Joseph est intimidé par sa nouvelle voisine... Il connaît son rang : princesse de Thuringe ! Et la voilà vivant dans ce modeste quartier. Élisabeth a-t-elle choisi volontairement cette précarité ? ou a-t-elle été chassée du château de la Wartburg par sa belle-famille ? Toujours est-il qu'ici, sa joie est de partager la vie des pauvres. La princesse ne leur est pas inconnue. Du temps de feu son époux Louis IV, landgrave de Thuringe (centre de l'actuelle Allemagne), la jeune femme, avec une réelle compassion, prenait déjà soin d'eux : non seulement elle était généreuse, mais elle les réconfortait par sa présence, acceptait d'être la marraine d'un enfant, soignait elle-même les malades.
Après le succès d’une première rétrospective en janvier 2016, la Mairie du 6e arrondissement rend un second hommage, pour le 65e anniversaire de sa naissance, à l’artiste russe Sergeï CHEPIK (1953-2011) qui avait en 1988 choisi de vivre et de travailler à Paris.
De nouvelles toiles, pastels, aquarelles, gravures, dessins et céramiques, rarement exposés au public, illustrent les thèmes favoris d’un maître formé à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Saint-Pétersbourg : grandes compositions sur la Russie, vastes panoramas de Paris, peinture religieuse, portraits, fantasmagories, scènes de boxe, et une mise en valeur particulière des œuvres inspirées par la Feria d’Arles dont Chepik fut l’un de fidèles participants de 1994 à sa mort.
Du jeudi 15 novembre au samedi 8 décembre
Paris- Mairie du 6e - Entrée libre
Du lundi au vendredi 10h30 > 17h, jeudi jusqu’à 19h, samedi 10h > 12h
Pour l’occasion, Valeurs actuelles a choisi de se pencher sur les peuples celte, gaulois, francs, qui ont les premiers constitué la nation française et l’ont fait grandir pendant des siècles, au grès des guerres et des alliances.
En ces temps de polémique incessante sur notre identité et nos origines, Valeurs actuelles a choisi d’aller droit au but. A savoir, à la genèse du peuple de France. Si « Nos ancêtres les Gaulois », formule popularisée par un historien du XIXe siècle, est désormais proscrite des livres d’histoire pour des raisons idéologiques, elle ne cesse pourtant de signifier, pour nombre de nos compatriotes, un point d’ancrage leur permettant de se définir et de se sentir membres d’un même pays.
C’est Vercingétorix le premier qui est mis à l’honneur dans nos pages, une manière de lui rendre justice, lui qui a fini par être mis à l’index des programmes d’histoire. Notre passé gaulois a pourtant compté dans la formation du roman national. Alors, tout, vous saurez tout sur nos fameux ancêtres casqués et chevelus, des mégalithes de Carnac (- 3500 avant J.C.) au baptême de Clovis (qu’on estime remonter à l’an 498 de notre ère). Et vous serez surpris de trouver chez les Celtes les balbutiements de notre civilisation, avec ses banquets, sa pratique de la chasse et même … ses centres commerciaux ! De premières halles ayant été retrouvées à Lacoste en Gironde.
Après avoir rendu à Astérix le joyeux hommage qu’ils lui doivent, nos journalistes reviennent sur le mode de vie des Gaulois, leur pratique de la religion, leur histoire et leur confrontation avec le peuple romain. Les conditions de leur reddition, ou plutôt de la fusion de leur culture avec celle de l’envahisseur sont également abordées. Cette étude du consensus gallo-romain, aux origines latines de la France, avec des évocations des villes de Nîmes et d’Arles permet de mieux apprendre tout ce que les descendants de Romains nous ont légué.
Que savez-vous, enfin, des bijoux, et des animaux que nos ancêtres vénéraient ? Comment mangeaient-ils ? Plongez aussi au cœur de la signification des symboles celtes, et de ces quelques mots qu’ils nous ont légués. Avec Bainville, Lavisse, Renan pour appui, plongez aux origines de notre histoire. Qui étaient les Francs, Clodion, ou Childéric ? Et lorsque l’on parle d’« invasions barbares », de quoi est-il exactement question ? L’histoire de Clovis, celle du vase de Soissons, les origines de la loi salique, le rôle de Saint-Martin, évêque de Tours dans la conversion du roi des Francs : tout ceci est abordé dans ce nouveau hors-série d’une richesse exceptionnelle. Découvrez enfin dans ce numéro les merveilles de l’orfèvrerie mérovingienne, le parcours de Saint-Rémi, les origines chrétiennes de notre pays.
Un numéro foisonnant, essentiel, pour comprendre l’Europe, la France, nos racines. 9,90 €. En vente en kiosque et dans la boutique en ligne.
Dans le cadre d'un colloque au sanctuaire de Pellevoisin (Indre) intitulé "Bernanos : la jeunesse, espérance et sainteté" qui se tient à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de la mort de l’écrivain, Henri Quantin expose l’esprit d’enfance chez l’auteur de "Mouchette " : la fidélité à l’enfant qu’on a été consiste à ne pas faire taire cet appel de l’"esprit d’héroïsme", à résister par-dessus tout au désespoir.
Fouiller le portefeuille d’un mort n’est pas toujours crapuleux et peut être instructif. Que trouve-t-on dans celui de Bernanos ? De l’argent ? Il n’en eut pas beaucoup et chercha toute sa vie, du Paraguay à la Tunisie, un royaume où la finance n’étoufferait pas sa famille. Une carte de parti politique ? Impensable ! Lui qui voulait faire « ronfler [s]a fronde aux naseaux morveux du bœuf gras de la droite », refusait du même élan que la gauche lui tape sur le ventre « comme si nous avions violé ensemble les bonnes sœurs de Barcelone, ou fait ensemble nos petits besoins dans les ciboires ». Le portefeuille rassurera-t-il au moins le démocrate-chrétien en livrant une carte d’électeur ? Nouveau chou blanc : ce royaliste du Royaume de Dieu estimait que le vote républicain pourrait être remplacé sans dommage par un tirage à la courte-paille. Le plus instructif sera-t-il donc ce qui manque ? Les espaces vides suggèrent de fait la lucidité de Bernanos vis-à-vis de toutes les idoles de son temps et du nôtre : l’argent, les idéologies, la démocratie totalitaire.
Pourtant, le contenu de ce portefeuille révèle aussi ce que l’auteur des Grands cimetières sous la lune voulut garder jusqu’au bout contre son cœur : une lettre de Simone Weil, écrite dix ans plus tôt, en 1938, pendant la Guerre d’Espagne : « Je ne puis citer personne, hors vous seul, qui à ma connaissance, ait baigné dans l’atmosphère de la guerre espagnole et y ait résisté. Vous êtes royaliste, disciple de Drumont — que m’importe ? Vous m’êtes plus proche, sans comparaison, que mes camarades des milices d’Aragon — ces camarades que, pourtant, j’aimais. »
Beau compliment fait à un ancien camelot du Roi par une « vierge rouge » d’origine juive qu’un rapport de police qualifia de « moscoutaire militante » ! Étendons l’éloge et voyons en Bernanos un résistant à tous les bains, affreusement glacés ou langoureusement tièdes, où il fût plongé. Son génie est d’avoir mené tous les combats de son siècle sans jamais sombrer ni dans la haine du guerrier assoiffé de sang, ni dans l’embourgeoisement de l’ancien combattant. C’est un homme qui fait face, parce qu’il n’oublie jamais de contempler la sainte Face, un prophète qui lutte dans les mêlées du monde qui passe, mais toujours en témoin de ce qui demeure. « Prisonnier de la sainte agonie », c’est un esprit libre au milieu des partisans de tout poil, qui tentèrent en vain de l’enrôler sous leurs bannières, mais qui ne purent se l’annexer qu’après sa mort.
L’homme qui a résisté
Bernanos, l’homme qui a résisté. Résister, plutôt que « faire de la résistance », formule qui sent un peu son « papy ». Il y a des résistants de la dernière heure. Bernanos, lui, résiste avant, pendant et après la guerre. Il n’a pas la naïveté de croire qu’il suffit de dénoncer le mal d’un camp pour être un homme de Bien. En 1937, il résiste à l’aveuglement clérical qui donnait raison sans examen aux évêques espagnols bénissant la supposée croisade franquiste, comme d’autres ont soutenu — soutiennent encore ? — des prêtres pédophiles. En 1945, il résiste de même à une paix trompeuse livrant le monde aux machines. Alors que d’autres fêtent encore le progrès qui libère, il pressent la naissance d’un nouvel asservissement, désormais fondé sur l’informatique et l’information. Dans le monde qui vient, note-t-il génialement, on sera au courant de tout et on ne comprendra rien. Au milieu de l’euphorie collective, il est un des seuls à oser la question : la Libération, pour quoi faire ?
Le chrétien Bernanos sait en outre que le Mal n’attaque pas que la civilisation, mais qu’il ronge tout homme comme un cancer sournois. La leçon unique de ce soldat du Christ est de se battre avec la même passion sur deux champs de batailles surnaturels : les conflits guerriers et politiques du siècle, les luttes intérieures où les assauts du Malin ne sont pas moindres. D’où cette clé de lecture qu’il donne en passant au père Bruckberger : « Mouchette, c’est la guerre d’Espagne. »
Alexandre Soljénitsyne, prix Nobel de littérature, est né le 28 novembre 1918, il y a cent ans . Dissident soviétique et visionnaire, il a prononcé un discours à Harvard (*) le 8 juin 1978 où il dénonçait la chute spirituelle de notre société. Ce texte nous parle toujours, en voici des extraits :
Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l'homme, et que la vie de l'homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur .(…) Chaque citoyen s'est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu'il a cours depuis ces mêmes décennies.
Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d'avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l'Ouest les marques de l'inquiétude et même de la dépression, bien qu'il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n'ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.(…)
La société occidentale s'est choisie l'organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j'appellerais légaliste. (…) Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout. Si quelqu'un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé ; nul ne lui rappellera que cela pourrait n'en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n'entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu'aux extrêmes limites des cadres légaux.
J'ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu'une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n'allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s'en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l'homme. Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d'une structure sociale légaliste.(…).
La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l'Ouest, de défendre non pas tant les droits de l'homme que ses devoirs.
D'un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s'est vue accorder un espace sans limite. Il s'avère que la société n'a plus que des défenses infimes à opposer à l'abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d'horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu'ont ces mêmes enfants de ne pas regarder et de refuser ces spectacles. L'organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (...)
Le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n'est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. (…) La base de la doctrine sociale et politique (de l’Occident à l'époque moderne) pourrait être appelée l'humanisme rationaliste, ou l'autonomie humaniste : l'autonomie proclamée et pratiquée de l'homme à l'encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d'anthropocentrisme : l'homme est vu au centre de tout.(…)
La pensée humaniste, qui s'est proclamée notre guide, n'admettait pas l'existence d'un mal intrinsèque en l'homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d'atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l'adoration de l'homme et de ses besoins matériels. Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l'accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d'une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d'intérêt de l'Etat et du système social, comme si la vie n'avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s'y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd'hui. (…)
Il est impératif que nous revoyions à la hausse l'échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n'est pas possible que l'aune qui sert à mesurer de l'efficacité d'un président se limite à la question de combien d'argent l'on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d'un gazoduc. (…)
Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu'est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l'homme est au-dessus de tout ? N'y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l'intégrité de notre vie spirituelle ?
Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l'être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l'ère moderne.
Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n'avons pas d'autre choix que de monter ... toujours plus haut.
Emmanuel Macron envisage d’amender la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat pour accompagner la restructuration de l’islam de France sur laquelle le chef de l’Etat planche depuis un an et demi. Annie Laurent, docteur d’État en science politique, nous explique pourquoi la laïcité à la française ne peut pas être la bonne réponse au défi de l’islam :
Contrairement à une idée répandue et aux affirmations (…) de nos élites politiques et intellectuelles, la laïcité n'est pas la bonne réponse au défi posé par l'islam et aux problèmes qu'il pose à la société française. De moins la laïcité telle qu'elle est conçue et vécue dans notre pays, car il s'agit d'un laïcisme qui s'apparente à une idéologie antireligieuse et rejette Dieu de l'espace public.(…)
Cette laïcité ne peut convenir aux musulmans dont la culture est tout entière imprégnée de la norme religieuse. Bien plus, elle est méprisable à leurs veux et est donc perçue comme un repoussoir. Pour les musulmans, la laïcité version française est une forme déguisée d'athéisme. A leurs yeux, seules les nations et les personnes qui assument leur identité religieuse sont respectables.
D'où l'indispensable nécessité de retrouver le sens authentique de la laïcité, celui-ci n'impliquant pas la séparation entre l'Etat et la religion mais la distinction des pouvoirs.
Benoît XVI en a rappelé les critères traditionnels en parlant d'unité-distinction. «La saine laïcité signifie libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance, en maintenant la nécessaire distance, la claire distinction et l'indispensable collaboration entre les deux» (dans Ecclesia in Medio Oriente , en 2013).
Dans la gestion de l'islam en France, les dirigeants commettent de graves erreurs, d'une part en considérant l'islam seulement comme une religion alors qu'il s'agit d'un système totalisant, mêlant indistinctement le temporel et le spirituel, d'autre part, en lui appliquant des critères de fonctionnement qui lui sont étrangers.
Je retiens deux exemples de décisions erronées, et même fautives.
• La création forcée d'une structure officielle, le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui est censée représenter les musulmans, parler en leur nom et répondre de leurs actions. En procédant de la sorte, le gouvernement - dont on peut comprendre au demeurant le besoin d'avoir un interlocuteur unique et représentatif - a cru pouvoir faire naître l'équivalent d'une conférence épiscopale version islamique.
Or, l'islam sunnite, très largement majoritaire en France, ignore le concept de hiérarchie religieuse. Il en est ainsi dans tous les pays sunnites. Depuis sa création, le CFCM est d'ailleurs en proie à des divisions internes qui l'empêchent de fonctionner. De plus, beaucoup de musulmans refusent d'être représentés par cet organisme.
• La création d'aumôneries musulmanes, dans l'armée, les hôpitaux et les prisons. L'islam ignorant le concept de médiation entre Dieu et l'homme, n'a ni sacerdoce ni aumônerie. Dès lors, les aumôniers se contentent de surveiller les personnes censées être musulmanes afin qu'elles appliquent fidèlement les actes du culte musulman (prière rituelle, jeûne du Ramadan, interdits alimentaires). Ils les mettent à part et ne les aident pas à connaître la culture française et à s'intégrer dans notre société.(…)
De surcroît, en matière d'immigration, la France a renoncé à sa tradition d'assimilation, concept qui concerne les personnes, au profit de l'intégration, concept qui sous-entend les communautés. Et cela a été imposé de manière subreptice. Cette évolution entraîne une juxtaposition de communautés séparées les unes des autres, ce qui est nuisible à l'unité nationale et à la paix civile.
Pendant longtemps, on a cru que l'évolution de l'islam viendrait des femmes. Que l'on se souvienne des «beurettes» émancipées qui s'habillaient à l'occidentale et travaillaient bien en classe pour acquérir leur liberté.
Or, en France les musulmanes subissent, volontairement ou sous la contrainte, les effets de la réislamisation de l'ensemble du monde islamique. D'où, par exemple, le retour massif du port du voile islamique. Celui-ci n'est pas qu'un symbole religieux mais une affirmation identitaire qui s'impose à notre société. Personnellement, je vois dans ce retour de traditions, autrefois rejetées, l'expression du rejet du modèle de société que nous proposons aux musulmans établis dans notre pays.
La question du rapport entre l'homme et la femme est d'ailleurs un élément qui alimente grandement le malentendu entre le monde islamique et les pays héritiers du christianisme où la société se féminise de plus en plus et où l'on promeut la confusion des sexes. Si l'on veut donner aux musulmans l'envie d'adhérer à nos valeurs, il est indispensable de retrouver un sain équilibre dans ce rapport. Autrement dit, il faut que les hommes soient pleinement hommes et que les femmes soient pleinement femmes.
En définitive, la solution aux problèmes posés par l'islam ne se trouve pas dans la laïcité mais dans notre conversion, collective et individuelle, aux valeurs de l'Evangile. (dans la revue Permanences de novembre 2013)
Emmanuel Macron envisage d’amender la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat pour accompagner la restructuration de l’islam de France sur laquelle le chef de l’Etat planche depuis un an et demi. Annie Laurent, docteur d’État en science politique, nous explique pourquoi la laïcité à la française ne peut pas être la bonne réponse au défi de l’islam :
Contrairement à une idée répandue et aux affirmations (…) de nos élites politiques et intellectuelles, la laïcité n'est pas la bonne réponse au défi posé par l'islam et aux problèmes qu'il pose à la société française. De moins la laïcité telle qu'elle est conçue et vécue dans notre pays, car il s'agit d'un laïcisme qui s'apparente à une idéologie antireligieuse et rejette Dieu de l'espace public.(…)
Cette laïcité ne peut convenir aux musulmans dont la culture est tout entière imprégnée de la norme religieuse. Bien plus, elle est méprisable à leurs veux et est donc perçue comme un repoussoir. Pour les musulmans, la laïcité version française est une forme déguisée d'athéisme. A leurs yeux, seules les nations et les personnes qui assument leur identité religieuse sont respectables.
D'où l'indispensable nécessité de retrouver le sens authentique de la laïcité, celui-ci n'impliquant pas la séparation entre l'Etat et la religion mais la distinction des pouvoirs.
Benoît XVI en a rappelé les critères traditionnels en parlant d'unité-distinction. «La saine laïcité signifie libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance, en maintenant la nécessaire distance, la claire distinction et l'indispensable collaboration entre les deux» (dans Ecclesia in Medio Oriente , en 2013).
Dans la gestion de l'islam en France, les dirigeants commettent de graves erreurs, d'une part en considérant l'islam seulement comme une religion alors qu'il s'agit d'un système totalisant, mêlant indistinctement le temporel et le spirituel, d'autre part, en lui appliquant des critères de fonctionnement qui lui sont étrangers.
Je retiens deux exemples de décisions erronées, et même fautives.
• La création forcée d'une structure officielle, le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui est censée représenter les musulmans, parler en leur nom et répondre de leurs actions. En procédant de la sorte, le gouvernement - dont on peut comprendre au demeurant le besoin d'avoir un interlocuteur unique et représentatif - a cru pouvoir faire naître l'équivalent d'une conférence épiscopale version islamique.
Or, l'islam sunnite, très largement majoritaire en France, ignore le concept de hiérarchie religieuse. Il en est ainsi dans tous les pays sunnites. Depuis sa création, le CFCM est d'ailleurs en proie à des divisions internes qui l'empêchent de fonctionner. De plus, beaucoup de musulmans refusent d'être représentés par cet organisme.
• La création d'aumôneries musulmanes, dans l'armée, les hôpitaux et les prisons. L'islam ignorant le concept de médiation entre Dieu et l'homme, n'a ni sacerdoce ni aumônerie. Dès lors, les aumôniers se contentent de surveiller les personnes censées être musulmanes afin qu'elles appliquent fidèlement les actes du culte musulman (prière rituelle, jeûne du Ramadan, interdits alimentaires). Ils les mettent à part et ne les aident pas à connaître la culture française et à s'intégrer dans notre société.(…)
De surcroît, en matière d'immigration, la France a renoncé à sa tradition d'assimilation, concept qui concerne les personnes, au profit de l'intégration, concept qui sous-entend les communautés. Et cela a été imposé de manière subreptice. Cette évolution entraîne une juxtaposition de communautés séparées les unes des autres, ce qui est nuisible à l'unité nationale et à la paix civile.
Pendant longtemps, on a cru que l'évolution de l'islam viendrait des femmes. Que l'on se souvienne des «beurettes» émancipées qui s'habillaient à l'occidentale et travaillaient bien en classe pour acquérir leur liberté.
Or, en France les musulmanes subissent, volontairement ou sous la contrainte, les effets de la réislamisation de l'ensemble du monde islamique. D'où, par exemple, le retour massif du port du voile islamique. Celui-ci n'est pas qu'un symbole religieux mais une affirmation identitaire qui s'impose à notre société. Personnellement, je vois dans ce retour de traditions, autrefois rejetées, l'expression du rejet du modèle de société que nous proposons aux musulmans établis dans notre pays.
La question du rapport entre l'homme et la femme est d'ailleurs un élément qui alimente grandement le malentendu entre le monde islamique et les pays héritiers du christianisme où la société se féminise de plus en plus et où l'on promeut la confusion des sexes. Si l'on veut donner aux musulmans l'envie d'adhérer à nos valeurs, il est indispensable de retrouver un sain équilibre dans ce rapport. Autrement dit, il faut que les hommes soient pleinement hommes et que les femmes soient pleinement femmes.
En définitive, la solution aux problèmes posés par l'islam ne se trouve pas dans la laïcité mais dans notre conversion, collective et individuelle, aux valeurs de l’Évangile.
Si les commémorations « officielles » actuelles laissent à désirer, tant tout cela semble convenu, que ce soit en terme d’organisation que de perpétuation de notre longue mémoire, il est intéressant de se plonger dans les livres, dans les témoignages et les récits d’une guerre qui a touché presque chaque famille d’Europe de l’Ouest – les monuments aux morts en témoignent.
Nous avons donc interrogé quelques personnalités – que nous avons déjà eu l’occasion d’interviewer – afin de leur demander quels livres ils conseilleraient à nos lecteurs, pour mieux appréhender ce drame qui s’est déroulé il y a un siècle.
Eric Zemmour nous confie : « Je choisirai Ceux de 14 de Maurice Genevoix et Orages d’acier d’Ernest Junger. Chacun dans son camp, et à sa manière, les plus grands livres à mes yeux car ils font partager autant que faire se peut – intellectuellement mais aussi physiquement- l’expérience qu’ils ont vécue. Mais il y a aussi toute la première partie de voyage au bout de la nuit de Céline ! »
Laurent Obertone lui choisit un classique : « Sans être original, je vais dire le Voyage au bout de la nuit, qui va bien au-delà de la Grande guerre, et porte, en plus du génie célinien parfois foudroyant, des observations sur la nature humaine d’une dramatique acuité. Bien entendu, c’est un choix littéraire et pas historique. La Grande guerre est la porte d’entrée de ce livre, et ce livre la porte d’entrée éternelle de tout l’univers célinien, qui selon moi mérite fort d’être arpenté.»
Philippe Conrad, ancien directeur de la Nouvelle revue d’histoire, professeur d’histoire et auteur de plusieurs livres sur la 1ère guerre mondiale (« Le sang de la Marne »(Editons Heimdal), « Le poids des armes. Guerres et conflits 1900-1945 »(PUF), « Le 300 jours de Verdun (Editions italiques », « Pétain » Editions Chronique », « La Fayette nous voilà » (Editions Italiques) et ,en 2014, l’essai d’uchronie « 1914. La guerre n’aura pas lieu » Genèse Editions) nous dit : « Il s’agit dune question difficile au vu d l’énorme production historique ou mémorielle lui s‘est accumulée depuis un siècle. Sur le plan littéraire, c’est sans aucun doute « La guerre notre mère » d’Ernst Junger et j’y ajouterai « Ceux de 14 » de Maurice Genevoix.
Dans le domaine historique Pierre Renouvin a réalisé très tôt la meilleure synthèse sur la période. J’ajouterai le travail monumental de G.H. Soutou « L’or et le sang », qui rend compte des dimensions économiques, financières et géopolitiques de ce conflit hors norme.Sur les origines du conflit « Les somnambules » de Christopher Clark ont apporté une vision radicalement nouvelle en même temps qu’impartiale du déclenchement de la catastrophe.
Au delà des querelles d’écoles qui divisent les historiens depuis de nombreuses années (notamment celle, largement artificielle entre « consentement et contrainte », pour expliquer l’incroyable résilience des combattants), il faut rendre hommage à toute une nouvelle génération d’auteurs qui ont ouvert ces dernières années des pistes nouvelles et proposé des synthèses ambitieuses. Je pense notamment au lieutenant-colonel Rémi Porte, au professeur François Cochet et au colonel Michel Goya qui vient de republier un remarquable « 1918. L’Armée de la victoire ». D’un point de vue plus particulier puisqu’il s’agit d’un théâtre d’opérations périphérique et clairement secondaire, j’ajouterai l’ouvrage consacré par Bernard Lugan à l’épopée africaine du général von Lettow-Vorbeck.»
Charlotte d’Ornellas nous recommande « Carnet de Route » de Robert Porchon. Robert Porchon, sous-lieutenant au 106e régiment d’infanterie, fut tué dans l’assaut de l’éperon des Éparges (Meuse) en février 1915, «la poitrine défoncée par un éclat d’obus».
Dès sa mort connue, sa mère a recopié dans un unique cahier son carnet de route et les lettres que son fils lui avait adressées. Elle a aussi ajouté à cet ex-voto de papier la correspondance reçue, après la mort de son fils, de ses camarades – dont Maurice Genevoix -, de ses chefs, de l’administration militaire et aussi d’anciens professeurs et religieux qui se souvenaient de leur élève. Ces témoignages multiples restituent l’onde de douleur qui s’étend et dure après la mort au front d’un jeune homme de vingt et un ans. Un des cinq cent mille jeunes Français sacrifiés pendant les six premiers mois de la Grande Guerre.
Du sous-lieutenant Porchon, on ne savait, depuis 1916, que ce que Maurice Genevoix en avait dit dans Ceux de 14. Mais il en avait dit assez pour faire de son ami Porchon le «soldat le mieux connu de la Grande Guerre».
Les notes prises par le jeune officier font un troublant contrepoint au témoignage du grand écrivain. Elles en confirment la parfaite exactitude et, en variant l’éclairage sur quelques épisodes de leur campagne commune, soulignent le génie singulier de Ceux de 14.
Yoran Delacour (éditions Yoran Embanner) a choisi 1914, la France responsable ? Les secrets de la déclaration de guerre de Bertrand Blandin.
Présentation de l’éditeur : Le 3 octobre 2010, l’Allemagne fit son dernier versement à la France dans le cadre des réparations de guerre imposées par le traité de Versailles de juin 1919. C’est dire à quel point la culpabilité totale et absolue de l’Allemagne dans le déclenchement du premier conflit mondial est restée acquise, enseignée à des générations d’écoliers depuis un siècle. Or, en scrutant l’action politique et les idées en France depuis 1870, non seulement sur une longue période mais aussi dans les toutes dernières semaines de l’été 1914, Bertrand Blandin montre qu’une France, aux bases républicaines encore fragiles et très proche de la Russie tsariste dans ses alliances, joua en réalité un rôle actif et déterminant dans l’ouverture des hostilités. L’examen précis des crises politiques de la France d’avant-guerre, l’utilisation des documents diplomatiques et l’étude inédite de la correspondance secrète de l’ambassadeur de Russie dévoilent les manoeuvres du président Poincaré qui n’ont en fait qu’un seul objectif : la guerre de revanche. Bien sûr, on peut être choqué de cette hypothèse d’une culpabilité française quand on pense à l’immense sacrifice consenti par le pays pendant quatre ans. Il ne s’agit donc en aucun cas d’instruire un procès à charge ou de faire acte de repentance mais plutôt d’en finir avec un grave mensonge historique. Une enquête passionnante servie par un style sobre et direct.
Anne-Laure Blanc, de « Chouette un livre » propose un livre du Sous-lieutenant Robert Porchon, Carnet de route(La Table ronde, 2008) : « Ce carnet de route, les lettres envoyées à sa mère ainsi que quelques autres documents font revivre au plus proche la vie quotidienne sur le front, notamment dans la boue des Eparges, où tombe ce jeune sous-lieutenant en février 1915. Ces mots font écho aux textes plus connus de Maurice Genevoix, dont on lira ici quelques lettres – avant de se plonger dans « Ceux de 14 ».
Pour Gilles William Goldnadel, le choix est autre : « A n’en pas douter , le volume de la fresque « Les Thibault » de Martin du Gard (l’été 14) qui parle de la guerre. Et qui évoque le pacifisme de Jacques face au patriotisme de son aîné . La problématique est traitée avec maestria »
Pour Martial Bild, de TV Libertés, c’est « Le Boqueteau 125 » de Ernst Jünger. Sur le lieu de la bataille des Eparges s’illustra Maurice Genevois mais aussi un jeune soldat allemand : Ernst Jünger. A partir de ses quinze cahier de notes, l’écrivain-combattant a publié une oeuvre majeure sur la Grande Guerre : « Orages d’acier » . De cet ouvrage définitif est né « Le Boqueteau 125 » , chronique inoubliable de l’horreur du fracas des combats de tranchée. Bouleversant.
Pour Caroline Parmentier, qui dirige le quotidien Présent, c’est un tout autre choix : « Le Goncourt 2013 de Pierre Lemaître : Au Revoir là-haut. C’était une surprise aux antipodes de la sélection habituelle par son sujet : les gueules cassées de 14, rarement évoquées ( à l’exception de La Chambre des Officiers de Marc Dugain en 98) . Pierre Lemaître insuffle une touche très personnelle, par son inventivité et sa poésie. Deux rescapés des tranchées qui ont tout perdu, l’un dessinateur de génie horriblement mutilé au visage, l’autre modeste comptable, comprennent que leur pays ne veut plus d’eux et décident de monter une arnaque aux monuments aux morts d’une audace inouïe. Terrible pamphlet politique, cruel, qui règle aussi son compte aux ordres imbéciles qui entraînent des centaines de morts, le scénario est néanmoins assez riche pour mêler comédie, tragédie, aventures et émotion. Au Revoir Là-Haut s’intéresse au temps de l’après, à la tragédie de cette génération, mais les scènes des tranchées présentes dans la première partie du livre, prennent aux tripes. J’ai moi-même grandi dans une famille où les poilus de 14 étaient vénérés pour leur sacrifice et pour l’abomination de l’épreuve qu’ils avaient traversés. Mon grand-père – comme quoi en ce qui me concerne ça ne remonte pas à très loin – avait fait 14 et ma mère disait toujours qu’il en était revenu complètement changé et qu’il en voulait à tous ceux qui n’avaient pas fait cette guerre. Il est d’ailleurs mort d’un cancer des suites des gazages répétés.»
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En cette journée commémorative du centenaire de l’armistice de 1918, pourquoi ne pas rechercher, pour vous, vos enfants ou vos petits enfants, la liste de vos ancêtres morts pour la France, durant la Grande Guerre, mais pas que ?
C’est ce que propose le site Mémoire des Hommes, mis en place il y a quelques années par le ministère de la Défense, qui permettra de vous plonger dans votre longue mémoire familiale.
La première base présente plus de 1,4 million de fiches individuelles numérisées de militaires décédés au cours de la Grande Guerre et ayant obtenu pour la plupart la mention « Mort pour la France ». La deuxième recense les fusillés en vertu d’une décision de la justice militaire et les exécutés sommaires au cours du conflit.
La troisième comprend quelques 74 000 fiches individuelles numérisées de soldats ayant appartenu à l’aéronautique militaire. La quatrième base présente les images numérisées des journaux des marches et opérations, des carnets de comptabilité en campagne, des journaux de bord, etc. de toutes les unités militaires engagées durant la Première Guerre mondiale.
En 732, dans la première moitié de ce huitième siècle qui fut si grand pour l'Eglise, Grégoire III dédiait, à Saint-Pierre du Vatican, un oratoire en l'honneur du Sauveur, de sa sainte Mère, des saints Apôtres, de tous les saints Martyrs, Confesseurs, Justes parfaits qui reposent par toute la terre (Liber pontifie, in Gregorio III.).Une dédicace au vocable si étendu n'implique pas de soi l'établissement de notre fête même de tous les Saints par l'illustre Pontife ; il est à remarquer cependant qu'à dater de cette époque, on commence à la rencontrer en diverses églises, et fixée dès lors au premier jour de Novembre, comme en témoignent pour l'Angleterre le Martyrologe du Vénérable Bède et le Pontifical d'Egbert d'York. Elle était loin toutefois d'être universelle, lorsqu'en l'année 835, Louis le Débonnaire, sollicité par Grégoire IV (portrait ci-contre), et du consentement de tous les évêques de ses états, fit de sa célébration une loi d'empire : loi sainte, portée aux applaudissements de l'Eglise entière qui l'adopta comme sienne, dit Adon, avec révérence et amour (Ado, Martyrol.).
Il existait jusque-là, dans nos contrées, une coutume attestée par les conciles d'Espagne et de Gaule dès le VI° siècle (Concil. Gerund. an. 567, can. 3 ; Lugdun. II, an. 367, can. 6), et qui consistait à sanctifier l'époque des calendes de Novembre par trois jours de pénitence et de litanies, rappelant les Rogations qui précèdent encore l'Ascension du Seigneur. Le jeûne de la Vigile de la Toussaint est le seul souvenir qui nous reste maintenant de cette coutume de nos pères ; conservant le triduum pénitentiel, et l'avançant de quelques jours, ils en avaient fait une préparation de la fête elle-même :
« Qu'entière soit notre dévotion, recommandait un auteur du temps ; disposons-nous à cette solennité très sainte par trois jours de jeûne, de prière et d'aumône (Inter Opera Alcuini, Epist. XCI, ad calcem.). »
La sainteté incréée ou créée
En s'étendant au monde entier, la fête s'était complétée ; devenue l'égale des plus augustes solennités, elle développait ses horizons jusqu'à l'infini, embrassait toute sainteté incréée ou créée. Son objet n'était plus Marie seulement et les Martyrs, ou. tous les justes nés d'Adam, mais avec eux les neuf chœurs angéliques, mais pardessus tout la Trinité sainte, Dieu tout en tous (I Cor. XV, 28.), Roi de ces rois qui sont les Saints (Apoc. V, 10.), Dieu des dieux en Sion (Psalm. LXXXIII, 8.). Ecoutons l'Eglise éveillant aujourd'hui ses fils : Le Roi des rois, le Seigneur, venez, adorons-le, parce qu'il est la couronne de tous les Saints (Invitator. festi.). C'est l'invitation qu'en cette même nuit le Seigneur lui-même adressait à la chantre d'Helfta, Mechtilde, la privilégiée du divin Cœur :
« Loue-moi de ce que je suis la couronne de tous les Saints (Liber specialis gratiae, P.a, c. XXXI.). »
Et la vierge voyait toute la beauté des élus et leur gloire s'alimenter au sang du Christ, briller des vertus par lui pratiquées ; et répondant à l'appel divin, elle louait tant qu'elle pouvait la très heureuse, la toujours adorable Trinité, de ce qu'elle daigne être aux Saints leur diadème, leur admirable dignité (Ibid.). Dante lui aussi nous montre, en l'empyrée, Béatrice se faisant sa couronne du reflet des rayons éternels (Dante, Paradis, chant XXXI.). Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit! ainsi tout d'une voix, pour le sublime poète, chantait le Paradis.
« Tout l'univers, dit-il, me semblait un sourire (Chant XXVII.). Le royaume d'allégresse, avec tout son peuple ancien et nouveau, tourné vers un seul point, était tout regard, tout amour. O triple lumière, qui scintillant en une seule étoile, rassasies à ce point leur vue, regarde ici-bas à nos tempêtes (Chant XXXI, traduction de Mesnard.) ! »
Il a neigé toute la nuit. Donc ce matin...
8h00: je fais un bonhomme de neige
8h10: une féministe passe et me demande pourquoi je n’ai pas fait une bonne femme de neige.
8h15: je fais une bonne femme de neige.
8h17: La voisine féministe se plaint de la poitrine trop généreuse de ma bonne femme de neige. Ça rabaisse les bonne femmes de neige à un objet sexuel.
8h20: le couple gai du quartier me mentionne que ça aurait pu être deux bonhommes de neige.
8h22: le trans genre me demande pourquoi je n’ai pas simplement fait une personne de neige avec des pièces détachables.
8h25: les végétaliens du bout de la rue se plaignent du nez en carotte. Les carottes sont de la nourriture et non pas un objet de décoration.
8h28: je me fais traiter de raciste parce que le couple de neige est blanc.
8h31: la famille musulmane de la rue me demande de mettre une burqa à la bonne femme de neige.
8h40: la police débarque pour me dire qu’une plainte a été déposée.
8h42: la féministe se plaint encore... le balai de la bonne femme de neige doit être enlevé parce que ça donne une image de ménagère aux femmes.
8h43: le conseiller pour l’égalité des gens menace de m’évincer.
8h45: le journaliste de TVA se pointe. On me demande si je connais la différence entre un bonhomme et une bonne femme de neige. Je réponds: des boules de neige. On me traite de sexiste.
9h00: je passe au bulletin de nouvelles comme un terroriste, raciste et homophobe qui cherche le trouble en ces moments difficiles avec la météo.
9h10: on me demande si j’ai des complices. Mes deux enfants sont arrêtés.
À l'occasion de la Toussaint, un texte de Georges Bernanos sur les saints.
« Oh ! bien sûr, si le monde était le chef d’œuvre d’un architecte soucieux de symétrie, ou d’un professeur de logique, d’un dieu déiste, en un mot, l’Eglise offrirait le spectacle de la perfection, de l’ordre, la sainteté y serait le premier privilège du commandement, chaque grade dans la hiérarchie correspondrait à un grade supérieur de sainteté, jusqu’au plus saint de tous, Notre Saint-Père le pape, bien entendu. Allons ! Vous voudriez d’une Eglise telle que celle-ci ? Vous vous y sentiriez à l’aise ? Laissez-moi rire, loin de vous y sentir à l’aise, vous resteriez au seuil de cette Congrégation de surhommes, tournant votre casquette à la main, comme un pauvre clochard à la porte du Ritz ou du Claridge.
« L’Eglise est une maison de famille, une maison paternelle, et il y a toujours du désordre dans ces maisons-là, les chaises ont parfois un pied en moins, les tables sont tachées d’encre, et les pots de confitures se vident toutes seules dans les armoires, je connais ça, j’en ai l’expérience…
« La maison de Dieu est une maison d’hommes et non de surhommes. Les chrétiens ne sont pas des surhommes. Les saints pas davantage, ou moins encore, puisqu’ils sont les plus humains des humains. Les saints ne sont pas sublimes, ils n’ont pas besoin du sublime, c’est le sublime qui aurait plutôt besoin d’eux. Les saints ne sont pas des héros, à la manière des héros de Plutarque. Un héros nous donne l’illusion de dépasser l’humanité, le saint ne la dépasse pas, il l’assume, il s’efforce de la réaliser le mieux possible, comprenez-vous la différence ? Il s’efforce de s’approcher le plus possible de son modèle, Jésus-Christ, c’est-à-dire de Celui qui a été parfaitement homme, avec une simplicité parfaite, au point, précisément, de déconcerter les héros en rassurant les autres, car le Christ n’est pas mort seulement pour les héros, il est mort aussi pour les lâches. »
Un prophète pour notre temps : le grand homme est enterré à Pellevoisin où est apparue Marie en 1876, toute miséricordieuse.
Les 16, 17 et 18 novembre 2018 : Un week-end pour mieux connaître l'auteur de "Journal d'un curé de campagne", "Dialogue des Carmélites", "Écrits de combats".
Inhumé à Pellevoisin en 1948, Bernanos a voulu, à travers ses romans et ses Écrits de Combat, montrer que la sainteté consistait pour l’adulte à vouloir retrouver l’esprit d’enfance comme la petite Thérèse venait de le rappeler à l’Eglise en explicitant sa ’petite voie’. Et en même temps l’auteur dénonçait le drame du matérialisme, de la civilisation des robots et de la perte de la vie intérieure. Samir Siad présentera la pièce "Nos amis les Saints" et Gérard Leclerc, éditorialiste à France Catholique montrera l’actualité brûlante de cette pensée.
La triste actualité de ces derniers jours nous a informé des cas gravissimes de violences commises par des enfants . « Les jeunes garçons délinquants sont le plus souvent ceux qui ont été privés de père. » nous rapporte Chantal Delsol, philosophe, membre de l'Académie des Sciences morales et politiques et auteur de « Un personnage d’aventure: petite philosophie de l’enfance» (Cerf, 2017), dans l’article ci-dessous :
La stupeur domine à voir un garçon de 13 ans tué à coups de barres de fer par des adolescents de son âge aux Lilas (Seine-Saint-Denis). On a le sentiment (…) que « cela n’arrivait pas avant ». (…) Un jeune ado, presque un enfant! Puis, on nous informait que, à Créteil, un lycéen a braqué un pistolet à bille sur son professeur afin d’être marqué présent pendant qu’un de ses camarades filmait la scène et la diffusait sur les réseaux sociaux …
L’enfant n’est pas le bon sauvage de Rousseau. Il attend son humanisation. Si on ne l’humanise pas d’une manière ou de l’autre il se hâte de demeurer au chaud dans la barbarie primitive. Ainsi, ce ne sont pas de mauvais enfants qui vont chercher la barre de fer pour assassiner le voisin de cité – ce sont des enfants qu’on a renoncé à humaniser. Ou pire encore, qu’on se refuse d’humaniser, par utopisme, par démagogie, par lâcheté d’adulte.
Dans les sociétés mondiales, l’ordre social, celui qui permet d’éviter ce genre d’insupportable meurtre, peut être atteint de deux manières possibles. Ou bien l’enfant est éduqué à la liberté, c’est-à-dire en permanent apprentissage de la responsabilité personnelle, (…). Ou bien l’enfant est élevé dans la soumission, et un État autocratique vient réprimer tout écart, en général avec tant de sévérité que finalement l’ordre règne. Dans le premier cas l’enfant n’ira pas chercher la barre de fer parce qu’on lui a appris patiemment à remplacer la violence par les mots, et parce qu’il est contrôlé et accompagné par ses parents. Dans le second cas, il n’ira pas chercher la barre de fer parce qu’il sait que la police sera là avant lui, et que sa vie est ruinée s’il se livre à ce genre d’agression.
Le problème est que chacun de ces modèles sous-entend des conditions spécifiques. Notre modèle, celui occidental qui préfère l’apprentissage de la liberté et de la responsabilité, et la fabrique de citoyens, requiert une éducation soignée, qui ne s’arrête pas à l’affection et au dressage. Éduquer à la responsabilité exige généralement deux parents, c’est-à-dire deux pôles d’autorité capables de maintenir l’équilibre entre l’affection essentielle et la prise de risque que nécessite tout apprentissage de la liberté. Pour cela, les psychiatres le savent bien, il faut généralement un père. L’affirmation s’entend évidemment de façon générale sans préjuger des exceptions nombreuses. On constatera que dans toutes les sociétés dont les pères sont absents ou lointains (sociétés polygames, sociétés matriarcales), le gouvernement est autocratique. Il n’y a pas de hasard si les sociétés occidentales démocratiques sont en même temps, traditionnellement, des sociétés patriarcales (…).
Aussi y a-t-il une grande incohérence à vouloir écarter les pères et récuser l’autorité des parents (interdire la fessée!), ou à vouloir comme c’est le cas des lois en cours, programmer délibérément des enfants sans père. On aura remarqué l’enthousiasme frénétique avec lequel nos médias tentent de nous convaincre des bienfaits du matriarcat. Lors de son 50 ème anniversaire, en 1995, les Nations unies ont déclaré que les Moso (une minorité ethnique de Chine), une société matriarcale sans père ni mari, étaient un « peuple modèle », une « société parfaite » (je cite)!
On croit rêver. La société sans père est autocratique, parce qu’il faut bien à un moment donné stopper les méfaits du jeune barbare. Et la mère seule a beaucoup de mal à éduquer à la liberté en même temps qu’elle apporte l’indispensable affection, car l’un et l’autre s’entrechoquent et se contredisent.
Des études sociologiques américaines et norvégiennes (un abstract de nombre de ces études figure dans Le Coût social de la famille déstructurée, de Paul C.Vitz, in Revue éthique, 1996, n° 21) ont été faites depuis vingt ans sur le devenir des enfants élevés par la mère seule. Sur des chiffres importants qui garantissent le sérieux des enquêtes, les résultats sont impressionnants. Les jeunes garçons délinquants sont le plus souvent ceux qui ont été privés de père. En France, on renâcle à publier ces enquêtes, et, placés devant ces chiffres, les sociologues ont tendance à récuser la corrélation, qui pourrait « discriminer » les familles monoparentales … Elle existe pourtant, sur le long terme et dans des pays fort divers (États-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Norvège … des dizaines d’études sont référencées dans l’article cité ci-dessus).
Si on ne veut pas de pères dans les maisons, on aura un jour prochain la police dans les lycées et une sévérité pénale singapourienne. Aujourd’hui, le garçon de 13 ans est assassiné parce que nous sommes dans une situation politico-sociale de transition: nous avons une société démocratique (et non un État policier) et en même temps l’autorité parentale et paternelle est dénigrée ou récusée. Nous ne pourrons pas demeurer longtemps dans cette situation. Il nous faudra accepter de légitimer une autorité d’un côté ou de l’autre – aucune société ne peut vivre dans une situation anomique, où les enfants s’entretuent.
François-Xavier Bellamy: "notre monde est une très belle occasion d'espérance", Emission sur RCF présentée par Stéphanie Gallet.
Le philosophe François-Xavier Bellamy vient de publier un essai remarqué, "Demeure : Pour échapper à l'ère du développement perpétuel" (éd. Grasset).
"LA PERTE DU MONDE ET DE LA RÉALITÉ DE NOS VIES"
La politique française (mais pas seulement elle) est dans tous ses états. Dans ce chaos médiatique et politique, quelque chose pourtant demeure. C’est la conviction de François-Xavier Bellamy. Echapper à l’ère du mouvement perpétuel. C’est la conviction forte qui ressort du dernier ouvrage de François-Xavier Bellamy. « Demeure » (éd. Grasset) propose au lecteur de déconstruire sa fascination pour le mouvement, pour le changement.
Après Nietzsche, Michel Onfray a-t-il raison de soutenir que la religion est une simple névrose dérivée de la pulsion de mort, la Bible un fatras de textes, le Christ "un personnage conceptuel", saint Paul un névrosé, l'Église la mère du totalitarisme, le christianisme un ennemi de la science, de la culture et des femmes, ... ? Est-il vrai que "le silence de Dieu permet le bavardage de ses ministres" ? Blaise Pascal répond : si vous continuez à discourir de la sorte, vous me convertirez... Après un tour d'horizon philosophique sur ces thèmes en compagnie de Pascal, on trouvera en fin d'ouvrage les récits de six conversions célèbres (Ratisbonne, Claudel, Bergson, Simone Weil, Edith Stein, Frossard, Gilardino).
Philippe Lauria est docteur en philosophie et docteur en sciences économiques. Il a enseigné aux universités de Grenoble et de Reims. Il est actuellement essayiste.
Autres ouvrages de l'auteur : Cantor et le transfini, mathématiques et ontologie, l'Harmattan, 2004 ; Réflexions sur la révolution libérale, Le Cep éditeur, 2006 ; Christ-Roi, politique et religion, Aréopage 2016.
Une femme peut-elle être éduquée et avoir 7 enfants ? Des mères répondent à Macron.
Réagissant au scepticisme du chef d'Etat français quant à la possibilité de combiner une éducation parfaite et une fécondité élevée, des mères de famille ont répondu à ce qu'elles ont vécu comme un affront de la part d'Emmanuel Macron.
C'est sur les réseaux sociaux, avec le hashtag «#PostcardsforMacron», que des mères de famille ont décidé de s'adresser au président de la République française, à la suite de ses propos sur la fertilité africaine, durant une intervention le 26 septembre 2018.
" Présentez moi la femme qui, en étant parfaitement éduquée, a décidé d’avoir 7, 8 ou 9 enfants "
Richard Bastien est l'auteur de : Cinq défenseurs de la Foi et de la Raison, aux éditions Salvator. Un livre dans lequel il présente la pensée et l'apport de John Henry Newman, Gilbert Keith Chesterton, C. S. Lewis, Peter Kreeft et Alasdair MacIntyre.
Philippe Maxence l'a reçu et interrogé sur ce livre.
... trouve-t-on parfois dans des copies d'Histoire ...
18 octobre 1685 : Louis XIV révoque l'Édit de Nantes
En parallèle à sa magistrale Histoire de France, Jacques Bainville a écrit une Petite histoire de France pour les enfants. Il souhaitait que ceux-ci connaissent l'histoire de notre pays. Cette version sonore de l’œuvre de Bainville est animée par 7 voix, accompagnée de plus de 50 morceaux de musique classique et d’un grand nombre de bruitages. Une façon de mêler l’indispensable à l’agréable. 12,90€ au lieu de 14,90€
Dans cette chronique, le docteur Xavier Mirabel revient sur les propos "polémiques" du pape François lors de l’audience générale de la semaine dernière. Le Saint Père avait employé le terme de "tueur à gages pour évoquer ceux qui éliminent une vie.
Si les propos du pape sur l’avortement sont violents, c’est pour éviter la violence des avortements eux-mêmes et de leurs conséquences. « Interrompre une grossesse, c’est comme éliminer quelqu’un. Est-il juste d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ? Est-il juste d’avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème ? » Les paroles du pape François prononcées mercredi 10 octobre lors de l’audience place Saint-Pierre, alors qu’il commentait le commandement « Tu ne tueras point » continuent de susciter des remous.
Le Pape poursuit : « Se débarrasser d’un être humain, c’est comme avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème […] mais comment un acte qui supprime la vie innocente peut-il être thérapeutique, civil ou tout simplement humain ? »
Des réactions outrancières
De nombreux commentateurs reconnaissent au Saint Père le droit de rappeler la doctrine catholique. Mais c’est la « violence » du propos et particulièrement du terme « tueur à gages » qui semble avoir heurté.
Le Conseil national de l’ordre des médecins a jugé utile de réagir par la voix de son président, le docteur Patrick Bouet. D’après lui, les propos du pape sont « très durs sur l’avortement ». Il s’insurge que (je cite) « l’anathème soit ainsi jeté sur l’ensemble du corps médical, qui s’en retrouve stigmatisé ».
Mais le propos du Dr Bouet n’est-il pas lui-même un peu outrancier ? L’immense majorité des médecins ne pratique pas l’avortement et ne se sent probablement ni anathème, ni stigmatisé. Quant à ceux qui le pratiquent, s’ils ont la conscience en repos, ils seront peu ébranlés par les propos du Pape.
L’ordre des médecins s’égare
L’ordre des médecins dit ne pas pouvoir « tolérer que la souffrance physique, psychique et morale vécue par des femmes en détresse, parfois en grande souffrance quand elles ont recours à l’interruption volontaire de grossesse, soit niée ». Manifestement, l’ordre des médecins s’égare. On ne peut pas accuser les chrétiens de nier la souffrance des femmes, leur détresse. Ne sont-ils pas les premiers (les chrétiens) à chercher à soutenir ces femmes, à tenter de leur venir en aide, à rechercher des alternatives à l’avortement ? On le leur reproche si souvent…
Certes, on peut discuter le « tueur à gages » qui n’est sans doute pas « parole d’Évangile ». Mais c’est une parole qui vise à bousculer, à interpeller, une parole « tranchante comme le glaive ». Sans doute pas tout à fait inappropriée.
Tu me dis que vous avez fêté la Saint-Michel et que tu veux connaître l’histoire des paras.
Eh bien, tout d’abord, le 22 octobre 1797, c’est la naissance officielle du parachute. En 1796, le Français André-Jacques Garnerin réussit le parachutage d’un chien à partir d’un ballon. Il met alors au point un dispositif composé seulement de toile : le parachute. Il effectue son premier saut en ce fameux 22 octobre au-dessus du parc Monceau à Paris, en sautant d’une montgolfière à plus de 915 mètres de hauteur. Beaucoup plus tard, le parachute devient une arme militaire qui ne sera vraiment utilisée qu’à partir de 1935 et pendant toute la Seconde Guerre mondiale. J’en ai vu beaucoup en Normandie, souviens-toi, le jour du Débarquement…
Le père François Casta était aumônier parachutiste en Indochine en mars 1947. Et c’est à lui que revient l’honneur de préparer le dossier qui fera de saint Michel, l’archange vainqueur du dragon, le patron des troupes aéroportées parachutistes.
Pourquoi saint Michel est-il le patron des parachutistes, me dis-tu ? D’où vient cette tradition ?
Dans sa jeunesse, il « fréquentait » la pègre marseillaise : « Christian Oraison, dit « le Grand Blond ». Si ce nom ne vous dit rien, sachez juste que cet homme, un caïd des Alpes-de-Haute-Provence, a été abattu de plusieurs balles de 9 millimètres, une nuit d’août 2008, alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui. Le « Grand Blond » avait été formé par Gaëtan Zampa, l’un des parrains du Marseille des années 1970. Et, fait beaucoup moins connu, c’était un proche de Christophe Castaner […]. « Oraison, c’était mon grand frère, mon protecteur. Il m’appelait l’étudiant », confirme le chef d’En marche, le parti présidentiel. À Manosque, on joue au poker dans un appartement au-dessus d’un petit bar, L’Oasis. Un repère de bandits. Dans cette atmosphère enfumée où l’on s’imbibe de whisky, les parties s’éternisent jusqu’au petit matin. « Le poker était un truc réservé à un milieu interlope », se souvient Castaner, qui, à l’époque, avait quitté le foyer familial. De ces années, il conserve quelques discrètes cicatrices, et le reconnaît : « J’ai été sur le fil du rasoir. »… » (source)