L’horrible bataille d’Alep en Syrie et la guerre juste à Mossoul en Irak : les gros média semblent nous résumer ainsi les conflits dans cette région du monde. Est-ce si binaire ? On peut en douter. Voici un billet moqueur de l’écrivain Patrick Besson dans Le Point du 24 novembre 2016, intitulé La Bombe différente :
Fille de soixante-dix années de terreur communiste aveugle, la bombe russe tombe n’importe où et sur n’importe qui. Tirée d’un bateau de guerre ou lancée d’un avion militaire hors d’âge par un pilote psychotique, elle raye de la carte villes pacifiques et villages innocents. La bombe russe se moque ouvertement du peuple syrien. Sous prétexte de sauver celui-ci du terrorisme, elle détruit écoles et hôpitaux, crèches et maisons de retraite. Entre un troupeau de chèvres et une maison de vacances, fait-elle la différence ? Là où la bombe américano-européenne épargne les animaux comme les vacanciers, ne visant que les tireurs islamistes isolés qu’elle anéantit un par un avec une patience et une précision de dentellière, la bombe russe s’écrase avec une violence meurtrière, éparpillant bêtes et vacanciers aux quatre coins du périmètre. N’est-ce pas un indice révélateur que les Syriens supplient que les bombardements américano-européennes ne cessent pas et même se prolongent longtemps après la signature d’accords de paix, afin que restent présentes à l’esprit du peuple syrien leur finesse, leur douceur et leur intelligence ?
Merci à EVR