À l’occasion de la sortie du livre de Sophie Roubertie, "Apprendre à voir - La vie dans l’art", Sophie Roubertie évoque l’éducation à l’émerveillement et à la vie affective.
Le 24 février dernier, le Pape invitait les membres de la « Diaconie de la beauté » à « faire connaître la gratuité de la beauté », à « encourager un style de vie prophétique et contemplatif, capable d’aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation » et « à servir la création et la préservation « d’oasis de beauté » dans nos villes trop souvent bétonnées et sans âme ». Prendre le temps de regarder une œuvre d’art, n’est-ce pas un bon début pour revenir au beau ? Sophie Roubertie, rédactrice culture dans le magazine adressé aux enfants Actuailes et formatrice pour le parcours sur « l’éducation affective par l’art » proposé par Ichtus, utilise les œuvres d’art pour amener les jeunes à découvrir les secrets de la beauté et ses bienfaits. C’est aussi un moyen de s’arrêter pour prendre le temps de voir et de s’émerveiller. Son livre répertorie quarante œuvres choisies et les décrit par des textes courts parfois poétiques. Une base solide pour une bibliothèque destinée à parcourir le temps, à partager entre petits-enfants et grands-parents, à l’école ou en solitaire, dans un dialogue avec l’artiste.
Aleteia : Que contient votre livre Apprendre à voir, comment sont présentées les œuvres d’art et à qui s’adresse-t-il ? Sophie Roubertie : J’ai repris les chroniques écrites depuis cinq ans dans Actuailes et a germé l’idée d’en regrouper un certain nombre dans un livre car cela correspondait à une demande. Certains lecteurs les imprimant mais la qualité de l’image n’est pas la même. Le magazine s’adresse aux 10-15 ans, mais les parents lisent aussi les articles, pour savoir ce qui est dit à leurs enfants mais aussi pour avoir des discussions familiales autour des sujets abordés. Certains enseignants les utilisent en classe notamment. Le fait de regrouper un certain nombre de chroniques en un livre permet d’avoir un véritable outil dans les familles ou dans les classes. La majeure partie des œuvres d’art abordées sont des grands classiques, même si elles sont généralement liées à l’actualité d’une exposition, et constituent donc une bonne base. Certaines sont moins connues, comme La Boxe, de Maurice Denis. Le livre se présente avec des doubles pages, avec l’œuvre, sa carte d’identité et une analyse de l’œuvre dans le souci d’apprendre à voir. Le regard peut toujours s’ouvrir. Je ne suis pas dans une démarche d’histoire de l’art, mais dans une démarche d’observation et d’émerveillement. Par ailleurs, le livre peut être lu par un enfant, mais aussi par un adulte qui le lit à un plus petit.
Sans cesse réédité depuis sa première parution en 1972, ce roman a connu un succès considérable et bien mérité ! Marie Carré, sous la plume d'une infirmière, dévoile la mission d'un étrange élève séminariste. Ce Michaël en question a été chargé par le Parti Communiste d'infiltrer les milieux catholiques et surtout le milieu clérical.
Le travail de sape d´un infiltré au sein de l´Eglise. Récit fondé sur des témoignages authentiques, dont l´acteur principal est un élève séminariste chargé par les communistes d´infiltrer l´Eglise de s'y faire prêtre et ainsi mieux corrompre l'Eglise de l'intérieur. On y voit la mise en oeuvre de tout ce qui se passe aujourd'hui devant nos yeux.
Si les commémorations « officielles » actuelles laissent à désirer, tant tout cela semble convenu, que ce soit en terme d’organisation que de perpétuation de notre longue mémoire, il est intéressant de se plonger dans les livres, dans les témoignages et les récits d’une guerre qui a touché presque chaque famille d’Europe de l’Ouest – les monuments aux morts en témoignent.
Nous avons donc interrogé quelques personnalités – que nous avons déjà eu l’occasion d’interviewer – afin de leur demander quels livres ils conseilleraient à nos lecteurs, pour mieux appréhender ce drame qui s’est déroulé il y a un siècle.
Eric Zemmour nous confie : « Je choisirai Ceux de 14 de Maurice Genevoix et Orages d’acier d’Ernest Junger. Chacun dans son camp, et à sa manière, les plus grands livres à mes yeux car ils font partager autant que faire se peut – intellectuellement mais aussi physiquement- l’expérience qu’ils ont vécue. Mais il y a aussi toute la première partie de voyage au bout de la nuit de Céline ! »
Laurent Obertone lui choisit un classique : « Sans être original, je vais dire le Voyage au bout de la nuit, qui va bien au-delà de la Grande guerre, et porte, en plus du génie célinien parfois foudroyant, des observations sur la nature humaine d’une dramatique acuité. Bien entendu, c’est un choix littéraire et pas historique. La Grande guerre est la porte d’entrée de ce livre, et ce livre la porte d’entrée éternelle de tout l’univers célinien, qui selon moi mérite fort d’être arpenté.»
Philippe Conrad, ancien directeur de la Nouvelle revue d’histoire, professeur d’histoire et auteur de plusieurs livres sur la 1ère guerre mondiale (« Le sang de la Marne »(Editons Heimdal), « Le poids des armes. Guerres et conflits 1900-1945 »(PUF), « Le 300 jours de Verdun (Editions italiques », « Pétain » Editions Chronique », « La Fayette nous voilà » (Editions Italiques) et ,en 2014, l’essai d’uchronie « 1914. La guerre n’aura pas lieu » Genèse Editions) nous dit : « Il s’agit dune question difficile au vu d l’énorme production historique ou mémorielle lui s‘est accumulée depuis un siècle. Sur le plan littéraire, c’est sans aucun doute « La guerre notre mère » d’Ernst Junger et j’y ajouterai « Ceux de 14 » de Maurice Genevoix.
Dans le domaine historique Pierre Renouvin a réalisé très tôt la meilleure synthèse sur la période. J’ajouterai le travail monumental de G.H. Soutou « L’or et le sang », qui rend compte des dimensions économiques, financières et géopolitiques de ce conflit hors norme.Sur les origines du conflit « Les somnambules » de Christopher Clark ont apporté une vision radicalement nouvelle en même temps qu’impartiale du déclenchement de la catastrophe.
Au delà des querelles d’écoles qui divisent les historiens depuis de nombreuses années (notamment celle, largement artificielle entre « consentement et contrainte », pour expliquer l’incroyable résilience des combattants), il faut rendre hommage à toute une nouvelle génération d’auteurs qui ont ouvert ces dernières années des pistes nouvelles et proposé des synthèses ambitieuses. Je pense notamment au lieutenant-colonel Rémi Porte, au professeur François Cochet et au colonel Michel Goya qui vient de republier un remarquable « 1918. L’Armée de la victoire ». D’un point de vue plus particulier puisqu’il s’agit d’un théâtre d’opérations périphérique et clairement secondaire, j’ajouterai l’ouvrage consacré par Bernard Lugan à l’épopée africaine du général von Lettow-Vorbeck.»
Charlotte d’Ornellas nous recommande « Carnet de Route » de Robert Porchon. Robert Porchon, sous-lieutenant au 106e régiment d’infanterie, fut tué dans l’assaut de l’éperon des Éparges (Meuse) en février 1915, «la poitrine défoncée par un éclat d’obus».
Dès sa mort connue, sa mère a recopié dans un unique cahier son carnet de route et les lettres que son fils lui avait adressées. Elle a aussi ajouté à cet ex-voto de papier la correspondance reçue, après la mort de son fils, de ses camarades – dont Maurice Genevoix -, de ses chefs, de l’administration militaire et aussi d’anciens professeurs et religieux qui se souvenaient de leur élève. Ces témoignages multiples restituent l’onde de douleur qui s’étend et dure après la mort au front d’un jeune homme de vingt et un ans. Un des cinq cent mille jeunes Français sacrifiés pendant les six premiers mois de la Grande Guerre.
Du sous-lieutenant Porchon, on ne savait, depuis 1916, que ce que Maurice Genevoix en avait dit dans Ceux de 14. Mais il en avait dit assez pour faire de son ami Porchon le «soldat le mieux connu de la Grande Guerre».
Les notes prises par le jeune officier font un troublant contrepoint au témoignage du grand écrivain. Elles en confirment la parfaite exactitude et, en variant l’éclairage sur quelques épisodes de leur campagne commune, soulignent le génie singulier de Ceux de 14.
Yoran Delacour (éditions Yoran Embanner) a choisi 1914, la France responsable ? Les secrets de la déclaration de guerre de Bertrand Blandin.
Présentation de l’éditeur : Le 3 octobre 2010, l’Allemagne fit son dernier versement à la France dans le cadre des réparations de guerre imposées par le traité de Versailles de juin 1919. C’est dire à quel point la culpabilité totale et absolue de l’Allemagne dans le déclenchement du premier conflit mondial est restée acquise, enseignée à des générations d’écoliers depuis un siècle. Or, en scrutant l’action politique et les idées en France depuis 1870, non seulement sur une longue période mais aussi dans les toutes dernières semaines de l’été 1914, Bertrand Blandin montre qu’une France, aux bases républicaines encore fragiles et très proche de la Russie tsariste dans ses alliances, joua en réalité un rôle actif et déterminant dans l’ouverture des hostilités. L’examen précis des crises politiques de la France d’avant-guerre, l’utilisation des documents diplomatiques et l’étude inédite de la correspondance secrète de l’ambassadeur de Russie dévoilent les manoeuvres du président Poincaré qui n’ont en fait qu’un seul objectif : la guerre de revanche. Bien sûr, on peut être choqué de cette hypothèse d’une culpabilité française quand on pense à l’immense sacrifice consenti par le pays pendant quatre ans. Il ne s’agit donc en aucun cas d’instruire un procès à charge ou de faire acte de repentance mais plutôt d’en finir avec un grave mensonge historique. Une enquête passionnante servie par un style sobre et direct.
Anne-Laure Blanc, de « Chouette un livre » propose un livre du Sous-lieutenant Robert Porchon, Carnet de route(La Table ronde, 2008) : « Ce carnet de route, les lettres envoyées à sa mère ainsi que quelques autres documents font revivre au plus proche la vie quotidienne sur le front, notamment dans la boue des Eparges, où tombe ce jeune sous-lieutenant en février 1915. Ces mots font écho aux textes plus connus de Maurice Genevoix, dont on lira ici quelques lettres – avant de se plonger dans « Ceux de 14 ».
Pour Gilles William Goldnadel, le choix est autre : « A n’en pas douter , le volume de la fresque « Les Thibault » de Martin du Gard (l’été 14) qui parle de la guerre. Et qui évoque le pacifisme de Jacques face au patriotisme de son aîné . La problématique est traitée avec maestria »
Pour Martial Bild, de TV Libertés, c’est « Le Boqueteau 125 » de Ernst Jünger. Sur le lieu de la bataille des Eparges s’illustra Maurice Genevois mais aussi un jeune soldat allemand : Ernst Jünger. A partir de ses quinze cahier de notes, l’écrivain-combattant a publié une oeuvre majeure sur la Grande Guerre : « Orages d’acier » . De cet ouvrage définitif est né « Le Boqueteau 125 » , chronique inoubliable de l’horreur du fracas des combats de tranchée. Bouleversant.
Pour Caroline Parmentier, qui dirige le quotidien Présent, c’est un tout autre choix : « Le Goncourt 2013 de Pierre Lemaître : Au Revoir là-haut. C’était une surprise aux antipodes de la sélection habituelle par son sujet : les gueules cassées de 14, rarement évoquées ( à l’exception de La Chambre des Officiers de Marc Dugain en 98) . Pierre Lemaître insuffle une touche très personnelle, par son inventivité et sa poésie. Deux rescapés des tranchées qui ont tout perdu, l’un dessinateur de génie horriblement mutilé au visage, l’autre modeste comptable, comprennent que leur pays ne veut plus d’eux et décident de monter une arnaque aux monuments aux morts d’une audace inouïe. Terrible pamphlet politique, cruel, qui règle aussi son compte aux ordres imbéciles qui entraînent des centaines de morts, le scénario est néanmoins assez riche pour mêler comédie, tragédie, aventures et émotion. Au Revoir Là-Haut s’intéresse au temps de l’après, à la tragédie de cette génération, mais les scènes des tranchées présentes dans la première partie du livre, prennent aux tripes. J’ai moi-même grandi dans une famille où les poilus de 14 étaient vénérés pour leur sacrifice et pour l’abomination de l’épreuve qu’ils avaient traversés. Mon grand-père – comme quoi en ce qui me concerne ça ne remonte pas à très loin – avait fait 14 et ma mère disait toujours qu’il en était revenu complètement changé et qu’il en voulait à tous ceux qui n’avaient pas fait cette guerre. Il est d’ailleurs mort d’un cancer des suites des gazages répétés.»
Crédit photos : DR [cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.
Après Nietzsche, Michel Onfray a-t-il raison de soutenir que la religion est une simple névrose dérivée de la pulsion de mort, la Bible un fatras de textes, le Christ "un personnage conceptuel", saint Paul un névrosé, l'Église la mère du totalitarisme, le christianisme un ennemi de la science, de la culture et des femmes, ... ? Est-il vrai que "le silence de Dieu permet le bavardage de ses ministres" ? Blaise Pascal répond : si vous continuez à discourir de la sorte, vous me convertirez... Après un tour d'horizon philosophique sur ces thèmes en compagnie de Pascal, on trouvera en fin d'ouvrage les récits de six conversions célèbres (Ratisbonne, Claudel, Bergson, Simone Weil, Edith Stein, Frossard, Gilardino).
Philippe Lauria est docteur en philosophie et docteur en sciences économiques. Il a enseigné aux universités de Grenoble et de Reims. Il est actuellement essayiste.
Autres ouvrages de l'auteur : Cantor et le transfini, mathématiques et ontologie, l'Harmattan, 2004 ; Réflexions sur la révolution libérale, Le Cep éditeur, 2006 ; Christ-Roi, politique et religion, Aréopage 2016.
Richard Bastien est l'auteur de : Cinq défenseurs de la Foi et de la Raison, aux éditions Salvator. Un livre dans lequel il présente la pensée et l'apport de John Henry Newman, Gilbert Keith Chesterton, C. S. Lewis, Peter Kreeft et Alasdair MacIntyre.
Philippe Maxence l'a reçu et interrogé sur ce livre.
Un article d'actualité repéré par EVR. Merci à lui.
La possible extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples lesbiens et aux femmes seules annonce le retour des réformes sociétales. Derrière ces réformes se cache une vision du monde qui trouve ses racines dans des philosophies américaines que décrit l’universitaire Jean-François Braunstein, dans son dernier livre La philosophie devenue folle (Edition Grasset, 400p, 2018). Voici une critique de ce livre par le philosophe Robert Redeker :
Les réformes sociétales - du « mariage pour tous » à l’« écriture inclusive» - mises en œuvre dans de nombreux pays occidentaux ces dernières années n'ont de réformes que le nom. Elles visent en réalité à bouleverser la structuration commune de la vie humaine et les fondements symboliques (au sens de ce mot pour la psychanalyse et d'autres sciences humaines) de l'individu, tout en charriant une nouvelle idée de l'homme. Le terme de réforme masque la portée de ces bouleversements. C'est de révolution anthropologique qu'il convient de parler. Une telle révolution n'est pas l'expression des caprices de Najat Vallaud-Belkacem hier ou de Marlène Schiappa aujourd'hui. Elle plonge ses racines dans les œuvres de théoriciens américains (…)
La ligne de combat est triple : le genre, qu'il s'agit de substituer au sexe ; l'animal, qu'on entend rendre égal à l'homme ; et la mort, qui serait transformée en événement technique. Trois intellectuels (deux américains et un australien) inspirent ces batailles : Judith Butler, Donna Haraway et Peter Singer.
Leurs livres sont pour le moins pittoresques. Dans les trois cas, l'affaire revient à expulser l'humanisme - qui suppose une différence ontologique entre les sexes, entre l'homme et les animaux, entre la vie et la mort - de la culture. L'humanisme est l'attitude d'esprit qui extrait l'homme du reste de l'univers, lui conférant par ce geste sa dignité, c'est-à-dire, au sens propre, son rang. Les courants de pensée et d'action issus de nos trois auteurs jettent aux orties cet humanisme et cette dignité.
Puisqu'il n'y a ni insularité ni privilège de l'homme dans l'univers, toutes les frontières sont appelées à être détruites. Ces courants prétendent en finir avec les différences imposées par la biologie et par la culture. Poussant la logique du genre jusqu'à son terme, la théorie « queer » suppose que l'on peut choisir son sexe et en changer à tout moment de sa vie. La négation de la différence entre les sexes s'articule à celle de la différence entre hommes et bêtes. Racontant son histoire torride d'amour physique avec sa chienne, Donna Haraway se fait, avec un véritable esprit de sérieux, grande prêtresse de la zoophilie. L'effacement des frontières entraîne également une justification de la pédophilie. Aux yeux de Singer, « les attitudes envers la pédophilie ou la zoophilie ne sont en rien différentes des attitudes anciennes à l'égard de l'homosexualité». Bref, ces tabous, liés aux monothéismes et aux découpages arbitraires de la réalité, seraient destinés à passer aux oubliettes.
Père de l'antispécisme, le philosophe australien utilitariste Singer se fait également le propagandiste de l'infanticide sur la base de la supériorité de certaines vies sur d'autres. Pour lui, la vie d'un chien en bonne santé aurait plus de valeur que celle d'un enfant handicapé ou qui rendrait difficile la vie de ses parents; d'où il serait pour cet auteur criminel de tuer ce chien et innocent de tuer cet enfant. L’antispécisme et la zoolâtrie conduisent à une préférence animale dans certaines situations. La notion de « qualité de la vie », utilisée pour justifier l'infanticide mais aussi l'élimination des personnes handicapées, voire improductives ou gênantes, déclasse le vieil héritage civilisationnel venu de l'Ancien Testament, honni par cette « philosophie devenue folle » : la vie comme essence absolue et sacrée.
Ici se révèle le cœur de ce dispositif : mener la guerre contre les essences, ces entités conceptuelles stables (l'homme, la femme, l'animal, la mort). Le mot « essentialisme » est devenu dans les débats de société - à l'image d'un autre, « populisme » - une accusation destinée à discréditer son interlocuteur, à l'éliminer de la conversation en faisant peser sur lui un double soupçon, celui de la bêtise et celui de la réaction.
En réalité, tout ce qui est humain n'existe qu'à l'intérieur de frontières qui délimitent ce que Pascal nommait la dignité - au sens propre : ce qui sépare - de l'homme. La guerre contre les essences et les frontières conceptuelles est une subversion destinée à mettre à bas l'humanité de l'homme.
Pareille folie est contagieuse. (Ces intellectuels américains sont les) inspirateurs de nombreuses réformes sociétales, de maints mouvements d'illimitation des droits, de l'état d'esprit d'une partie de notre société (…).Le langage quotidien lui-même est affecté par ces courants de pensée. On retrouve une partie du vocabulaire issu de cette galaxie intellectuelle chez nos gouvernants, quelques universitaires et de nombreux journalistes, ainsi que dans le néoféminisme, le véganisme et l'antispécisme. Or adopter un vocabulaire, c'est, parfois inconsciemment, soutenir un projet. (dans Le Figaro du 24 septembre 2018)
Michel de Penfentenyo vient de rendre son âme à Dieu.
L'occasion de lire ou relire deux ouvrages.
Les VIe et VIIe siècle présentent de fortes similitudes avec notre fin de deuxième millénaire. Au début du Ve siècle, la barbarie avait tout bouleversé. Quatre cent ans de romanité chrétienne semblait s’effondrer dans le chaos social, la violence et l’impudicité. Les Mérovingiens s’épuisaient dans leurs rivalités dynastiques et la guerre civile. C’est pourtant sous leurs règne qu’a débuté notre enfance national. Le haut Moyen Âge a commencé au Ve siècle. Il occupera, jusqu’au XIIe siècle de notre Histoire, sept cents ans qui ont façonné les fondements de la civilisation française. Ils ont été l’adolescence de notre personnalité historique, le première élan de notre culture et de notre vitalité, l’adolescence aussi de notre vocation politique et religieuse…
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Les Exercices spirituels de saint Ignace, école de vie sociale et politique, c’est le titre d’un ouvrage de 118 pages que viennent de publier aux Editions Traditions Monastiques, Philippe Maxence, Michel de Penfentenyo et dom Michel-Marie Caillaud. Le titre peut surprendre. Comment des exercices spirituels peuvent-ils être « école de vie sociale et politique » ?
Philippe Maxence répond dans le premier chapitre de l’ouvrage par un rappel des fonctions propres du laïcat chrétien : « Il n’appartient pas aux pasteurs de l’Eglise d’intervenir directement dans la construction politique et dans l’organisation de la vie sociale. Cette tâche fait partie de la vocation des fidèles laïcs » [Catéchisme de l’Eglise catholique, § 2442.].
Il faut donc parler sans crainte des mots, d’une mission politique des laïcs. Une telle mission fait bien partie de la Nouvelle Évangélisation à laquelle nous convoque Jean-Paul II.
Cependant, l’action pour une pareille mission nécessite une préparation, un entraînement, une ascèse de la volonté et de l’intelligence, une humilité de l’esprit et du cœur et une connaissance claire des fins poursuivies… Préalable indispensable à toute action, un tel travail exige une véritable réforme spirituelle, morale et intellectuelle.
Une spiritualité au service du combat temporel
Les Exercices spirituels de saint Ignace offrent, à cet égard, avec une concision et une méthodologie toute moderne, le moyen de la réforme spirituelle. Condensés en cinq jours, ils ont pour vocation de former des chrétiens ancrés dans une forte vie spirituelle qui leur fournit le fondement pour une action réellement efficace. Ce fondement n’est autre que Jésus-Christ et son Eglise. Avant d’entreprendre une ré-évangélisation de la société, il faut en effet que le chrétien se laisse ré-évangéliser lui-même ou, pour reprendre les termes mêmes de saint Ignace, qu’il ordonne sa vie « sans se décider en raison de quelque attachement qui serait désordonné ».
Une telle évangélisation de soi-même passe par sa propre réforme intellectuelle afin que la volonté soit conduite par une raison clarifiée. D’où l’insistance du Saint-Père sur l’absolue nécessité de la formation doctrinale qui « se révèle de nos jours de plus en plus urgente du fait non seulement du dynamisme naturel d’approfondissement de la foi, mais aussi de la nécessité de rendre raison de l’espérance » (Christifideles Laïci, n° 60).
La formation doctrinale sera toujours à perfectionner et devra déboucher sur la connaissance d’une véritable méthodologie de l’action civique catholique fondée sur les réseaux naturels et sur une amitié organisée, moteur d’une formation à plusieurs.
Pour mener à bien cette tâche, ils nous faudra perfectionner de plus en plus une vie surnaturelle elle-même bien organisée, ce qui implique, en pratique, le recours à des retraites régulièrement renouvelées.
« L’appel à la sainteté ne peut être entendu et suivi que dans le silence de l’adoration (…) Dans la pratique cela suppose une grande fidélité à (…) l’adoration eucharistique, aux retraites et aux exercices spirituels »[Jean-Paul II, Exhortation apostolique sur la vie consacrée, n° 38.]. « Il n’y a pas d’humanité nouvelle s’il n’y a pas d’abord des hommes nouveaux de la nouveauté du baptême et de la vie selon l’Evangile » [Jean-Paul II aux responsables des Mouvements laïcs, en France, 1980.].
Un signe : les Jésuites dans la ligne de mire de la Révolution
Dans la seconde partie de l’ouvrage, Michel de Penfentenyo nous fait découvrir le rôle des Exercices de saint Ignace à travers l’histoire des convulsions révolutionnaires en Europe, et surtout leur rôle décisif dans les tâches de reconstruction des mentalités et des institutions sociales et politiques après que les fureurs anti-chrétiennes se soient calmées. Ce film historique montre les raisons de l’espérance chrétienne à ceux qui seraient tentés par le découragement politique.
La bataille de Bouvines : histoire et légendes, de Dominique Barthélemy
La bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, a longtemps fait figure de mythe fondateur de notre histoire nationale. Remportée par le roi Philippe Auguste contre une coalition réunissant l’empereur allemand et les comtes de Flandres et de Boulogne, cette victoire a été célébrée dès l’origine comme un fait exceptionnel. Le symbole de la patrie en danger qui, dans un geste d’héroïsme, a su résister aux ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. Et pourtant, ce dimanche de Bouvines porte en lui une réalité plus prosaïque. Dans une étude magistrale, l’historien Dominique Barthélemy renouvelle notre regard, non pas tant pour dénoncer les légendes et les anachronismes, que pour nous raconter la construction d’un mythe à travers l’histoire de France.
Dans un café à la mode du XIème arrondissement, Guillaume Musso, Eric-Emmanuel Schmitt et Marc Lévy parlent chiffres de ventes avec Christine Angot. Entre Bernard-Henri Lévy, accompagné de l’un des comptables de ses sociétés de gestion de patrimoine. Anna Gavalda les rejoindra un peu plus tard. Dans un coin, attablé seul afin de mieux capter le regard du photographe, Philippe Delerm boit sa bière à petites gorgées. La généralisation du principe de petit plaisir, en annulant le principe de réalité et donc la tension génératrice d’art, comme disait Sigmund, nous mène tranquillement vers notre auto-destruction. La culture, qui était édifiée sur le renoncement pulsionnel, est passée aux pertes et profits. Fin de partie.
Tout l'article de Jean-Paul Brigheli est à lire ICI
Qu’on me rende impotent, cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu’en somme je vive, c’est assez, je suis plus que content. « Ne viens jamais, ô Mort; on t’en dit tout autant. » (La Mort et Le Malheureux, I, 15)
« Je souhaite que tout le monde puisse rencontrer ces enfants. Que chacun ait la chance d’échanger avec eux. Qu’il se laisse aimer. Qu’il arrive à percer leur mystère pour se laisser guider vers leur bonheur sans limite. Ils sont la clé qui manque à tous ceux qui réfléchissent trop pour vivre ou vivent trop pour réfléchir. Ceux qui oublient d’entendre leur cœur battre. Ceux qui ont tout matériellement, mais qui ne sont pas comblés, qui courent toujours pour attraper ce qui leur manque. (…). Le chromosome surnuméraire est comme un accent circonflexe sur le génome, (…) comme le mot âme avec son chapeau qui l’élève. »
Invité par l'association Ichtus, Jacques Trémolet de Villers intervient pour une conférence sur son dernier livre En terrasse avec Cicéron et sur le thème de l'amitié politique.
Séance de dédicaces et buffet à l'issue de la conférence · Inscriptions sur ce lien
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Fabrice Grimal a 37 ans. Diplômé de l’ESSEC, il dirige une start-up dans le domaine de la musique et il incarne cette nouvelle jeunesse qui ne croit plus dans nos institutions et qui s’intéresse aux mouvements d’idées alternatifs. Dans son livre, ce jeune « geek » livre une réflexion musclée sur la situation politique et sociétale française, en faisant le constat d’une paupérisation croissante des salariés et des entrepreneurs, et d’une baisse du niveau de vie des retraités qui ne peuvent plus aider leurs enfants ni leurs petits-enfants… Cela, d’un regard cruel du peuple à l’égard des élites qui sont discréditées et d’une absence de confiance à l’égard des institutions, y compris de la justice. Pour l’auteur, tous ces facteurs sont annonciateurs d’une révolution. Il pose l’hypothèse d’une révolution qui interviendrait en 2023, un an après l’élection présidentielle de 2022, qui verrait la réélection d’Emmanuel Macron…
le 13 avril 1695 : mort de Jean de La Fontaine, fabuleux fabuliste français.
Jean de La Fontaine meurt à Paris, à l'âge de 74 ans. Le jour de sa mort on trouve sur lui un cilice.
Il est l'un des grands poètes et moralistes Français du XVIIe siècle. Il s'est toujours tenu à l'écart de la Cour du Roi Soleil. Il est reçu à l'Académie Française en 1684. Son œuvre littéraire compte près de 250 fables, recueils de contes et moult poèmes, textes en prose ou en vers.
Ses Fables (1678), dont les six premiers livres sont des adaptations de celles d'Esope, à qui il rend hommage dans sa lettre À Monseigneur le Dauphin.
« Je chante les héros dont Ésope est le père, Troupe de qui l'histoire, encore que mensongère, Contient des vérités qui servent de leçons. Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons : Ce qu'ils disent s'adresse à tous tant que nous sommes ; Je me sers d'animaux pour instruire les hommes. »
L'ancien chroniqueur religieux du Monde vient de publier un ouvrage intitulé La Grande Peur des catholiques de France. Il y fait part de sa part de ses angoisses. Il explique dans Le Point que sa génération passe et c'est une bonne nouvelle :
"J'appartiens à une génération de catholiques élevée à l'âge d'or de ces fameux mouvements d'Action catholique qui voulaient témoigner de leur foi dans la société, sans recherche excessive de la visibilité et sans prosélytisme. À une génération héritière des grandes réformes du concile Vatican II (1962-1965) qui a invité les fidèles à sortir du système de « chrétienté » rigide d'autrefois et à s'ouvrir au monde moderne, à entrer en dialogue avec d'autres religions – judaïsme, islam, protestantisme – autrefois ignorées, voire combattues et avec les non-croyants. Un catholicisme missionnaire, social, progressiste, œcuménique qui a fait émerger des générations de militants syndicalistes, politiques, associatifs, a forgé des personnalités comme Jacques Delors, Michel Debatisse dans le monde agricole, Edmond Maire dans le monde syndical.
« Rien n'est aussi grand dans ma création que ces beaux jardins d'âmes, bien ordonnés comme en font les Français. Toutes les sauvageries du monde ne valent pas un beau jardin à la Française » (Les mystères de Jeanne d'Arc)
« Le bonheur de certains appartient, par un mystère de charité, à tout le monde. »
« Nous savons que le monde est en effet un texte, et qu'il nous parle, humblement et joyeusement, de sa propre absence, mais aussi de la présence éternelle de quelqu'un d'autre, à savoir son créateur. » (Le poète et le shamisen)
« C'est ce que vous ne comprenez pas qui est le plus beau. » (Le soulier de satin)
« Ce qui ouvre le cœur de Dieu, ce n'est point la lance, mais le cri d'un cœur affligé, car le royaume de Dieu souffre violence. »
« Nous sommes faibles, il est vrai, et de peu d'intelligence, nous sommes peu nombreux et l'erreur autour de nous est immense. Montrez-nous le père, dit Philippe et cela suffit. »(Poème sur St Philippe)
Voilà un livre peu banal. Son auteur, Nicolas Diat, est connu pour ses livres sur Benoît XVI et le cardinal Sarah, qui ont obtenu un grand succès en France comme à l’étranger. Cette fois, il s’est transformé en enquêteur et a recueilli les confidences de nombreux moines sur la fin de vie entre les murs de leurs monastères. Les témoignages qu’il rapporte sont extrêmement divers ; parfois, ils sont bouleversants. Certains ont peur de la mort, ce qui peut sembler étonnant, d’autres l’attendent comme la rencontre, celle qui donne sens à la vie, et à toutes choses. La mort est le grand révélateur, devant lequel il est impossible de tricher. Ces moines ont beaucoup à nous apprendre, écrit Nicolas Diat : « Leur humanité, leur courage, leur sincérité force l’admiration. » Et plus encore une attitude qui paraît presque enfantine tant elle est simple devant une fin à la fois inéluctable et, la plupart du temps, tellement désirée.
Extraits choisis
Comprendre les derniers instants de la vie
« Aujourd’hui, la liturgie de la mort n’existe plus. Or les peurs et les angoisses n’ont jamais été aussi fortes. Les hommes ne savent plus comment mourir.
Dans cet univers désolé, j’ai eu l’idée de prendre le chemin des grands monastères pour découvrir ce que les moines ont à nous dire de la mort. Derrière les murs des clôtures, ils passent leur existence à prier et à réfléchir aux fins dernières.
J’ai pensé que leurs témoignages pourraient aider les hommes à comprendre la souffrance, la maladie, la peine et les derniers instants de la vie. Ils savent les morts compliquées, les morts rapides, les morts simples. Ils y ont été confrontés plus souvent, et de plus près, que la plupart de ceux qui vivent au-delà des enceintes des monastères. J’avais l’intuition, en commençant mon travail, que les moines ne me cacheraient rien, qu’ils me parleraient du trépas des leurs avec vérité.
Les récits recueillis dans les abbayes que j’ai visitées ne m’ont pas détrompé. J’aimerais que ce livre donne un peu d’espoir, car les moines nous montrent qu’une mort humaine est possible. [...] Les histoires que m’ont confiées les bénédictins d’En-Calcat, de Solesmes et de Fontgombault, les trappistes de Sept-Fons, les cisterciens de Cîteaux, les chanoines de Lagrasse, les prémontrés de Mondaye et les ermites de la Grande-Chartreuse sont aussi belles et exceptionnelles que les paroles mémorables des temps anciens. »
Lagrasse
« Frère Vincent est mort avec une grande facilité.
En écoutant le Père Emmanuel-Marie, il me semble entendre un homme qui parle de la disparition de son propre enfant : “Je me suis penché au-dessus de lui, j’ai su que les dernières minutes approchaient. J’ai dit à sa mère de prendre sa main droite, à sa sœur de saisir la gauche. Son corps était brûlant. J’ai récité les prières des agonisants et je lui ai donné le sacrement des malades. Soudainement, nous avons senti qu’il s’apaisait.
Le petit Frère semblait plus reposé, emporté dans un voyage qui le dépassait. Nous avions la certitude qu’il allait nous quitter. Il était devenu transparent. Le temps des crises, le temps des suffocations s’éloignait.
Il ne nageait plus dans cette mer de souffrances qui était sa prison. Frère Vincent n’avait pas peur. Son départ a été doux.
La veille, les spasmes déformaient son visage. À l’heure de la mort, il était rayonnant.” »
En-Calcat
« Une année avant sa mort, pendant sa rémission, le Père Michel-Marie a reçu un journaliste. Il avait peur de souffrir, et cependant il a tenu [au journaliste] ce discours magnifique : “Me savoir ainsi atteint par la maladie m’a donné une hypersensibilité. Je me rends compte à quel point la vie n’est pas grand-chose. En même temps, elle revêt toute son importance. Je prends conscience désormais avec clarté de la fin de toute chose. Il faut cependant se lever et se battre pour la vie. J’ai le trac de la mort, comme avant un examen. La dimension de ce qui nous attend au ciel est affolante. Pourtant, j’ai un rôle à jouer dans cette grandeur. Dès ici-bas, tout ce que je fais prépare ce que j’aurai à vivre au ciel. Mais cela me dépasse. J’ai pris conscience de l’incroyable immensité de ce qui m’attend de l’autre côté.” [...]
En-Calcat est une oasis qu’on quitte à regret. »
Solesmes
« Je me souvenais de sa manière respectueuse et délicate de parler d’un moine qu’il aimait : “Je demande toujours à mes Frères de mourir lorsque je suis à l’abbaye. Je voyage beaucoup en raison de mes fonctions de supérieur de la congrégation de Solesmes.
Le Frère Pierre Buisson ne voulait pas devenir centenaire. Je savais donc que le temps était compté. Depuis quelques semaines, il était diminué.
À la fin du mois de mai, lorsque je suis parti en Espagne, je lui ai demandé d’attendre mon retour pour mourir. Il m’a obéi.
En revenant à l’abbaye, je suis monté rapidement dans sa chambre. Nous étions la veille de son décès.
Il est parti comme une petite flamme. Il disait que sa valise était prête. Jusqu’à la fin, le Frère Pierre a passé des heures à prier. Il visitait tous les jours le cimetière pour honorer les morts. Il ne disait jamais de mal de personne. Notre Frère est parti avant l’office de sexte, alors que l’infirmier s’était brièvement absenté pour préparer une perfusion. Je suis monté lui donner l’absolution.”
Le Père abbé était heureux et serein. Il avait pu le voir une dernière fois. Il n’imaginait pas être absent de Solesmes en ces moments si particuliers. »
La Grande-Chartreuse
« Dom Innocent me dit avec son humour habituel que la vie serait un désastre si nous ne savions pas que la mort viendrait nous chercher un jour. Comment les hommes resteraient-ils indéfiniment dans cette vallée de larmes ?
“Nous sommes nés pour rencontrer Dieu. Les vieux chartreux lui demandent de ne pas tarder. La mort, c’est la fin de l’école. Après, le paradis arrive. Un moine a donné sa vie à Dieu, et il ne l’a jamais rencontré. Il est normal qu’il soit impatient de le voir. Comme dans les poèmes de Thérèse d’Ávila et de Jean de la Croix, les chartreux meurent de ne pas mourir. À notre grand regret, le Saint-Esprit n’est pas pressé de venir nous chercher. Dans notre Ordre, les purifications et les grandes épreuves ne sont pas courantes. Les derniers mois, le Christ s’est déjà emparé de nos vieux moines. Le corps usé retourne à la terre, mais c’est pour attendre la gloire de sa résurrection. Nous ne savons pas encore ce qu’est réellement notre corps, sa beauté, sa gloire et sa lumière. Le plus beau, et de loin, est encore devant.” » 
Officier de marine et descendant d'une grande famille provençale, Honoré d'Estienne d'Orves est parmi les premiers à s'engager dans la Résistance. Il rejoint Londres et le général de Gaulle dès 1940. Organisateur du réseau Nemrod, il met en place la première liaison radio entre la France occupée et la France Libre. Son énergie, sa ténacité et son courage en font un modèle qui fera se lever de nombreux jeunes résistants.