Guidés par l'étoile, les mages venant d'Orient jusqu'à Bethléem sont entrés dans la maison où la bienheureuse Vierge Marie demeurait avec l'enfant ; ouvrant leurs trésors, ils ont offert trois dons au Seigneur : l'or, l'encens et la myrrhe, par lesquels ils l'ont confessé vrai Dieu, vrai homme et vrai roi.
Ce sont bien les dons que la sainte Église ne cesse d'offrir à Dieu son Sauveur. Elle offre l'encens lorsqu'elle le confesse et croit en lui comme étant le véritable Seigneur, créateur de l'univers ; elle offre la myrrhe lorsqu'elle affirme qu'il a pris la substance de notre chair, dans laquelle il a voulu souffrir et mourir pour notre salut ; elle offre l'or quand elle n'hésite pas à proclamer qu'il règne éternellement avec le Père et l'Esprit Saint.
Cette offrande peut recevoir un autre sens mystique. Selon Salomon, l'or signifie la sagesse céleste : « Le trésor le plus désirable se trouve dans la bouche du sage » (cf Pr 21,20). Selon le psalmiste, l'encens symbolise la prière pure : « Que ma prière, Seigneur, s'élève devant toi comme un encens » (Ps 140,2). Car, si notre prière est pure, elle exhale vers Dieu un parfum plus pur que la fumée de l'encens ; et de même que cette fumée monte vers le ciel, ainsi notre prière se dirige vers le Seigneur. La myrrhe symbolise la mortification de notre chair. Donc nous offrons l'or au Seigneur lorsque nous resplendissons devant lui par la lumière de la sagesse céleste. Nous lui offrons de l'encens lorsque nous élevons vers lui une prière pure. Et de la myrrhe lorsque, par l'abstinence, « mortifiant notre chair avec ses vices et ses convoitises » (Ga 5,24), nous portons la croix à la suite de Jésus.
Bulle Saint Bruno de Segni (v. 1045-1123), évêque.
Sermon sur l'Épiphanie ; PL 165, 863 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 334)
Pourquoi le Seigneur n’a-t-il pas convoqué autour de son berceau les savants maîtres dont Israël regorgeait et qui s’empressèrent de renseigner Hérode à son sujet ? Pourquoi a-t-il fait venir les humbles bergers, caste inférieure dans l’Israël sédentaire de l’époque, et non les princes du peuple ? Pour nous qui savons que le christianisme n’était pas un nouveau culte oriental destiné à prendre place au sein du Panthéon de Rome, mais un ferment destiné « à renouveler l’intégralité de la société, embrassant dans le sein de sa réforme les menus détails de l’existence comme un argument de grand prix » (p. 26), ces questions trouvent tout naturellement leur réponse dans la geste des Rois mages. Encore faut-il examiner ce récit du seul évangile de saint Matthieu (Mt 2, 1-13) avec autant d’érudition que de piété.
C’est ce que vient de faire le chanoine Grégoire de Guillebon, dans la vaste synthèse (624 p.) qu’il a composée pour retracer non seulement l’histoire de ces rois venus d’Orient, mais le sens profond de leur pérégrination.
Livre reposant pour l’esprit car, comme Le Cep, il affirme paisiblement la vérité historique de l’Écriture et prend ainsi naturellement la suite des multiples témoignages donnés par les Pères de l’Église dès le deuxième siècle, corroborés par les traditions des peuples et l’archéologie la plus récente : « La Sainte Écriture ne contient rien que de très historique ; pourtant, tout y a également valeur de symbole » (p. 225). Des liens familiaux étroits entre la Palestine, la Chaldée et l’Arabie se trouvaient déjà signalés, outre le livre de la Genèse, par l’histoire de Tobie et celle de la reine de Saba. Ainsi, en 2010, l’épigraphiste André Lemaire a étudié une plaque de bronze sabéenne du VIIIe siècle avant Jésus-Christ, qui évoque un voyage commercial depuis le sud de l’Arabie jusqu’à Dedan, Gaza et les villes de Judah (p. 401). De même l’énigme de l’intendant de la reine d’Éthiopie guéri par l’apôtre Philippe (Actes 8, 26-39) trouve son explication dans l’histoire profane. À ces époques d’intense navigation à travers la Mer Rouge, le riche royaume de Saba s’étendait sur les terres africaines [ce qui permit naguère à l’empereur Haïlé Sélassié de prétendre descendre de Salomon et de la reine de Saba] (p. 408).
Un chapitre est consacré à l’art sacré. Dès les tout débuts du christianisme, l’adoration des Mages est un thème majeur inspirant les artistes : ils sont représentés treize fois dans les catacombes romaines (p. 202). Tous les grands peintres de la Renaissance reproduisirent la scène. De son côté, l’Orient chrétien – on le sait bien – a toujours attaché une importance majeure à l’Épiphanie.
Un chapitre d’un grand intérêt est consacré à la chronologie : année de la Nativité et année de la Passion. On y mesure la difficulté à s’y retrouver au sein des multiples énoncés de l’histoire profane, en particulier sur la manière de compter les années de règne. Sans vouloir trancher entre les computs allant de -5 à l’an 1 un pour la naissance du Sauveur, et de l’an 29 à l’an 35 pour Son ultime Pâque, l’auteur conclut : « Les événements historiques mentionnés par les auteurs inspirés sont corroborés par l’histoire profane ; aucune preuve scientifique ne contredit les récits évangéliques […]
Enfin, l’objet de nos incertitudes et de nos doutes sont les données de l’histoire profane, non celles de l’Histoire Sainte qui se distinguent par leur concision et leur extrême simplicité » (p. 117).
On pourrait étendre cette conclusion à bien d’autres points concernant la vérité historique de la Bible et même son inerrance en matière de science.
Mentionnons aussi, comme témoin d’une tradition toujours vivante, notre « galette des rois » et les nombreux drames liturgiques joués en grande pompe dans les églises médiévales (p. 212), et aussi la triple bénédiction (de l’or, de l’encens et de la myrrhe) proposée par l’Église le jour de l’Épiphanie. La « marche des rois » immortalisée par Bizet, avait été composée bien avant L’Arlésienne pour accompagner cette triple bénédiction.
À l’heure où les gouvernements se détournent de plus en plus explicitement de la civilisation chrétienne, où les ténèbres de la révolte luciférienne égarent les intelligences hors des sentiers tracés par la nature des choses et des êtres, il est réconfortant de penser que l’étoile apparue il y a 20 siècles luit toujours aux yeux des hommes de bonne volonté qui lèvent le regard vers le ciel. La riche brassée de faits et de pensées rassemblée par le chanoine Grégoire de Guillebon nous sera une aide précieuse pour traverser le siècle présent.
Un livre instructif donc, mais aussi et surtout un livre qui « ouvre le sens » du récit évangélique, convoque à sa barre l’astronomie, l’histoire des peuples, les récits de mystiques telles que Marie d’Agréda et Anne-Catherine Emmerich, la patristique et l’exégèse. On trouvera dans les nombreuses références (1 946 au total !) les textes cités dans leur langue originale. Ajoutons une imposante bibliographie de 26 pages.
Chanoine de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, l’auteur poursuit ses études de théologie dogmatique à Rome, tout en enseignant au séminaire de l’Institut.
Édité par Librim Concept, 17 rue Solférino, 59000 Lille (site librim.fr), 29 € (+ port 8 €)
L'évêque de Cannes était mort quelques années plus tôt, quand les habitants de Barletta, dans les Pouilles italiennes, vinrent piller la cathédrale de Cannes pour emporter des reliques. C'était chose habituelle à l'époque.
Ils rapportèrent de leur expédition un coffre de reliques, le trône épiscopal, des vases sacrés, et le corps de l'évêque Roger. L'année suivante, ils durent restituer les objets du vol, sauf le corps de l'évêque que son successeur ne considérait pas comme si précieux. Alors les habitants de Barletta voulurent le rendre précieux.
Ils le canonisèrent et composèrent un office. « Accorde-nous, par ses prières et ses vertus, d'être à jamais préservés de tout mal » dit l'oraison du nouveau saint Roger.
« Donne-nous d’être unis par les liens de Ton Amour… »
L’Église n’est pas égoïste, bien sûr, et chaque fois qu’elle nous révèle et nous dévoile un aspect de la vie de Dieu, que ce soit en Lui-même dans Sa Trinité ou que ce soit dans Son « histoire », dans l’Incarnation, elle veut toujours nous faire profiter de cet « état divin », des vertus divines et en particulier de la sainteté pacifiante de Dieu.
Et après nous avoir montré dimanche dernier, Marie, Joseph, Jésus, dans cette paix de Noël (au-delà de la pauvreté, du froid), elle veut faire participer la famille humaine, « l’ecclesia », la communauté des enfants de Dieu à cet état de sainteté pacifiante que la Sainte Famille a vécu, de manière très simple, très cachée, comme tout ce qui regarde la sainteté d’ailleurs !Et, c’est pour cela que dans la première oraison de notre Messe, elle nous fait demander de pratiquer les vertus familiales qui furent celles de Joseph le père putatif, de Marie la mère que nous célébrerons bientôt de son plus grand titre glorieux, la Theotokos, la Mère de Dieu, et du tout petit Jésus.
« Deviens ce que tu es » !
Mais de quelles vertus familiales s’agit-il ?
Les vertus familiales pratiquées par Joseph, Marie et Jésus sont tout simplement les vertus que l’éthique découvre comme étant la voie royale de l’épanouissement de l’homme. L’éthique, c’est la science des mœurs, ce qui à la lumière de la raison naturelle, est découvert lorsque l’homme réfléchit sur ce qu’il est, sur sa nature. C’est une science normative.
Nous nous souvenons de ce poète grec qui lançait à ses contemporains l’ordre de la vie : « Deviens ce que tu es »: vis en fonction de ton être. Mais cette éthique qui nous dévoile les lois intérieures, (ces lois qui devraient être pour nous instinctives mais qui malheureusement ne le sont plus), est éclairée par une lumière nouvelle qui est le regard de Dieu, Celui qui sonde les reins et scrute le cœur puisqu’Il est le Créateur, qui connaît parfaitement les réalités du monde, le sens des choses…
Il n'est pas trop tard pendant l'Octave de Noël, et c'est très en avance pour Noël 2026 !
Les "Crèches Lumière" sont de belles et originales idées de cadeaux : pour votre église dans le cadre d'un projet paroissial, pour une école, pour un mariage, pour des amis, pour vos enfants et petits enfants, etc...
Vous pouvez découvrir les différentes "Crèches Lumière" sur le site :
- la crèche de fenêtre qui tient avec des ventouses : si vous n'avez ni cathédrale ni balcon et que vous voulez tout de même offrir un beau message à ceux qui voient votre fenêtre : cette crèche est pour vous !
- une crèche d'intérieur : un cadeau original de mariage, de Noël, de communion solennelle, ou de toute autre occasion, etc...
- et pour aider à l'évangélisation ou à la réévangélisation de la France, la crèche à installer devant votre église et que vous pouvez proposer à votre paroisse : voici un témoignage parlant « Cette crèche est magnifique ! Les enfants veulent toujours s'en approcher. Ce que je sens est un "silence chantant", une invitation à l'adoration. »
Et, il est important de vous expliquer que notre association est uniquement animée par des bénévoles : les équipements électriques sont montés par les travailleurs handicapés d'un ESAT et les bénéfices sont reversés à l'AED, L'Aide à l'Église en Détresse, qui aide les chrétiens d'Orient, une raison supplémentaire !
La fête de Noël se déploie tout au long d’une octave - du latin octavus qui signifie huitième - c’est-à-dire de huit jours consécutifs au 25 décembre, chaque jour renouvelant la fête de la nativité du Seigneur. Le jour “octave” est le huitième jour qui clôture la solennité.
Si la liturgie prévoit de célébrer les deux plus grandes fêtes - Pâques et Noël - au cours d’une octave, c’est parce qu’elle conserve une trace de la tradition des églises orientales qui célébraient les grandes fêtes durant une semaine entière.
Saint Ambroise, Évêque de Milan et Docteur de l'Église
Fêté Le 7 Décembre
Ambroise naquit vers 340 à Trèves (Allemagne) où son père était préfet du prétoire pour les Gaules.
A la mort de son père, sa mère, qui était une pieuse chrétienne, alla habiter Rome avec ses trois enfants. Après des études classiques et juridiques, Ambroise parcourut rapidement une brillante carrière administrative. Ses plaidoiries ayant attiré sur lui l’attention, le préfet du prétoire de Valentinien Ier le nomma gouverneur de l’Émilie et de Ligurie, en résidence à Milan, avec le titre consulaire (374).
Le temps de l'Avent (du latinadventus, « venue, avènement ») s'ouvre le 4e dimanche précédant Noël.
L'Avent dans la Bible
Pendant les messes de l'Avent, les lectures rappellent d'abord la longue attente par les Hébreux du Sauveur annoncé par Dieu : « Un rameau sortira de la souche de Jessé(père de David), un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. Il ne jugera pas d'après les apparences, il ne tranchera pas d'après ce qu'il entend dire. Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays...» (Is 11, 1-4).
Les lectures de l'Avent rappellent également comment fut conçu et attendu l'enfant Jésus : l'ange Gabriel apparaît à Marie et lui annonce qu'elle va « concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus (...)L'esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 26-38)
Jean-Baptiste, fils d'Elizabeth et cousin de Jésus, appelait ses prochains à la conversion et annonçait la venue imminente du Fils de Dieu en ces termes : « Moi, je vous baptise dans l'eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu » (Mc 1,1.8 et Jn 1,19.28)
De même, le temps de l'Avent appelle à la conversion intérieure. Les célébrations rappellent, en permanence et avec force, que les fidèles doivent être mobilisés spirituellement pour que la foi soit un ferment constant de renouvellement personnel et social autant que de confiance dans l'avenir.
Dans le Calendrier liturgique catholique, le temps de l'Avent est constitué de 4 semaines, commençant chacune par un dimanche dont les noms traditionnels correspondent aux premiers mots de l'Antienne d'ouverture :
Ø Premier dimanche de l'Avent : Ad Te levavi... (= Vers Toi, Seigneur, j'élève mon âme)
Ø Deuxième dimanche de l'Avent : Populus Sion... (= Peuple de Dieu)
Ø Troisième dimanche de l'Avent :Gaudete... (= Soyez dans la joie du Seigneur)
Ø Quatrième dimanche de l'Avent : Rorate... (=Cieux, faites venir le Juste comme une rosée).
L'Île-Bouchard – Une paroisse pour le salut de la France
Du 8 au 14 décembre 1947, la très sainte Vierge Marie apparut à quatre enfants dans un petit village de Touraine. Trente ans après Fatima, Notre-Dame du Rosaire adaptait son message aux malheurs de la France et en précisait la portée.
C’est une paroisse, un curé, des religieuses enseignantes, de modestes familles chrétiennes, des enfants surtout, que Notre-Dame visitait et convoquait à une profonde réforme.
Les recherches historiques (surtout celles conséquentes à l’ouverture des archives du Kremlin) et les témoignages récents sur la vie des voyantes, permettent d’approfondir les leçons de Notre-Dame à L’Île-Bouchard, et d’en comprendre la brûlante actualité.
Ces dictons traditionnels, parfois discutables, ne traduisent une réalité que pour les pays tempérés de l’hémisphère nord :
« De Saint Michel à la Toussaint, laboure grand train » ou « à la Toussaint, sème ton grain », « à la Toussaint, manchons au bras, gants aux mains », « à la Toussaint blé semé, aussi le fruit enfermé (ou les fruits serrés) ».
« À la Toussaint, commence l’été de la Saint-Martin » ou au contraire « à la Toussaint, le froid revient et met l’hiver en train ».
« S’il neige à la Toussaint, l’hiver sera froid » mais « s’il fait soleil à la Toussaint, l’hiver sera précoce », « s'il fait chaud le jour de la Toussaint, il tombe toujours de la neige le lendemain », « telle Toussaint, tel Noël », « givre à la Toussaint, Noël malsain », « autant d’heures de soleil à la Toussaint, autant de semaines à souffler dans ses mains », « suivant le temps de la Toussaint, l’hiver sera ou non malsain ».
« De la Toussaint à la fin de l’Avent, jamais trop de pluie ou de vent » ou « entre la Toussaint et Noël ne peut trop pleuvoir ni venter », « Vent de Toussaint, terreur du marin », « le vent souffle les trois quarts de l’année comme il souffle la veille de la Toussaint ».
« La Toussaint venue, laisse ta charrue » ou « le jour des morts ne remue pas la terre, si tu ne veux sortir les ossements de tes pères ».
Beaucoup de nos contemporains prennent prétexte de l’existence du mal pour rejeter foi, prière et religion. Or Dieu ne veut que le bien de sa créature. Il appartient à l’homme d’user de sa liberté pour faire le bien ... La suite ...
Le grand incendie de Londres, 1666, de Lieve Verschuier, illustre l'un des événements les plus terrifiants et les plus destructeurs de l'Europe du XVIIe siècle. L'incendie s'est déclaré dans une boulangerie de Pudding Lane et a fait rage pendant quatre jours, détruisant plus de 13 000 maisons, près de 90 églises et une grande partie de la ville médiévale. Peinte moins de dix ans après la catastrophe, la toile de Verschuier montre Londres engloutie dans une lueur apocalyptique. Les flammes orange dévorent l'horizon, la fumée s'élève au-dessus de la Tamise, les bateaux sont bondés de gens fuyant le brasier.
Le grand incendie de Londres en 1666, peinture de Lieve Verschuier (1630-1686), Peint vers 1675, Huile sur toile. Musée des beaux-arts de Budapest