En 1926, il y a cent ans, Jacques Maritain, éditeur chez Plon, faisait éditer Sous le soleil de Satan de Bernanos. Retour sur un classique de la littérature qui inspira aussi le cinéma de Maurice Pialat.
Dans une nouvelle appelée Jubilé artistique, tirée des Œuvres pré posthumes, Robert Musil évoque avec ironie le vieillissement des œuvres. Il observe ceci : « Quand on relit un roman qui nous avait profondément bouleversés vingt ans auparavant, il arrive que l’on ne retrouve plus l’émotion initiale. L’œuvre semble alors avoir perdu son éclat et ne soulever plus qu’un nuage de poussière. Les anciens admirateurs se retrouvent ainsi, lors des jubilés littéraires, dans une position inconfortable, comme si l’objet de leur admiration ne correspondait plus à leur mémoire. »
Il faut le dire, Sous le soleil de Satan, est devenu illisible pour nos contemporains. Son univers de campagnes hantées par Satan, ses personnages en soutane qui se dépatouillent dans les maremmes du péché pour sauver quelques âmes, la rédemption qui luit dans les ténèbres du doute, tout cela a rendu le roman très éloigné de nos préoccupations et de l’horizon d’attente du lecteur.
Pourtant, en ces temps de carême, la lecture du roman de Bernanos a de quoi nous roborer sur le long chemin du salut, et nous rendre confiant dans les forces du bien face aux forces du mal. Le roman constitue une sorte de programme spirituel qui invite le lecteur à exercer prudence, foi et vigilance pour le combat intérieur.
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