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21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 17:35

Faute d’une politique nataliste vigoureuse, la réforme des retraites ne sera jamais qu’une rustine.   le 

Faute d’une politique nataliste vigoureuse, la réforme des retraites ne sera jamais qu’une rustine

Laurence Trochu, présidente du Mouvement conservateur, Sébastien Meurant, sénateur du Val d’Oise, Jacques Myard, maire, membre honoraire du Parlement, président du Cercle Nation et République et Thibault Perrin, haut fonctionnaire, déplorent, dans une tribune publiée par Valeurs Actuelles, le manque de vision de la réforme des retraites :

La conférence de presse du gouvernement s’est ouverte sur un constat implacable : il n’y a plus qu’1,7 actif par retraité. Ce ratio démographique est bien faible pour financer les quelques 350 milliards d’euros par an dont l’économie française a besoin pour payer les pensions. Voilà donc ce qui rend la réforme inéluctable.

Le besoin de réformer revient dans le débat français comme un abcès souvent calmé, jamais éradiqué. Il est le fruit d’une longue histoire sans cesse recommencée. Pour en faire la généalogie, qu’il nous soit permis de remercier l’espèce apparue sur terre un matin agité du printemps 1968 : le rêveur-jouisseur-sans-entrave. Parti à la retraite à 60 ans, notre lanceur de pavés balnéaires est désormais bien heureux que les actifs bûchent plus longtemps pour payer sa pension… bien souvent, à la place des enfants dont il n’a pas voulu.

Sans généraliser une tendance à tous les représentants d’une génération, retraçons les faits saillants de cette époque bénie. Voilà une cohorte, née après guerre, qui a élevé moins d’enfants que la précédente. Alors que, de 1946 à 1973, 850.000 berceaux venaient chaque année attendrir les chaumières, dans les deux années suivantes, les naissances ont brutalement plongé de plus de 100.000, et n’ont jamais retrouvé depuis lors leur niveau antérieur. Au cours de sa vie active, cette génération libérée cotisait pour des parents retraités en bien moins grand nombre qu’ils ne sont désormais. Les parents d’alors avaient travaillé jusqu’à 65 ans (c’était l’âge de la retraite depuis 1910) et leur espérance de vie s’élevait en moyenne sur la période à 75 ans. En 1981, ladite génération glissait majoritairement dans l’urne le bulletin de la « force tranquille », obtenant ainsi l’année suivante la retraite à 60 ans et les 39 heures de travail hebdomadaires. La retraite par répartition ayant été instaurée pendant la guerre par l’Etat français, sans que la génération des Trente glorieuses ne pense à la réformer, celle de mai 68 n’a pas jugé utile de se constituer des placements de prévoyance. Préférons le présent, puisque le système renvoie toujours à la génération suivante le pavé des pensions ! Quand, en 1999, profitant d’une embellie économique, le gouvernement Jospin lance le fonds de réserve pour les retraites, il est bien tard pour écoper. De fait, loin des 150 milliards prévus, le fonds maintient bon an mal an une vingtaine de milliards d’euros, soit 8% du besoin annuel… et 12% de la dette de la sécurité sociale.

Aujourd’hui, la génération d’après-guerre est à la retraite et son espérance de vie à 60 ans atteint 85 ans. Il est bien juste qu’à son tour, elle perçoive la retraite qu’elle a versée à ses parents. Mais elle la perçoit 25 ans au lieu de 10 : les proportions ne sont plus comparables. Ne nous y trompons pas : la réforme Borne n’est rien de plus qu’une 5ème rustine de l’après-désillusion mitterrandienne. Nous n’avons pas encore vu la fin de l’histoire. Car devant nous, la facture du vieillissement (dépendance et santé) se précise à mesure que la génération 1945 approche des 80 ans, et vient considérablement alourdir celle des retraites.

Qui donc paiera notre propre retraite ? Nos enfants ! Comme disait le fondateur de l’INED, le démographe regretté Alfred Sauvy, « nous ne préparons pas notre retraite par nos cotisations, mais par nos enfants ». A la vérité, la génération montante n’est guère plus féconde que ses prédécesseurs. Depuis 2010, la natalité est en baisse continue. La France a à nouveau perdu plus de 60.000 naissances annuelles sur la dernière décennie. Les carnets roses de l’année 2022 semblent guère encourageants. Or, quand les trentenaires de 2023 prendront leur retraite dans les années 2050, ce sont les enfants qu’ils auront eus – ou qu’ils n’auront pas eus – qui cotiseront.

Au Mouvement conservateur, nous portons une conviction : le rôle de la Politique n’est pas seulement de négocier des rustines pour le présent, mais de penser l’avenir. Grevée par ses engagements financiers et sa démographie déclinante, la France se prépare à affronter des crises sociales redoutables. Inconscient des drames qu’ils préparent, des idéologues enseignent à notre jeunesse que la dénatalité sauverait l’environnement. Cette thèse, bien des scientifiques la réfutent, à l’exemple d’Emmanuel Pont, auteur de « Faut-il arrêter de faire des enfants pour sauver la planète ? » (Payot, 2022).

Dans cette perspective, pour garantir nos retraites, respecter nos anciens et restaurer la confiance entre les générations, il semble que nous n’ayons que deux alternatives : recourir plus fortement à la prévoyance par la capitalisation – avec des ressources limitées et des aléas certains, – et, plus que jamais, relancer la natalité. Et si nous faisions les deux ?

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12 novembre 2022 6 12 /11 /novembre /2022 11:02
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3 novembre 2022 4 03 /11 /novembre /2022 11:37

L’émotion suscitée par l’assassinat de la jeune Lola est légitime mais ne doit pas nous faire taire. Au contraire. C’est lui rendre justice que de pointer l’incurie qui a rendu ce drame possible. Questionner nos responsables politiques n’est pas de la « récupération », c’est un devoir.


« Il y aura un avant et un après Lola ». Pour une fois, je ne suis pas d’accord avec mon cher Gilles-William Goldnadel. Le coup de « rien ne sera plus comme avant », on nous l’a fait après chaque attentat islamiste. Et tout s’est désespérément révélé comme avant, ou presque : le même déni, les mêmes incantations sur le « vivre-ensemble », les mêmes foutaises rassurantes sur l’infime minorité islamiste qui seule poserait problème (assertion démentie avec constance par l’actualité et par toutes les études sur le sujet). Si les massacres de 2015, celui de la promenade des Anglais, la décapitation d’un professeur n’ont pas dessillé ceux qui refusent avec constance de voir ce qu’ils voient, ni conduit nos dirigeants à changer radicalement de logiciel face à l’islamisme, on peut craindre que le meurtre barbare d’une collégienne ne change rien à notre politique migratoire, en fait à l’absence totale de politique migratoire.

Pour le coup, je ne suis pas non plus d’accord avec l’ami Ivan Rioufol (dans ses « Carnets » du Causeur du mois de novembre) quand il affirme que nos dirigeants sont des brutes sans cœur. Ils ont du cœur, ils n’ont même que cela. Leur émotion n’était pas feinte. Mais l’émotion n’est pas une politique, comme l’a justement pointé Jonathan Siksou.[1] L’appel à compatir en silence visait surtout à interdire qu’on se posât des questions. Défense de réfléchir !

Bien sûr, on peine à imaginer la souffrance de cette famille et on n’ose même pas dire qu’on la partage – comment le pourrait-on ?

3 novembre 2022 , Article réservé aux abonnés

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 10:08

 

 

Le président de la République est souvent présenté comme un pur opportuniste, exprimant la quintessence du vide. À rebours de cette thèse, l’universitaire Frédéric Rouvillois estime qu’Emmanuel Macron porte une véritable doctrine, dans la droite ligne du comte de Saint-Simon, mêlant un socialisme à fois égalitaire et élitaire à une idéologie du mouvement qui vise à liquider les anciennes permanences. Il a également donné à voir un personnage volontiers messianique, faisant penser, toutes proportions gardées, au Maître de la terre décrit par R.H. Benson dans son fameux roman. Madeleine Dory nous rappelle les principales caractéristiques de cette œuvre au parfum eschatologique. La dimension autoritaire du personnage n’est pas à négliger non plus. Marie Dumoulin montre comment cinq années de macronisme ont fait reculer les libertés publiques. Enfin, la parole est donnée à cinq personnalités pour dresser un bilan synthétique du quinquennat.

VERS LA LIQUIDATION

Héritier de Saint-Simon, Emmanuel Macron entend liquider les permanences de l’ancien monde pour faire entrer la France dans un monde radicalement nouveau. Élu pour cinq années supplémentaires, ce personnage hors-norme mérite que l’on se penche sérieusement sur lui.

Emmanuel Macron a été réélu président de la République le dimanche 24 avril 2022, avec un score de 58 % des suffrages exprimés. Cette large victoire ne doit pas cacher une réalité plus nuancée : il a recueilli les suffrages de seulement 38,5 % des inscrits. Emmanuel Macron n’ouvre donc pas son second mandat conforté par un plébiscite populaire, mais dans une situation de statu quo : les fractures françaises sont toujours là, et il est aujourd’hui celui qui a su en tirer le meilleur parti. Pendant cinq ans, qu’il s’agisse de la révolte des Gilets jaunes ou de la pandémie de COVID, il n’a pas cherché à réduire ni apaiser ces fractures mais, au contraire, à cliver, à diviser, pour s’assurer l’allégeance d’un socle minoritaire suffisamment solide pour gouverner et être réélu.

Tirant les leçons de cette élection, le journaliste de L’Opinion Jean-Dominique Merchet souligne cependant la fragilité de ce socle minoritaire :

Nous assistons à la naissance d’une sorte de parti unique de gouvernement derrière Emmanuel Macron. […] Cela signifie qu’il n’y a désormais plus d’alternance possible au sein du système politique traditionnel. Très affaiblis, les partis de gouvernement et les catégories sociales qui les soutiennent n’ont plus d’autre choix que de fusionner derrière un chef. Ce parti unique de gouvernement est soutenu par ce que différents auteurs nomment le bloc central, élitaire ou bourgeois. Ce bloc sociologique n’est pas majoritaire dans la société, mais il gouverne seul. C’est le parti de l’ordre. Aucun autre bloc n’est majoritaire. […] Sa seule ligne possible : moi ou le chaos. Cela peut marcher un temps…

L’antienne « moi ou le chaos » suffira-t-elle à assurer sa victoire aux législatives ? Habituellement, les législatives qui suivent la présidentielle sont un vote de confirmation. Cependant, cette hypothèse est plus fragile aujourd’hui qu’il y a cinq ans et l’Assemblée nationale pourrait ne pas dégager de majorité. Une telle hypothèse présenterait l’avantage de redonner au Parlement un rôle décisif, ouvrant la possibilité d’un certain contre-pouvoir face au syndrome de toute-puissance autoritaire qui caractérise Emmanuel Macron. Ce ne serait certainement pas inutile, notamment quand on considère combien les libertés publiques ont été malmenées pendant cinq ans, comme le démontre Marie Dumoulin dans ce numéro de Permanences (lire pages 27 à 32).

Éradiquer toute forme d’héritage

Mais si monsieur Macron obtient une majorité absolue, il n’aura aucun frein. Où cela nous conduira-t-il ? Dans ce numéro de Permanences, nous avons cherché à cerner davantage le personnage : est-il seulement un opportuniste doué pour les calculs politiques ou a-t-il une véritable substance qui éclaire le chemin sur lequel il entend mener la France ? Pour répondre à ces questions, nous avons interrogé Frédéric Rouvillois (lire pages 9 à 22), professeur agrégé de droit public et spécialiste de l’histoire des représentations politiques. Auteur d’un essai intitulé Liquidation – Emmanuel Macron et le saint-simonisme[1], l’universitaire situe clairement le président français dans la filiation de Saint-Simon :

Sur toutes les grandes questions politiques, il y a une parenté avec la tradition saint-simonienne, autrement dit avec cette utopie du mouvement, avec ce socialisme industrialiste et élitaire qui apparaît avec son inventeur, le comte de Saint-Simon, au tout début du XIXe siècle. […] Cette pensée utopiste et socialiste s’apparente avec ce que développe aujourd’hui notre jeune président philosophe.[…] Emmanuel Macron n’est pas seulement un opportuniste et un pragmatique : il a réfléchi au politique, il a une cohérence idéologique qui lui permet d’expliquer où il veut conduire la France.

Pour Frédéric Rouvillois, nous retrouvons chez Emmanuel Macron « l’idée du saint-simonisme qui combine un égalitarisme radical et une méritocratie républicaine très poussée. Pour que chacun possède selon son mérite, il faut s’attaquer à la notion d’héritage ». C’est ainsi qu’Emmanuel Macron serait mû par une volonté – en plus de diluer la France dans l’utopie européenne – de liquider, à terme, tous les héritages, non seulement matériels mais encore culturels, sociaux, anthropologiques, historiques, pour nous faire entrer dans un monde radicalement nouveau. Frédéric Rouvillois explique le sens de cette liquidation : « En choisissant le terme “liquidation”, j’ai voulu exprimer les deux sens du terme : fluidifier toute chose et, pour y parvenir, liquider le monde d’avant, supprimer les barrières et les repères qui construisaient l’humain et la société. Il faut en quelque sorte liquéfier pour liquider. »

Frédéric Rouvillois évoque également le côté séducteur et mystérieux, voire mystique, d’Emmanuel Macron, un peu comme « une sorte de faux messie ». Et il aborde les craintes que le personnage engendre dans une partie de l’opinion, avec cette idée que sa réélection pourrait mener à une sorte de cauchemar dystopique. Frédéric Rouvillois se réfère à cet égard au fameux personnage du roman de Benson, Le Maître de la terre, même si son propos n’est certainement pas de comparer le Président à l’Antéchrist ! Pour en savoir davantage, nous avons demandé à Madeleine Dory de nous présenter cette œuvre (lire pages 23 à 26), qui anticipe de manière saisissante les temps modernes et éclaire la dimension eschatologique de l’histoire concrète des hommes. Voici qui nous aidera peut-être à comprendre le parfum d’apocalypse qui se diffuse dans l’air du temps, à ce moment de l’histoire qui apparaît comme un possible point de bascule.

Guillaume DE PRÉMARE


[1] Le Cerf, sept. 2020, 304 pages, 20 €

 

Commander le N°589 de mai 2022

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1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 07:58

 

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1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 07:49

Quel est le symbole du muguet ?

Comme chaque année, il est de coutume d'offrir un brin de muguet à ses proches le 1er mai. Arrivée en Europe au Moyen Âge, cette fleur odorante - et toxique - est originaire du Japon.

Symbolisant le retour du printemps et des beaux jours, elle est même synonyme de porte-bonheur dans certaines cultures.

Pourquoi offre-t-on des brins de muguet le 1er mai ?

C'est au XVIe siècle que la tradition d'offrir du muguet est née. A cette époque, la fête de l'amour n'était pas le jour de la Saint Valentin, mais bien le 1er mai. Les princes et les seigneurs fabriquaient alors des couronnes de fleurs, afin de les offrir à leur bien-aimée. Ayant reçu du muguet, le roi Charles IX décida, le 1er mai 1561, que dorénavant, les dames de la cour recevraient cette fleur à clochettes blanches tous les ans. Le muguet a gagné en popularité au fil des siècles, très présent dans les défilés de mode et les parfums.

...

Quel est le rapport entre le muguet et la Fête du travail ?

Si la Fête du muguet et la Fête du travail ont toutes les deux lieu le 1er mai, ces deux célébrations n'ont pas grand chose d'autre en commun. La Fête du travail, dont les origines remontent aux Etats-Unis en 1884, commémore le combat des travailleurs pour obtenir de meilleures conditions de travail.

On pourra néanmoins remarquer que, de nos jours, certains manifestants ont pris l'habitude de porter un brin de muguet à leur veste, au lieu de l'habituelle églantine rouge.

Vu sur Geo.fr

 

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 15:50

(…) le Bien commun n’est pas l’addition des biens particuliers, comme le stipule une conception individualiste de la vie sociale ; mais il est le Bien que tous peuvent rechercher en commun, car il garantit la dignité de toute personne humaine, sans exception, à commencer par la plus faible et la plus fragile, et s’appuie sur le caractère profondément social et solidaire de la nature humaine qui fonde l’amitié sociale et la fraternité entre tous.

.
De ce point de vue, l’Eglise ne saurait rester neutre par rapport aux bilans et aux programmes de ceux qui se présentent aux suffrages de leurs concitoyens. Aucune naïveté ne peut être de mise : on ne juge pas sur des discours mais sur des actes.
.

Il sera donc nécessaire en particulier d’interroger le bilan du dernier quinquennat et d’en faire un repère pour évaluer les programmes et apprécier la capacité des candidats à promouvoir la dignité de la personne humaine, voire à en atténuer les atteintes déjà inscrites dans la loi et les mentalités. Un tel bilan (…) se situera volontairement du point de vue des principes non négociables. Comment le respect inconditionnel de la vie humaine a-t-il été défendu ? Qu’on pense aux lois de bioéthique, avec la PMA sans père, la fabrication d’embryons chimériques, la désorganisation institutionnalisée de la filiation ; à l’allongement du délai de l’accès à l’avortement, sans préconiser aucune mesure pour aider les femmes enceintes en difficulté à garder leur enfant, ou à la volonté d’inscrire dans la charte de l’union européenne un « droit fondamental à l’avortement », considéré comme prioritaire par la Présidence française de l’Europe, ou bien encore à la revendication de la GPA ou de l’euthanasie. Comment l’idéologie du gender et la propagande LGBT s’invitent de manière croissante dans les programmes de l’Education nationale, en organisant la déconstruction de l’homme créé à l’image de Dieu, « homme et femme ».
Sans oublier bien d’autres aspects – gestion de la « crise » sanitaire, en rapport avec la liberté de conscience, et ses conséquences sociales et économiques ; montée du terrorisme islamiste et de la violence, fractures sociales en hausse et précarisation, écologie intégrale, conception de la laïcité et liberté de culte, place de la France dans l’Europe et le monde, immigration et aide au développement … –, un catholique ne saurait faire abstraction de ces questions sociétales dans son discernement et dans son choix.
*

Mgr AILLET, évêque de Bayonne. Texte complet sur le site Diocèse 64

Vu sur Benoît et moi ...

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21 avril 2022 4 21 /04 /avril /2022 22:52
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21 avril 2022 4 21 /04 /avril /2022 06:20
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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 07:10
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12 avril 2022 2 12 /04 /avril /2022 09:03

Du grain à moudre sur France Culture ...

Le 27 mai 2016

Avec Jacques Tremolet de Villers, Colette Beaune, Michel Winock.

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 10:09

Reçu de l'ami Eric.

Le 15 avril 2019, la cathédrale Notre Dame de Paris prit feu. Ce drame suscita beaucoup de dévouements, d’émotions et de prières. Le réalisateur Jean-Jacques Annaud a réussi, dans son film sorti le 16 mars dernier, à reconstituer minutieusement cet événement avec un supplément d’âme apporté par l’héroïsme des pompiers. A l’époque, de nombreux journalistes ou écrivains réagirent face à ce désastre. Ce fut le cas de Sylvain Tesson, écrivain et voyageur, dans le texte ci-dessous .
L'effroi, c'est l'impensable mêlé au sublime. Les images du brasier sont belles. Beauté horrifique, gravure en fusion de Gustave Doré.
Tout homme a un rendez-vous quotidien avec le paysage qu'il habite. Je vis sur les quais de la Seine, entre l'église Saint Julien-le-Pauvre, où fut enterrée ma mère, et l'église Saint-Séverin, où fut baptisé Huysmans. Notre-Dame est là, tout près, reine mère de sa couvée d'églises. (…)
Tous les matins, de chez moi, je regardais la flèche décochée vers le ciel par Viollet-le-Duc. Je lui adressais un coup d'œil. C'était un salut. Certaines choses sont plantées. Non! tout ne varie pas sur cette Terre et tout n'est pas destiné à circuler frénétiquement à sa surface. Le monde tourne, la croix demeure, c'est la devise des pères chartreux. C'est une belle phrase. Il faut des radeaux quand les eaux montent.
La flèche apparaissait le soir dans le ciel d'Ile-de France aux nuances pastel. Quand je venais de l'est, je la voyais surnager de l'entrelacs d'arcs absidiaux. Et sa droiture «irréprochable» (Péguy) rassurait. Elle était là. Le monde pouvait trembler, les institutions se détricoter, les bêtes disparaître. Au moins les flèches se fichaient-elles imperturbablement à la croisée des transepts. On se disait que Péguy avait raison: la flèche ne peut «faillir».(…)
Léon Bloy disait dans son journal « Dieu se retire». Il y a de cela dans l'image de l'incendie. Peut-être l'époque ne méritait-elle pas cette flèche. Elle ne s'est pas effondrée. Elle s'est soustraite au carnaval.(…). 
Après tout, une cathédrale est une châsse magique, élevée à l'Invisible. (…). Le miracle des cathédrales réside dans la poussée des forces par un système de compression des façades. Arcs-boutants, contreforts et pilastres empêchent l'accrétion. Sans eux, le fruit s'ouvrirait. Les flèches jaillissent en geyser, résultant de cette contention. Elles sont la résolution de l'équation de poussée. Péguy donnait dans ses poèmes une indication technique très valable: pour lui, la flèche s'élevait «d'un seul jaillissement». La flèche est un derrick. Au-dessous, la nappe d'hydrocarbures en dormance s'appelle la foi.
Je suis monté cent cinquante fois sur Notre-Dame, nuitamment, sans abîmer le moindre ornement, sans désagréger ni arceau ni moulure, prenant soin de ne laisser aucune trace. (…) Nous allions sur les tours, sur les coursives, en haut de la flèche. Paris se révélait, à nos pieds, illuminé par tout, endormi pour partie, faisant la fête ailleurs. (…) Quand il y avait du vent, le sommet de la flèche bougeait légèrement, car elle était de bois, souple, vivante, et ce mouvement était un peu vertigineux. Nous avions l'impression de nous tenir au mât. Il portait la nuit en drapeau. Parfois, je me croyais accroché à un métronome. La très légère oscillation battait la mesure du temps passé.
Nous redescendions à la corde, nous faisions des courtes pauses sous les arcs boutants et, au milieu de ce peuple de tarasques, de gargouilles et de créatures mêlé aux feuillages gothiques, nous nous demandions ce qu'un Parisien du XIIIe siècle pensait de ce vaisseau de pierre, surnageant plus haut que tout autre édifice. Sans doute devait-il trouver le monument accordé à son époque. La nôtre jamais n'élèvera un monument pour l'âme. Tout juste peut-elle convoquer ses techniciens pour s'occuper des décombres,
Je suis un mauvais chrétien, mais je suis chrétien. Je fus éduqué dans l'amour du Christ, j'ai conservé une vénération pour la chrétienté, mais contracté un scepticisme à l'encontre du christianisme, cette canalisation de la source évangélique. Pourtant, mes escalades étaient une prière. Dans les escarpements de Notre-Dame, habillés de vide et bordés par la nuit, je n'étais jamais seul.
En gagnant la base de la flèche, nous passions sous les statues des apôtres, le rétablissement était périlleux, mais le visage de Viollet-le-Duc, qui s'était fort modestement représenté en apôtre avec sa règle d'architecte à la main et regardait sa flèche dans un déhanchement bizarre, nous rassurait un peu: il y avait d'autres hommes avec nous pour escalader la nuit. (…)
Puis le glas a sonné dans Paris. Je l'entendis de chez moi. C’était après l'attentat de Charlie Hebdo, en janvier 2015, On se rendit compte que Dieu n'est pas rancunier. C'est le miracle chrétien (et c'est un miracle exclusivement chrétien). Un Ravachol sera toujours un enfant de Dieu et recevra les prières de ceux-là mêmes dont il se moquait. Ailleurs, sous la recommandation d'autres textes, on l’égorgerait. Chacun fait ce qu'il peut avec la grandeur.
Je m'étais fracturé le crâne et le dos en tombant d'un toit. Pour ma rééducation, les médecins m'avaient recommandé de faire de l'exercice. Fidèle, je retournais à Notre Dame. Cette fois par des chemins raisonnables, déjà tracés: les escaliers des tours. (…) En arrivant au sommet des tours, je sortais du boyau de l'escalier et le jour explosait. Paris était là, gris, bleu, veiné d'artères, bruissant, bourdonnant. Une ville est un tapis dont la cathédrale est la prière. (…) La cathédrale, elle, assurait sa garde, imperturbable. Mais pas infaillible.
Que signifie l'effondrement? (…) Et si l'effondrement de la flèche était la suite logique de ce que nous faisons subir à l'Histoire? L'oubli, le ricanement, la certitude de nous-mêmes, l'emballement, l'hubris, le fétichisme de l'avenir… et, un jour, les cendres. Peut-être un peuple va-t-il se porter au chevet de sa reine? Peut-être va-t-il se souvenir qu'il n'est pas né hier.

Extraits de l’article publié dans Le Point le 18 avril 2019.


 

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10 avril 2022 7 10 /04 /avril /2022 08:38

« Macron » ? C'est un défi pour l'intelligence politique des Français, une énigme et une question laissée sans réponse ! Comment expliquer qu'un homme seul, sans expérience et sans parti, ait pu en quelques mois à peine prendre la tête de la France, cinquième puissance au monde dotée du « feu nucléaire », et pulvériser le système de clivage politique séculaire né le 11 septembre 1789 ? Vrai ou fausse « Révolution démocratique » ? Arnaud-Aaron Upinsky relate l'aventure scientifico-policière la plus exaltante qu'il a dû mener durant l'été 2017 pour venir à bout de l'énigme. À partir du seul mot, « Ventriloque », d'un adverbe « En même temps » et d'une phrase « La politique c'est un style, c'est une magie », il découvrira au fil de l'enquête ce que nul politologue n'avait même soupçonné, la clef du triple angle mort d'aveuglement des Français : 1. Le secret bien gardé de l'élection de Macron aux Présidentielles 2017 ; 2. Le mystère du « plafond de verre » ; 3. L'énigme du « Mal français ». Pour conduire les Français jusqu'aux limites de l'impensable - la Révélation d'une vision radicalement nouvelle de la science politique et d'une grille de lecture à la fois linguistique, musicologique et magique de l'art du gouvernement - il retrouve les accents pamphlétaire de Démosthène exhortant les Athéniens à sortir de leur aveuglement pour vaincre Philippe de Macédoine ! Les Présidentielles 2017, c'est une Révolution ! De même, il y aura un avant et un après le « Macron » d'Upinsky qui à l'inverse du « déclinisme » ambiant, livre le « secret » de la « Renaissance de la France », en montrant comment Macron est « en même temps » le problème et la solution à tous leurs maux. « Macron le Président Ventriloque » est à la fois un Pamphlet, le premier Traité de Magie politique et un Manifeste aux « aveugles du langage » pour triompher aux Présidentielles 2022 ! Fil d'Ariane pour triompher du « Mal français », il est le livre événement que tous les Français attendaient !

A commander par exemple ICI.

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9 avril 2022 6 09 /04 /avril /2022 20:59
Demain les élections

Les élections, c'est sur Petrus Angel

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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 15:44

 

Source

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 10:34

ICI

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 13:12

«La bataille pour la liberté de l'instruction en famille ne fait que commencer»

Cedric Blondeel / stock.adobe.com

«L'instruction en famille est une liberté fondamentale et un principe républicain». 

FIGAROVOX/TRIBUNE - L'article 49 de la loi Principes républicains, qui durcit les conditions de dispense de l'école à la maison, doit paraître début février. Au nom de la liberté d'instruction, Jean-Baptiste Maillard demande au gouvernement de renoncer à cette mesure.

Jean-Baptiste Maillard est secrétaire général de «Liberté éducation», une association de défense des parents qui ont choisi l'instruction à domicile pour leurs enfants. Il publie L'école à la maison: une liberté fondamentale (éd. Artège, 2021).

À première vue, l'école à la maison ne concerne qu'un petit nombre d'enfants : 62.000 l'année dernière. Et pourtant, il s'agit d'une liberté fondamentale dont tous les parents peuvent avoir besoin un jour, comme nous l'avons vu pendant le premier confinement. L'école à la maison, qu'on appelle aussi instruction en famille («IEF»), fut alors imposée à tous. Les familles n'y étaient certes pas préparées, les parents contraints de jongler entre le télétravail et l'investissement chronophage que mérite cette instruction. Si nombre d'entre elles vécurent mal ce choix «subi» que d'autres ont mis souvent plusieurs années à mûrir, beaucoup cependant goûtèrent avec bonheur à cette première expérience et eurent même envie de la poursuivre. Ainsi, dans les pays où l'école à la maison se développe, elle aurait augmenté de 30 à 40 % depuis 2019.

Le 2 octobre 2020, le Président de la République a pris une décision «radicale», selon ses propres mots : restreindre drastiquement cette liberté fondamentale aux seuls impératifs de santé, c'est-à-dire aux enfants ne pouvant pas du tout aller à l'école en raison d'un lourd handicap. C'était sans compter sur la mobilisation des familles, qui reçurent des soutiens sur tous les bancs de l'Assemblée, y compris au sein du parti présidentiel. Pour les familles déjà en instruction en famille, nous gagnâmes deux années de dérogation supplémentaires, ce qui fut loin de nous satisfaire. La loi fut votée manu militari et promulguée en août 2021. Le Conseil constitutionnel émit cependant une réserve d'interprétation concernant l'intérêt supérieur de l'enfant. Mais on apprend aujourd'hui que le prétendu séparatisme de ces familles n'était en réalité qu'un prétexte du gouvernement.

La suite ...

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27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 09:55

Radio Notre-Dame : des hommages à Victor Loupan

Aujourd’hui, Radio Notre-Dame a mis en ligne des hommages à Victor Loupan qui y animait plusieurs émissions. Une biographie est proposée sur cette page. Louis Daufresne, rédacteur en chef à Radio Notre-Dame, animateur de l’émission “Le Grand débat”, lui rend hommage ici. Toujours sur Radio Notre-Dame, une émission spéciale “Culture Club” lui était consacrée également aujourd’hui. Enfin, l’émission “Lumière de l’orthodoxie” diffusée hier est en ligne ici.

Les obsèques de Victor Loupan auront lieu jeudi 27 janvier à partir de 14h30 dans la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris (12, rue Daru, 8e).

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30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 11:06
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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 18:52

La Fête de Saint-Nicolas, vers 1660, Jean Steen, Amsterdam, Rijksmuseum

La Fête de Saint-Nicolas, vers 1660, Jean Steen (Amsterdam, Rijksmuseum). Dans ce tableau, Jan Steen raconte ce qui se passe et évoque les diverses émotions suscitées par cette fête. La petite fille serre fermement dans ses bras sa nouvelle poupée à l’image de saint Jean-Baptiste qu’elle vient de recevoir – selon la croyance populaire, saint Jean protége les enfants de la maladie -. Un seau rempli de bonbons et de jouets pend à son bras. Manifestement, elle n’est pas prête à s’en séparer… Grand frère pleure. Derrière lui, la servante montre ce qu’il a reçu : une chaussure d’où sortent des petites banches mortes. Son frère cadet, qui lui, a bien reçu un cadeau, le montre du doigt en se moquant de lui. Mais peut-être la grand mère, qui fait un signe à l’arrière plan, apportera-t-elle un peu de consolation : y aurait-il quelque chose de caché derrière le rideau ?

La Fête de Saint-Nicolas, vers 1660, Jean Steen

La fête de Saint-Nicolas (6 décembre) est une importante fête familiale. La veille, le saint généreux descend par la cheminée et dépose des petits cadeaux et des friandises aux enfants sages. Ceux qui espèrent recevoir quelque chose y déposent un soulier. À l’époque de Steen, cette fête « catholique » fut abolie par l’Église réformée, qui rejetait le culte des saints. Ainsi, dans bon nombre de villes, il était interdit de cuire des biscuits à l’image du saint homme. Steen étant lui-même catholique.

Le texte complet est ICI.

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27 novembre 2021 6 27 /11 /novembre /2021 07:55

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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 10:05

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18,33b-37.

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Oui mais ... le Christ est-il (vraiment) Roi ? Quelle sorte de royauté ???

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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 09:28

Hasard du calendrier ? Main du destin ou de la providence ? En tout cas, c’est un fait : l’armistice fut signé le 11 novembre, jour de la Saint-Martin.

Le maréchal Ferdinand Foch, polytechnicien, artilleur – ce qu’on appelait, alors, une arme savante -, était un « grand cartésien » qui « avait foi dans la raison humaine », comme l’écrivit André Tardieu (1876-1945), son collaborateur pendant la guerre et futur président du Conseil. Raymond Recouly (1876-1950), un autre de ses biographes d’avant-guerre, rapportait les propos de Foch au sujet d’un homme  que l’on disait appelé à un bel avenir : « C’est un sceptique. Il ne croit à rien. Ainsi, n’arrivera-t-il à rien. » Foch était donc aussi un homme de foi : « Une foi de simple, de charbonnier » qui lui donnait « une assiette fixe, inébranlable, pour y bâtir et y organiser son existence toute entière », poursuivait Recouly. Toujours dans son Mémorial de Foch, Recouly raconte que le maréchal évoquait souvent ce légionnaire romain prévoyant qui emportait toujours avec lui un pieu pour étayer sa tente lorsqu’il arrivait le soir à l’étape. Foi et raison.

La suite ...

 

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 12:33
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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 22:34

Cher Cyril

  Quand j’ai su que vous prépariez un livre avec Christophe Barbier, j’ai souhaité le lire car la caution politique de votre tandem laissait croire que vous vous apprêtiez à faire une proposition politique et, venant de la société civile, celle-ci m’intéressait.

  On sait que Christophe Barbier est un journaliste engagé dans le Camp du Bien, pour utiliser l’expression de Philippe Muray. L’ouvrage qu’il signe avec vous s’inscrit dans cette ligne.

   Pourquoi dès lors dire régulièrement que ça n’est pas le cas?

   Vous écrivez en effet: «Je ne roule pour aucun camp» page 242, «je n’ai pas de camp, je suis un arbitre objectif» page 257, «je n’ai pas de camp, je ne roule pour personne» page 288, «je n’ai pas de camp, mais je vais mener campagne contre un ennemi: l’abstention» page 289.

   Vous dites également: «TPMP est ouvert à tout le monde, sauf aux cons» (page 195). Pardonnez-moi, je n’ai pas vu toutes vos émissions, loin de là, mais des «cons» comme vous dites, j’ai cru comprendre qu’il y en eut plus d’un sur vos plateaux! Je ne vous le reproche pas, je pointe juste une contre-vérité. J’aurais aimé un peu plus de précisions sur ces cons-là, une petite théorie du con en quelque sorte.

   Si vous permettez, à défaut, je m’y mets:

   C’est assez facile, car votre con est portraituré en creux à toutes les pages. Il suffit de voir pour quoi et qui vous roulez, on imagine bien que ceux qui ne caracolent pas dans la même direction sont les cons. Le con c’est hélas souvent celui qui ne pense pas comme nous. Vieille comme les hommes, la notion se trouve bien vite circonscrite.

   Quelle est votre pensée ? C’est peu ou prou celle de Christophe Barbier qui s’active pour le camp du bien, c’est-à-dire pour les gentils, les anti-cons par excellence…

   Ces gentils veulent laisser une seconde chance aux prisonniers moins coupables de leurs délits que victimes de la société. Ceux qui ne se trouvent pas dans la situation d’avoir une seconde chance parce qu’une première ne leur a jamais été offerte me paraissent les oubliés de notre société. Or vous dites œuvrer pour eux. Mais vous semblez surtout aimer les victimes quand elles ont d’abord été coupables plutôt que quand elles n’ont jamais fait payer à autrui une dette qui n’est pas la leur. Vous qui dites avoir été radicalement changé par les gilets jaunes, «une révolution française» écrivez-vous page 27, vous devriez comprendre que la seconde chance peut ne pas être une priorité quand tout s’effondre y compris pour ceux qui attendent gentiment une chance qui probablement ne viendra pas si l’on continue, comme vous, à ranger dans le camp des cons ceux que vous nommez:  Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen page 142, Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot page 170. Dès lors, on comprend où vous vous situez: aux côtés de Macron & Hidalgo, Bertrand, Jadot & Pécresse qui sont des clones de Mitterrand & Chirac, Sarkozy & Hollande, les responsables d’une société que vous dites pourtant vouloir changer.

   Ces gentils parlent de «violences policières» et prennent parti pour George Floyd page 117, pour la famille Traoré page 118, pour Michel Zecler page120 devenu «Michel» page 122, pour Cédric Chouviat page 115 devenu «Cédric» page 116 et pour tous ces gens dont vous dites qu’ils sont des victimes n’ayant «rien fait», page 118, ce qui laisse croire que la police interpelle pour le plaisir et tue en fonction des couleurs de peau - c’est une opinion, elle est défendue par ceux qui, à gauche, s’avèrent sensibles aux sirènes décolonialistes matinées d’islamo-gauchisme.

   Ces gentils qui savent être méchants défendent en principe le débat contradictoire et se targuent d’inviter quiconque ne pense pas comme eux. Ainsi, en contrepoint du discours de Michel Zecler, vous avez convié «un policier du syndicat minoritaire France Police», page 127, qui a démonté la version de la victime en commentant la vidéo intégrale avec arrêts sur images et sur lignages pour valider sa thèse. Il la défend, vous précisez page 127: «je le recadre sèchement, mais au moins il ne pourra pas dire qu’un tel point de vue n’a pas droit au chapitre». Autrement dit: si l’on accepte de se faire tancer, on a le droit de parler sur votre plateau.

 

La suite ... de l'article de Michel Onfray

 


 

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