Depuis le 20 janvier, la proposition de loi “relative au droit à l'aide à mourir” est examinée par les sénateurs en séance publique. L'occasion de revenir sur le passé encombrant et le présent douteux des promoteurs de l'euthanasie.
La mort, le jugement, l'au-delà : ces grandes vérités du catholicisme ne nous sont plus guère familières. "C'est à peine si la foi dans la vie éternelle joue encore un rôle dans la prédication aujourd'hui" a pu dire le cardinal Ratzinger. Dans une époque de crise des certitudes, ces méditations s'adressent au peuple chrétien, comme un appel à la conversion et un aliment pour l'espéance théologale.
Né en 1949, le Père Louis-Marie de Blignières est prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, communauté de spritualité dominicaine, qu'il a fondée en 1979 à Chéméré-le-Roi, en Mayenne.
Extrait à l’occasion de l’anniversaire de la mort de LOUIS XVI
« Certes, c’est un répugnant scandale d’avoir présenté comme un grand moment de notre histoire, l’assassinat public d’un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi, est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu chrétien. Dieu, jusqu’ici se mêlait à l’histoire par les rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu, relégué dans le ciel des principes, (ce sera le dieu de KANT, JACOBI et FICHT). Les révolutionnaires peuvent se réclamer de l’Évangile. En fait, ils portent au christianisme un coup terribles dont, il ne s’est pas encore relevé. Il semble vraiment que l’exécution du roi, suivie, on le sait de scènes convulsives de suicide ou de folie, s’est déroulée tout entière dans la conscience de ce qui s’accomplissait.[…]
L’attentat contre sa personne vise le roi-Christ, l’incarnation divine, et non la chair effrayée de l’homme. […] ce n’est pas CAPET qui meurt, mais LOUIS de droit divin, et avec lui, d’une certaine manière, la chrétienté temporelle.[…]
Anca Visdei, écrivaine, dramaturge et biographe primée
Née à Bucarest, Anca Visdei écrit sa première pièce à quatorze ans. Son premier livre est édité et sa première pièce jouée à dix-neuf ans. Auteure et metteuse en scène aujourd’hui installée à Paris, elle a écrit une trentaine de pièces, publiées et jouées en France comme à l’étranger, Broadway y compris, et récompensées par de nombreux prix.
Elle est l’autrice de la première biographie de Jean Anouilh -l’un de ses proches- , Jean Anouilh, une biographie (Bernard de Fallois, 2012, réédition 2025). En 2025, elle reçoit le Prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux pour Cioran ou le gai désespoir (Éditions de l’Archipel). Critique de cinéma, conférencière régulièrement invitée par les Instituts culturels français à l’étranger, elle écrit également pour la jeunesse, publie contes, nouvelles et scénarios pour la télévision et le cinéma. Son dernier ouvrage, Orson Welles. Vérités et mensonges (L’Archipel), fait écho à l’exposition événement « My name is Orson Welles » organisée par la Cinémathèque française à Paris jusqu’au 11 janvier 2026.
Fidèles à notre tradition des intégrales d’auteurs classiques, nous vous avons proposé une intégrale Ibsen en 2018, une intégrale Tchékhov en 2019, puis tout Shakespeare, puis tout Molière pour les 400 ans de la naissance de notre figure tutélaire. Après deux saisons avec des thèmes de réflexion contemporains Destins de Femmes en 2024 puis Théâtre essentiel en 2025, nous vous proposons en 2026 toute l’œuvre d’un auteur qui nous est cher : Alfred de Musset.
Les fidèles du Nord-Ouest retrouveront les émotions partagées lors de notre intégrale Musset de l’an 2000… Nous prolongeons aussi de nombreux spectacles de 2025 : Molière, Shakespeare, Montherlant, Brecht, Sarraute, Corneille, Sartre, Feydeau et quelques autres demeurent à l’affiche. Vous noterez au passage qu’au Nord-Ouest, on a les idées larges ! Vous pouvez souscrire à notre passeport 2026 en ligne ou au théâtre, il sera valable toute l’année 2026 pour tous nos spectacles. Le calendrier des représentations est établi jusqu’au 28 avril 2026.
Jean-Noël Barrot a annoncé l’ouverture d’un consulat au Groenland (56000 habitants) et a déclaré :
« Le Groenland ne veut ni être possédé, ni être gouverné, nié, ni être intégré par les Etats-Unis. Le Groenland a fait le choix du Danemark, le choix de l’Otan et le choix de l’Union. »
Sic.
Jean-Noël Barrot ignore que le Groenland a voté à 70% contre l’intégration du Danemark à la CEE, puis qu’il a voté à 53% pour se retirer de la CEE.
En 1982, un référendum sur le retrait de la Communauté économique européenne, à laquelle le Danemark avait adhéré en 1973, est organisé. Avec un taux de participation de 75 % et une majorité de 53 %, le camp du retrait l’emporte. En ratifiant le traité modificatif avec la Communauté européenne pour préciser la situation du Groenland le 1er février 1985, celui-ci se retire de la CEE avec l’accord des Groenlandais, du Danemark et de la CEE. Le territoire est retiré des accords sur le charbon et l’acier (CECA) et des accords sur l’énergie atomique (Euratom). Le Groenland devient alors un pays constitutif du royaume de Danemark et un territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne.
La Marche pour la vie appelle à la mobilisation et donne rendez-vous à Paris sur la place Vauban le dimanche 18 janvier 2026 à 14h. « La mort n’est pas un soin !» : voici l’un des messages forts portés cette année en écho à l’actualité législative.
Organisée chaque année au mois de janvier, l’événement aura lieu cette année à quelques jours seulement de l’examen au Sénat de deux propositions de loi majeures : l’une portant sur le droit à l’aide à mourir, l’autre sur les soins palliatifs, dont la discussion est prévue le 20 janvier.
Que penser de l’« économie sociale et solidaire (ESS) » – un concept très à la mode depuis quelques années ? Décortiquons-le pour en comprendre les tenants et les aboutissants.
D’abord, on peut s’étonner de la redondance : « sociale et solidaire », deux mots qui se renvoient l’un à l’autre. Dès le titre du concept, on rencontre une difficulté à le maîtriser. Ses quatre principes sont : une gestion démocratique de l’entreprise, une utilité collective ou sociale du projet, la mixité des ressources, enfin la non-lucrativité individuelle. Examinons-les l’un après l’autre.
La gestion démocratique de l’entreprise, on appelait cela, au temps de la Guerre froide, l’autogestion, une pratique que son échec a discréditée. Certains pays, assez rares il est vrai, l’avaient mise en œuvre, comme l’éphémère Yougoslavie communiste ou bien encore l’Algérie indépendante : deux pays bien vite ruinés par l’expérience. La gestion démocratique supposant une prise de décision collective selon le principe un homme – une voix, c’est la négation même de l’encadrement, du cadre, rendant inutiles les écoles où l’on enseigne l’art de conduire des équipes et gouverner une entreprise. Au-delà des séductions idéologiques, l’expérience a montré que l’autogestion ne fonctionne pas.
L’utilité collective ou sociale du projet, c’est encore une redondance : l’économie se mettant au service du corps social, il est évident que toute activité, rentable ou non, de service public ou d’intérêt privé, a une utilité collective. Il appartient à l’encadrement politique de cette activité de lui donner également une utilité sociale.
Une nostalgie pour les régimes totalitaires
La mixité des ressources signifie que les entreprises de l’Economie sociale et solidaire doivent équilibrer leur budget par des fonds privés mais aussi des fonds publics, en plus de leur propre production. Autrement dit, elles n’ont pas besoin d’être nécessairement rentables ; ce qui peut se comprendre dans certains secteurs stratégiques d’intérêt public, mais entre en contradiction avec la recherche du profit, qui est le moteur de toute activité économique. Or, la non-rentabilité doit être l’exception dans une société qui doit produire de la richesse, et non pas seulement la dépenser. Devant une organisation militante, le Tribunal pour les générations future – un nom évoquant le Tribunal Bertrand Russell des années 60, s’efforçant de discréditer la politique américaine sous la Guerre froide –, Adeline Lescanne, directrice de l’entreprise Nutriset, qui développe des solutions nutritionnelles contre la malnutrition, admet que « si l’on n’a pas d’argent, on ne peut pas se développer et aider les autres ».
Ceci fait écho au quatrième principe, celui de la non-lucrativité individuelle. Là encore, l’expérience des régimes d’économie administrée, dite « socialiste », nous a montré qu’ils ne fonctionnent pas : l’absence de perspective lucrative encourage la passivité, le moindre effort, dans un univers non-concurrentiel qui stagne, exactement comme les économies reposant sur le travail servile ont stagné pendant des millénaires. De surcroît, quand Philippe Frémeaux, rédacteur en chef du magazine Alternatives économiques, dit que « l’URSS fonctionnait sans profit, mais il y avait en son sein une course à la puissance et au pouvoir, dans l’ESS il y a des Unions soviétiques en petit, des mini-URSS », il avoue la vérité du phénomène, une nostalgie commune à certains groupements actuels pour les régimes totalitaires.
De fait, on ne saurait se laisser tromper par les chiffres : que l’ESS emploie deux millions et demi de salariés, totalise 14% de l’emploi salarié privé et pèse 10% du PIB, n’est pas forcément une bonne nouvelle, dès lors que ce secteur est artificiellement entretenu. D’ailleurs, le fait que les deux chiffres, 14% de l’emploi mais 10% du PIB, laissent apparaître une distorsion, ouvre une voie vers la compréhension du phénomène quand bien même cette distorsion ne suffit pas en elle-même, car il est vrai – même si c’est de moins en moins vrai dans nos économies reposant sur la haute valeur ajoutée – qu’une activité puisse faire appel à une main-d’œuvre plus abondante que d’autres.
L’activité économique, la vraie, celle dont les recettes dépassent les dépenses, doit assurément être encadrée par la loi, de façon à ne pas « laisser le renard entrer librement dans le poulailler », pour reprendre une heureuse expression du XIXe siècle, mais les principes affichés de l’Economie sociale et solidaire évoquent plutôt les ateliers nationaux de 1848, qui occupaient un peuple d’ouvriers privés d’emploi, faute de pouvoir leur offrir une activité véritable.
Per Ipsum
« Domine, ad quem ibimus? Verba vitae aeternae habes. » Jn 6,68
St Antoine
abbé (251-356) - Mémoire fêté le 17 Janvier
Saint Antoine, Abbé, Premier Père des Solitaires d'Égypte (251-356)
Antoine naquit à Côme, dans la Haute-Égypte. Si la gloire de l'ermite Paul est d'avoir donné le premier exemple connu de la vie cachée au désert, celle d'Antoine est d'avoir réuni des peuples de solitaires sous les règles d'une vie commune. Antoine avait reçu de ses parents une éducation profondément chrétienne.
Peu de temps après leur mort, étant âgé de dix-huit ans, il entendit lire, à l'église, ces paroles de l'Évangile : « Si vous voulez être parfait, allez, vendez tout ce que vous avez et donnez-en le prix aux pauvres. » Il prend aussitôt cette parole pour lui, et voulant l'accomplir à la lettre, il se retire dans le désert, où il partage son temps entre la prière et le travail; il fait son unique repas après le coucher du soleil, d'un peu de pain, de sel et d'eau, et garde parfois l'abstinence jusqu'à quatre jours entiers ; le peu de sommeil qu'il se permet, il le prend sur une simple natte de jonc ou sur la terre nue.
À deux reprises, il s'enfonce plus avant dans le désert et s'abîme de plus en plus dans la pénitence et la prière. La persécution le fait retourner dans le monde : « Allons, dit-il, voir les triomphes de nos frères qui combattent pour la cause de Dieu ; allons combattre avec eux. » On le voyait soulager les confesseurs de Jésus-Christ dans les cachots, les accompagner devant les juges et les exhorter à la constance. Son courage étonnait les juges et les bourreaux ; il alla cent fois au-devant du martyre ; mais Dieu lui réservait une autre couronne.
La persécution ayant cessé, il retourna au désert, fonda des monastères et devint le père d'une multitude de religieux. Le travail des mains, le chant des cantiques, la lecture des Saints Livres, la prière, les jeûnes et les veilles étaient leur vie.
Le désert, habité par des anges, florissait de toutes les vertus, et Antoine était l'âme de ce grand mouvement cénobitique.
Il mourut à l'âge de cent cinq ans. Sa joie en quittant cette terre, fut si grande, qu'il semblait voir le ciel ouvert devant ses yeux, et les esprits célestes prêts à lui faire escorte.
St Antoine est particulièrement célèbre par ses combats contre les démons. Des légions infernales le frappaient et le laissaient demi-mort ; les malins esprits prenaient pour l'épouvanter les formes les plus horribles ; mais il se moquait de leurs efforts. Après les avoir chassés par le signe de la croix : «Où étiez-vous donc, Seigneur ? » s'écriait-il ; et Dieu lui répondait : «Antoine, j'étais avec toi et je me réjouissais de ta victoire. »
Résumé: Comme chirurgien, universitaire et directeur d’un établissement spécialisé en cancérologie, Claude Chardot fut maintes fois en présence de malades conscients d’un pronostic vital et fonctionnel compromis, assorti d’un traitement long et lourd à base de chirurgie mutilante, de radiothérapie ou de chimiothérapie parfois toutes trois additionnées. Les souffrances physiques, psychologiques et spirituelles de ces malades sont globales : elles les ébranlent aux trois instances “du corps, de l’âme et de l’esprit“. Il faut donc logiquement leur offrir, à la mesure du possible et de leurs demandes, une triple assistance appropriée à chacune de ces instances. Ce fut une prise de conscience lancinante, pour lui comme pour ceux qui collaboraient quotidiennement à l’assistance et aux soins : l’évidence de notre constitution humaine ternaire. L’homme a été créé à l’image d’un Dieu trinité ; il est donc naturel de retrouver pour le décrire en son unité le triplet que constitue l’ensemble corps, âme et esprit, même si les mots âme et esprit sont parfois inversés d’un auteur spirituel à l’autre.
Guidés par l'étoile, les mages venant d'Orient jusqu'à Bethléem sont entrés dans la maison où la bienheureuse Vierge Marie demeurait avec l'enfant ; ouvrant leurs trésors, ils ont offert trois dons au Seigneur : l'or, l'encens et la myrrhe, par lesquels ils l'ont confessé vrai Dieu, vrai homme et vrai roi.
Ce sont bien les dons que la sainte Église ne cesse d'offrir à Dieu son Sauveur. Elle offre l'encens lorsqu'elle le confesse et croit en lui comme étant le véritable Seigneur, créateur de l'univers ; elle offre la myrrhe lorsqu'elle affirme qu'il a pris la substance de notre chair, dans laquelle il a voulu souffrir et mourir pour notre salut ; elle offre l'or quand elle n'hésite pas à proclamer qu'il règne éternellement avec le Père et l'Esprit Saint.
Cette offrande peut recevoir un autre sens mystique. Selon Salomon, l'or signifie la sagesse céleste : « Le trésor le plus désirable se trouve dans la bouche du sage » (cf Pr 21,20). Selon le psalmiste, l'encens symbolise la prière pure : « Que ma prière, Seigneur, s'élève devant toi comme un encens » (Ps 140,2). Car, si notre prière est pure, elle exhale vers Dieu un parfum plus pur que la fumée de l'encens ; et de même que cette fumée monte vers le ciel, ainsi notre prière se dirige vers le Seigneur. La myrrhe symbolise la mortification de notre chair. Donc nous offrons l'or au Seigneur lorsque nous resplendissons devant lui par la lumière de la sagesse céleste. Nous lui offrons de l'encens lorsque nous élevons vers lui une prière pure. Et de la myrrhe lorsque, par l'abstinence, « mortifiant notre chair avec ses vices et ses convoitises » (Ga 5,24), nous portons la croix à la suite de Jésus.
Bulle Saint Bruno de Segni (v. 1045-1123), évêque.
Sermon sur l'Épiphanie ; PL 165, 863 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 334)