Euthanasie , avortement , mariage "pour tous" : les gouvernants français s'ingénient à faire des réformes sociétales qui semblent mues par un instinct mortifère ...
On peut s'interroger sur ce goût morbide.
Igor Chavarévitch , mathématicien russe célèbre et dissident, membre de l'Académie des sciences , dans son livre Le phénomène socialiste (Editions du Seuil, 1977) a fait un examen clinique de l'idéologie socialiste et répond à cette interrogation :
Les conclusions auxquelles nous a conduit l'examen du socialisme sont ainsi confirmées par une série d'arguments indépendants. Formulons ces conclusions :
a/ L'idée de disparition de l'humanité, et plus précisément de la fin de tout le genre humain, est présente dans le psychisme de l'homme. L'attrait et le stimulant qu'elle exerce varient en intensité selon les époques et les individus. L'ampleur de son influence nous oblige à supposer que tout homme lui est plus ou moins soumis : il s'agit donc d'une propriété universelle du psychisme humain.
b/ Cette idée ne se manifeste pas uniquement au niveau des émotions individuelles, fussent-elles celles d'un grand nombre de personnes; elle est capable (à la différence du délire, par exemple) d'unir les hommes, autrement dit elle représente une force sociale. Le désir d'autodestruction peut être considéré comme un élément du psychisme de L'HUMANITÉ TOUT ENTIÈRE.
c) Le socialisme constitue l'un des aspects de cette tendance à l'autodestruction, de ce goût du Néant, et plus précisément sa manifestation dans le domaine de l''organisation de la société. Les dernières paroles du « Testament » de Jean Meslier : « Je finirai donc ceci par le rien » expriment, pour reprendre une expression favorite de Feuerbach, « l'ultime mystère » du socialisme.
Nous en sommes arrivés à cette conclusion après avoir essayé de comprendre ce que signifiait exactement le socialisme, après avoir tenté d'en lever les contradictions les plus apparentes. Si nous jetons maintenant un coup d'oeil en arrière, nous acquérons la conviction que ce point de vue explique effectivement bon nombre de particularités qui avaient précédemment retenu notre attention. Comprendre le socialisme comme étant l'une des manifestations de ce désir d'autodestruction que nous portons tous en nous à des degrés divers, c'est comprendre l'hostilité qu'il nourrit envers l'individualité, c'est également comprendre ce désir qu'il a de détruire les forces qui soutiennent et fortifient la personnalité humaine : religion, culture, famille, propriété privée, ce besoin qu'il a de réduire l'homme à l'état de rouage du mécanisme d'État, de prouver qu'il n'existe réellement que comme expression des forces de production ou des intérêts de classe. Voir en l'homme un instrument au service d'autres forces permet à son tour de comprendre la psychologie des chefs socialistes : d'une part, leur empressement à se défaire de tout ce qui leur est propre pour mieux se soumettre aux exigences du mouvement (...). Ajoutons à tout cela les appels à la destruction, l'attrait qu'exercent les guerres, les crises, la mort elle-même et enfin l'idée de Néant.
Les mêmes faits qui nous ont amené à cette conclusion nous permettent de découvrir le mécanisme qui met en action le socialisme et de voir par quelles voies celui-ci agit sur les personnes.
Manifestement, nous sommes avant tout en présence d'un phénomène dont le but ne nous apparaît pas consciemment. C'est en partant de l'analyse méthodique de l'idéologie socialiste et non des oeuvres de tel ou tel théoricien que nous en sommes arrivés à la conclusion que le socialisme était essentiellement mû par un désir d'autodestruction. Apparemment, les hommes ont aussi peu conscience du but vers lequel les entraîne le socialisme que le rossignol qui chante ne se soucie de l'avenir de sa race. L'influence d'une idéologie est fonction des émotions qu'elle inspire et des réactions qu'elle provoque. Il suffit pour s'en convaincre de voir l'enthousiasme et la fougue dont font preuve les militants socialistes, la réserve apparemment inépuisable de forces qui les anime au plus fort de la lutte, la bouillonnante activité de pamphlétaires, d'agitateurs, d'organisateurs qui est la leur à travers l'Histoire.
C'est bien parce que le mécanisme fondamental de l'idéologie socialiste plonge dans le domaine du subconscient et fait appel aux émotions, que la raison, la réflexion rationnelle et l'examen logique des faits y jouent un rôle secondaire. Les doctrines socialistes s'accommodent des contradictions avec une facilité qui n'est pas sans rappeler le mode de pensée primitif « prélogique » dont parle Lévy-Bruhl. Les divergences qui apparaissent en cours d'expérience n'entament en rien leur efficacité.
merci Eric V