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Emmanuel Macron a déclaré sur la grande chaîne américaine CBS News dimanche 18 avril qu’il fallait «d’une certaine manière déconstruire notre propre histoire». On a du mal à comprendre ce que cherche notre président en tenant de tels propos si ce n’est à déboussoler encore plus les Français afin de toujours mieux les manipuler. Nous avons besoin au contraire qu’on nous fasse aimer notre histoire, comme une histoire de famille! Et de célébrer-sans scrupule- Napoléon à l’occasion du bicentenaire de sa mort.
Voici la participation d'EVR avec ce texte de Jacques Tremolet de Villers, avocat et écrivain, extrait de son livre L’art politique français :
Dans notre recherche des constantes d'un art politique français, nous avons évoqué- et nous évoquerons- l'effort d'hommes plus efficaces, plus utiles, plus bienfaisants, plus éducatifs que Napoléon. Mais il faut dire qu'aujourd'hui, dans l'état de déliquescence, d'avachissement, de mollesse, de matérialisme, de lâcheté dans lequel se trouve notre pays, il apparait comme un prestigieux professeur d'énergie.
En fait, par sa tradition de gloire, de conquête, de vigueur, par son amour de cette gloire — «j'oserais dire que l’immortalité de son nom lui paraissait d'une bien autre importance que celle de son âme» (*) — il est le dernier de la trempe de nos rois. Ce prince et fondateur de l'ordre nouveau — «Je suis la République et je suis la Révolution, moi!» — est, par certains côtés, le dernier des grands Capétiens, le fils de Richelieu, de Louvois, de Colbert, de Louis XIV et de Saint Louis.
C'est pour cela qu'invinciblement, tant qu'il y aura une histoire de France, les enfants qui apprendront cette histoire, admireront Napoléon.(…)
Mais je m'arrête.(…)
Il n'y a plus d'histoire de France. Il y a de grands courants sociaux qui ont agité l'humanité.
Il n'y a plus de France. Il y a une circonscription administrative et électorale qui porte ce vocable, mais dont il serait malséant d'évoquer le souvenir.
A ce stade d'évanouissement culturel, dans cet aveulissement généralisé, allons-nous faire la fine bouche?
« Sauf pour la gloire, sauf pour l'art, il eût probablement mieux valu qu'il n’eût pas existé» a écrit de lui son meilleur historien, Jacques Bainville.
Mais ce dont notre époque de «bilan, de politique, de frigidaire et de mots croisés» (**) a surtout besoin, ce qui nous manque, c'est ce goût de la gloire et de l'art... et ce sens du besoin de se donner qu'ont les grands peuples.
Nous avons été un grand peuple. Napoléon en est le merveilleux témoin.
Il ne nous enseignera pas comment le redevenir. Il ne nous donnera aucune leçon d'art politique. Le plus souvent il faut fuir son exemple comme la peste car il a semé la guerre, la révolution, les ruines... et le reste. Mais cela dit, il a prouvé, le dernier, et à quelle puissance! que la France n'était pas un petit hexagone confiné dans la contemplation de son niveau de vie. (…)
«Je vais vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde : vous y trouverez de grandes villes, de riches provinces, vous y trouverez honneur, gloire et richesse. Soldats d'Italie, manqueriez-vous de courage? » ... C'est autre chose que la convention sur l’horaire mobile ou les trente-cinq heures!
Et il ne s'agit pas seulement d'esthétique. La Russie n'est pas plus aimable aujourd'hui qu’elle ne l'était en 1811. Le Grand Duché de Varsovie n'a pas moins besoin de notre soutien. L'héroïsme est non seulement une vertu esthétique, mais une vertu nécessaire. La distinction se fera, chez nous comme ailleurs, très rapidement, non pas entre droite et gauche, majorité ou opposition, Bouvard ou Pécuchet, mais entre les fils de ceux qui de Charles Martel à Napoléon ont, comme disait Péguy, tenu et refusé de rendre la place, qu'ils s'appellent Capet, Philippe Auguste, Du Guesclin, Jeanne d'Arc, Richelieu ou Louis XIV et ceux qui, même habités des plus beaux sentiments, phrasant et pleurnichant, ont refusé le combat .
La France, née de ces héroïsmes, ne se poursuivra pas sans héroïsme. La France n'est pas un ensemble de prescriptions économiques, de lois sociales et de techniques administratives. Ceux qui méconnaissent ce besoin d'héroïsme et de générosité méconnaissent leur pays. Les provinces n'ont dû leur unité qu'à ces symboles et à la force exemplaire de ces héroïsmes réunis.
Qu'ils disparaissent et chacune repartira — au moins psychologiquement — dans son univers propre. On ne fera pas l'économie du respect admiratif et communicatif qu'inspirèrent le roi juste et fort... l'Empereur... la République une et indivisible. On a joué de tout cela. On a méprisé, ricané, sali, ironisé et démoli. Et on se retrouve dans rien... l'univers anonyme, dépersonnalisé, sans couleurs, vie ni amour.
Rien ne doit être négligé de ce qui peut permettre aux Français de retrouver le sens de leur identité.
Parce qu'il est plus proche dans le temps, parce qu'il est de notre temps, parce qu'il frappe plus fort les imaginations, parce que sa vie est un roman de gloire, de malheur, d'amour et d'aventure, Napoléon tient objectivement, dans le réapprentissage de la gloire et de l'honneur de la France par les Français, une place de choix.
L’art politique français (Edition CLC-ICTUS, 1984, 130 p)
(*) Mme de Rémusat cité par Jacques Bainville
(**) Antoine de Saint-Exupéry, Lettre au général X

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La Fête de Jeanne d’Arc et du patriotisme est en France une fête nationale officielle instituée par la loi du 10 juillet 1920, adoptée à l’unanimité par la Chambre des députés et le Sénat, sur proposition du député et écrivain Maurice Barrès, quelques semaines après sa canonisation.
Elle est célébrée chaque année, lors du deuxième dimanche du mois de mai (jour anniversaire de la libération d’Orléans, 8 mai 1429, par l’armée française sous le commandement de Jeanne).
Sans commentaire
si ce n'est qu'on peut faire suivre ...
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Saint Philippe nous montre qui est Saint Jacques ...
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Le , à Fourmies, dans le Nord de la France, la manifestation tourne au drame : la troupe tire sur la foule, dix personnes sont tuées, dont deux enfants de onze et treize an. Avec ce nouveau drame, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens. Les militants épinglent une églantine écarlate, fleur traditionnelle du Nord, en souvenir du sang versé et en référence à Fabre d'Eglantine.
Plus tard : « République d’assassins » titre La Guerre sociale du 29 juillet 1908. "La République française est le gouvernement qui, en Europe (exception faite de la Russie) fusille le plus d'ouvriers !" proclame par exemple l'affiche de l'Union des syndicats ouvriers, de la Fédération anarchiste du Rhône et du parti socialiste SFIO appelant les travailleurs lyonnais à manifester, le 6 août 1908, salle "du nouvel Alcazar", contre les "tueries de Villeneuve St Georges".
La fête de saint Joseph, travailleur, a été fixée au 1er mai par le pape Pie XII en 1955. Le monde du travail prend une conscience grandissante de son importance et c'est le rôle de l'Église de lui enseigner toute sa dignité ; la figure de saint Joseph y contribue merveilleusement. Cette fête de saint Joseph est une triple fête patronale : fête de l'Église, fête de la famille et du foyer, fête du travail.
La présence de Jésus dans l'atelier de Nazareth enseigna à saint Joseph le prix des heures pénibles. Le dur labeur, accepté comme une réparation pour le mépris de l'homme des lois de Dieu, a acquis grâce au Christ, une valeur rédemptrice. Artisan avec Dieu créateur, frère de travail de Jésus-Ouvrier, associé au rachat du monde, saint Joseph n'attirera jamais trop les regards et la prière de notre siècle.
C'est pourquoi l'Église, s'inspirant de la Tradition qui baptisa autrefois quantité de fêtes païennes pour les doter d'un contenu chrétien tout nouveau, plaça la fête civile du travail sous le puissant patronage de saint Joseph. Ouvrier toute sa vie, qui mieux que lui rendit grâces à Dieu le Père en son labeur de chaque jour ? C'est ce modeste artisan que Dieu choisit pour veiller sur l'enfance du Verbe incarné venu sauver le monde par l'humilité de la croix.
« N'est-il pas le fils du charpentier ? » disait-on du Sauveur. Joseph, connu à Nazareth comme l'époux de Marie et le père de Jésus, homme juste, sans autres ressources que son métier, Joseph, ce fugitif de la grandeur, nous apparaît comme le modèle achevé de l'ouvrier selon le cœur de Dieu.
Diligence, application, constance, sérénité, abnégation de soi, telles furent les vertus du saint charpentier de Nazareth. Par ses paroles et par ses exemples, Joseph nous enseigne l'humilité, la pauvreté, la mortification du corps et le travail. Quand nous avons, comme dit l'Apôtre, la nourriture et le vêtement, contentons-nous-en ; tenons-nous-en au nécessaire, sans aspirer au superflu. Apprenons du saint charpentier de Nazareth à envisager le travail, non comme un esclavage, mais comme un privilège de grandeur et de noblesse, car le travail expie le péché et sanctifie l'homme.
Rappelons-nous aussi que c'est l'effort et non le succès qui garantit le mérite et la récompense. Sur la terre, le travail est la suprême fonction de l'homme et toute sa vie dépend de la manière dont il sait l'accomplir. Comme saint Joseph, imprégnons notre travail de foi, d'espérance et de charité afin d'obtenir cette transfiguration divine des besognes ordinaires. Cet esprit surnaturel nous évitera le mécontentement et la mauvaise humeur. À l'exemple du saint Patriarche, que la prière se joigne à notre travail afin que notre travail devienne une prière.
Prière de saint Pie X au glorieux saint Joseph modèle des travailleurs :
Glorieux saint Joseph, modèle de tous ceux qui sont voués au travail, obtenez-moi la grâce de travailler en esprit de pénitence pour l'expiation de mes nombreux péchés ; de travailler en conscience, mettant le culte du devoir au-dessus de mes inclinations ; de travailler avec reconnaissance et joie, regardant comme un honneur d'employer et de développer par le travail les dons reçus de Dieu ; de travailler avec ordre, paix, modération et patience, sans jamais reculer devant la lassitude et les difficultés ; de travailler surtout avec pureté d'intention et avec détachement de moi-même ayant sans cesse devant les yeux la mort et le compte que je devrai rendre du temps perdu, des talents inutilisés, du bien omis et des vaines complaisances dans le succès, si funestes à l'œuvre de Dieu. Tout pour Jésus, tout pour Marie, tout à votre imitation, patriarche saint Joseph ! Telle sera ma devise à la vie à la mort. Amen

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Emmanuel Macron s’est rendu mercredi 14 avril 2021 dans le service de pédopsychiatrie du CHU de Reims, afin d'évoquer l'impact psychologique de la crise du Covid-19 et du confinement sur les enfants et les adolescents. Mi-janvier des pédopsychiatres avaient alerté le chef de l'État sur la dégradation de la santé mentale des plus jeunes depuis le début de l'épidémie. Dans ce cadre, de plus en plus de psychologues cliniciens s’inquiètent des effets nuisibles du port du masque sur l’évolution des petits enfants.
Ingrid Riocreux, professeur agrégée de lettres modernes, spécialiste de rhétorique, partage ce danger dans le texte ci-dessous:
L’étiquette d’“anti-masques” est en passe de devenir au moins aussi infamante qu’anti-vaccins ou anti-IVG, c’est dire. Pourtant, il me paraît légitime de s’inquiéter des effets probablement nuisibles de cet accessoire qu’on prétendit inutile avant de le rendre obligatoire et que, désormais, il est si malvenu de critiquer.
Non, porter le masque n’est pas un “petit effort pour le bien de tous”, comme le prétendent de bons citoyens drogués aux chaînes d’info et gonflés de dédain envers les irresponsables qui pensent autrement, dont je suis. Et s’intéresser aux effets du masque sur la santé de ceux qui le portent ne saurait suffire ; on doit envisager ses effets sur les plus petits, trop jeunes pour se le voir imposer, mais qui ne rencontrent plus que des visages masqués.
Il faut être directement en contact avec des bébés pour imaginer les conséquences qu’aura sur eux cette aube de la vie vécue dans un monde de masques. Les pédiatres nous parlent de l’importance du caché- coucou pour acquérir “la permanence de l’objet” : pour Bébé, un visage masqué n’est donc pas un visage, c’est une paire d’yeux ; la bouche qu’il ne voit pas, il ne la devine pas ; et cette voix qu’il entend, il ne sait pas d’où elle vient. Ôtez votre masque devant Bébé : il vous regarde et vous sourit, ou manifeste de la crainte s’il ne vous connaît pas. Autrement dit, il sait qu’il a affaire à une personne. Remettez votre masque : Bébé vous fixe comme il regarderait un objet curieux et inquiétant. Nous sommes nombreux à faire ce constat et il faut rendre hommage à ceux qui tentent de ménager une place pour ce sujet dans le débat public.
En mai dernier, Libération publie une tribune rédigée par des psychologues cliniciennes alertant sur le danger des masques pour l’évolution des jeunes enfants : « Priver le bébé de plus de la moitié du visage de son interlocuteur plusieurs heures par jour entraîne un risque d’incompréhension relationnelle, car le bébé ne peut plus utiliser les canaux habituels pour lire dans le visage de l’adulte la tonalité émotionnelle de l’interaction. Surtout, le visage de l’adulte est un miroir […], et ce sont les états émotionnels du bébé que le visage de l’adulte reflète quand il sourit en réponse à un babillage, ou qu’il exprime son empathie devant ses pleurs. Privé du bas du visage de l’autre, une bonne partie de ces informations infraverbales sont perdues, et l’enfant peut se sentir davantage confus dans ses interprétations. »
Les auteurs du texte parlent « d’un risque d’altération de l’identification des émotions, d’un sentiment d’insécurité, d’une entrave dans le développement de la communication orale, voire, par mimétisme ou par manque de stimulation, une tendance à l’immobilité du visage ». (…)
En octobre, France Culture consacre toute une émission à ce problème l’effet du masque sur « l’apprentissage du langage, la capacité sociale, l’empathie, la lecture des intentions de l’autre et la régulation des émotions », interrogeant des professionnels et une maman qui affirme ôter régulièrement son masque dans la rue quand elle est avec sa fille. Ce sujet est (abordé mi-novembre par France-Info qui rapporte) les propos d’une mère qui révèle (…) qu’elle a accouché masquée et que, depuis sa naissance, son enfant « n’a connu que des gens masqués ». Comment croire que cela puisse être anodin ? (…) (Anne Cognet, l’une des rédactrices de la tribune de Libération, exprime) ce que n’importe qui peut constater lorsqu’il se penche, masqué, vers un bébé : on crée une « situation d’inquiétante étrangeté » qui provoque un « sentiment d’anxiété » suscitant « du rejet ou du repli » ; un « inconfort » qui pousse le bébé à « se couper de ses émotions pour se protéger ».
Serait-ce un problème que les parents ôtent leur masque en présence des tout-petits quand ils ne sont à proximité de personne d’autre ? N’est-il pas aberrant que, depuis sa voiture, une dame courroucée fasse signe de remettre son masque à cette maman qui conduit une poussette, seule sur son trottoir et n’a que son enfant en face d’elle ?
Ce n’est pas du tout un questionnement secondaire que celui de l’avenir des tout-petits qui auront découvert le monde en rencontrant partout des visages masqués. Il faut certainement lutter contre ce coronavirus ; mais si nous produisons une génération de bègues autistes psychotiques et névrosés, aurons-nous vraiment gagné ?
Concluons sur un paradoxe : on s’est interrogé à longueur de débats télévisés et d’articles pour savoir si l’on avait le droit d’ôter son masque pour fumer ; puisque la réponse, semble-t-il, est “oui”, je crois que dès demain, j’allumerai une cigarette pour la promenade en poussette et j’expliquerai plus tard à mon enfant que c’est à cause du coronavirus qu’il a un cancer.
Ingrid Riocreux, dans Valeurs Actuelles du 4 mars 2021
Merci à EVR.

CE SOIR SUR C8
Jean de La Fontaine aurait 400 ans aujourd'hui.
Lisons-le ! Méditons-le ! Et écoutons-le avec les Frères Jacques !
Quasimodo n'est pas seulement le Bossu de Notre Dame de Disney, ou de Victor Hugo ...
La quasimodo, aussi appelée deuxième dimanche de Pâques, dimanche in albis, dimanche de Saint-Thomas ou Pâques close, est une fête ayant lieu le premier dimanche après Pâques, dans le calendrier chrétien. Dans l'Église catholique romaine, depuis la canonisation de Faustine Kowalska en 2000 par le pape Jean-Paul II, ce dimanche est devenu la fête de la divine Miséricorde.
L'expression quasimodo est formée à partir des premiers mots latins qui commencent l'introït de ce jour, « Quasi modo geniti infantes, alleluia: rationabile, sine dolo lac concupiscite, ... » (« Comme des enfants nouveau-nés, alleluia : désirez ardemment le pur lait spirituel, ... »), tirés de la Première épître de Pierre (2,2). Une étymologie populaire attribue ce nom au fait qu'il désigne la fête la plus rapprochée de Pâques, qui est donc pour ainsi dire (quasi modo) une deuxième Pâques1. Le mot quasimodo est de genre féminin, mais devrait être de genre masculin selon le linguiste Kristoffer Nyrop2.
C'est aussi le jour où on lit le récit de l'apôtre Thomas refusant de croire à la résurrection de Jésus.
Ce jour est encore appelé dimanche in albis (sous entendu : depositis, « dimanche aux aubes déposées »), car, ce jour-là, les néophytes (adultes baptisés durant la vigile pascale), entrent à la messe vêtus de leurs habits ordinaires, ayant quitté, la veille (samedi in albis deponendis : « samedi aux aubes à déposer »), le vêtement blanc qu'ils portaient depuis leur baptême.
La fête est parfois nommée « Pâques closes » puisque c'est ce jour là que s'achève l'octave de Pâques. L'expression octave de Pâques désigne en général la période de huit jours qui va du dimanche de Pâques au dimanche suivant inclus. Elle est parfois employée pour indiquer le dernier jour de cette période.
Issu de Wikipedia.
Jeudi 8 avril, une proposition de loi du député radical de gauche Olivier Falorni pour «une fin de vie libre et choisie» a été débattue à l’Assemblée nationale. L’euthanasie, d’après les sondages, rencontre une adhésion très forte de la part des français. Et pourtant, une société qui légalise cette pratique fait un pas de plus vers la barbarie. Michel Hoellebecq pourfend depuis longtemps dans ses écrits l’euthanasie. Il reprend la plume pour intervenir dans ce débat public.
Proposition numéro 1 : personne n’a envie de mourir. On préfère en général une vie amoindrie à pas de vie du tout ; parce qu’il reste de petites joies. La vie n’est-elle pas de toute façon, par définition presque, un processus d’amoindrissement ? Et y a-t-il d’autres joies que de petites joies (cela mériterait d’être creusé) ?
Proposition numéro 2 : personne n’a envie de souffrir. J’entends, de souffrir physiquement. La souffrance morale a ses charmes, on peut même en faire un matériau esthétique (et je ne m’en suis pas privé). La souffrance physique n’est rien d’autre qu’un enfer pur, dénué d’intérêt comme de sens, dont on ne peut tirer aucun enseignement. La vie a pu être sommairement (et faussement) décrite comme une recherche du plaisir ; elle est, bien plus sûrement, un évitement de la souffrance ; et à peu près tout le monde, placé devant une alternative entre une souffrance insoutenable et la mort, choisit la mort.
Proposition numéro 3, la plus importante : on peut éliminer la souffrance physique. Début du XIXe siècle : découverte de la morphine ; un grand nombre de molécules apparentées sont apparues depuis lors. Fin du XIXe siècle : redécouverte de l’hypnose ; demeure peu utilisée en France.
L’omission de ces faits peut expliquer à lui seul les sondages effarants en faveur de l’euthanasie (96 % d’opinions favorables, si je me souviens bien). 96 % des gens comprennent qu’on leur pose la question : « Préférez-vous qu’on vous aide à mourir ou passer le restant de vos jours dans des souffrances épouvantables ? », alors que 4 % connaissent réellement la morphine et l’hypnose ; le pourcentage paraît plausible.(…)
Les partisans de l’euthanasie se gargarisent de mots dont ils dévoient la signification à un point tel qu’ils ne devraient même plus avoir le droit de les prononcer. Dans le cas de la « compassion », le mensonge est palpable. En ce qui concerne la « dignité », c’est plus insidieux. Nous nous sommes sérieusement écartés de la définition kantienne de la dignité en substituant peu à peu l’être physique à l’être moral (en niant la notion même d’être moral ?), en substituant à la capacité proprement humaine d’agir par obéissance à l’impératif catégorique la conception, plus animale et plus plate, d’état de santé, devenu une sorte de condition de possibilité de la dignité humaine, jusqu’à représenter finalement son seul sens véritable.
Dans ce sens je n’ai guère eu l’impression, tout au long de ma vie, de manifester une dignité exceptionnelle ; et je n’ai pas l’impression que ce soit appelé à s’améliorer. Je vais finir de perdre mes cheveux et mes dents, mes poumons vont commencer à partir en lambeaux. Je vais devenir plus ou moins impotent, plus ou moins impuissant, peut-être incontinent, peut-être aveugle. Au bout d’un certain temps, un certain stade de dégradation physique une fois atteint, je finirai forcément par me dire (encore heureux si on ne me le fait pas remarquer) que je n’ai plus aucune dignité.
Bon, et alors ? Si c’est ça, la dignité, on peut très bien vivre sans ; on s’en passe. Par contre, on a tous plus ou moins besoin de se sentir nécessaires ou aimés ; à défaut estimés — voire admirés, dans mon cas c’est possible. Ça aussi, c’est vrai, on peut le perdre ; mais, là, on n’y peut pas grand-chose ; les autres jouent à cet égard un rôle tout à fait déterminant. Et je me vois très bien demander à mourir juste dans l’espoir qu’on me réponde : « Mais non mais non, reste avec nous » ; ce serait tout à fait dans mon style. Et en plus j’avoue cela sans la moindre honte. La conclusion, j’en ai peur, s’impose : je suis un être humain absolument dépourvu de toute dignité. Un élément de baratin habituel consiste à affirmer que la France est « en retard » sur les autres pays. L’exposé des motifs de la proposition de loi qui va prochainement être déposée en faveur de l’euthanasie est à cet égard comique : cherchant les pays par rapport auxquels la France serait « en retard », ils ne trouvent que la Belgique, la Hollande et le Luxembourg ; je ne suis pas franchement impressionné.(…),
Quand (Anne Bert*) affirme : « Non, l’euthanasie ne relève pas de l’eugénisme » ; il est pourtant patent que leurs partisans, du « divin » Platon aux nazis, sont exactement les mêmes. (…) Immédiatement après, elle lâche carrément le morceau en affirmant que l’euthanasie « n’est pas une solution d’ordre économique ». Il y a pourtant bel et bien certains arguments sordides que l’on ne rencontre que chez des « économistes », pour autant que le terme ait un sens. C’est bien Jacques Attali qui a insisté lourdement, dans un ouvrage déjà ancien, sur le prix que coûte à la collectivité le maintien en vie des très vieilles personnes ; et il n’est guère surprenant qu’Alain Minc, plus récemment, soit allé dans le même sens, Attali c’est juste Minc en plus bête (…).
Les catholiques résisteront de leur mieux, mais, c’est triste à dire, on s’est plus ou moins habitués à ce que les catholiques perdent à chaque fois. Les musulmans et les juifs pensent sur ce sujet comme sur bien d’autres sujets dits « sociétaux » (vilain mot), exactement la même chose que les catholiques ; les médias s’entendent en général fort bien à le dissimuler. Je ne me fais pas beaucoup d’illusions, ces confessions finiront par plier, par se soumettre au joug de la « loi républicaine » ; leurs prêtres, rabbins ou imams accompagneront les futurs euthanasiés en leur disant que là c’est pas terrible, mais que demain sera mieux, et que même si les hommes les abandonnent, Dieu va s’occuper d’eux.(…)
Demeurent les médecins, en qui j’avais fondé peu d’espérance, (…) certains d’entre eux résistent, se refusent obstinément à donner la mort à leurs patients, et (…) ils resteront peut-être l’ultime barrière. Je ne sais pas d’où ça leur vient, ce courage, c’est peut-être juste le respect du serment d’Hippocrate : « Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ». C’est possible ; ça a dû être un moment important, dans leurs vies, la prononciation publique de ce serment. En tout cas c’est beau, ce combat, même si on a l’impression que c’est un combat « pour l’honneur ». Ce ne serait d’ailleurs pas exactement rien, l’honneur d’une civilisation ; mais c’est bien autre chose qui est en jeu, sur le plan anthropologique c’est une question de vie ou de mort. Je vais, là, devoir être très explicite : lorsqu’un pays – une société, une civilisation – en vient à légaliser l’euthanasie, il perd à mes yeux tout droit au respect. Il devient dès lors non seulement légitime, mais souhaitable, de le détruire ; afin qu’autre chose — un autre pays, une autre société, une autre civilisation — ait une chance d’advenir. (Michel Houellebecq dans Le Figaro du 06 avril 2021)
* : écrivain (1958-2017), militante de l’euthanasie, qui a souhaité se faire euthanasier et a reçu le 2 octobre 2017 dans un hôpital belge une injection létale.

Merci à EVR.
Charles Baudelaire aurait eu 200 ans hier ...
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Dans Les Fleurs du mal (1857)
