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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 22:34

Cher Cyril

  Quand j’ai su que vous prépariez un livre avec Christophe Barbier, j’ai souhaité le lire car la caution politique de votre tandem laissait croire que vous vous apprêtiez à faire une proposition politique et, venant de la société civile, celle-ci m’intéressait.

  On sait que Christophe Barbier est un journaliste engagé dans le Camp du Bien, pour utiliser l’expression de Philippe Muray. L’ouvrage qu’il signe avec vous s’inscrit dans cette ligne.

   Pourquoi dès lors dire régulièrement que ça n’est pas le cas?

   Vous écrivez en effet: «Je ne roule pour aucun camp» page 242, «je n’ai pas de camp, je suis un arbitre objectif» page 257, «je n’ai pas de camp, je ne roule pour personne» page 288, «je n’ai pas de camp, mais je vais mener campagne contre un ennemi: l’abstention» page 289.

   Vous dites également: «TPMP est ouvert à tout le monde, sauf aux cons» (page 195). Pardonnez-moi, je n’ai pas vu toutes vos émissions, loin de là, mais des «cons» comme vous dites, j’ai cru comprendre qu’il y en eut plus d’un sur vos plateaux! Je ne vous le reproche pas, je pointe juste une contre-vérité. J’aurais aimé un peu plus de précisions sur ces cons-là, une petite théorie du con en quelque sorte.

   Si vous permettez, à défaut, je m’y mets:

   C’est assez facile, car votre con est portraituré en creux à toutes les pages. Il suffit de voir pour quoi et qui vous roulez, on imagine bien que ceux qui ne caracolent pas dans la même direction sont les cons. Le con c’est hélas souvent celui qui ne pense pas comme nous. Vieille comme les hommes, la notion se trouve bien vite circonscrite.

   Quelle est votre pensée ? C’est peu ou prou celle de Christophe Barbier qui s’active pour le camp du bien, c’est-à-dire pour les gentils, les anti-cons par excellence…

   Ces gentils veulent laisser une seconde chance aux prisonniers moins coupables de leurs délits que victimes de la société. Ceux qui ne se trouvent pas dans la situation d’avoir une seconde chance parce qu’une première ne leur a jamais été offerte me paraissent les oubliés de notre société. Or vous dites œuvrer pour eux. Mais vous semblez surtout aimer les victimes quand elles ont d’abord été coupables plutôt que quand elles n’ont jamais fait payer à autrui une dette qui n’est pas la leur. Vous qui dites avoir été radicalement changé par les gilets jaunes, «une révolution française» écrivez-vous page 27, vous devriez comprendre que la seconde chance peut ne pas être une priorité quand tout s’effondre y compris pour ceux qui attendent gentiment une chance qui probablement ne viendra pas si l’on continue, comme vous, à ranger dans le camp des cons ceux que vous nommez:  Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen page 142, Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot page 170. Dès lors, on comprend où vous vous situez: aux côtés de Macron & Hidalgo, Bertrand, Jadot & Pécresse qui sont des clones de Mitterrand & Chirac, Sarkozy & Hollande, les responsables d’une société que vous dites pourtant vouloir changer.

   Ces gentils parlent de «violences policières» et prennent parti pour George Floyd page 117, pour la famille Traoré page 118, pour Michel Zecler page120 devenu «Michel» page 122, pour Cédric Chouviat page 115 devenu «Cédric» page 116 et pour tous ces gens dont vous dites qu’ils sont des victimes n’ayant «rien fait», page 118, ce qui laisse croire que la police interpelle pour le plaisir et tue en fonction des couleurs de peau - c’est une opinion, elle est défendue par ceux qui, à gauche, s’avèrent sensibles aux sirènes décolonialistes matinées d’islamo-gauchisme.

   Ces gentils qui savent être méchants défendent en principe le débat contradictoire et se targuent d’inviter quiconque ne pense pas comme eux. Ainsi, en contrepoint du discours de Michel Zecler, vous avez convié «un policier du syndicat minoritaire France Police», page 127, qui a démonté la version de la victime en commentant la vidéo intégrale avec arrêts sur images et sur lignages pour valider sa thèse. Il la défend, vous précisez page 127: «je le recadre sèchement, mais au moins il ne pourra pas dire qu’un tel point de vue n’a pas droit au chapitre». Autrement dit: si l’on accepte de se faire tancer, on a le droit de parler sur votre plateau.

 

La suite ... de l'article de Michel Onfray

 


 

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 08:42

Les primaires écologistes ont démarré le 16 septembre. On n’entend pas ces écologistes -qui se veulent modernes- alerter sur l’énorme pollution que crée l’univers numérique dans lequel nous vivons. C’est ce que révèle le journaliste Guillaume Pitron dans son livre L’Enfer numérique - Voyage au bout d’un like qui vient de paraître aux Éditions Les Liens qui Libèrent. Il y montre le coût environnemental exorbitant de la révolution numérique, pourtant présentée comme écologique, et  les ambivalences de la jeune « génération climat » qui se veut grande protectrice de l’environnement.

 

Que se passe-t-il lorsque vous envoyez un e-mail ou pressez le pouce levé en l’air - le fameux like - sur un réseau social? Quelle est la géographie de ces milliards de clics, ainsi que leur impact matériel? Quels défis écologiques et géopolitiques charrient-ils à notre insu? (…)

Internet a permis aux technologies numériques de coloniser chaque recoin de notre planète. À force de transmuer la moindre action tangible en processus informatique, tout ce que nous entreprenons aujourd’hui recèle une dimension digitale. (…)

Une numérisation du monde que le Covid-19 n’a fait qu’accélérer. Cette pandémie mondiale nous a, de toute évidence, rendus encore plus tributaires des outils digitaux (…)

L’immense majorité d’entre nous se montre bien incapable d’expliquer quelles installations ont été déployées pour relier nos ordinateurs à nos tablettes ou nos smartphones. D’abord parce que les technologies numériques provoquent un malentendu. À écouter leurs hérauts, l’univers digital ne serait en effet guère plus concret qu’un «nuage», le fameux cloud dans lequel nous stockons nos documents et photos. Pour un peu, le monde digitalisé serait synonyme de «vide» ou de «néant». Il nous invite à commercer en ligne, jouer virtuellement et nous étriper sur Twitter sans que cela ne mobilise, à première vue, le moindre gramme de matière, le plus infime électron, la première goutte d’eau. Bref, le numérique est le plus souvent réputé ne générer aucun impact matériel (…)

Supposément libéré de toute contrainte physique, le capitalisme numérique peut dès lors s’épanouir à l’infini. L’industrie digitale peut même vanter (…) son tribut positif à la préservation de la planète (…) Autrement dit, nous ne «sauverons» pas la planète sans un recours massif aux technologies numériques. (…) Or, ce qui ne se perçoit pas ne se conçoit pas davantage. Pourtant les questions, cruciales, demeurent: quel est l’impact spatial de cet outil? (…)

Pour envoyer un simple like, nous déployons ce qui sera bientôt la plus vaste infrastructure jamais édifiée par l’homme. Nous avons structuré un royaume de béton, de fibre et d’acier, hyperdisponible, sommé d’obtempérer à la microseconde près. Un «inframonde», constitué de data centers, de barrages hydroélectriques, de centrales à charbon et de mines de métaux stratégiques, tous unis dans une triple quête: celle de puissance, de vitesse et… de froid. Il s’agit également d’un royaume amphibie sillonné par des navires câbliers et des supertankers, peuplé d’hommes d’affaires et de marins, de mineurs et d’informaticiens, de maçons et d’électriciens, de balayeurs et de convoyeurs de camions-citernes. (…)

La pollution digitale est colossale, et même celle qui croît le plus rapidement (…) Cette pollution est d’abord due aux milliards d’interfaces (tablettes, ordinateurs, smartphones) constituant notre porte d’entrée sur internet. Elle provient également des données que nous produisons à chaque instant: transportées, stockées, traitées dans de vastes infrastructures consommatrices de ressources et d’énergie, elles permettront de créer de nouveaux contenus digitaux pour lesquels il faudra… toujours plus d’interfaces! Aussi ces deux familles de pollution se complètent-elles et s’alimentent-elles l’une l’autre. Les chiffres sont édifiants: l’industrie numérique mondiale consomme tant d’eau, de matériaux et d’énergie que son empreinte est le triple de celle d’un pays comme la France ou l’Angleterre. Les technologies digitales mobilisent aujourd’hui 10 % de l’électricité produite dans le monde et rejetteraient près de 4 % des émissions globales de CO2, soit un peu moins du double du secteur civil aérien mondial .(…) La pollution digitale met la transition écologique en péril et sera l’un des grands défis des trente prochaines années.(…)

Aux États-Unis, un adolescent passe sept heures et vingt-deux minutes de son temps libre par jour devant un écran. En France, un adulte de 18 ans a déjà possédé en moyenne… cinq téléphones mobiles! Et plus on est jeune, plus on renouvelle souvent ses équipements, lesquels comptent pourtant pour près de la moitié de la pollution numérique.

Pour la première fois dans l’histoire, une génération entière (la génération climat)  se lève pour «sauver» la planète, traîner des États en justice pour inaction climatique et replanter des arbres. Des parents soupirent d’avoir «trois Greta Thunberg à la maison», vent debout contre la consommation de viande, le plastique et les voyages en avion. Mais dans le même temps, cette progéniture est celle qui a le plus recours aux sites d’e-commerce, à la réalité virtuelle et au gaming. Les jeunes raffolent également de la vidéo en ligne pour regarder la télévision, ce qui constitue un non-sens écologique total. Une étude britannique devait confirmer que les digital natives, nés avec internet, seront les premiers à adopter, à l’avenir, les nouveaux services et interfaces proposés par les grandes entreprises du secteur numérique. (…)

La « génération climat » sera l’un des principaux acteurs du doublement, annoncé à l’horizon 2025, de la consommation d’électricité du secteur numérique (20 % de la production mondiale) ainsi que de ses rejets de gaz à effet de serre (7,5 % des émissions globales). (…)

Le numérique tel qu’il se déploie sous nos yeux ne s’est pas, dans sa très grande majorité, mis au service de la planète et du climat. (…) C’est pourquoi nous avons voulu (…) révéler l’anatomie d’une technologie qui, au nom d’un idéal quasi mystique de dématérialisation, est en train de produire une modernité prodigieusement matérialiste. Et mettre au jour cette évidence: envoyer un e-mail ou un like charrie de vertigineux défis jusqu’alors soustraits à nos sens. 

(à partir des extraits du livre publiés dans Le Figaro du 14 septembre 2021)

Merci à EVR !

 

 

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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 10:21

Etat maternant   

Etat maternant

De Thibaud Collin dans L’Incorrect :

Ce samedi 4 septembre et pour le huitième week-end consécutif, de nouvelles manifestations contre le pass sanitaire sont organisées à Paris et un peu partout en France. Beaucoup jugent la politique du gouvernement disproportionnée d’avec la situation sanitaire, et dénoncent l’avènement d’un État maternant faisant de la santé la mesure de toute chose.

Confinement, masque, passe sanitaire, vaccination quasi-obligatoire : depuis dix-huit mois, voilà ce à quoi l’État nous contraint. Pour certains, ce sont des mesures de simple bon sens pour lutter contre l’épidémie, un moindre mal qu’il faut accepter. Ne sommes-nous pas en guerre contre le virus et ne sont-ce pas les moyens les plus efficaces pour s’en protéger ? Ceux-là considèrent le plus souvent les opposants à ces règles comme des grincheux, des inconscients, des irresponsables, des obscurantistes voire comme des complotistes et même des criminels.

Puisque je suis l’un de ces opposants, je répondrais que je ne me sens ni grincheux, ni inconscient, ni irresponsable, ni obscurantiste, ni même criminel. Je trouve tout simplement ces règles disproportionnées et donc paradoxalement déraisonnables. Je dis paradoxalement puisque la majorité de nos concitoyens, semble-t-il, considère au contraire que ces règles sont justes et fondées scientifiquement. Ne voulant pas entrer dans le débat sur l’efficacité de celles-ci, je pars du postulat qu’elles ont effectivement une certaine efficacité immédiate. Mais mon opposition porte sur le caractère infantilisant de ces mesures. Je considère, de plus, que ces contraintes sanitaires sont révélatrices de l’esprit de notre époque et par-là peuvent susciter certaines prises de conscience et résolutions.

Parler de disproportion implique l’estimation d’un rapport entre deux choses. Il s’agit donc de savoir à quoi on réfère ces règles sanitaires. Il est clair que l’État actuel et avec lui la majorité des citoyens considèrent que la santé est un bien tel qu’on peut lui sacrifier des libertés fondamentales (de circulation, de culte, de convivialité, etc.). Thomas Hobbes dans Léviathan (1651) fonde la légitimité de l’État souverain sur le fait qu’il est garant de la sécurité des citoyens lui ayant abandonné le droit naturel de se défendre eux-mêmes. Le danger de la mort violente caractérisant l’état de guerre de tous contre tous est ainsi perçu comme le mal absolu relativisant tous les autres biens. L’État achète sa souveraineté en offrant à ses sujets la paix dans laquelle ils peuvent jouir de leurs biens individuels et vaquer à leurs occupations privées. Le régime mental de la modernité consiste en la neutralisation de toutes les grandeurs au nom desquelles un être humain pourrait être amené à risquer sa vie. Cette logique a été tempérée pendant plusieurs siècles par les mœurs prémodernes mais aujourd’hui elle s’exprime dans toute sa vigueur. D’autant plus, on le voit aujourd’hui, qu’à la sécurité s’est jointe la santé puisque l’État souverain est devenu entre-temps un État provident. Au nom de la santé, désormais tout est possible. L’intimidant Léviathan est devenu une matrone étouffante qui refuse de laisser les citoyens prendre leurs responsabilités et discerner en conscience.

Confinement, masque, vaccination : admettons que ces mesures soient globalement efficaces pour protéger du virus et stopper sa propagation. Que ceux qui veulent absolument se protéger se protègent. Ils ne peuvent plus dès lors accuser les autres d’être de potentiels criminels puisqu’ils sont protégés. Si quelqu’un préfère s’exposer au virus plutôt que de sacrifier des biens qu’il estime supérieurs, tel que, l’an dernier, rendre un culte à Dieu ou, aujourd’hui, aller boire un verre en terrasse avec des amis, au nom de quoi l’État pourrait-il lui interdire ? Ou encore, si quelqu’un considère que le recul sur de tels vaccins n’est pas suffisant et qu’il ne veut pas être cobaye, au nom de quoi considérer ce doute raisonnable comme l’attitude d’un arriéré ? D’aucuns vont répondre que la santé étant collectivement prise en charge, il convient de veiller à ne pas faire porter à la collectivité (en l’occurrence les hôpitaux) un poids insupportable. C’est justement là que se révèle le principe ultime de l’État maternant.

Aujourd’hui, l’État nivelle et contraint au nom d’un bien absolutisé, la santé en lieu et place du salut de l’âme

Dans la « société des individus » (Marcel Gauchet), les citoyens ont délégué à l’État le soin de prendre en charge des pans entiers de leur vie. « L’individu total » finit logiquement par générer un État total. Mais les moyens technologiques étant bien plus performants qu’au mitan du XXe siècle, cet État total n’a plus besoin d’utiliser la violence pour se faire respecter. Il n’est pas non plus aux mains d’un parti unique. Il est l’instrument docile de notre projet d’émancipation de la condition humaine. Il est plébiscité par une majorité d’individus qui se croient libres mais qui sont en faits victimes de leurs propres peurs. Le moteur de la biopolitique actuelle, héraut du transhumanisme, est le refus des limites de l’ordre humain, refus dont le bras armé est l’État et dont les cerveaux sont GAFAM et Big Pharma. Or n’est-ce pas en assumant cet ordre que l’homme peut se dépasser en s’ouvrant à plus grand que lui ? Telle est la liberté de celui qui risque parce qu’il hiérarchise les différents biens humains. Aujourd’hui, l’État nivelle et contraint au nom d’un bien absolutisé, la santé en lieu et place du salut de l’âme.

Pas de place chez nous pour Antigone, Achille ou Socrate !

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 08:20

La rentrée scolaire a eu lieu officiellement le 2 septembre. Les rituels ont été déroulés comme chaque année : promesses du ministre, mécontentement des syndicats, protocole sanitaire…L’Etat-nounou met tout en place pour prendre en charge au maximum nos enfants dès le plus jeune âge (école obligatoire dès 3 ans !). Et il veille à ce que rien ne lui échappe, avec notamment la quasi interdiction de l’école à la maison qui vient d’être validée par le conseil constitutionnel pour la rentrée 2022. Ce coup de projecteur médiatique sur l’école ne doit pas nous faire oublier que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Les deux textes ci-dessous nous le montrent avec force.  

 

Les parents sont, qu'on le veuille ou non, les premiers maîtres, les instituteurs naturels et providentiels de leurs enfants. Cette tâche éducatrice, ils sont les seuls à la commencer. Ils sont les mieux placés pour la réussir.

Quel éducateur aura, comme les parents, suivi l'enfant dès le berceau, aura le temps de faire un juste discernement des inclinations de l'esprit et des aptitudes particulières de chaque enfant ? Aura-t-il la perspicacité et l'amour d'une mère dont l'enfant est la chair de sa chair ? (...)

Les parents sont irremplaçables. Trouver l'éducateur officiel qui ait le goût, le loisir, l'aptitude qu'exige cette lente initiation de l'esprit, du cœur, de la conscience qui s'opère au foyer familial, même quand cette officine de la vie ne fournit qu'un minimum de ressources, relève de l'impossible. Ces truismes sont des vérités et on finira par y revenir car, en remplaçant les parents par des sortes de fonctionnaires, on n'a trouvé qu'un bouche-trou qui ne bouche pas le trou.

C'est rejeter une force naturelle et payer une force artificielle ; c'est arroser une plante avec une lance en tenant un parapluie pour la protéger de l'eau du ciel. Mais cela ne donnera aucun résultat, même en théorie. On ne peut toujours faire le lavage des autres ; c'est en famille qu'il faut laver son linge sale, surtout quand il s'agit de langes. Seuls les parents pourront ou voudront donner à leurs enfants assez de sollicitude et de soins. L'expression «dévouement maternel» appliquée à une femme qui voit des enfants se succéder sans trêve dans ses mains, n'est qu'une aimable métaphore. 

G.K.Chesterton dans Divorce, 1920

 

Les parents, parce qu'ils ont donné la vie à leurs enfants, ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs [11].

Le rôle éducatif des parents est d'une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement être suppléé. C'est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l'amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu'elle favorise l'éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales nécessaires à toute société. Mais c'est surtout dans la famille chrétienne, riche des grâces et des exigences du sacrement de mariage, que dès leur plus jeune âge les enfants doivent, conformément à la foi reçue au baptême, apprendre à découvrir Dieu et à l'honorer ainsi qu'à aimer le prochain ; c'est là qu'ils font la première expérience de l'Église et de l'authentique vie humaine en société ; c'est par la famille qu'ils sont peu à peu introduits dans la communauté des hommes et dans le Peuple de Dieu. Que les parents mesurent donc bien l'importance d'une famille vraiment chrétienne dans la vie et le progrès du Peuple de Dieu lui-même [12].

La tâche de dispenser l'éducation qui revient en premier lieu à la famille requiert l'aide de toute la société. Outre les droits des parents et de ceux des éducateurs à qui ils confient une partie de leur tâche, des responsabilités et des droits précis reviennent à la société civile en tant qu'il lui appartient d'organiser ce qui est nécessaire au bien commun temporel. Elle a, entre autres tâches, à promouvoir l'éducation de la jeunesse de multiples manières. Elle garantit les devoirs et les droits des parents et des autres personnes qui jouent un rôle dans l'éducation ; elle leur fournit son aide dans ce but. Selon le principe de subsidiarité, en cas de défaillance des parents ou à défaut d'initiatives d'autres groupements, c'est à la société civile, compte tenu cependant des désirs des parents, d'assurer l'éducation. En outre, dans la mesure où le bien commun le demande, elle fonde ses écoles et institutions éducatives propres [13].

 Concile Vatican Il, Gravissimum Educationis, n° 11 à 13

Merci à EVR pour cet éclairage.

Sur ce sujet, on peut aussi écouter la conférence de Yannick Bonnet ICI.

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 08:25

Les écologistes ne se préoccupent pas d’une pollution pourtant bien présente notamment dans nos villes: la pollution sonore. Le projet de loi « Climat et Résilience », en cours de discussion, ne l’aborde pas. En ces temps de vacances, où beaucoup vont pouvoir goûter au silence de la campagne, de la montagne, voici deux réflexions sur le bruit, le silence et l’ouïe.

 

Pendant l'été 1965, les postes françaises usaient d'une flamme philatélique qui mettait en garde toutes les enveloppes: « Le bruit menace votre santé physique et mentale. » Plus d'un demi-siècle après, le bruit ne nous menace plus: il a gagné la partie. On l'appelle "musique", (…) Selon un sondage, sept Français sur dix ne sauraient vivre sans "musique", ce qui définit précisément une addiction. On dirait aujourd'hui que c'est le silence qui menace notre santé physique et mentale... Joseph de Maistre soutenait que chaque invention d'une arme plus meurtrière était une défaite pour l'humanité: ceteris paribus, on pourrait le redire pour les techniques de diffusion du bruit. Dans Filles de la pluie, qui eut le prix Goncourt en 1912, André Savignon raconte la profanation du silence d'Ouessant par un gramophone dans un café; trente ans plus tard, habitant d'une HBM à la lisière de Paris, Denis de Rougemont évoque le supplice de la radio des voisins, quand l'été fait ouvrir les fenêtres; après-guerre avec le transistor, l'autoradio, la "sonorisation" qui transforme désormais le moindre défilé syndical en Gay Pride et enfin, depuis un lustre, les diffuseurs portatifs de vacarme qui permettent aux vélos, aux motos, aux trottinettes et aux simples piétons de répandre cette «puanteur sonore », comme aurait dit Nietzsche, la pollution acoustique a fait des progrès dévorants. En anglais, comme on sait, le bruit se dit noise, et pour une fois le franglicisme serait bienvenu — d'autant que c'est un vieux mot français qui est à lui seul un programme d'agitation et de discorde. (Philippe Barthelet, chroniqueur et écrivain dans Valeurs Actuelles du 24 juin 2021)

Il y a eu deux types de silence: celui de l'appartement vide, un silence terrible, et puis le silence habité. (…) Il s'agit de la même absence d'onde, mais, dans un cas, elle exprime notre angoisse; dans l'autre, c'est un silence qui nous oblige, nous rassemble. Car l'ouïe est ce sens capable d'une présence qui n'est pas manifeste comme elle l'est pour le toucher ou la vue. L’ouïe va recevoir ce silence, qui peut être présence des absents ou au contraire absence de toute présence. (…)

Une maison, ou bien une terrasse ou les gens discutent, par exemple, peuvent émettre des sons, oui, car c'est la vie. Mais ce ne sont pas des «bruits». Sophocle dit : « Tout est bruit pour qui a peur. » Nous vivons aujourd'hui une extension du domaine du bruit. Par exemple, ces incessants rappels à la distanciation. (…)

La première chose que nous faisons en venant au monde, c'est de crier, c'est-à-dire de nous confier à l'autre, à son ouïe, à sa capacité de se sentir obligé par notre cri. Simone Weil disait que le cri, c'est la technique la plus pauvre qui soit; c'est dire simplement «au secours». La première chose que l'on n'a pas entendue, c'est le cri des morts - et cela continue ! Or l'ouïe doit se faire d'autant plus fine qu'il s'agit d'une personne qui ne peut même plus crier pour dire «prenez soin de moi! ». Si l'humanité a commencé par la toilette des morts, c'est que l'homme était devenu capable d'entendre le cri de celui qui ne criait plus.

De la même façon, un ado qui va mal, c'est un ado qui est rongé par son cri, et il n'ira mieux que si un adulte entend ce cri silencieux. (…). Il y a (…) un appel silencieux dans le cœur des hommes et des femmes, il y a en nous un cri pour que la vie, parce qu'elle est bonne, soit donnée. Ce cri n'est plus entendu. Car la vie aujourd’hui n'est plus vue d'abord comme un beau risque à prendre. A quoi tenons-nous? À un fil, celui de la relation, et c'est ce fil que nous sommes en train de détruire avec les névroses de la peur.

La chrétienté était cette découverte incroyable d'un Dieu qui crie. Le premier geste du Dieu incarné, c'est le cri du bébé, et le dernier, c'est le cri sur la croix, le cri de l'homme qui meurt. Or, avec la crise sanitaire, nous assistons à une inversion de toutes les valeurs chrétiennes. Nous avons quitté le régime de la relation à l'autre qui était celui de la chrétienté.(…)

Ce n'est pas un hasard si nous avons deux oreilles. Lorsqu'on écoute quelqu'un, il y a une oreille qui reste près de nous, et qui écoute ce que nous comprenons de ce qu'il nous dit - avec notre prisme. L'autre oreille, elle, va se poser sur la bouche de l'autre, sans préjuger de ce qu'il va dire; elle va essayer de se laisser surprendre par l'inouï, le jamais entendu. Dans l'écoute véritable on doit donc «prêter l'oreille» - qui se dit justement au singulier. Il faut entendre même ce que l'autre ne nous a pas dit, et parfois même ce qu'il ignorait vouloir nous dire. L'ouïe, c'est le sens de la relation, de la réciprocité en soi. (…)

L’oreille est le sens du temps, et notre temps est altéré. (…). Écouter quelqu'un signifie que l'on accepte de perdre du temps, car on ne prend son temps que si on a par avance accepté de le perdre. II faut donc offrir son attention pour recevoir, c'est un cadeau. Il s'agit d'une situation où je ne peux recevoir que ce que j'ai déjà offert.(…)

Mais voilà, dans le temps de l'accélération, cette disponibilité n'existe plus. L'ouïe est l'organe du temps. Rappelons-nous ces trois mots de saint Augustin sur la prière : « Tace et clama » (« tais-toi et crie »). Faire silence pour laisser monter en soi le cri pour plus de justice, plus d'amour. Il faut écouter ce cri, sans quoi l'on est coupé de sa vie. 

Martin Steffens, agrégé de philosophie, dans Le Figaro du 15 mars 2021

Merci à EVR.

 

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 14:39

Ce que vos ancêtres appelaient des libertés, vous l’appelez déjà des désordres, des fantaisies. « Pas de fantaisies ! disent les gens d’affaires et les fonctionnaires également soucieux d’aller vite, le règlement est le règlement, nous n’avons pas de temps à perdre pour des originaux qui prétendent ne pas faire comme tout le monde… » Cela va vite, en effet, cher lecteur, cela va très vite. J’ai vécu à une époque où la formalité du passeport semblait abolie à jamais. N’importe quel honnête homme, pour se rendre d’Europe en Amérique, n’avait que la peine d’aller payer son passage à la Compagnie Transatlantique. Il pouvait faire le tour du monde avec une simple carte de visite dans son portefeuille. Les philosophes du xviiie siècle protestaient avec indignation contre l’impôt sur le sel — la gabelle — qui leur paraissait immoral, le sel étant un don de la Nature au genre humain. Il y a vingt ans, le petit bourgeois français refusait de laisser prendre ses empreintes digitales, formalité jusqu’alors réservée aux forçats. Oh ! oui, je sais, vous vous dites que ce sont là des bagatelles. Mais en protestant contre ces bagatelles le petit bourgeois engageait sans le savoir un héritage immense, toute une civilisation dont l’évanouissement progressif a passé presque inaperçu, parce que l’État Moderne, le Moloch Technique, en posant solidement les bases de sa future tyrannie, restait fidèle à l’ancien vocabulaire libéral, couvrait ou justifiait du vocabulaire libéral ses innombrables usurpations. Au petit bourgeois français refusant de laisser prendre ses empreintes digitales, l’intellectuel de profession, le parasite intellectuel, toujours complice du pouvoir, même quand il paraît le combattre, ripostait avec dédain que ce préjugé contre la Science risquait de mettre obstacle à une admirable réforme des méthodes d’identification, qu’on ne pouvait sacrifier le Progrès à la crainte ridicule de se salir les doigts. Erreur profonde ! Ce n’était pas ses doigts que le petit bourgeois français, l’immortel La Brige de Courteline, craignait de salir, c’était sa dignité, c’était son âme. Oh ! peut-être ne s’en doutait-il pas, ou ne s’en doutait-il qu’à demi, peut-être sa révolte était-elle beaucoup moins celle de la prévoyance que celle de l’instinct. N’importe ! On avait beau lui dire : « Que risquez-vous ? Que vous importe d’être instantanément reconnu, grâce au moyen le plus simple et le plus infaillible ? Le criminel seul trouve avantage à se cacher… » Il reconnaissait bien que le raisonnement n’était pas sans valeur, mais il ne se sentait pas convaincu.

Lisez le texte complet !

 

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 08:21

vu ce jour sur Arte (l'invitation au voyage)

 

En 1793, lors d'une fête de village des Aldudes, un certain Perkain se fit particulièrement remarquer. Activement recherché par les autorités françaises fraîchement révolutionnaires, probablement à la suite d'interventions en faveur de l'Église, il revint d'exil en Espagne pour relever un défi qui lui avait été lancé. Sa renommée avait fait venir beaucoup de monde (on parle de six mille spectateurs), aussi les gendarmes laissèrent la partie se jouer. Selon la légende, il mena brillamment les points et s'arrêta à midi pour se signer et faire une prière, ultime provocation. À la fin de la partie, il ajusta une pelote au milieu du front du capitaine s'approchant pour l'arrêter et la foule se resserra pour l'aider à s'enfuir. Ce coup d'éclat inspira plusieurs chansons et contes et même en opéra, « Perkain le basque ». Il s'agissait de la première vedette de la pelote basque et, bien que déformée, cette histoire a un fondement véritable. Les joueurs de sa génération sont les premiers dont les noms nous sont parvenus.

Lu sur Wikipedia.

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27 juin 2021 7 27 /06 /juin /2021 08:38

Abstention record : les Français croient-ils encore au système électoral ?

Premier enseignement du scrutin d’hier (20 juin) , les Français doutent de la démocratie à la française. Jamais n’avait-on connu une telle abstention lors d’un scrutin sous la Vème République. Plus de 66% des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes. Une façon de laisser les magouilleurs électoraux à leurs tripatouillages ? Le précédent record d’abstention était celui des élections européennes de 2009, avec 59,4%. Il manque une offre politique qui motive les Français.

Deuxième enseignement du scrutin : les ministres LREM ont pris une claque. La République en marche n’a obtenu que 10,4% des suffrages au niveau national, à l’issue du premier tour des élections régionales dimanche 20 juin. Le parti fondé par Emmanuel Macron en 2016 n’est arrivé en tête dans aucune des 13 régions de France métropolitaine. Aucun des 15 ministres ou secrétaires d’Etat candidats ne sera présent au second tour. En Ile-de-France, Laurent Saint-Martin, épaulé par Marlène Schiappa, Amélie de Montchalin et Emmanuelle Wargon, est arrivé en quatrième position avec 11,8% des suffrages. Dans les Hauts-de France, la liste menée par Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé des Retraites, est éliminée dès le premier tour avec 9,1%, en dépit des renforts d’Eric Dupond-Moretti et d’Agnès Pannier-Runacher, ministres de la Justice et de l’Industrie. En Centre-Val de Loire, le ministre Marc Fesneau arrive à la quatrième place avec 16,3% des voix.

Troisième enseignement, le RN réalise une contre-performance avec 19,3% des suffrages. Un fossé s’est creusé entre un électorat qui se radicalise et un parti qui se modère à outrance (désaveu des identitaires, absence au Parlement sur les votes sociétaux, affirmation selon laquelle un islam républicain serait possible).

 

La suite ...

 

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 11:01

 

Pour Info. Lu sur le site les régionales.fr

Bienvenue !

La famille, plébiscitée par les Français, vit un quotidien si difficile que la natalité française a décroché depuis 2015. Nombre d’élus, à tous les niveaux, donnent la priorité aux minorités militantes et « oublient » la famille.

La Manif Pour Tous met ici à disposition des informations aussi précises que possible sur les positions des candidats têtes de liste aux régionales 2021. Chaque électeur pourra ainsi voter en connaissance de cause.

La Manif Pour Tous a interrogé les candidats sur leur vision en matière de soutiens aux associations, événements, campagnes de communication… et sur leur ambition pour soutenir les familles de la région dont il brigue la présidence.

Les réponses des candidats sont données dans leur intégralité. En l’absence de réponses, sont indiquées les positions qu’ils ont exprimées publiquement. Chaque information est sourcée (date, lieu, média, etc).

Vous sont présentés ci-dessous l'ensemble des têtes de liste pour le second tour des élections régionales, le 27 juin 2021.

Cliquez sur le ou les candidats qui vous intéressent pour voir leurs prises de position concernant l'un des 7 sujets pour lesquels nous lui avons envoyé un questionnaire.

Pour vous aider nous avons mis en évidence les sujets soit sur lesquels nous avons pu retrouver des propos, soit sur lesquels le candidat nous a répondu suite à l'envoi du formulaire :

A VOIR ICI : https://www.les-regionales.fr/

Famille et société : qu'en disent les candidats aux régionales ? – La Manif  Pour Tous – La Manif Pour Tous

 

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 08:55

L’énorme abstention lors des dernières élections départementales et régionales est l’illustration flagrante de notre démocratie moribonde. Il serait temps de revoir le système de fond en comble. Et de revenir aux fondamentaux tels qu’ils nous sont rappelés par Jean Ousset (1914-1994), fondateur d’ICHTUS (*)  à la suite de Pie XII.

 (La seule bonne et véritable démocratie) "ne peut avoir d'autre sens que de mettre le citoyen toujours plus en mesure d'avoir une véritable opinion personnelle, de l'exprimer et de la faire valoir d'une manière correspondant au bien commun (...).

De là découle une première et nécessaire conclusion, avec sa conséquence pratique. L'Etat ne contient pas en lui-même et ne réunit pas mécaniquement, dans un territoire donné, une agglomération amorphe d'individus. Il est, et doit être en réalité l'unité organique et organisatrice d'un vrai peuple.

Peuple et multitude amorphe (ou, comme on a coutume de dire, masse) sont deux concepts différents. Le "peuple" vit et se meut par sa vie propre. La "masse" est en elle-même inerte, et elle ne peut être mue que de l'extérieur.

Le "peuple" vit de la plénitude de la vie des hommes qui le composent, dont chacun - à la place et de la manière qui lui sont spécifiques – est une personne consciente de ses propres responsabilités et de ses propres convictions. La "masse", au contraire, attend l'impulsion du dehors, jouet facile entre les mains de quiconque en exploite les instincts et les impressions, prompte à suivre, tour à tour, aujourd’hui ce drapeau et demain cet autre.

L'exubérance vitale d'un vrai peuple répand la vie, abondante et riche, dans l'Etat et dans tous ses organes, leur infusant, avec une vigueur sans cesse renouvelée, la conscience de leurs responsabilités spécifiques, le vrai sens du bien commun. Tandis que la force élémentaire de la masse peut n'être qu'un instrument au service d'un Etat qui sait habilement en faire usage.

L'Etat lui-même, aux mains d'un ou plusieurs ambitieux groupés artificiellement par leurs tendances égoïstes, peut, en s'appuyant sur la "masse", devenir une pure machine et imposer arbitrairement sa volonté à la meilleure partie du "peuple". L'intérêt commun en reste lésé gravement, pour longtemps; et la blessure ainsi faite est souvent difficile à guérir.

La conclusion très claire, résultant de là, est que la "masse" (telle que nous venons de la définir) est l'ennemie principale de la vraie démocratie et de son idéal de liberté et d'égalité".

(D'où l'importance...) d'une élite d'hommes spirituellement éminents et au caractère ferme, qui soient comme les représentants du peuple tout entier, et non comme les mandataires d'une foule, aux intérêts particuliers de laquelle sont souvent, hélas, sacrifiés les vrais besoins et les vraies exigences du bien commun.

Une élite d'hommes qui ne soit restreinte à aucune profession ni à aucune condition, mais qui soit l'image de la vie multiple de tout le peuple  (...).

Des hommes de doctrine claire et saine, aux desseins solides et droits.

Avant tout des hommes qui, par l'autorité émanant de leur conscience pure et rayonnant largement autour d'eux, soient capables d'être des guides et des chefs, spécialement dans les temps où les nécessités pressantes surexcitent l'impressionnabilité du peuple et le rendent plus facile à être dévoyé et à s'égarer.

Des hommes qui, dans les périodes de transition, généralement travaillées et déchirées par les passions, les divergences d'opinions, les oppositions de programmes, se sentent doublement tenus de faire circuler dans les veines enfiévrées du peuple et de l'Etat l'antidote spirituel des vues claires, de la bonté empressée, de la justice également favorable à tous, et la tendance résolue à l'union et à la concorde nationale dans un esprit de sincère fraternité. (...) Où manquent de tels hommes, d'autres viennent occuper leur place, pour faire de l'activité politique l'arène de leur ambition, une course au gain pour eux-mêmes, pour leur caste ou pour leur classe (...). Et c'est ainsi que la chasse aux intérêts particuliers fait perdre de vue et met en péril le vrai bien commun ". Pie XII, Message de Noël 1944, dit "sur la démocratie".

"Nous adressant, dans notre message de Noël 1944, à un monde tout enthousiaste de la démocratie et désireux d'en être le champion et le propagateur, nous nous efforcions d’exposer les principaux postulats moraux d'un ordre démocratique qui soit juste et sain. Beaucoup craignent aujourd'hui que la confiance en cet ordre ne soit affaiblie par le contraste choquant entre la « démocratie en paroles » et la réalité concrète. » - Pie XII, Allocution au Sacré Collège , 2 juin 1947.

Hélas ! L'évidence est incontestable de ce qui, en fait, a eu lieu.

Ce que l'on continue à célébrer sous le vocable mythique de "démocratie" tend à devenir irréductiblement un étatisme, un totalitarisme, un centralisme qui, loin de favoriser la libre expression des justes diversités, des innombrables et incontestables compétences de ce qui est le vrai peuple, ne cessent pas d'en télécommander, d'en "unitariser", d'en massifier l'expression, la culture et la vie.

Tyrannie authentique, mais qui par la maîtrise qu'elle a des possibilités infinies des mass média modernes, excelle à camoufler son joug.

Triste et curieux univers qui encense d'autant plus la notion de liberté, et qui tient d'autant plus à en donner l'apparence, qu'il est en train de la perdre ou l'a déjà perdue.

Et donc, quels que soient les accents de cette "démocratie en parole" évoquée à l'instant

par Pie XII, le fait est que, si Dieu permet que l'on obtienne enfin un régime politique et social où le "peuple" puisse tenir réellement les divers rôles qui, normalement, peuvent et doivent être les siens dans l'orientation de sa vie et de son destin c'est à la substance de ce "message de Noël 1944" qu'il faudra..., qu'il faut, bon gré mal gré, revenir.

Sans quoi, tout sera et restera combine électorale, jeu des mass média et magouille de politiciens. Acrobaties d'un cirque dont le vrai peuple n'est que le pantin, avant d'en être la victime.(Jean Ousset, dans Permanences de novembre 1980)

 (*)  49 rue des Renaudes,75017 Paris - www.ichtus.fr

Merci à nouveau à EVR.

Démocratie totalitaire — Wikiberal

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19 juin 2021 6 19 /06 /juin /2021 09:21

Bonne fête à tous les papas avec Fabrice Hadjadj, agrégé de philosophie et directeur de l'Institut Philanthropos à Fribourg en Suisse. Il vient de publier un essai intitulé: Etre père avec saint Joseph. Petit guide de l’aventurier des temps postmodernes (Edition Magnificat, 288 p). Dans notre société qui est en train de perdre ses repères, Fabrice Hadjadj développe une réflexion profonde sur la figure du père.

Bonne fête à tous les papas avec Fabrice Hadjadj, agrégé de philosophie et directeur de l'Institut Philanthropos à Fribourg en Suisse. Il vient de publier un essai intitulé: Etre père avec saint Joseph. Petit guide de l’aventurier des temps postmodernes (Edition Magnificat, 288 p). Dans notre société qui est en train de perdre ses repères, Fabrice Hadjadj développe une réflexion profonde sur la figure du père.

En son temps, Charles Péguy parlait des « hommes mariés » et des «pères de famille» comme des «grands aventuriers du monde moderne». Or nous ne sommes plus dans la modernité, mais dans la postmodernité. La modernité était progressiste et humaniste. La postmodernité est catastrophiste et post-humaniste (qu'il s'agisse d'antispécisme, de transhumanisme ou de fondamentalisme religieux). (…). Au temps de Péguy, donc, l'aventure de la paternité, c'était surtout d'entrer dans la chair de l'histoire afin de résister à l'empire de l'argent et de l'idéologie. Aujourd’hui, cette aventure est de consentir à donner la vie à un mortel en une époque où cela ne va plus de soi. Pourquoi continuer à avoir charnellement des enfants à l'ère de l'extinction et de la biotechnologie ? Pourquoi devenir un père et ne pas se contenter d'être un ex-pert ? (…)

Je ne regrette pas la paternité telle que conçue par le code Napoléon, où il s'agissait d'être le grand propriétaire de sa femme et de ses enfants et de se préoccuper surtout de l'aîné mâle, pour des enjeux moins paternels que patrimoniaux. Je pense que les contestations apportées par le néoféminisme, l'individualisme, le technologisme ou la stérilité du «childfree», sont d'une indéniable utilité. On brise la statue du commandeur. (…) Or quand les repères s'effondrent, la figure du père peut apparaître dans sa nudité. Je parle de figure, et non de rôle. Un rôle de père peut être très bien joué par une femme, et de manière d'autant plus performante qu'il s'agit précisément de performance. Mais la paternité humaine ne relève pas de la performance. Elle s'accomplit à travers ses défaillances mêmes. Elle est une aventure - le risque d'un avenir pour l'autre, à l'encontre de tout programme. La perte des repères d'autrefois ne peut que la rendre plus étonnante. Dans un monde où il n'y a plus que des drones, le moindre petit oiseau apparaît comme une merveille de grâce. Il se pourrait bien qu'aujourd'hui, dans un monde de calculateurs et de consommateurs désincarnés, le moindre père apparaisse enfin dans son prodige. (…)

L'entrée dans la paternité ne peut se décider selon les anticipations d'un projet parental. Aucun homme ne peut se dire : «Ça y est, j'ai toutes les aptitudes pour être un bon père et rendre mon enfant parfaitement heureux.» C'est pourquoi, à propos du père, j'ai développé le concept d’« autorité sans compétence». Un expert communique ce qu'il a compris dans un domaine très particulier de la vie - il est compétent. Un père transmet la vie tout entière, en tant qu'il ne la comprend pas, qu'elle lui échappe, qu'elle est même livrée à la mort, à la souffrance, à l'injustice...(…)

La femme accède à la maternité à travers une progressive transformation physique. Son ventre se dilate pour former la première habitation du petit d'homme. Ses seins s'alourdissent pour produire la première source de lait. C'est une incroyable métamorphose qui la fait devenir demeure et nourriture. Par-delà les divers désagréments de la grossesse, car l'épanouissement n'est pas sans nausée, il y a aussi la rude traversée de l'accouchement, car l'heureux événement n'est pas sans douleurs.

Qu'en est-il de l'homme ? La paternité ne marque pas sa chair. Son corps reste le même. Sa participation à la fécondité commune a été brève, extérieure et agréable. Dans la salle de travail, il manie le brumisateur ou règle le volume de la musique relaxante - en bref, il est ridicule. La maternité relève donc du fait physique, alors que la paternité n'apparait jamais physiquement. Elle vous tombe dessus. Elle passe par un acte de reconnaissance verbal. La théologie chrétienne identifie le Fils et le Verbe. Cela a aussi un sens anthropologique. Vous vous souvenez du célèbre adage du droit romain : Mater certissima, pater semper incertus. La mère est très certaine, le père est toujours incertain - au point de vue de l'évidence sensible. C'est donc la mère qui institue le père : «C'est toi, je te le dis, crois-moi.» Le père est d'abord reconnu par la femme avant de reconnaître l'enfant. Avec la paternité, on passe d'un régime d'évidence immédiate à un régime de médiation par la parole donnée. Le psychanalyste Charles Melman estime que, par rapport au matriarcat, le patriarcat constitue un «progrès spirituel, progrès mental, puisqu'on est passé des règles de l'évidence à celles de la croyance ». Mais il faut se rappeler que ce patriarcat se fonde sur la parole de la mère.(…)

Traditionnellement, (le père) coupe le cordon et il donne son nom. Lui qui est si nul dans l'ordre physique de la fécondité, il ne peut qu'assumer la charnière entre nature et culture. Mais par lui, l'enfant ne se sépare pas seulement de la mère, il se sépare du père aussi, et même il se sépare de lui-même. (…) Enfin, si le père est bien sûr le gardien et le protecteur, il est aussi plus spécifiquement celui qui expose l'enfant au monde. La mère forme une enceinte. Le père ouvre la porte et prodigue le coup de pied au derrière. Il affirme la dimension de risque, de liberté, de sacrifice, d'aventure de la vie. Dans la Bible, la première fois qu'un fils appelle son géniteur «père», c'est au moment du sacrifice d'Abraham. Et ils marchaient tous deux ensemble. Alors Isaac, parlant à Abraham, son père, dit : «Mon père !» Et il répondit : «Me voici, mon fils !» Isaac reprit : « Voici le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ?» Abraham répondit : «Dieu verra lui-même l'agneau pour l'holocauste, mon fils. » Le père et le fils gravissent ensemble la montagne. Le fils a sous les yeux tous les instruments du sacrifice, il demande pourquoi il est venu au monde si c'est pour souffrir et mourir et se perdre. Le père répond que pour sa part il n'y voit rien, mais l'Eternel verra. Saint Paul résumera ce drame en disant qu'Abraham (le père des nations) espéra contre toute espérance, et par là il devint père. Voilà la force, la virilité du père, qui est tout l'opposé de rouler des mécaniques : espérer envers et contre tout le désespoir du monde, relancer l'aventure de la vie reçue, et donc soutenir la femme et encourager l'enfant. (…)

C'est Dieu lui-même, par son ange, qui investit Joseph de sa paternité. Je suis père par les forces de la nature, Joseph est père par le Créateur des forces de la nature, et donc plus radicalement que moi. Son exemplarité vient surtout de ce qu'il brise l'image du père idéal. Sa situation lui interdit entièrement d'être un expert ou un pédagogue. La Mère et le Fils le dépassent complètement. Comment se faire obéir par Dieu (sans crier) ? Comment prétendre que tout est sous contrôle avec l'Incompréhensible chez soi ? C'est donc l'aventurier par excellence. Tout lui tombe dessus, au-delà de toute planification, et il doit répondre sans cesse à cet inattendu. Il sait que le Fils est condamné à mort, mais il est aussi sûr que c'est Lui, la Vie (…) La gloire du père, dit (…) saint Jean, c'est que ses fils et ses filles portent du fruit. Le père s'efface en poussant ses enfants en avant. (…) Ce que j'aime particulièrement dans l'iconographie de saint Joseph, c'est qu'il n'est plus tourné vers Jésus, mais vers la planche à raboter. Il ne couve pas l'enfant. Il lui fait voir son œuvre d'adulte, et par là lui donne envie de grandir et de quitter la maison pour assumer sa propre tâche dans le monde. (…) Mais quand un père défaille, il peut faire mieux que lorsqu'un expert réussit : tomber à genoux, demander pardon, tourner son enfant vers le Père des miséricordes, montrer que pour être dramatique la vie n'en est pas moins belle.

Extraits de l’entretien donné au Figaro des 5 & 6 juin 2021.

Merci à EVR. 

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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 08:11

Dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 juin, l'Assemblée nationale a adopté pour la troisième fois le projet de loi bioéthique avec sa mesure phare, la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes, remboursée par la Sécurité sociale. Nous assistons à une révolution anthropologique mais aussi à la victoire de puissances financières qui, grâce à ces lois et à la marchandisation des corps qui en découle, trouvent une nouvelle occasion de croissance . L’argent est plus que jamais le roi. Une occasion pour relire ce beau texte de Charles Péguy : l’argent face à Dieu.

"...Je l’ai dit depuis longtemps. Il y a le monde moderne. Le monde moderne a fait à l’humanité des conditions telles, si entièrement et si absolument nouvelles, que tout ce que nous savons par l’histoire, tout ce que nous avons appris des humanités précédentes ne peut aucunement nous servir, ne peut pas nous faire avancer dans la connaissance du monde où nous vivons. Il n’y a pas de précédents.

Pour la première fois dans l’histoire du monde les puissances spirituelles ont été toutes ensemble refoulées non point par les puissances matérielles mais par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l’argent. Et pour être juste, il faut même dire : Pour la première fois dans l’histoire du monde toutes les puissances spirituelles ensemble et du même mouvement et toutes les autres puissances matérielles ensemble et d’un même mouvement qui est le même ont été refoulées par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l’argent.

Pour la première fois dans l’histoire du monde toutes les puissances spirituelles ensemble et toutes les autres puissances matérielles ensemble et d’un seul mouvement et d’un même mouvement ont reculé sur la face de la terre. Et comme une immense ligne elles ont reculé sur toute la ligne. Et pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est maître sans limitation ni mesure. Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul en face de l’esprit. (Et même il est seul en face des autres matières.)

Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul devant Dieu.

Il a ramassé en lui tout ce qu’il y avait de vénéneux dans le temporel, et à présent c’est fait. Par on ne sait quelle effrayante aventure, par on ne sait quelle aberration de mécanisme, par un décalage, par un dérèglement, par un monstrueux affolement de la mécanique ce qui ne devait servir qu’à l’échange a complètement envahi la valeur à échanger.

Il ne faut donc pas dire seulement que dans le monde moderne l’échelle des valeurs a été bouleversée. Il faut dire qu’elle a été anéantie, puisque l’appareil de mesure et d’échange et d’évaluation a envahi toute la valeur qu’il devait servir à mesurer, échanger, évaluer.

L’instrument est devenu la matière et l’objet et le monde.

C’est un cataclysme aussi nouveau, c’est un événement aussi monstrueux, c’est un phénomène aussi frauduleux que si le calendrier se mettait à être l’année elle-même, l’année réelle, (et c’est bien un peu ce qui arrive dans l’histoire); et si l’horloge se mettait à être le temps; et si le mètre avec ses centimètres se mettait à être le monde mesuré; et si le nombre avec son arithmétique se mettait à être le monde compté.

De là est venue cette immense prostitution du monde moderne. Elle ne vient pas de la luxure. Elle n’en est pas digne. Elle vient de l’argent. Elle vient de cette universelle interchangeabilité.

Et notamment de cette avarice et de cette vénalité que nous avons vu qui étaient deux cas particuliers, (et peut-être et souvent le même), de cette universelle interchangeabilité.

Le monde moderne n’est pas universellement prostitutionnel par luxure. Il en est bien incapable. Il est universellement prostitutionnel parce qu’il est universellement interchangeable.

Il ne s’est pas procuré de la bassesse et de la turpitude avec son argent. Mais parce qu’il avait tout réduit en argent, il s’est trouvé que tout était bassesse et turpitude.

Je parlerai un langage grossier. Je dirai : Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est le maître du curé comme il est le maître du philosophe. Il est le maître du pasteur comme il est le maître du rabbin. Et il est le maître du poète comme il est le maître du statuaire et du peintre.

Le monde moderne a créé une situation nouvelle, nova ab integro. L’argent est le maître de l’homme d’Etat comme il est le maître de l’homme d’affaires. Et il est le maître du magistrat comme il est le maître du simple citoyen. Et il est le maître de l’Etat comme il est le maître de l’école. Et il est le maître du public comme il est le maître du privé.

Et il est le maître de la justice plus profondément qu’il n’était le maître de l’iniquité. Et il est le maître de la vertu plus profondément qu’il n’était le maître du vice.

Il est le maître de la morale plus profondément qu’il n’était le maître des immoralités..."

Charles Péguy, "Note conjointe sur M. Descartes", 1914, Editions Gallimard, Collection La Pléiade, Œuvres en prose complètes, tome III, pages 1455-1457

Merci à EVR pour cette sélection. A faire suivre !...

 

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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 08:31

 

A ma mère

 

Après un si joyeux festin,

Zélés sectateurs de Grégoire,

Mais amis, si, le verre à la main

Nous voulons chanter, rire et boire,

Pourquoi s'adresser à Bacchus ?

Dans une journée si belle

Mais amis, chantons en « chorus »

A la tendresse maternelle.


Un don si précieux,

Ce doux protecteur de l'enfance,

Ah ! C'est une faveur des cieux

Que Dieu donna dans sa clémence,

D'un bien pour l'homme si charmant

Nous avons ici le modèle ;

Qui ne serait reconnaissant

A la tendresse maternelle ?

 

Arrive-t-il quelque bonheur ?

Vite, à sa mère on le raconte ;

C'est dans le sein consolateur

Qu'on cache ses pleurs ou sa honte.

A-t-on quelques faibles succès,

On ne triomphe que pour elle

Et pour répondre aux bienfaits

De la tendresse maternelle.

 

Ô toi, dont les soins prévoyants,

Dans les sentiers de cette vie

Dirigent mes pas nonchalants,

Ma mère, à toi je me confie.

Des écueils d'un monde trompeur

Ecarte ma faible nacelle.

Je veux devoir tout mon bonheur

A la tendresse maternelle.

 

Alfred de Musset

(Poème de jeunesse, écrit pour sa mère à l'âge de quatorze ans)

 

Bonne fête maman...

 

Lu sur le blog Liviaaugustae

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9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 07:16

 

La Fête de Jeanne d’Arc et du patriotisme est en France une fête nationale officielle instituée par la loi du 10 juillet 1920, adoptée à l’unanimité par la Chambre des députés et le Sénat, sur proposition du député et écrivain Maurice Barrès, quelques semaines après sa canonisation.

Elle est célébrée chaque année, lors du deuxième dimanche du mois de mai (jour anniversaire de la libération d’Orléans, 8 mai 1429, par l’armée française sous le commandement de Jeanne).

Pour en savoir plus ...

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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 12:14

 

Il y a un an, je me suis réveillé dans un monde étrange. Tout a changé brutalement dans la nuit. Dans la rue, je vois un tas de gens affublés d’une muselière. Comme des zombies, ils marchent tête baissée et ceux qui me croisent descendent du trottoir. J’ai l’impression d’être un étranger pestiféré. Je venais de comprendre qu’un véritable cauchemar avait commencé.

J’ai vu une pauvre femme paniquée aller chercher son pain avec des gants Mapa™, une visière et un masque chirurgical. Dans les entreprises, les employés se surveillent. Malheur à celui qui ôte sa muselière dans les couloirs ou à la machine à café. Mais quel donc est ce pays cauchemardesque où la nouvelle devise du système est « Absurdité, servilité et cruauté » ?

Plus étrange encore :

Dans mon cauchemar, les gens qui se promènent sur les immenses plages de l’océan n’ont pas le droit de s’asseoir dans le sable.

Dans mon cauchemar, il faut remplir un papier et le signer pour s’autoriser à sortir de chez soi ; j’ai dû imiter ma propre signature !

Dans mon cauchemar, j’ai été interpellé par un homme qui m’a demandé, d’un ton menaçant, pourquoi je ne portais pas le masque. Je lui ai répondu naïvement que je n’étais pas au courant du carnaval. Un autre homme m’a demandé quelle planète j’habitais ? Dans mon cauchemar, les messes sont interdites. Il faut faire comme au temps des premiers chrétiens à Rome et se réunir dans des catacombes.

Dans mon cauchemar, les autorités sachantes ont interdit les rassemblements de plus de six personnes, même chez soi ! Dans mon cauchemar, il est interdit d’aller au restaurant, même pour prendre un café. Tout ce qui fait les joies de la vie est interdit. Les soirées entre amis sont fortement réprimées. Les mariages ne doivent pas donner lieu à des fêtes. Les théâtres et les cinémas sont fermés.

Dans mon cauchemar, les frontières sont fermées.

Dans mon cauchemar, des vieillards meurent seuls dans la chambre pour qu’ils ne deviennent pas malades.

Dans mon cauchemar, les morts sont enterrés en catimini.

Cette nuit dans le brouillard est d’une angoisse terrible.

Il y a des policiers qui passent dans les rues avec un mégaphone et qui crient « Rentrez chez-vous ! Rentrez chez-vous ! »

Dans mon cauchemar, tout est possible… des choses les plus absurdes aux plus invraisemblables.

Le ski est autorisé mais il est interdit d’emprunter les télécabines et les télésièges.

Les garçons disent aux filles « Allez, montre-moi ton nez » et les filles répondent « Non, pas avant le mariage ! »

Dans ce monde étrange, il se passe des événements extraordinaires qui auraient été impossibles dans la réalité.

Dans mon cauchemar, il faut être rentré à six heures chez soi, alors que même Cendrillon avait la permission de minuit !

Dans mon cauchemar, la société est sous le joug d’un comité Théodule composé de Diafoirus et de médiocres Cassandre, de cuistres grandiloquents qui annoncent l’Apocalypse tous les jours à la télévision. C’est la surenchère dans le catastrophisme !

Le véritable virus, bien plus dangereux que tous les autres, est un concentré de panique, d’égoïsme, de crédulité, de poltronnerie, de bêtise et de grégarisme. Il n’a pas de nom mais il est très contagieux et fait des ravages dans le monde entier. Ses effets sont autant immédiats que différés.

J’ai connu les années 80 et son SIDA. Les backrooms n’étaient pas fermées pour autant.

Comme quoi, même les cauchemars, c’était mieux avant !

Charles-Henri d'Elloy sur Boulevard Voltaire

 
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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 19:57

Secrétaire confédéral de la CFTC, président de l’Union départementale de Paris, Joseph Thouvenel, répond à Philippe Maxence :

Plus la société se rapproche de la doctrine sociale de l’Église mieux elle se porte, plus elle s’en éloigne, plus les injustices gagnent du terrain. L’immense malheur de la classe ouvrière au XIXe siècle est largement dû à l’abandon et au rejet des règles économiques et sociales issues de la civilisation chrétienne. Le nazisme et le communisme, idéologies à l’opposé de la pensée chrétienne, ont broyé des millions d’hommes et de femmes dans des conditions abominables. Aujourd’hui, le matérialisme dominant participe de façon majeure à la destruction de la famille, socle de toute société, premier lieu d’éducation, de socialisation, d’amour reçu et donné.

La doctrine sociale chrétienne est, heureusement, constituée de bons sentiments. C’est-à-dire de sentiments « justes » au service des personnes et du bien commun. En matière sociale et économique ce sont, par exemple, les notions de responsabilité, d’équilibre entre droits et devoirs, de rejet de la lutte des classes, d’affirmation du caractère sacré de tout être humain ou d’utilisation de la grève en dernier recours. Au niveau de l’efficacité, au quotidien nous réglons des milliers de problèmes dans les entreprises par la concertation et le dialogue. Évidemment sans grève et violence nous n’existons pas pour les médias.

Que serait la France sans les grandes avancées sociales obtenues par les chrétiens comme : l’interdiction du travail des enfants, le congé maternité, la reconnaissance des accidents du travail, le repos dominical ? Ou plus récemment la participation financière dans les entreprises de plus de 50 salariés, la formation professionnelle continue et le droit individuel à la formation, le conseiller du salarié, la reconnaissance par le patronat de l’existence de pénibilité psychique liés au travail.

Pour s’abonner, c’est par ici.

L'article complet 

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 09:10

Le 16 mars 1915, l’absinthe était interdite en France. Une boisson soupçonnée de rendre fou ceux qui la consommaient ... 

Edgar Degas - In a Café - Google Art Project 2.jpg

Dans un café ou L’absinthe, cette huile sur toile, 92 x 68 cm, date de 1876 et se trouve aujourd’hui au Musée d’Orsay.

Cette petite merveille de Degas utilise une composition pour le moins audacieuse. Le premier plan de ce tableau, qui occupe pour ainsi dire la moitié de sa surface, est pratiquement vide : deux tables de café en marbre dont le dénuement est désagréable au regard du spectateur. Mais ce dénuement du premier plan est volontairement aménagé par le peintre pour introduire son sujet : le vide dans lequel évolue le couple qui se trouve au second plan.

En noir et blanc teinté de jaune plus ou moins soutenu, avec une touche de bordeaux pour la jupe de la jeune femme, la palette choisie par Degas confirme cette impression d’absence de vie.

La suite ...

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 19:13

Les fêtes et jours fériés en Hongrie sont composés de trois fêtes officielles. Le 15 mars, le Nemzeti ünnep ("fête nationale") commémore la Révolution hongroise de 1848. Le 20 août, le Szent István ünnepe ("fête de saint Étienne", fête de l'État) célèbre la fondation de l'État hongrois en 1000. Enfin, le 23 octobre, le Forradalom ünnepe est organisé en l'honneur de l'insurrection de Budapest de 1956. Selon l'article J de la nouvelle loi fondamentale, le 20 août occupe désormais le premier rang puisque c'est la seule « fête d'État officielle » (hivatalos állami ünnep).

selon Wikipedia

15 mars hongrie

D'autres 15 mars ...

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 18:12

Peut être une image de texte qui dit ’Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu'il est assujetti, tombe soudain dans un si profond oubli de sa liberté qu'il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir: il sert si bien, et si volontiers, qu'on dirait à le voir qu'il n'a pas seulement perdu sa liberté mais gagné sa servitude... La BOÉTIE, Discours de la servitude volontaire, 1576’

le Discours complet est ICI

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 09:41

Il y a 20 ans, le 19 janvier 2001, mourrait le philosophe-paysan Gustave Thibon. Au-delà des idéologies, il avait le sens de l’universel et savait nous montrer l’essentiel dans un monde déboussolé. En souvenir, ce texte qu’il a écrit en 1981, sur le «le poids des ans », réflexion très profonde sur la vieillesse et les vieillards mis à dure épreuve par la crise du COVID qui les prive scandaleusement de relations avec le reste de la société.

Un ami, enclin au pessimisme, me disait ce matin en regardant la pyramide des âges dans notre vieille Europe : «de moins en moins d'enfants et, par contre, de plus en plus de vieillards. Les (…) progrès de la science (…) permettent (…) un allongement jusqu'ici inédit de l'existence. Quelques pas de plus dans ce sens, et l'espérance de vie d'un homme de 80 ans dépassera celle d'un fœtus à peine conçu; (…). Voyez-vous l'ampleur menaçante de ce déséquilibre entre la vie qu'on refuse pour l'enfant et la mort qu'on repousse pour le vieillard? Entre le nombre décroissant des adultes qui produisent et la multitude en expansion des anciens qui ne sont plus bons qu'à consommer? Je prévois, d'ici peu d'années, des manifestations de jeunes réclamant l'euthanasie pour les vieillards en surcharge, comme nous avions hier des défilés de femmes dites libérées exigeant le droit à l'avortement...».

Et ce phénomène de rejet ne s'amorce-t-il pas aujourd’hui par la prolifération des maisons de retraite, c'est-à-dire par la ségrégation des vieillards - réflexe collectif analogue à celui des sociétés primitives, à cette différence près que la suspension au cocotier s'y trouve remplacée par l'expédition au ghetto?

(…) Il s'agit bien là (...) d'un problème absolument inédit dans le passé de l'humanité. La durée moyenne de la vie humaine a doublé dans l'espace d'un siècle. Sous Louis XIV par exemple, un homme de trente ans était généralement orphelin de père et de mère, ce qui réduisait au minimum le conflit des générations. Il y avait certes des vieillards et leur sort n'était pas toujours enviable, mais leur rareté favorisait leur intégration dans la société. Tandis qu'aujourd'hui leur multiplication fait que le «poids des ans» pèse de plus en plus lourdement, non seulement sur le vieillard lui-même, mais sur les jeunes générations qui devront pourvoir à son entretien.

Charge économique d'abord. Je laisse aux spécialistes le soin de calculer dans quelle mesure le régime actuel des retraites ou des allocations pourra être maintenu (…).

Sans parler de l'étirement indu et presque sacrilège de certaines vies par les techniques médicales et chirurgicales modernes. (…) Combien ai-je connu de vieillards, sauvés à grands frais d'une bonne maladie classique - la pneumonie en particulier - et condamnés à déguster les années suivantes les horreurs d'un patient cancer ou celles d'un gâtisme indéfini! Surcroît de souffrance pour le patient et de charge pour la communauté...

Le problème se pose aussi sur le plan psychologique et moral. (Certains) vieillards (…) prolongent leur activité jusque dans un âge très avancé.(…) Où sont ces monarques qui dirigeaient des empires à l'âge de nos étudiants d'aujourd'hui ? On croit rêver en évoquant ces trois contemporains que furent François 1er, Charles Quint et Henry VIII qui, à l'orée de leur règne, totalisaient à eux trois soixante années...

Un autre paradoxe de notre époque, c'est que cet allongement de la vie coïncide avec un état de choses où le passé, incarné par le vieillard, a de moins en moins de prix pour les jeunes générations. Dans le domaine des techniques d'abord. Les progrès accélérés des sciences font que l'expérience acquise par les anciens ne fait plus le poids (parfois bien à tort, mais je constate un fait sans porter de jugement de valeur) dans un monde où la nécessité de se tenir au courant des innovations suffit à mobiliser toute l'attention. Il faut voir par exemple de quel air dédaigneux les jeunes techniciens de l'art de guérir parlent de «la médecine de papa». Le mot papa est significatif : il n'évoque pas sagesse et tradition, mais archaïsme et figement...

Dans l'ordre affectif ensuite. Le souci exclusif du présent et de l'avenir immédiat, l'obsession de la nouveauté à tout prix entraînent automatiquement la dévaluation du passé. Les vieux, qui vivent surtout de souvenirs, n'intéressent plus personne : la vertu de mémoire s'évapore avec celle de reconnaissance. Est-ce par hasard que le mot «dépassé» signifie une condamnation sans recours? (…)

Ainsi, le vieillard se sent de plus en plus inutile et dépaysé dans une ambiance où le passé n'a plus de prise sur le présent - et doublement vieux dans ce monde où tout vieillit si rapidement : son existence, à mesure qu'elle se prolonge, se vide de sens et de but et se résout dans la morne attente de la mort.

L'aspect économique du problème mis à part, je ne vois de remède à cette ségrégation des âges que dans un retour des sociétés aux valeurs éternelles qui, par définition, sont communes à tous les âges Tout le monde aujourd'hui, y compris les plus lucides des incroyants, en sent la nécessité. (… :) la dimension religieuse de l'être humain. Cette dimension, les vieillards, par leur voisinage avec la mort, sont mieux placés que quiconque pour y accéder et pour en répandre autour d'eux la mystérieuse attraction. Pour être les messagers de cette espérance suprême dont la source est au-delà du temps et de la mort et que rien ici-bas ne peut combler comme en témoigne cruellement le désarroi d'un monde sans âme et sans Dieu. «On devrait quitter la vie, dit Nietszche, comme Ulysse quitta Nausicaa : en la bénissant et non amoureux d'elle». Hélas! trop de vieillards restent amoureux de la vie qui n'est plus amoureuse d'eux : d'où cet acharnement ridicule et irritant à mimer les apparences et les gestes d'une jeunesse irréparablement consumée, à souffler sur les cendres du passé pour en faire jaillir quelques étincelles mort-nées. Le poids des ans s'aggrave de tous les artifices qu'on emploie pour y échapper. Tel visage outrageusement maquillé de coquette surannée évoque déjà le cadavre de demain - celui d'une vieille paysanne marquée par la vie laisse transparaître l'âme immortelle. Le vrai remède de la vieillesse n'est pas dans le replâtrage, mais dans la transfiguration de la vie.

Survivre ne suffit pas au sens de prolonger l'existence. Il faut aussi survivre au sens de vivre au-dessus de la vie terrestre, de ses songes et de ses mensonges. C'est dans cette ligne que le vieillard peut retrouver sa vraie place dans la Cité des hommes - non plus celle d'un traînard inutile dans le temps, mais d'un éclaireur de l'éternité - en retard sur ce qui passe, en avance vers ce qui demeure. Est-ce un rêve impossible, que de désirer cette sagesse pour tous les hommes ? Mais quand toutes les issues latérales se ferment, quand il ne reste, comme toutes les contradictions du monde actuel nous en apportent la preuve, que l’évaluation par en haut, le vrai réalisme ne consiste-t-il pas à croire possible ce qui s'avère de plus en plus comme nécessaire ?

extrait du témoignage publié dans Permanences d’avril 1981

Merci à EVR qui trouve des perles chaque semaine 

NIETZSCHE OU LE DÉCLIN DE L'ESPRIT DE GUSTAVE THIBON | ALVARIUM

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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 16:40

La mi-Carême marque le milieu des 40 jours de Carême : le jour où toutes les privations de Carême sont suspendues ! Les crêpes, selon la tradition paysanne, continuent d’égayer le menu de la mi-Carême ! Pourquoi la mi-Carême est-elle toujours un jeudi...

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16 février 2021 2 16 /02 /février /2021 14:52

Que dicton le Mardi Gras ?

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 08:58

La République française a du mal à avoir des rapports apaisés avec la religion. En 1905, elle voulut se séparer de l’Eglise Catholique et aujourd’hui, elle propose une loi pour lutter contre les velléités qu’a l’islam de se séparer d’elle ! (*). A vouloir nier que l’homme est un animal religieux, nos politiques sont dans une impasse. Le texte ci-dessous extrait de l’ouvrage «Immigration et nationalité » (**) rédigé par un groupe de travail d’Ichtus (***) propose une voie non idéologique pour sortir de cette crise.

Si le fait religieux est dominant, il ne faut pas le mettre entre parenthèses, de peur de choquer celui-ci ou celui-là. Il faut oser le dire, et déjà un grand pas est fait lorsque, sans crainte ni hypocrisie, la crudité du problème est affichée. Il y a choc des cultures et des religions. Il y a confrontation. Il peut y avoir coexistence... il peut même y avoir rencontre.

A condition que, préalablement, les choses soient claires et qu'aucun syncrétisme vague ne soit cherché. C'est mensonge pour tout le monde, et ces fausses unions ou vagues tolérances n'aboutissent, lorsque les faits et les passions les font éclater, qu'à l'effusion de sang. Savoir ce qu'est l'Islam... et savoir combien il est différent du christianisme. Et donc savoir ce qu'est —  vraiment — le christianisme.

L'Etat ne veut pas (…) dire aujourd’hui que l'identité nationale française est chrétienne. Il est ligoté par le dogme du laïcisme. Mais rien n'interdit aux chrétiens de porter ce témoignage. Leur Eglise leur demande de renouveler le tissu social à la lumière de l'Evangile. Ils sont les premiers concernés. Le même Evangile les invite à ne pas mettre la lumière sous le boisseau et à être le sel de la terre. A eux de l'être pleinement et avec surabondance. C'est le témoignage le plus certain de la véritable identité française. Devant un défi aussi total que celui de l'Islam, le chrétien est le mieux placé pour répondre sans procéder à des réductions dangereuses. Il ne s'agit pas pour lui de réduire l'Islam. Il s'agit de le dépasser... et de montrer combien il peut être dépassé. (…)

La chose n'est pas réservée aux seuls chrétiens. La philosophe Simone Weil n'avait pas attendu d'être sur le chemin du christianisme pour déclarer qu'il fallait enseigner la philosophie chrétienne et même la théologie dans les classes de l'école publique en France, si l'on voulait que les petits Français comprennent leur culture.

Il n'est pas nécessaire d'être croyant catholique pour être français, mais il est très difficile — voire impossible — d'être pleinement français si on ne respecte pas — en la connaissant — l'Eglise catholique. (…)

On n'a pas le droit d'attenter à ce que l'homme porte de plus respectable dans sa conscience, qui est sa liberté religieuse ; mais également le respect par les étrangers de ce qui fait la croyance commune des nationaux.

"L'homme est un animal politique", disait Aristote. Il est aussi un animal religieux. Ce besoin religieux, pour avoir été étouffé par les idéologies matérialistes des XIXè et XXè siècles, ressurgit aujourd'hui avec une vigueur proportionnelle à cet étouffement. (…)

La seule voie digne de l'homme est celle du respect. Celle qu'indiquait Péguy : "Croire sincèrement ce que l'on croit, mais croire aussi que l'autre croit sincèrement ce qu'il croit", et non pas "s'abstenir de croire pour ne pas gêner celui qui ne croit pas ".

Un seul système qui n'est pas de vile compromission, mais au contraire un système de courage et de vérité, nécessité que l'on soit soi-même, ne serait-ce que pour ne pas tromper l'autre.

Et donc le premier devoir pour les Français, pour les chrétiens, ceux que les musulmans appellent les "roumis", c'est-à-dire les Romains, c'est d'être pleinement et authentiquement romains... et de savoir le témoigner.

Pour convertir ? Peut-être. C'est affaire de grâce divine et d'apostolat. En tout cas, au plan qui nous occupe – social, politique et culturel – pour imposer le respect... et donc plus qu'une coexistence pacifique, une sociabilité.

Toute la question de l'intégration, de l'assimilation, de l'immigritude ou du désir d'être français est là : la France impose-t-elle encore le respect ?

Il faudrait, pour cela, que les Français commencent par respecter la France. Qu'ils aient conscience de sa dignité et de sa beauté, et qu'ils y soient fidèles !

Il faudrait qu'ils se convertissent à la France, sinon à l'Eglise.

D'où la nécessité d'une véritable apologétique culturelle à l'intention des Français – et des autres. Mais des Français d'abord, car ce sont les premiers à en manquer.

Au fond, la question des étrangers n'est jamais chez eux. Que l'étranger soit étranger – et donc dérangeant – c'est normal. Sinon il ne serait pas ce qu'il est. Le danger vient lorsque les nationaux ne savent plus qui ils sont, car l'étranger perd alors son point fixe et ne peut plus se déterminer que par rapport à son pays d'origine. C'est le national alors qui devient l'étranger, le marginal, sans que pour autant l'étranger soit chez lui sauf à devenir conquérant.

Ainsi l'enjeu culturel de la question de la nationalité remet les Français devant leur être profond. L'histoire dit que dans toutes confrontations avec l'Islam, la France n'est sortie avec honneur et bienfaisance que lorsqu'elle a imposé le respect. Beaucoup moins par la violence des armes, comme on le dit souvent, que par la justice, le respect de la parole donnée, la générosité dans la victoire et la dignité dans la défaite, la patience, la force morale.

L'exemple suprême est le rayonnement du roi saint Louis pendant ses années de prison. Alors qu'il est vaincu, malade, et son armée défaite, il devient, de sa prison, l'arbitre du monde musulman comme il avait été l'arbitre de l'Europe.

Si beaucoup d'immigrés ne manifestent plus aujourd’hui l'envie de s'assimiler, c'est qu'ils ne voient plus à quoi – à quoi de grand, à quoi de noble, à quoi de digne et de respectable – ils s'assimileraient.

La respectabilité ne se fabrique pas à coups de grands discours et de tirades sur les Droits de l'Homme. Elle découle de l'exemple que donne un peuple. Quand le défi à ce peuple est lancé comme il l'est aujourd'hui – ce n'est plus seulement : "que dis-tu de toi-même ?" mais : "que dis-tu de ton Dieu ?" – ce peuple est condamné à le relever ou à mourir.

S'il le relève, il peut retrouver ainsi le meilleur de lui-même. (…)

Au vu des questions d'immigration, il ne s'agit pas aujourd'hui de répéter : "La France aux Français", mais de travailler à rendre les Français à la France. Seule manière d'amener les étrangers à respecter cette France, qu'il ne leur sera pas difficile ensuite d'aimer et de servir.

La question est posée aux immigrés, bien sûr ! Mais d'abord aux Français. A nous d'y répondre.

 

 (*) : Samuel Pruvot à Radio Notre Dame le 5 février

 (**) : édition Dominique Martin Morin, 1990, 93 p

 (***) : œuvre au service de l’action des catholiques dans la Cité afin de les aider à exercer leurs responsabilités en fonction de la place qu’ils occupent dans la société.

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Merci à EVR.

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 09:57

« A ces causes, nous avons déclaré et nous déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge Marie pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et nos sujets, et nous avertissons le sieur Archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons que tous les ans, fête et jour de l’Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand’messe, qui se dira en son église cathédrale, et qu’après les vêpres dudit jour, il soit fait une procession en la dite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et les corps de ville, avec pareilles cérémonies que celles qui s’observent aux processions générales les plus solennelles; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises, tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et faubourg, et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris. Exhortons pareillement les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres de leurs diocèses, entendant qu’à la dite cérémonie les cours de Parlement et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents, et d’avertir tous les peuples d’avoir une dévotion particulière à la Vierge, d’implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de nos ennemis, qu’il jouisse longtemps d’une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés, car tel est notre plaisir.

« Donné en Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l’an de grâce mil six cent trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième ».

« Signé: LOUIS »

Un article de ALETEIA évoque l'événement ICI

 

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 08:14

Vivre ou survivre ?

"Depuis que le virus tue, on nous répète comme une leçon universelle que la vie est le bien le plus précieux et qu’il faut la protéger, quoi qu’il en coûte. Quoi qu’il en coûte ? Ce discours semble ne souffrir aucune contradiction ni tolérer la moindre nuance. Et pourtant... Comment ne pas voir que vivre ne consiste pas seulement à rester en vie ? D’où vient ce manque de profondeur, cette perte de perspective, cette cécité qui frappe notre monde ? Comment avons-nous laissé se dégrader nos vies au point de les confondre avec notre seule survie ?

Survivre quoi qu'il en coûte ? Mais quelle est donc cette vie pour laquelle nous serions prêts à consentir à tous les sacrifices ? Quelle est cette mort qui nous terrifie au point de lui livrer en pâture notre vie sociale, nos visages désormais masqués, nos anciens abandonnés dans leur solitude, nos embrassades interdites et jusqu’à nos mains qui ne peuvent plus se serrer ? Sommes-nous donc prêts à tout, y compris à cesser de vivre, pour ne pas mourir ? Cesser de vivre pour ne pas mourir… L’étrangeté de ces mots et l’absurdité vers laquelle ils nous précipitent !

Survivre quoi qu'il en coûte ? Mais à l'évidence, il ne suffit pas de rester en vie pour être vivant. Et nous savons bien ce qu’est le naufrage d’une existence qui ne sait rien faire d’autre que s’agripper à elle-même.

Survivre quoi qu'il en coûte ? L'erreur grossière consiste à penser que la vie serait un capital que nous aurions reçu au commencement et qu’il s’agirait de défendre contre toutes les attaques extérieures. Un capital voué inexorablement à fondre, au fil des ans, comme banquise au soleil. Car la mort surviendra tôt ou tard. Sommes-nous donc condamnés à vivre comme une armée battant en retraite ? Jusqu’à l’inévitable défaite… Est-ce cela vivre ?

Survivre quoi qu'il en coûte ? Bien sûr, il nous faut lutter contre ce virus et protéger notre santé comme on protège la banquise de son effondrement. Mais protéger la vie, c’est autre chose ! La vie n’est pas un capital à défendre mais un horizon à atteindre. Elle n’est pas une bouée à laquelle on s’agrippe mais un trésor qu'il nous faut trouver. Vivant, il ne s’agit pas de le rester mais plutôt de le devenir ! Et nous ne sommes encore qu’imparfaitement vivants. Bien souvent, nous vivons dans le seul but de ne pas mourir. Ce n’est pas cela vivre...

Mais vivre !

Et tenir la main du vieillard jusqu’à son dernier souffle ; sentir que ces minutes-là sont plus précieuses que la plus scientifique des immunités. Vivre et ne pas concéder le moindre compromis quand il s'agit de rester humains. Jusqu'au bout. Quoi qu’il en coûte… Vivre ! Et ne pas se plier aux menaces des violents. Savoir que la mort est toujours un risque mais qu’il y a plus grave que mourir : c’est de ne pas oser vivre. Vivre et ne pas avoir peur de risquer sa vie. Quoi qu’il en coûte… Vivre !

Et ne plus savoir compter, calculer, mesurer, comparer, produire ; mais apprendre à s’émerveiller, chanter, offrir, jouer, contempler. Donner plus d’importance à ce qui ne sert à rien : au jeu de l’enfant, au silence dans le vent du soir et aux fleurs qui ne savent même pas qu’elles sont belles. Quoi qu’il en coûte… Vivre !

Et accueillir notre fragilité comme une chance. En avoir fini avec l’angoisse de ne pas être tout, de ne pas pouvoir tout. Ne plus avoir à se prouver que l’on mérite de vivre. Ne plus avoir à mériter. Mais vivre simplement. Quoi qu’il en coûte… Vivre !

Et ne plus regarder le temps qui passe comme l'horloge implacable qui m’attend ou le sablier qui dévide mes heures. Mais accueillir le temps comme un ami qui joue dans mon camp. Et qui me bonifie comme les années rendent bon le vieux vin. Vivre et ne plus avoir peur de vieillir, de se rider, de se courber et de faiblir. Quoi qu’il en coûte… C’est cela vivre. C’est cette vie-là qu’il nous faut défendre, quoi qu’il en coûte. Quitte à en mourir... Mourir sans doute, mais mourir vivants !

Vivre et ne plus avoir peur de mourir.

Vivre et ne plus avoir peur de vivre. Enfin !"

« Qui cherchera à garder sa vie la perdra. Et qui la perdra, la trouvera » Luc 17,33

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