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27 janvier 2024 6 27 /01 /janvier /2024 08:10

Umberto Eco, qui possédait 50 000 livres, disait ceci à propos des bibliothèques personnelles:

"Il est insensé de penser qu'il faut lire tous les livres que l'on achète, tout comme il est insensé de critiquer ceux qui achètent plus de livres qu'ils ne pourront jamais en lire. Ce serait comme dire qu'il faut utiliser tous les couverts ou les lunettes, les tournevis ou les forets que vous avez achetés avant d'en acheter de nouveaux.

"Il y a des choses dans la vie pour lesquelles nous avons besoin de toujours avoir suffisamment de provisions, même si nous n'en utilisons qu'une petite partie.

« Si, par exemple, nous considérons les livres comme des médicaments, nous comprenons qu'il est bon d'en avoir plusieurs à la maison plutôt que quelques-uns : quand on veut se sentir mieux, alors on va au « placard à pharmacie » et on choisit un livre. un livre aléatoire, mais le bon livre pour le moment. C'est pourquoi vous devriez toujours avoir un choix nutritionnel !

"Ceux qui n'achètent qu'un seul livre, ne lisent que celui-là et s'en débarrassent ensuite. Ils appliquent simplement la mentalité de consommateur aux livres, c'est-à-dire qu'ils les considèrent comme un produit de consommation, un bien. Ceux qui aiment les livres savent qu'un livre est tout sauf une marchandise. »

Lu sur Facebook.

 

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16 janvier 2024 2 16 /01 /janvier /2024 18:25

 

Nul ne peut ignorer de nos jours que la société moderne se trouve en présence de deux erreurs : l’une, au nom de la liberté, interdit à l’État d’intervenir, même pour sauvegarder l’intérêt public, dans le conflit perpétuel des intérêts privés : c’est l’individualisme ; l’autre, au nom de la justice, prévient les conflits et les abus de la liberté en supprimant les droits individuels qui les font naître pour y substituer le droit social de l’État : c’est le socialisme.

Pour en savoir plus et pour commander 

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11 janvier 2024 4 11 /01 /janvier /2024 20:08
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20 décembre 2023 3 20 /12 /décembre /2023 20:56

Un extrait du roman de Louis Bouffard 𝘜𝘯𝘦 𝘭𝘶𝘦𝘶𝘳 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘵𝘳𝘢𝘯𝘤𝘩𝘦́𝘦𝘴 est disponible ! À feuilleter ICI

Ce passage de la 2e partie du livre raconte la messe de Noël 1914 dans les tranchées.

Une bonne idée de cadeau pour Noël !

 

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17 décembre 2023 7 17 /12 /décembre /2023 22:59

G.K. Chesterton (1874-1936) © Wikipedia.

Chesterton : celui qui ne fut qu’apologète

Anglican converti au catholicisme, G.K. Chesterton (1874-1936) fut un penseur majeur de son siècle. Presque chacune de ses lignes est apologétique.

«Saint Père profondément endeuillé mort M. Gilbert Keith Chesterton fils dévoué Sainte Église talentueux défenseur de la foi catholique stop Sa Sainteté compatit paternellement peuple d’Angleterre assure prières cher disparu donne bénédiction apostolique. Cardinal Pacelli. » Ce télégramme, signé au nom de Pie XI par le futur Pie XII, témoigne de l’envergure qu’avait prise l’œuvre de Chesterton dans l’arsenal intellectuel de l’Église catholique au début du XXe siècle. Une envergure que nous avons quelque peu oubliée, quoiqu’elle nous ombrage encore aujourd’hui, à notre insu souvent, à travers les écrits de noms autrement célèbres comme Tolkien ou Lewis.

À tous points de vue pourtant, Chesterton fut énorme. Au physique, pour commencer : un mètre quatre-vingt-treize, cent-trente kilos. Ce géant de dimensions grotesques (peut-être fallait-il un corps obèse pour abriter une âme aussi vaste et enflammée que celle dont le départ endeuilla deux papes) produisit une œuvre à sa mesure, aussi dense que foisonnante – plus d’une centaine d’ouvrages de son vivant –, bouscula la vie politique d’Angleterre, fut couronné des titres les plus grandiloquents, d’Apôtre du Bon Sens à Prince du Paradoxe, inspira de pleines brassées d’écrivains et fut peut-être le phare de plus de convertis qu’aucun autre en son siècle, tout en menant une vie fort remplie de polémiste, de dessinateur, d’humoriste, de poète, de journaliste, de romancier, et, naturellement, d’apologète.

La suite ...

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13 décembre 2023 3 13 /12 /décembre /2023 22:45

Un vent glacial succède à la neige. Il fait moins dix. Les trains patinent, les enfants glissent, les vieillards trébuchent, les ménagères tombent au bord du trottoir. La sentinelle passe un journal entre sa chemise et sa poitrine. Le Père Noël, par souci de dignité, attache au bout de sa barbe un petit plomb de couturière pour l'empêcher de voler au vent. Telles sont les rigueurs de l’hiver. Des banquets vont réunir l'homme autour des festins de fin d'année. Le vin mousseux coulera dans les verres, enrichi de gaz carbonique. Pour éviter de gâter les nappes par des taches de sauce financière on servira des viandes rôties et du saucisson. 

Les hommes, en quittant leur bureau, entreront dans le sérieux du mois. Les labours sont finis, on ne moissonne pas encore, la terre est nue jusqu'à l'horizon. On se ratatine autour de l’âtre. Le moment est venu de réviser les harnais, de redresser les manches de fourche, de tresser les paniers, de façonner les jougs, de refaire les digues de son étang et de réparer ses murailles de pierre sèche. Les almanachs le conseillent vivement. Le bon sens y convie et la saison s'y prête. Virgile est pour. Il presse l'homme sage de courber les jeunes frênes pour tailler des mancherons de charrue. On ne saurait donc trop pousser l'homme, au mois de décembre, à réparer sa digue et façonner des jougs.

Le joug est en effet parmi les plus belles créations de l’artisanat rural. Il doit être léger, puissant, toujours massif, parfois frivole, et même, pour ainsi dire, chantant. Ses courbes en clé de sol et son poli de violon lui confèrent une grâce admirable. On ne saurait le réussir sans une âme de luthier, de modiste et de phrénologue. Mais, avant d'être orné, il demande à être senti. Il faut vivre le bœuf, il faut chérir la vache, il faut être amoureux du buffle et du zébu.

Alexandre Vialatte, La Montagne, 9 décembre 1956.

Mais pourquoi l'éléphant ?

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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 11:40

 

 Dr Régis Brunod

À la suite d'interprétations hasardeuses des écrits de Freud s'est imposée l'idée d'une sexualité présente d'emblée chez l'enfant. D'où les préconisations actuelles de l'OMS, par exemple, pour une éducation sexuelle dès le plus jeune âge.

 Or, cette conception n'est en rien ratifiée par l'observation clinique, comme l'auteur, médecin des enfants et ancien expert auprès des tribunaux, le démontre dans ce livre. D'où une légitime inquiétude face aux actions de l'OMS en faveur d'une éducation sexuelle dès 3 ans qui ne peut que désorienter les enfants. Au contraire, il apparaît que la sexualité suit un mode de développement semblable aux autres secteurs du développement neuropsychique avec, en particulier chez l'enfant, la nécessité de certaines acquisitions antérieures (les prérequis).

Sont ainsi réfutées les justifications avancées par nombre de prédateurs pédophiles. Et se pose alors la question des dangers d'une éducation sexuelle imposée aux jeunes enfants, qui ne sont en fait pas encore concernés. Un renversement complet des dogmes de notre époque !

Ce livre, écrit clairement et sans jargon, s'adresse autant aux parents qu'aux professionnels de l'enfance, leur donnant des éléments pratiques pour l'éducation et la protection des enfants, ainsi que des repères sur l'ensemble de leur développement neuropsychique. Cela en fait un véritable traité d'éducation.

L'auteur :

Régis Brunod est pédiatre et pédopsychiatre. Il est titulaire d'une habilitation à diriger des recherches (HDR) en sciences de la vie et de la terre et a notamment beaucoup travaillé sur l'autisme. Il a déjà publié Cent idées pour bien comprendre bébé, Les aspects sensoriels et moteurs de l'autisme, ainsi que Le médecin, le poète et l'enfant, tiré de sa thèse de médecine et primé par l'Académie française.

En lire plus ...

 

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1 décembre 2023 5 01 /12 /décembre /2023 08:11

VOTRE PROGRAMME
12 h : Ouverture des librairies, de la restauration et des boissons. Éditions Renaissance Catholique et Œuvre scolaire Saint-Nicolas. Stands de produits du terroir d'amis producteurs, livres pour la jeunesse. Livres d’occasion. Stands associatifs.
13 h : Une centaine d’auteurs attendus pour dédicacer leurs ouvrages.
Garderie sur place à partir de 13 h 30
CONFÉRENCES
13h45 : Jean SEVILLIA, Cette Autriche qui a dit non à Hitler
15h : Mathieu BOCK-COTE, Le Totalitarisme sans le goulag
16h : Patrick BUISSON, Décadanse
17h : Philippe de VILLIERS, Le roman du Roi-Soleil
19 h : Fin du salon

Toutes les autres informations 

Les auteurs ayant dit "présent"...

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30 novembre 2023 4 30 /11 /novembre /2023 08:32

SALON DU LIVRE RUSSE À PARIS

« RUSSKAYA LITERATURA »

9ème édition

  En l’honneur des 130 ans de la naissance

du poète russe Vladimir V. Maïakovski

(1893-1930)

 1 - 3 décembre 2023

 Centre spirituel et culturel orthodoxe russe

 1 quai Branly, 75007 Paris

FÊTE DES POÈTES ET DE LA POÉSIE

en l’honneur  de Vladimir V. Maïakovski (1893-1930)

«  Je voudrais vivre et mourir à Paris
                    S'il n'y avait la terre de Moscou »

                                                                     V. Maïakovski 

 

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24 novembre 2023 5 24 /11 /novembre /2023 17:12


Le Salon des Écrivains catholiques se tiendra le samedi 2 décembre 2023 de 14h à 18h à la Mairie du 6e à Paris.

Près de cent auteurs signeront leurs livres.

A 15h30, Roseline Hamel, sœur du Père Hamel prochainement béatifié, fera une conférence : "Jacques, mon frère".

Entrée libre.

Seront présents à notre Salon 

Pascal-Raphaël AMBROGI

René d’AMBRIÈRES

Ysabel de ANDIA

Charles-Henri d’ANDIGNÉ

Antoine ASSAF

Sœur Anne-Catherine AVRIL

Yves AVRIL

Amis de René BAZIN

les autres …

 

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21 novembre 2023 2 21 /11 /novembre /2023 11:54

Ces idées chrétiennes devenues folles, selon Chesterton ...

(la référence exacte en anglais est recherchée)

 

Ces idées chrétiennes qui ont bouleversé le monde

par Jean-François Chemain

La vieille Europe, la chrétienté, est-elle en train de mourir après avoir rempli sa mission d'ensemencer le monde du christianisme ? On peut s'interroger sur la nécessité d'un tel pessimisme.

Dans un espace géographique occidental limité, le catholicisme «romain » a su participer au développement d'une civilisation originale : unité de l'Europe, primauté de la paix et limitation de la guerre, laïcité, droits de l'Homme, égalité femmes-hommes, condamnation de l'esclavage, souci de l'enseignement, possibilité de la science, notamment, en sont les fruits.

Par l'action conjointe et souvent conflictuelle de deux acteurs – l'Église et l'État –, les énergies ainsi libérées ont permis à l'Europe chrétienne d'acquérir, à l'époque moderne, une supériorité technique qui l'a conduite à dominer le monde et à prétendre y imposer sa civilisation.

Mais l'Occident se trouve désormais au banc des accusés. À l'extérieur, on conteste son hégémonie, invoquant des griefs présents et passés. À l'intérieur, les uns, surenchérissant sur le monde, exigent qu'il fasse repentance de ce qu'il a été – conquérant, dominateur, homogénéisateur… tandis que d'autres, nostalgiques de la «chrétienté», lui font grief de ce qu'il ne serait plus assez « chrétien ».

À l'heure du doute, Jean-François Chemain livre ici une réflexion puissante et originale sur les apports civilisationnels du christianisme et la légitimité de leur devenir.

Diplômé de l'IEP de Paris, agrégé et docteur en histoire, docteur en histoire du droit, Jean-François Chemain enseigne dans plusieurs établissements supérieurs catholiques. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages.

 

feuilleter Feuilleter un extrait

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14 novembre 2023 2 14 /11 /novembre /2023 19:47

Les terroristes, de Roland Gaucher

Une édition agréable, avec une iconographie intéressante, d'un "classique" par un spécialiste des mouvements révolutionnaires modernes qui aborde les sujets sans aucun tabou.

 

Mars 1881. Quelques jeunes gens, lestés de dynamite, s’attaquent à coups de bombes au tsar Alexandre II. Le tsar en meurt. Le despotisme survit.
Mais, par ce meurtre, le terrorisme fait une entrée fracassante dans l’arène de l’Histoire. Tour à tour, les socialistes-révolutionnaires, les anarchistes, les bolcheviks, les comitadjis macédoniens et l’Armée Républicaine Irlandaise, les activistes allemands et la Garde de Fer, l’Irgoun et le groupe Stern, le F.L.N. et l’O.A.S., bien d’autres encore, auront recours à cette forme de lutte.
Dans les péripéties mortelles de ces combats ténébreux, le courage côtoie l’horreur, la ferveur le calcul et la trahison, et des figures fascinantes se détachent : Sophie Perovskaïa et Boris Savinkov, l’agent double Azev, les dynamiteros de Salonique, les Irlandais Collins et Dan Breen, Yacef Saadi, le lieutenant Degueldre… Histoire qui se poursuit aujourd’hui sur tous les continents et dont ce livre montre les ressorts et tente de dégager les leçons.
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12 novembre 2023 7 12 /11 /novembre /2023 10:41
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10 septembre 2023 7 10 /09 /septembre /2023 13:05

 

 

Petit homme vif mais terriblement indécis, Rodrigo n’est sûr que d’une chose : Dieu lui indique toujours la marche à suivre ; Marc-Aurel voudrait bien connaître le secret pour acquérir un cœur noble ; Himesh, employé modèle d’un opérateur téléphonique, saura-t-il courtiser la fantasque Nalini, rencontrée grâce aux petites annonces ?… Pendant ce temps, au ciel, Dieu et les apôtres observent ce petit monde avec une tendre indulgence et le ferme désir de les guider jusqu’au bout.
Dans ce roman initiatique palpitant, Anne Kurian tisse avec habileté les histoires de la terre et du ciel, pour les faire converger en une commune quête de sens et de bonheur.

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27 août 2023 7 27 /08 /août /2023 13:48

Bédésup : Anticommunisme et BD, 

1 par 

Dans un milieu alors très colonisé par « l’esprit de mai 68 », le bibliothécaire Jean-Claude Faur, avec sa revue Bédésup, était plutôt isolé dans sa riposte. Il nous a hélas quitté depuis, mais c’est pour lui rendre hommage que nous avons repris, en accord avec l’éditeur Philippe Randa, cet intitulé Bédésup, pour parler, dans les pages du Nouveau Présent, de l’actualité bédéphilique.

Vient de paraitre De l’autre côté du mur. Il s’agit d’une BD qui raconte l’aventure de spécialistes du franchissement du Mur de Berlin, dans les années 1960. Voilà qui nous donne l’occasion de traiter de la représentation du communisme dans la bande dessinée.

L’histoire de la BD retiendra à jamais que le plus fameux des dessinateurs de BD, celui à qui le 9e art doit tout, j’ai nommé Hergé, est l’auteur de la toute première BD anticommuniste (qui, pendant une demi-siècle fut d’ailleurs la seule ou presque). Nous avons déjà eu l’occasion de parler ici de cette BD célébrissime entre toutes, publiée en feuilleton dans un journal catholique belge à partir de 1929, et en album en 1930.

Il fallut attendre 1973 pour que ce récit soit réédité. Faute de demande ? Pas du tout ! Mais en raison d’une autocensure, en raison de la peur des conséquences, pour la maison Casterman, d’une telle réédition. Quand Casterman, littéralement harcelé de demandes, de réédition, et confronté à une multitude d’éditions pirates, se décide enfin à rééditer ce récit, il l’insère dans un gros album dit Archives Hergé, comme pour montrer à ceux qui risqueraient de mal réagir (menaces de mort, violences, appels au boycott de toute l’œuvre d’Hergé etc.) qu’il s’agit uniquement d’une publication à caractère historique, et qui n’a surtout pas vocation à être mise entre les mains d’enfants. Par la suite, après la chute du Mur de Berlin, l’album s’est « normalisé », et il est désormais plus ou moins intégré dans l’œuvre du maître.

Certes en 1956, L’Affaire Tournesol oppose des espions américains et soviétiques (l’URSS n’étant jamais citée). Dans cet album, les Soviétiques sont plus malfaisants que les Américains, mais Hergé les renvoie un peu dos à dos. Néanmoins Staline (disparu trois ans auparavant) y est caricaturé par le biais du général Plekszy-Gladz

Jean-Michel Charlier (dessins de Mitacq), l’auteurs de la série La patrouille des castors, et de la série « Buck Danny » (dessins de Hubinon), fut plus courageux, en utilisant l’appellation transparente « Esturie » pour désigner le bloc des pays de l’Est, dans ses aventures scoutes. L’aviateur américain Buck Danny, affronte, lui, très clairement, les communistes de la Corée du Nord, dans deux albums, Ciel de Corée et Avions sans pilote (1953/1954). Mais il faut noter que ces albums furent interdits un temps … en France, pas en Corée du nord. C’est dire le poids du Parti communiste et plus généralement du camp stalinien dans la France de l’après-guerre.

A la même époque, les bandes dessinées introduisent très largement le nazisme et le fascisme comme composantes du monde des « méchants ». Le diptyque La bête est morte ! de Calvo est probablement la BD la plus caractéristique de ce thème. Mais Franquin dans ses aventures de Spirou, s’en donne aussi à cœur joie : le dictateur Zorglub tient plus de Goebbels que de Lénine ou Staline. Plus tard Dimitri (Guy Sajer) publia sa série « Goulag », mais le ton en était tellement parodique que sa lecture ne poussait pas à porter un jugement politique sur ledit Goulag. Ce qui n’empêchait pas Guy Sajer d’être par ailleurs un impeccable anticommuniste.

Sauvegarder pour l’Histoire l’image, malmenée depuis 1989, du communisme et du soviétisme

Le Mur de Berlin (plus généralement le communisme, d’ailleurs) n’a vraiment inspiré les dessinateurs de BD … que depuis qu’il n’existe plus. Voilà qui ne plaide pas en faveur d’un non-conformisme revendiqué par ce milieu de la BD contemporaine. Ce fut pourtant un évènement extraordinairement dramatique : une ville séparée en deux, du jour au lendemain, au cœur de l’Europe, 40 000 personnes qui parvenant à fuir clandestinement, 250 d’entre elles, au moins assassinées entre les deux zones, par les vopos communistes.

Quelques albums BD ont néanmoins traité des tentatives de franchissement du mur de Berlin. Aux éditions du Triomphe, a été publié en 2009 Le Mur de Berlin 1961-1989, tandis que les éditions Dupuis éditaient en 2019 Le mur de Berlin au cœur de la guerre froide. Mais nous sommes loin d’une déferlante.

De ce fait, De l’autre côté du mur qui vient de paraitre chez Grand Angle, ne fait pas double emploi avec ces albums. Il fait d’autant moins double emploi que cette BD-là se présente comme une aventure et pas comme un récit didactique, historique. L’angle est original : il nous raconte l’histoire d’une bande de passeurs professionnels, dont le « métier » consiste donc à favoriser l’évasion d’Allemands de l’Est (scénariste : Kid Toussaint). Un sujet jamais traité jusque-là, à notre connaissance. Quant au dessin (Tristan Josse), il se situe dans la veine essentiellement humoristique et caricaturale. Plus proche en fait de Dimitri que de Charlier ou Hergé. Mais au début et à la fin du récit, quelques données historiques rappellent très exactement ce que fut le drame de l’Occupation communiste de l’Allemagne de l’Est, et ses crimes.

Le bilan du communisme devrait inspirer les nouveaux talents

Quand on rentre dans une boutique de BD, ou qu’on visite le rayon BD des grandes surfaces, on est étonné de la prolifération de récits consacrés à la Seconde Guerre mondiale, et tout spécialement à la Résistance. Les héros sont le plus souvent des rouges espagnols, réfugiés en France. Le communisme y est plus ou moins exalté (exemples : le très verbeux et donc illisible nouveau Spirou d’Emile Bravo, la BD actuellement publiée en feuilleton dans Le Figaro Magazine, ou encore Matteo du dessinateur Gibrat etc.). A croire que ces récits servent surtout à sauvegarder, pour l’Histoire, l’image très malmenée (depuis 1989 seulement), du communisme et du soviétisme.

Mais ce constat que le plus grand totalitarisme du XXe siècle, système le plus meurtrier des temps modernes et sans doute de tous les temps, n’a guère enthousiasmé les éditeurs et les scénaristes de BD (comme d’ailleurs les cinéastes), devrait inspirer les nouveaux talents, car cela reste donc un sujet très original, quasiment inexploré à ce jour. Avis aux amateurs.

Agathon

De l’autre côté du mur, par Kid Toussaint et Tristan Josse, Ed. Grand angle, mai 2023

 
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20 août 2023 7 20 /08 /août /2023 14:54

Une lecture à table, en recto tono, dans une abbaye d'Auvergne ...

 

Marie-Ange et les petites sœurs disciples de l’Agneau, par Raphaëlle Simon 

Que raconter de Marie-Ange, une femme porteuse de trisomie 21, rappelée à Dieu à l'âge de 53 ans, qui n'a laissé qu'une poignée de lettres, parlait peu et a passé trente-trois ans de sa vie cachée, donnée, dans un humble monastère de la Brenne ?

Quelle est cette communauté, unique au monde, qui donne sa place à des soeurs trisomiques, au dernier rang de la société, pour qu'elles puissent répondre à l'amour dont Dieu les comble ? Beaucoup de questions surgissent à l'évocation d'une telle vocation.
« Parce que j'étais petite, il a plu à Dieu de me choisir », peut-on lire en exergue chez les petites soeurs Disciples de l'Agneau. Et Marie-Ange ajoutait, en pointant son doigt vers le ciel : « … pour l'éternité ! »
La découverte d'une personnalité lumineuse qui renouvelle en profondeur le regard sur le handicap : la simplicité à l'état pur.

Raphaëlle Simon est journaliste indépendante, éditrice et auteur de plusieurs ouvrages, dont Être mère, c'est… (Salvator, 2020) et Couples de feu et de foi (L'Emmanuel, 2020).

feuilleter Feuilleter un extrait

 

Découvrez aussi le documentaire Les yeux tournés vers l'aube

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13 juillet 2023 4 13 /07 /juillet /2023 14:41

Des ouvrages pour découvrir une œuvre étonnante. Elle n'est pas dans le Top 5 des ventes. Un jour peut-être …

>>> Extraits d'ouvrages originaux de Fernand Crombette 

et une bande dessinée !

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28 juin 2023 3 28 /06 /juin /2023 07:39

 

En resituant chaque album dans son contexte de création, Bob Garcia traque et décrypte les références historiques, politiques et d'actualité immédiate qui se devinent en filigrane des aventures du célèbre reporter. Une nouvelle lecture du travail très documenté de Hergé, qui affirmait lui-même : "Tous mes albums portent la trace du moment où ils ont été dessinés".

MEDIAS PRESSE INFO, mai 2022 : 

   Cet ouvrage se lit avec un réel plaisir et intéressera tant les tintinophiles que les amateurs de la grande et la petite Histoire. 

   Bob Garcia rappelle par contre fort justement que les innombrables qualités morales de Tintin, humble, magnanime, loyal, courtois, distingué, ardent et fidèle, sont puisées dans l’idéal de la Croisade eucharistique, mouvement de jeunesse très en vogue durant la jeunesse de Hergé. Et, comme le souligne Bob Garcia, l’importance de la religion dans la bédé belge est à l’époque omniprésente, tous les auteurs de BD de l’âge d’or – Michel Tacq, qui signera Mitacq, Franquin, Joseph Gillain, dit Jijé, Jean-Michel Charlier, François Craenhals, Raymond Reding, Pierre Culliford, plus connu sous le pseudonyme de Peyo, Eddy Paape, etc – étant issus des écoles et/ou des mouvements de jeunesse catholiques.

LE FIGARO, jean-Christophe Buisson, février 2022 :  Un livre précieux contextualise tous les albums d’Hergé, mettant en scène le célèbre reporter à la houppe.

   Ceux qui ont appris un peu l’histoire du monde contemporain en lisant les SAS de Gérard de Villiers et les albums d’Hergé jubileront à la lecture du nouvel essai de Bob Garcia: Tintin & l’Histoire (Desclée de Brouwer). L’auteur décrypte les cinquante ans d’aventures du jeune reporter (1930-1980) en appuyant, mais avec la légèreté du pas de Nestor, sur leur contexte historique, diplomatique ou géopolitique.

   Car oui, chaque récit mettant en scène Tintin fait écho ou se réfère à un événement crucial du XXe siècle (réel, exagéré, fantasmé, détourné, croisé). L’occasion de se replonger en Russie bolchevique avec Guépéou et koulaks ; dans l’Amérique des bootleggers, des speakeasies et des ségrégationnistes ; dans la Chine convoitée par les Japonais (Tintin est même témoin du sabotage de la voie ferrée de Moukden à l’origine de l’invasion du nord du pays par l’armée impériale nippone!) ; dans l’Amérique du Sud où fait rage la guerre du Chaco et que le marchand d’armesZaharoff alimente en avions…


L'auteur : Bob Garcia

Passionné de littérature populaire, de musique et de bande dessinée, Bob Garcia a publié une dizaine de romans et nouvelles policières, d'études tintinophiles et d'essais et articles sur le monde du jazz. Il a publié en 2018 Tintin, le diable et le bon Dieu chez le même éditeur.
4ÈME DE COUVERTURE

   Entre 1930 et 1980, Tintin participe, à l'instar de ses modèles Albert Londres ou Joseph Kessel, aux grandes mutations géopolitiques du monde. Dès son périple en URSS, il témoigne du "grand tournant" opéré par la Russie soviétique. Il découvre le Congo belge. Puis il se rend dans une Amérique sinistrée par la grande dépression. En Chine, il vit en direct l' "incident de Moukden" et combat aux côtés des Chinois contre l'occupant japonais.

   Dans Le Sceptre d'Ottokar, il assiste à la montée du nazisme. Après la Seconde Guerre mondiale, Objectif Lune, On a marché sur la Lune, L'Affaire Tournesol et Coke en stock sont de véritables chroniques de la guerre froide sur fond d'espionite, de course à l'espace, de microfilms, de terrorisme, de piraterie aérienne, de trafics d'armes et d'enlèvements de savants. Dans Les Picaros, il est pris impuissant dans la valse des révolutions-éclairs qui agitent l'Amérique Latine... 

On peut l'acheter ICI : Bob Garcia : Tintin et l'Histoire | Livres en famille

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14 juin 2023 3 14 /06 /juin /2023 08:11

 

Face à la conspiration du monde moderne contre la vie intérieure, le message spirituel de Bernanos n’a rien perdu de son actualité. Voici une merveilleuse introduction à l’œuvre du romancier catholique à travers la méditation de ses thèmes de prédilection : l’appel à la sainteté, l’enfance spirituelle, ou l’invincible espérance.

Pour en savoir plus sur le livre et le commander ...

 

Retrouvez Bernanos sur Petrus Angel !

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10 juin 2023 6 10 /06 /juin /2023 11:31

Pierre Loti, officier de marine et écrivain français, est mort il y a 100 ans.

Pêcheur d'Islande a sans doute souffert de son succès, considérable, et l'on ne relit plus beaucoup cette histoire d'amour qui fit tant pleurer nos grands-mères. Le chef-d'œuvre de Loti n'en recèle pas moins de nombreuses qualités. Avec une construction savante, soigneusement équilibrée, un style sobre, à la limite de l'épure ("La mer, la mer grise"), des phrases ciselées, polies comme des galets, Loti accomplit un véritable travail d'artiste et de peintre pour évoquer ces horizons blancs, immensément vides, qui déchirent le ciel d'Islande. Lumières polaires irisées, brumes blafardes, soleils sans chaleur, impassibles et cruels, répondent aux tourments des cœurs, annoncent les amours brisées par la mort, les noces du marin et de la mer. Artisan scrupuleux, Loti trouve ici le chemin d'une poésie à la fois simple et profonde, où son chant s'épanouit en toute plénitude. --Scarbo
La Marie, navigue vers l'Islande emmenant à son bord les pêcheurs bretons qu'on appelle les "Islandais". Pourtant, la mer du Nord est dangereuse, et chaque année, certains équipiers ne reviennent pas. Après avoir vécu à Paris, Gaud, une belle et douce jeune femme, revient vivre en Bretagne. Elle tombe alors éperdument
amoureuse de Yann, marin sur La Marie. Mais, lui, n'aime que la mer…

 

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21 avril 2023 5 21 /04 /avril /2023 09:38

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18 avril 2023 2 18 /04 /avril /2023 15:33

 

" Dans ce livre, je raconte ma propre expérience, qui ne résume en aucune façon celle de tout le monde, mais certains de ses aspects font partie du lot commun. L'Histoire a déterminé ma propre histoire. En choisissant certains épisodes, je voulais restituer, le plus fidèlement possible, à travers le regard d'un enfant d'abord, d'une adolescente ensuite, une expérience vécue. Grâce au regard ironique de l'adulte que je suis devenue, ces événements pouvaient prendre une dimension comique ou grotesque.
Je ne peux qu'espérer que cette vision double permette au lecteur de saisir l'esprit des périodes décrites. Quant à l'auteure de ces lignes, sa vie de 1944 à 1968, ne peut intéresser le lecteur que par la diversité de son expérience qui l'a amenée à survivre à deux "ismes", le nazisme et le stalinisme, et à trouver son salut dans une démocratie libérale. Son destin l'a conduite à franchir plusieurs frontières, à traverser deux fois un océan, pour revenir à Paris et y mener enfin une vie "bien rangée".
Avouez, chères lectrices, chers lecteurs, on connaît des destinées bien plus malheureuses… "

On peut le commander ICI

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27 février 2023 1 27 /02 /février /2023 10:28

Nous publions régulièrement des papiers rectifiant les faits sur la Hongrie, la Pologne et d’autres pays d’Europe centrale, peu ou mal connus en France. Nous avons remarqué un essai de Yann Caspar sur les littératures de ces pays, Chroniques littéraires d’Europe centrale (éditions du Cygne) qui est une bonne introduction à une meilleure connaissance de cette zone et avons posé quatre questions à son auteur.
Quand les médias de grand chemin parlent de l’Europe centrale, c’est sous une forme souvent caricaturale, pour fustiger la Hongrie ou la Pologne, les autres pays étant terra incognita, pourquoi ce silence sur des pays pourtant si proches géographiquement et culturellement ?

C’est particulièrement le cas dans les médias français. Les Français ont une connaissance assez limitée de cette région, qui historiquement est plutôt une zone suscitant l’intérêt des Allemands. Si l’on ajoute à cela le penchant idéologique français à l’universalisme et l’incapacité des Français à comprendre d’autres formes de constructions collectives que celle de la nation française, l’Europe centrale n’est plus simplement une région difficile à appréhender mais carrément une énigme. Percer cette énigme, armé du seul logiciel français est impossible. De ce point de vue, les Allemands et les Anglo-Saxons ont un net avantage. Les premiers ont un rapport à la communauté politique plus axé sur la langue et l’ethnie, ce qui les rend plus aptes à comprendre les nations d’Europe centrale. Les seconds sont pragmatiques et traitent un problème en partant de la réalité du terrain. Tous les deux succombent moins à ce travers consistant à plaquer des concepts sur une région donnée.

À l’Ouest, on est soit anti-Orbán soit pro-Orbán, vent debout contre les « ultra-conservateurs polonais » ou séduit par « la Pologne fièrement catholique ». Dans tous les cas, on porte un jugement partant d’illusions idéologiques et faisant l’impasse sur des particularités historiques (…)
Néanmoins, il est vrai que ces différences d’approche ont tendance à s’estomper. Aujourd’hui, l’heure est à la simplification généralisée. C’est évidemment le cas lorsqu’il est question des cas hongrois et polonais. Tout ne devient que vulgaire idéologie, les faits et le recul historique passent au second plan, quand ils ne sont pas totalement négligés. Cela débouche sur des fantasmes en tout genre. Les uns accusent et vocifèrent. Les autres admirent et idéalisent. À l’Ouest, on est soit anti-Orbán soit pro-Orbán, vent debout contre les « ultra-conservateurs polonais » ou séduit par « la Pologne fièrement catholique ». Dans tous les cas, on porte un jugement partant d’illusions idéologiques et faisant l’impasse sur des particularités historiques : la spécificité des constructions nationales centre-européennes, le rapport aux empires, la dépendance économique et politique, la prise en étau géographique, les traces laissées par le socialisme, etc. Le fait que cette région fasse l’objet de tant de mythes témoigne surtout d’une paresse et d’une faillite intellectuelles de l’Europe de l’Ouest. Il faudrait avant tout que les Européens de l’Ouest balaient devant leur porte pour être en mesure de comprendre ce qui se passe ailleurs.

Quelle a été l’origine de cet ouvrage et votre méthode de travail ? 

Précisément l’envie de jouer modestement un rôle de passeur de connaissances à destination des francophones. Ce sont essentiellement les hasards de mon arbre généalogique qui me fournissent des atouts pour tenter de tenir convenablement ce rôle. J’ai la chance de maîtriser trois langues (le français, l’allemand et le hongrois) sans avoir eu à les apprendre de manière fastidieuse. Cette facilité provoque en moi un sentiment de dette permanente. Une fois mes études terminées en France, il y a dix ans, je me suis installé à Budapest, où je vis toujours. Mes activités sont toutes liées à ce rôle de passeur et de pont entre l’Europe centrale et l’Europe de l’Ouest. Traduction, interprétariat, conseil, expertise, journalisme, etc. Ce livre est d’ailleurs né dans la cadre de projets journalistiques.

Je collabore depuis plusieurs années au Visegrád Post, un média spécialisé dans l’Europe centrale fondé et dirigé par Ferenc Almássy, lui aussi franco-hongrois. En 2018, l’idée nous est venue de proposer à nos lecteurs des contenus sortant un peu des sentiers battus. Ferenc et moi commencions alors un peu à être fatigués de ce ping-pong permanent et assez stérile entre « progressistes » de l’Ouest et « conservateurs » de l’Est. Nous y voyions hélas plus un jeu d’ombres que des réalités tangibles. Je me suis alors mis à écrire pour le Visegrád Post des chroniques hebdomadaires sur des classiques de la littérature centre-européenne. Ces textes se proposent de prendre du recul sur l’actualité et adoptent des angles de compréhension originaux. Certains ont été retravaillés pour la publication de ce recueil paru aux Éditions du Cygne, une maison dirigée par Patrice Kanozsai, qui, en sa qualité de Belge d’origine hongroise vivant à Paris depuis trente ans, a lui aussi à cœur ce rôle de passeur entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe centrale.

Les auteurs et les œuvres chroniqués ont été choisis parce qu’ils permettent mieux que n’importe quel discours politique et idéologique de comprendre l’Europe centrale d’un point centre-européen. Ils sont le miroir de ce que les populations centre-européennes ont en elle.
Les auteurs et les œuvres chroniqués ont été choisis parce qu’ils permettent mieux que n’importe quel discours politique et idéologique de comprendre l’Europe centrale d’un point centre-européen. Ils sont le miroir de ce que les populations centre-européennes ont en elle. En réalité, tout ce qui fait la spécificité de cette région n’est pas si mystérieux que cela si l’on prend la peine de s’imprégner d’une bonne dose de sa littérature. Une explication et une analyse du texte de l’Hymne national hongrois permet par exemple de se faire une bien meilleure idée de la Hongrie que la lecture de tous les articles pro- et anti-Orbán réunis.

Quels sont les grands noms et les grands thèmes qui traversent votre livre ?

D’abord, l’incontournable Sándor Márai, un des écrivains hongrois les plus connus en France. Je m’intéresse à son rapport à la révolte de 1956, notamment en épluchant son journal qu’il a tenu monacalement pendant des décennies. On y découvre un visionnaire qui ne se fait aucune illusion sur l’autonomie de son pays. Dès 1945, il sent déjà un 56 en préparation et sait que ce sera un échec sanglant. De la même manière, le poète Endre Ady sentait déjà avant la Première Guerre mondiale la tragédie du traité de Trianon se dessiner. On touche là au cœur du rapport des Hongrois aux relations internationales : l’absence d’espoir et un pragmatisme total. Trianon et 56 ont appris aux Hongrois à s’abstenir de tout romantisme. On peut même aller plus loin : la défaite de 1526 face aux Ottomans et la partition qui s’en suivra marque une rupture irréversible dans le rapport des Hongrois aux grandes puissances. Toute la littérature hongroise est pleine de ces traumatismes et des enseignements à en tirer. Cela permet de comprendre le positionnement si décrié du gouvernement hongrois sur le conflit actuel opposant l’Ukraine à la Russie. La Hongrie sait qu’elle a tout à perdre et rien à gagner quand de plus grands qu’elle se mettent à s’agiter.

On touche là au cœur du rapport des Hongrois aux relations internationales : l’absence d’espoir et un pragmatisme total. Trianon et 56 ont appris aux Hongrois à s’abstenir de tout romantisme.
Il n’échappe à personne que la Pologne est de ce point de vue différente. Elle joue sa carte dans le conflit actuel. Il existe chez les Polonais une dose de romantisme et d’ambition de grandeur que l’on ne retrouve pas en Hongrie. Pour l’expliquer, je me penche sur la puissance d’un texte de 1828 du Polonais Adam Mickiewicz, Conrad Wallenrod. Un détour qui à mon sens éclaire le rapport des Polonais aux grandes puissances. Si l’on confronte cela aux textes hongrois chroniqués, on dispose de plus de clés de compréhension des actuels différends entre Varsovie et Budapest. Mais cette région centre-européenne a surtout de nombreux points communs. C’est une autre trame de ce recueil : la singularité historique de cette région d’Europe. Je conclus le recueil par une chronique sur les Trois Europes de l’historien hongrois Jenő Szűcs, que Fernand Braudel admirait. Un ouvrage essentiel pour saisir les particularités historiques, juridiques et politiques de cette région. L’ouvrage de Szűcs est dense et magistral : sur plusieurs siècles, il livre les éléments permettant d’isoler cette région et d’y identifier des lames de fond communes. L’œuvre de Szűcs est à lire et à relire, même si elle est d’un niveau d’érudition parfois décourageant.

D’autres chroniques d’apparence plus légère sont à mon sens tout aussi pertinentes pour cerner cette région : le traditionaliste Hamvas et son rapport au vin, qui en dit long sur le rapport des Hongrois à la dépression et à la jouissance, deux romans ayant pour décor la Bosnie ottomane, qui permettent de mieux peser les crispations identitaires balkaniques, le parcours du médecin hongrois Semmelweis conté par Louis-Ferdinand Céline, le brave soldat Švejk pour se faire une idée du ridicule du pouvoir habsbourgeois sur sa fin, etc. Il existe bel et bien dans cette région, à des degrés divers, une âme de survivants. C’est le principal message que j’ai voulu faire passer.

Comment se le procurer ?

En fuyant les grandes plateformes et en soutenant un petit éditeur indépendant, les Éditions du Cygne (editionsducygne.com), ou en le commandant chez votre libraire (13€).

Propos recueillis par Claude Chollet

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26 février 2023 7 26 /02 /février /2023 10:30

Une étude magistrale qui nous parle, car elle traite des racines du mal. 

   Le terme désigne le service créé par Alexandre III pour lutter contre les mouvements révolutionnaires en Russie et en Europe. Remarquablement organisée, l’Okhrana joue de tous les registres ; elle espionne, infiltre avec une rare dextérité. Elle use de la perlustration (inspection systématique des correspondances détournées) et de la cryptologie. Comptant jusqu’à 35 000 correspondants bien payés, l’Okhrana sait tout sur tout, manipule, provoque un état de suspicion général chez les ennemis de l’autocratie. En revanche, le meurtre est peu pratiqué. Alexandre Sumpf s’est penché sur son agence de Paris, très active, jouissant de la bienveillance des autorités (la Russie est l’alliée de la France).

   Il a étudié de près le cas d’Alexandre Zinoview (1889-1977), tout jeune révolutionnaire de 19 ans, repenti après un séjour éprouvant dans les geôles de l’Okhrana. Infiltré auprès de Vladimir Bourtsev, à Paris, très en vue comme polémiste et éditeur, il l’approche et rapporte tous les mois ce qu’il sait contre un « salaire » de 500 francs. Après la guerre, il mènera une vie artistique rangée qui fera sa réputation – on se penchera sur ses dessins, reproduits sur plusieurs pages. Seize séquences de son retournement. Dantesque. La filiation entre l’Okhrana et la police secrète soviétique est éclatante. Mais alors que l’Okhrana œuvrait dans les limites réglées par l’État, tchékistes, guépéistes et kagébistes, écartant toute contrainte, ajoutèrent l’élimination pure et simple des opposants.

par HISTOIRE ET CIVILISATIONS, Jean-Joël Brégeon 

On peut le commander ICI 

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26 février 2023 7 26 /02 /février /2023 10:22

Cette biographie au style limpide, écrite d'une plume si agile, se lit comme un récit haletant.
Surtout, c'est un récit incarné. L'auteur a vécu, pérégriné, séjourné dans toutes les contrées où il a suivi le jeune chef aux élégances inouïes et brandissant ce fameux drapeau aux brûlures glorieuses qui s'est frayé un chemin d'ornières dans nos campagnes d'insurrection.
Le livre que vous allez découvrir n'est pas une hagiographie. Comme le baron de La Tousche le dit très bien, « les grandes figures n'ont pas besoin d'apologies, encore moins de plaidoiries mensongères. » La vérité suffit à leur gloire.
(Philippe de Villiers) 


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