
En ce cinquantième anniversaire de la mort de la romancière anglaise en août 1976, les éditions Synthèse nationale et Deterna ont eu la bonne idée de rééditer, actualisé et enrichi d’un index et de nouvelles photos, sous le titre « Agatha Christie, une amie pour la vie » (1), le petit livre que Camille Galic lui a consacré. Bien plus qu’une biographie, il s’agit d’un véritable voyage dans l’œuvre de l’Impératrice du crime. Quel rapport entre l’auteur des célèbres romans policiers, les plus vendus au monde (plus de quatre millions d’exemplaires, dit-on), et la journaliste qui fut rédactrice en chef, puis directrice de l’hebdomadaire Rivarol durant 27 années, essentiellement connue pour son engagement politique ?
Camille Galic apprécie la littérature anglaise, qu’elle lit dans le texte pour se reposer l’esprit, de Shakespeare aux romans du XIXème très présents dans le livre. Elle connaît les ouvrages d’Agatha Christie sur le bout des doigts et s’appuie notamment sur son Autobiographie et ses Carnets secrets, inconnus du néophyte.
La connivence qui sourd entre l’auteur et son personnage tient peut-être à une certaine proximité de tempérament. Deux personnalités également réservées et fières, attachées aux traditions tout en étant des femmes libres, réussissant à s’affirmer dans un monde d’hommes. Pas si facile dans l’Angleterre encore très victorienne de la romancière ; née en 1890 (Victoria, quant à elle impératrice des Indes, disparaît en 1901), elle se marie avec un beau sous-lieutenant impécunieux, Archibald Christie, dont elle a une fille, mais qui la trompe aussi bien avec le golf qu’avec sa secrétaire, divorce et se remarie avec un homme de quatorze ans plus jeune qu’elle. Pas facile non plus, on peut s’en douter, de s’imposer dans le monde de la presse politique parisienne. Autant de défis aux idées toutes faites ressassées par les féministes.