La question économique constitue un enjeu majeur de notre temps dont la problématique n’est ni la liberté d’entreprendre, ni la propriété privée, mais le détournement de la finalité de l’activité économique. Nous sommes aujourd’hui confrontés à une sorte de soumission du politique à l’économique, avec comme conséquence palpable l’abandon du souci du bien commun et des besoins réels de la communauté nationale. D’où la nécessité d’une réforme profonde du système économique, ce qui relève précisément du politique dont la responsabilité est de rendre possible ce qui est souhaitable ; c’est-à- dire, pour l’économie, d’être ordonnée au bien commun de la société et des citoyens. Pour ce faire, on ne peut compter exclusivement sur la vertu des personnes. Les structures sociales doivent donner intérêt à bien faire. Or, il y existe aujourd’hui un engrenage qui contraint le dirigeant à chercher exclusivement le profit. La question peut donc se poser de savoir si nous sommes, de facto, confrontés à des structures de péché. Assurément, le gigantisme économique contemporain, qui se déploie de manière planétaire, crée un désordre structurel lié à la déconnexion entre l’économie et la communauté nationale. Face à ces constats alarmants, il faut désormais promouvoir un changement systémique pour remettre l’économie à l’endroit. D’où la nécessité de bâtir un nouveau catholicisme social de propositions qui puisse contribuer, avec d’autres, à construire une alternative crédible.
Les États-Unis sont tellement vastes que chacun peut y trouver quelque chose à aimer et quelque chose à détester. L’économie libérale ? Les inégalités ? La peine de mort ? Le patriotisme ? La libéralisation du cannabis ? Le Black Caucus ? Manhattan? Le Vieux Sud? La route 66 ? L’individualisme ? Les évangélistes protestants ? Les contestataires et les utopistes de la côte Ouest ? Le « politiquement correct » ? Steve Bannon? Obama ? Trump? Roosevelt ? Reagan ? Cochez les cases qui vous conviennent.
D’une certaine façon il existe cinquante « rêves américains », autant que d’États fédérés, ou deux, autant que les grands partis qui alternent au pouvoir, ou des milliers, autant que les artistes et les créateurs qui ont sculpté les différentes facettes du soft power des États-Unis.
Ainsi, comme l’explique Régis Debray, les États-Unis nous prennent par en haut et par en bas, par la haute culture comme par les McDo et les jeans. Ils nous séduisent par les principes qu’ils ont proclamés en 1776, par leur mode de vie et par leur littérature, par leur modernité et par leur conservatisme, par leur pragmatisme et par leur idéalisme, par leur capacité à assumer le rôle de gendarmes du monde comme par leur projet de planète harmonieuse et bien gérée. Le soft power américain nous étreint et nous enveloppe de toute part. Il est si vaste que l’on ne peut y échapper. À moins d’utiliser le soft power contre le soft power, comme le font ceux qui se réfèrent à Obama pour accabler Trump ou comme le faisaient ceux qui dénonçaient la guerre du Vietnam à grands coups de sitting, de happening et de flower power.
L’Islam est omniprésent dans le débat public en raison des défis qu’il pose à nos pays européens. En France, plusieurs millions de nos compatriotes sont de religion musulmane. D’où la nécessité de considérer les spécificités de l’islam ainsi que le contexte dans lequel la problématique islamique se pose. Il s’agit de connaître les bases de l’islam pour pouvoir en parler vraiment.
Raison pour laquelle Annie Laurent a accepté de faire un travail de clarification des choses concernant l’islam, avec une approche par mots-clés, un peu à la manière d’un guide pratique. Mais il ne suffit pas de connaître l’Islam, encore faut-il également en appréhender le contexte historique.
Pour ce faire, nous avons interrogé la philosophe Razika Adnani, islamologue et membre du Conseil d’orientation de la Fondation de l’islam de France, qui poursuit des travaux depuis de longues années sur le mouvement de «réislamisation du monde musulman» et le «blocage de la raison dans la pensée musulmane».
Là encore, le contexte contemporain désigne un défi important : comment entrer véritablement en dialogue sans le recours aux critères de la raison ? Se pose alors la question de la réforme de l’islam. Razika Adnani veut croire que celle-ci est possible car l’islam possède dans certaines de ses sources une voie d’accès à la raison. Quant à Annie Laurent, elle souligne dans son livre un certain «sursaut de la conscience musulmane». En effet, si le phénomène terroriste accentue la fracture entre l’islam et la société, les attentats choquent également la conscience de musulmans qui s’interrogent sur les fondements de leur religion, et notamment son rapport à la violence.
C’est ce rapport à la violence qu’aborde Jean-François Chemain, en se fondant à la fois sur sa connaissance du Coran et sur son expérience d’enseignant en Zone d’Education Prioritaire (ZEP) (p. 30).
Il appelle à «sortir enfin de la dialectique victimisation-violence» qui caractérise la manière dont de nombreux musulmans vivent l’altérité, rejetant les responsabilités de la violence loin de l’islam et fondant leur dialectique sur une violence subie par l’islam lui-même. D’où la nécessité de ne pas alimenter la dialectique victimaire et d’instaurer un subtil «équilibre entre vérité et charité».
C’était il y a trois siècles. La volonté de fer du tsar Pierre le Grand faisait sortir la Venise du Nord des eaux : née en 1703, cette improbable ville flottante devenue la capitale des tsars fascine l’épaisseur de son histoire et par sa beauté. Le Figaro Hors-Série consacre à Saint Pétersbourg un numéro exceptionnel : découvrez le rêve de Pierre Ier devenu réalité sur les bords de la Neva, les caprices des tsarines de Tsarskoïe Selo, le mythe littéraire d’une ville exaltée tout autant que maudite par Pouchkine, Gogol, Dostoïevski, Anna Akhmatova… Le dernier bal des Romanov à la veille de la révolution russe, les hypothèses les plus récentes sur l’assassinat de Raspoutine au palais Youssoupov, et la polémique de cet automne russe sur le fi lm Matilda, qui met en cause Nicolas II. Somptueusement illustré, à mi-chemin entre le récit historique et le beau livre, ce numéro double vous invite au plus époustoufl ant des voyages dans cette sublime ville d’art et d’histoire.
Tintin et les peuples du monde dans le nouveau hors-série GEO
RÉDACTION GEO- MARDI 11 AVRIL 2017
Pygmées, Sioux, Tibétains, Tsiganes ou Jivaros… Hergé n’a eu de cesse de pousser Tintin à la rencontre des peuples. Autant d’aventures, souvent bondissantes, mais aussi d’occasions pour approcher cet autre, étrange et familier. En décryptant ses albums, GEO donne à redécouvrir la richesse des civilisations. Et met en parallèle la vision d’Hergé avec la réalité d’aujourd’hui. Ce numéro propose aussi des nombreuses archives méconnues du maître. Et un décryptage de l’œuvre grâce aux plus grands spécialistes.
Tintin ou la possibilité de l'Autre
Rien ne l’arrête, jamais. Sans famille, sans enfants, sans comptes à rendre, sans travail officiel (ce journaliste qui écrit peu publie rarement ses articles), Tintin est fait pour la fluidité, le mouvement, la rencontre. Celle des autres comme de lui-même. C’est sans aucun doute cette vacance en lui qui fait sa force et son désir du monde. Sa seule adresse répertoriée, celle d’un célibataire endurci, nous livre pourtant un indice : 26, rue du Labrador. Autant y décrypter déjà l’appétit des ailleurs faussement inscrit au cadastre de la vieille Bruxelles… L’appel irraisonné de la "liberté ravie" et des longitudes.
Le magazine Le crapouillot est de retour en kiosque depuis 2016, sous la forme d'un magazine trimestriel non conformiste qui mêle enquêtes, informations et opinions.
100 ans Notre Dame de Fatima. HORS SERIE n°26 - 27
On célèbre en 2017 le centième anniversaire des apparitions de la Vierge à trois enfants à Fatima, au Portugal. Son message, prière et pénitence, est toujours d’actualité. Ce numéro hors-série exceptionnel propose un retour historique sur les apparitions elles-mêmes mais aussi sur la situation du Portugal et du monde à cette époque et analyse des répercussions de cet évènement sur le monde et sur l’Église, tout en rappelant les grands aspects de la spiritualité mariale liée aux apparitions.
La “monarchie républicaine” à la française. Éditorial de Philippe Conrad (NRH n°88. Dossier : La République et ses présidents)
Les citoyens vont bientôt être appelés à désigner le successeur à l’Élysée de François Hollande et le suffrage universel sacrera ainsi celui qui sera le neuvième président de la Ve République. Institué depuis le référendum constitutionnel de 1962, et régulièrement renouvelé depuis les élections de 1965, ce rituel fait aujourd’hui partie de notre paysage politique. L’élection présidentielle demeure pour les Français le moment démocratique par excellence, un scrutin plébiscité par l’opinion et qui bénéficie de la participation électorale la plus forte. Un demi-siècle après les empoignades qui accompagnèrent l’adoption du suffrage universel direct pour désigner le chef de l’exécutif, les protestations indignées des juristes et des ténors du « Cartel du non » paraissent aujourd’hui bien dérisoires. Les velléités de certains d’en finir avec un « pouvoir personnel » soupçonné de violer les grands principes démocratiques ne paraissent guère en mesure de changer une pratique désormais solidement installée.
L'analyse d'Hilaire de Crémiers dans le numéro de mars de Politique Magazine.
Les candidats font comme si tout se jouait dans leurs discours. La question est autrement plus difficile.
La France a devant elle encore deux mois de luttes électorales pour la présidentielle, plus de trois pour les législatives. La violence qui se déchaîne n’en est qu’à ses débuts. Celui qui sera élu à la présidentielle sortira d’un champ de bataille si chaotique et si fumeux qu’il lui sera impossible, malgré toutes les prétentions, de rassembler les Français. C’est à ce moment-là qu’il convient de se placer pour mieux évaluer les conséquences de cette élection.
Ni les ordonnances ni les référendums ne suffiront à régler les problèmes. Le général de Gaulle qui y eut abondamment recours et qui avait pris soin, de plus, dans la Constitution de 1958, de restreindre le domaine de la loi au profit de la décision réglementaire, avait pourtant à sa disposition une majorité parlementaire : il en avait besoin, ne serait-ce que pour les lois de finances.
"Qu'est-ce qu'une dissociété ? C'est une société de l'individu dissocié, une juxtaposition d'individus dissociés." Pour en comprendre les défis, communautarisme, quête d'identité, délitement du commun, désintégration des économies nationales... Lisez le dernier numéro de Permanences, à commander !
Portrait d’Henri de Castries — Dossiers : l’advisory board de TsingHua et le Siècle 2017 (suite) – La primaire de gauche — Macron au Liban — Thomas Hollande à la Lanterne… et toujours vos rubriques habituelles : politiquement incorrect, lobbies, kiosque…
Quel personnage ! Quelle foi ! Dès lors que l’écrivain René Bazin a fait connaître la vie héroïque de Charles de Foucauld, le grand public s’enthousiasma pour ce prêtre qui par amour du Sacré-Cœur avait tout quitté pour vivre de la vie même du Christ. Nous étions alors entre deux guerres mondiales.
L’Europe n’en avait pas encore conscience, mais elle était entrée par les tranchées de la Grande Guerre dans une nouvelle époque. Une terrible époque ! Celle-ci n’a d’ailleurs pas épargné Charles de Foucauld, tué d’une balle alors qu’il était le témoignage vivant de la vraie paix.
Le 1er décembre 1916 – il y a cent ans – Charles de Foucauld entrait dans la vraie vie, celle à laquelle il avait aspiré de toutes ses forces, à peine sorti du confessionnal de l’abbé Huvelin. Foucauld ne faisait jamais rien à moitié. Ni dans le mal ; ni dans le bien. Il était le contraire de ces tièdes que Dieu vomit, comme nous le rappelle la Sainte Écriture dans une page sur laquelle nous préférons vite passer. Pas lui ! Les pages de la Bible, il les a méditées chaque jour. Il a couché sur le papier les fruits de ses méditations, dans une « méthode » d’oraison bien personnelle, mais qui nous permet, à nous qui bafouillons si souvent dans la tiédeur de nos prières, de trouver un appui salutaire.
France Inter est votre radio du matin, dans la salle de bain et au petit déjeuner, mais aussi quand vous êtes en voiture ?
Vous appréciez la richesse de ses émissions, sa liberté de ton, la variété de ses journalistes et de ses invités, et elle vous conforte dans vos opinions ?
Alors, n'achetez surtout pas le dernier numéro de "Causeur", en kiosque en ce moment.
Ce journal, dont la couverture est dessiné par Uderzo, est le premier numéro de "Pilote" le nouveau grand magazine illustré des jeunes. le 29 octobre 1959, alors que le journal "Tintin' paraît, jour pour jour, depuis déjà 11 ans, un nouvel hebdomadaire fait irruption dans les kiosques. Son sommaire est un véritable trésor. En page 20, René Goscinny et Albert Uderzo présentent, pour La première fois, un drôle de petit guerrier moustachu* qui incarne malicieusement toutes les vertus de nos ancêtres les Gaulois. Sous l'impulsion de François Clauteaux, une équipe talentueuse s'est formée. René Goscinny en est le secrétaire de rédaction et Jean-Michel Charlier le directeur artistique. L'équipe des dessinateurs comprend Uderzo, Hubinon, Sempé, Tacq, Tillieux, Gaty, Poivet, Nortier, Dropy, Murtin, Dimpré et Boucrot. Les scénaristes sont Forlani, Bertret et Ledrain. Pierre Véry, l'inoubliable auteur des mythiques romans "Goupil main-rouge", "les disparus de St Agil" et "le pays sans étoile" y entame un grand feuilleton inédit pour les jeunes : "Les Héritiers d'avril". Raymond Kopa y donne une première leçon de foot-ball. Le petit Nicolas a été au cinéma, voir "le mystère de la mine abandonnée" et se fait un plaisir de nous le raconter en page 18. Les jeux y sont animés par Marcel Fort, Rodolphe, Pierre Bellemare, Jean-Paul Rouland et Jacques Benetin. Mais ce qui fait la force de ce nouveau journal, c'est qu'il est en partie composé de bandes-dessinées fabuleuses dont certaines sont appelées à devenir des classiques. Michel Tanguy, le démon des Caraïbes, Pistolin, Bison Noir, P'tit Pat, Astérix, Jacquot le mousse, Mark Trent, Jacques le Gall et Zappy Max ouvrent le bal. Et en 30 ans, les auteurs, dessinateurs et scénaristes seront nombreux, pour notre plus grand plaisir, à venir signer de prestigieuses BD dans les pages de ce grand magazine illustré des jeunes, du journal des jeunes de l'an 2000 puis du journal d'Astérix et Obélix. *"En 50 avant Jésus-Christ, nos ancêtres les Gaulois avaient été vaincus par les romains après une longue lutte...Des chefs tels que Vercingétorix doivent déposer leurs armes aux pieds de César...La paix s'est installée troublée par quelques attaques de germains vite repoussées...Toute la Gaule est occupée...Toute ? Non ! car une région résiste victorieusement à l'envahisseur...Une petite région entourée de camps retranchés romains...Tous les efforts pour vaincre ces fiers Gaulois ont été inutiles et César s'interroge...Quid ? C'est ici que nous faisons connaissance avec notre héros, le guerrier Astérix, qui va s'adonner à son sport favori : La chasse...
L’idéologie américaine. Éditorial de Philippe Conrad (NRH n°86. Dossier : Aux sources de l’exception américaine – 1620-1917)
Les Américains se préparent à élire en novembre un nouveau président – ou, pour la première fois, une présidente – et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce scrutin sera à nul autre pareil.
Barack Obama, premier occupant noir de la Maison-Blanche, a déjà créé la surprise en 2008 et rêvé d’ouvrir une nouvelle phase « postraciale » de l’histoire des États-unis. Mais, huit ans plus tard, son bilan n’apparaît guère convaincant et le « populisme », longtemps contenu par les appareils politiciens et les milieux financiers et médiatiques qui les soutiennent, a plus que jamais le vent en poupe. Ce dont témoignent les succès inattendus rencontrés par Bernie Sanders dans le camp démocrate et par Donald Trump, sorti vainqueur des primaires républicaines. une éventuelle victoire de ce dernier constituerait sans nul doute une rupture historique majeure et un choc géopolitique de grande envergure.
NRH n°86. Dossier : Aux sources de l’exception américaine – 1620-1917
Il apparaît donc plus urgent que jamais d’analyser et de comprendre les idées, les mythes et les représentations qui ont, au cours des trois derniers siècles, construit une « exception » américaine qui combine l’affirmation d’une identité nationale tout à fait particulière et un messianisme moralisateur à prétention universelle. La communauté de destin qui semblait unir l’Amérique et l’Europe – sur fond d’adhésion à la démocratie représentative, de prospérité matérielle garantie par le progrès technique et la libre entreprise, de défense, durant tout le temps de la guerre froide, contre la menace soviétique – n’apparaît plus aujourd’hui aussi évidente qu’hier, alors que sont désormais mis en cause nombre d’éléments majeurs du « modèle » états-unien.
L’identité des colonies anglaises établies sur la côte orientale de l’Amérique du nord s’est d’abord fondée sur le rejet de l’Europe qu’avaient fuie les dissidents religieux ou les populations poussées par la misère. C’est vers une nouvelle terre promise que ces protestants venus d’Angleterre ou de Hollande font voile au XVIIe siècle et c’est la Bible qui constitue la référence religieuse et morale de ces premiers colons, prompts à considérer qu’ils forment un nouveau « peuple élu » bénéficiant d’une prédestination d’origine divine. Comme John Winthrop, ils sont convaincus qu’ils vont bâtir « la cité sur la colline » qui fera figure de modèle pour toute l’humanité. Cette inspiration religieuse demeure un élément structurant de l’identité états-unienne, des Pères pèlerins aux revivals successifs et jusqu’à l’évangélisme contemporain.