malaise, où la “performance”, au cours d’un dîner de gala, d’un artiste censé incarner une bête sauvage tourne à l’agression, puis à la tentative de viol, sans que les spectateurs osent d’abord intervenir, tétanisés par le respect de ce qui est censé être une “oeuvre”, puis tout simplement par la peur… Là encore, la scène évoque un incident réel, survenu en 2015 à la foire de Miami, quand une femme a poignardé une autre et que personne n’a réagi, croyant assister à une “performance”…

Le pur produit du narcissisme contemporain

Si elle assume la caricature, cette scène centrale de The Square frappe juste tant le phénomène de la peur est au coeur de l’imposture de l’art contemporain : peur de passer pour un imbécile en avouant son incompréhension ou son rejet, de ne pas être dans le coup, de se distinguer de la meute, de ne pas être “absolument moderne” — voire d’être qualifié de réactionnaire. Idéologie dominante qui se vit comme une rébellion contre l’ordre établi, révolution institutionnelle dirigée par des “rebellocrates” et suivie par des “mutins de Panurge”, pour parler comme Philippe Muray, l’art contemporain n’évite de ployer sous le poids du ridicule que par le terrorisme intellectuel, et donc grâce à la peur.

La peur, pourtant, serait-elle en train de changer de camp ? Déjà, au moment du scandale causé, en 2014, par l’érection du “plug anal” de McCarthy sur la place Vendôme, on avait senti vaciller le camp des sectateurs de l’art contemporain, inquiets, comme Philippe Dagen, le critique d’art du Monde, que les « provocations pornographiques et scatologiques » de McCarthy puissent donner du grain à moudre à ceux qui pensent que l’art contemporain est « uniformément nul — une vaste blague ». Depuis quelques années, les attaques se multiplient, débordant les cercles habituels des contempteurs de la modernité ; les rétrospectives parisiennes consacrées en 2015 à Warhol et à Koons n’ont pas échappé aux relectures acerbes. Régulièrement, des articles et des livres annoncent l’explosion de la bulle financière d’un art outrageusement surcoté (lire notre encadré). Et cette année, plusieurs essais parus successivement se sont livrés à des critiques en règle : l’ABC de l’art contemporain de Nicole Esterolle (éditions Jean-Cyrille Godefroy), Requins, caniches et autres mystificateurs de Jean-Gabriel Fredet (Albin Michel) et, plus essentiel, Du narcissisme de l’art contemporain, d’Alain Troyas et Valérie Arrault (Éditions L’Échappée).

Se réclamant d’une lecture marxiste (qui se limite en réalité à constater qu’un art dominant est l’émanation du contexte socioculturel de son époque, ce qui ne paraît guère apte à choquer le bon sens du plus obtus des réactionnaires), les auteurs voient l’art contemporain comme une parfaite illustration de l’idéologie libérale-libertaire aujourd’hui dominante, cette conjonction d’une marchandisation du monde qui tend à transformer l’individu en simple consommateur, et du narcissisme de l’individu moderne, dont le principe de plaisir est la seule boussole, boussole qui le rend particulièrement vulnérable aux diktats de la société de consommation. L’un et l’autre supposent la transgression de toutes les règles, traditions, limites qui entravent la liberté absolue du moi — ces règles dont l’abolition est la condition même de la naissance de l’art contemporain, puisque celui-ci repose sur le dogme que seul le caprice de l’artiste décide de ce qui est art.

Sexe, déchets et vidéos

À l’aune de cette origine narcissique de l’art contemporain, Alain Troyas et Valérie Arrault déclinent ses caractéristiques fondamentales. Culte du banal, tout d’abord : puisque l’art ancien était « la sacralisation de l’exceptionnel », l’art nouveau doit ériger en absolu les objets les plus ordinaires — de la pissotière de Duchamp, qui fonde l’art contemporain en érigeant cet urinoir en oeuvre, aux boîtes de soupe de Warhol, en passant par les aspirateurs de Koons, l’assomption au rang d’oeuvres des objets les plus usuels est l’une des plus constantes tartes à la crème de l’art contemporain. À force de vouloir sanctifier le quotidien, on a livré l’art au triomphe de l’insignifiant.

Du presque rien au n’importe quoi, une autre de ses manies est l’absurde, qui se veut une protestation contre l’impasse de la raison raisonnante, censée avoir sombré dans les totalitarismes du XXe siècle, mais qui est surtout l’alibi des caprices d’artistes qui ne veulent plus connaître que leur bon plaisir. L’art contemporain raffole logiquement des performances aberrantes, comme celles d’Opalka qui a passé quarante-cinq ans de sa vie à reproduire sur toile des suites de nombres, ou celles d’Abraham Poincheval, dont tout l’art consiste à s’enfermer volontairement dans des casiers de vestiaires, des dépouilles d’ours ou des rochers évidés…

Autre constante de cette inversion des valeurs sur laquelle repose cet art, particulièrement significative de la régression narcissique où il se complaît : le culte du déchet, la « délectation esthétique » prise « à jouer la carte du dégoût, de l’ignoble, du laid ». Des amoncellements d’ordures d’Arman aux tas de vêtements usagés de Boltanski, le détritus, les gravats, la ferraille sont des incontournables de toutes les foires d’art contemporain.

Il faudrait un livre entier pour illustrer son penchant pour la pornographie, tant l’art contemporain rencontre ici l’esprit de l’époque. Du sex-toy installé place Vendôme par McCarthy, véritable sexocrate obsessionnel, à la “performance” de Deborah De Robertis, exhibant son sexe nu devant l’Origine du monde de Courbet, en passant par celles de la Suissesse Milo Moiré, qui ne perd pas une occasion d’exhiber ses formes superbes, allant jusqu’à demander aux passants de la masturber devant une caméra, l’actualité n’est pas avare de ces scandales garantis sur facture.

La scatologie est aussi une ressource très sûre, confirmant l’intuition de Freud qui rapportait que moult légendes attribuaient au diable cette ruse de faire prendre la merde pour de l’or. En 1961, Piero Manzoni a mis ses excréments en boîte, sous le nom de Merde d’artiste, et chacune se vend aujourd’hui pour le prix de 2 kilos d’or… L’art contemporain n’oublie jamais qu’il est né d’une pissotière : en 2011, Maurizio Cattelan, l’auteur de la célèbre sculpture de Jean-Paul II foudroyé par une météorite, annonce sa retraite mais, inquiet de ce que la cote de ses oeuvres semble s’effondrer, il revient bien vite, et l’oeuvre créée pour remonter sa cote, intitulée America, n’est autre qu’un siège de toilettes en or : est-ce une métaphore de la société américaine, ou de l’art contemporain lui-même ? Le doute est permis.

Une contre-Création blasphématoire

De la scatologie ou de la pornographie au morbide, il n’y a évidemment qu’un pas : et si les “artistes” qui mettent en scène leurs propres perversités sexuelles sont légion, ceux qui ont fait du martyre de leur propre corps la matière même de leur oeuvre sont à peine moins nombreux, l’une des plus redoutables, dénommée Gina Pane, n’ayant d’ailleurs pas hésité à comparer son “oeuvre” à une démarche christique de rédemption de l’humanité par la souffrance…

On regrette d’ailleurs qu’Alain Troyas et Valérie Arrault n’aient pas consacré un chapitre à la dimension blasphématoire de l’art contemporain, dont ils ne parlent qu’en passant, alors qu’elle apparaît centrale : le stade ultime du narcissisme n’est-il pas de se prendre pour Dieu ? Mettant à bas le principe même d’oeuvre, décrétant, à la manière des sorcières de Macbeth, que « le laid est le beau, et le beau est le laid », l’art contemporain n’est-il pas une création inversée, dont le principe même est de renverser les règles de la Création ? Dès lors, blasphémer contre l’art contemporain n’est plus seulement un droit, ni même un exercice d’hygiène mentale : c’est, au plein sens du terme, une oeuvre salutaire.

“Du narcissisme de l’art contemporain”, d’Alain Troyas et Valérie Arrault, Éditions L’Échappée, 366 pages, 20 €.

article de Laurent DandrieuValeurs actuelles, 22 octobre 2017 

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 11:45
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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 09:44
La jeune Suzu quitte Hiroshima en 1944, à l'occasion de son mariage, pour vivre dans la famille de son mari à Kure, un port militaire. La guerre rend le quotidien de plus en plus difficile, malgré cela, la jeune femme cultive la joie et l'art de vivre. Mais en 1945, un bombardement va éprouver son courage.
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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 17:15

Jackson, Zahira, Samuel et Carlos, quatre enfants, vivent l'un au Kenya, l'autre au Maroc, les autres enfin en Inde et en Patagonie. Tous les quatre, même s'ils ne se connaissent pas, sont prêts à relever tous les défis pour aller à l'école, espérant que l'éducation leur permettra d'échapper à leur destinée. 

Un film documentaire visible encore 6 jours ICIDisponible aussi en DVD.

 

Résultat de recherche d'images pour ""Sur le chemin de l'école""

 

 

La rentrée sur Petrus Angel...

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 19:17
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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 10:12
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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 12:38

Résultat de recherche d'images pour "braquage à l'ancienne"

la nouvelle comédie policière américaine réalisée par Zach Braff

Erratum : ils ne sont que 3.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 10:35

Pierre Bergé, Jacques Attali, Alain Minc et Daniel Cohn-Bendit : les gardiens du système soutiennent tous Emmanuel Macron !

la nouvelle comédie policière américaine réalisée par Zach Braff

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 18:39

Vous ne pouvez pas voir "les vacances de Monsieur Hulot" de Jacques Tati, sur la 5 ce soir ? Pas grave. Vous pouvez le voir sur un site russe.

Et en français. Non, ce n'est pas tout à fait un film muet...

 

           Жак ТАТИ         

 

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 20:55
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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 10:54

Петрус ангелрасположен в здании, где Распутин был жив! ! Бррррр!

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 15:19

dans la catégorie Ecran ...

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 19:12
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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 09:44
Divorcé depuis douze ans, Émile Dutilleul, 46 ans, comptable dans une compagnie d’assurances, a le cheveu rare, pas d’amis, et une vie réglée comme du papier à musique. Celle qu’il joue au piano à ses heures perdues dans son petit appartement d’un Montmartre envahi par les touristes. Chaque mois, il rend visite à sa mère. Mais quand la solaire Ariane, une nouvelle stagiaire, fait son apparition au bureau, Émile reprend goût à la vie. Presque simultanément, il se découvre un pouvoir extraordinaire : il peut traverser les murs...
 
Après l'adaptation du roman de Marcel Aymé à l'écran, notamment avec Bourvil puis Michel Serrault, une nouvelle adaptation avec Denis Podalydès. A revoir sur Arte encore 19 heures...
 
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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 17:22

 

Afficher l'image d'origine

 

ICI

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 10:17

8751-p4-de-funes-bourvil

 

Entretien avec Arnaud Guyot-Jeannin. C’est une modeste « commémoration nationale » mais c’en est une : sorti en salles le 8 décembre 1966, le film "La Grande Vadrouille" a cinquante ans, un demi-siècle de succès jamais démenti. Retour sur la comédie française par excellence, avec Arnaud Guyot-Jeannin qui publiait en 2012 aux éditions Xenia Les visages du cinéma : 35 portraits anticonformistes. — […]

Publié le 


 

On peut commander le DVD chez Livres en Famille.

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